La nécessité de la prière
La prière et l’obéissance (suite)

Chapitre 11 · 8 min de lecture · 10 min d’écoute

La prière et l’obéissance (suite)

« J’ai connu bien des hommes exemplaires, saints de cœur et de vie, au cours de mes quatre-vingts ans. Mais un homme égal à John Fletcher — un homme aussi obéissant et aussi dévoué à Dieu, au-dedans comme au-dehors —, je n’en ai point connu. » — JOHN WESLEY.

IL vaut la peine de remarquer que la prière à laquelle est accordée une place si éminente, et à laquelle on attribue de si grands résultats, n’est pas simplement le fait de réciter des prières, mais une prière sainte. Ce sont les « prières des saints », les prières des saints hommes de Dieu. Derrière une telle prière, lui donnant énergie et flamme, se tiennent les hommes et les femmes qui sont entièrement dévoués à Dieu, entièrement séparés du péché et pleinement mis à part pour Dieu. Ce sont eux qui donnent toujours à la prière son énergie, sa force et sa puissance.

Notre Seigneur Jésus-Christ excellait dans la prière, parce qu’il excellait en sainteté. Une entière consécration à Dieu, un abandon total qui emporte avec lui l’être tout entier dans une flamme de sainte consécration — voilà ce qui donne des ailes à la foi et de l’énergie à la prière. Cela ouvre la porte du trône de la grâce et exerce une puissante influence sur le Dieu tout-puissant.

« Élever des mains saintes », voilà qui est essentiel à une prière semblable à celle du Christ. Il ne s’agit pas toutefois d’une sainteté qui consacre seulement un cabinet à Dieu, qui lui réserve simplement une heure, mais d’une consécration qui saisit l’homme tout entier et qui voue à Dieu la vie entière.

Notre Seigneur Jésus-Christ, « saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs », avait pleine liberté pour s’approcher de Dieu et libre accès auprès de lui dans la prière. Et il avait cet accès libre et entier à cause de son obéissance sans réserve à son Père. Tout au long de sa vie terrestre, son souci et son désir suprêmes furent de faire la volonté de son Père. Et ce fait, joint à un autre — la conscience d’avoir ainsi ordonné sa vie —, lui donnait confiance et assurance, ce qui lui permettait de s’approcher du trône de la grâce avec une confiance sans bornes, née de l’obéissance, et qui lui promettait accueil, audience et exaucement.

L’obéissance aimante nous place là où nous pouvons « demander quoi que ce soit en son nom », avec l’assurance qu’« il le fera ». L’obéissance aimante nous fait entrer dans le domaine de la prière et fait de nous les bénéficiaires de la richesse du Christ et des trésors de sa grâce, par la venue du Saint-Esprit qui demeurera avec nous et sera en nous. L’obéissance joyeuse à Dieu nous rend capables de prier efficacement.

Cette obéissance, qui non seulement rend apte à la prière mais la précède, doit être aimante, constante, faisant toujours la volonté du Père et suivant joyeusement le chemin des commandements de Dieu.

Dans le cas du roi Ézéchias, ce fut un argument puissant qui changea le décret de Dieu selon lequel il devait mourir et ne pas vivre. Le roi frappé par la maladie supplia Dieu de se souvenir qu’il avait marché devant lui dans la vérité et d’un cœur parfait. Auprès de Dieu, cela compta. Il exauça la requête et, en conséquence, la mort trouva pendant quinze ans le chemin d’Ézéchias barré.

Jésus apprit l’obéissance à l’école de la souffrance et, en même temps, il apprit la prière à l’école de l’obéissance. De même que c’est la prière du juste qui a une grande efficace, de même c’est la justice qui est obéissance à Dieu. Un homme juste est un homme obéissant, et c’est lui qui peut prier efficacement, qui peut accomplir de grandes choses lorsqu’il se met à genoux.

La vraie prière, qu’on s’en souvienne, n’est ni un simple sentiment, ni de la poésie, ni un discours éloquent. Elle ne consiste pas non plus à dire sur un ton mielleux : « Seigneur, Seigneur. » La prière n’est pas une simple formule ; elle ne se réduit pas à invoquer un Nom. La prière est obéissance. Elle est fondée sur le roc de diamant de l’obéissance à Dieu. Seuls ceux qui obéissent ont le droit de prier. Derrière la prière doit se trouver l’action ; et c’est l’accomplissement constant de la volonté de Dieu dans la vie quotidienne qui donne à la prière sa puissance, comme notre Seigneur l’a clairement enseigné :

« Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »

Aucun nom, si précieux et si puissant soit-il, ne peut protéger et rendre efficace une prière qui n’est pas accompagnée de l’accomplissement de la volonté de Dieu. Et l’action sans la prière ne peut pas davantage protéger de la désapprobation divine. Si la volonté de Dieu ne domine pas la vie, la prière ne sera rien d’autre qu’une sentimentalité maladive. Si la prière n’inspire, ne sanctifie et ne dirige pas notre travail, alors la volonté propre s’introduit pour ruiner à la fois l’œuvre et l’ouvrier.

Que de grandes et nombreuses méprises sur les vrais éléments et le vrai fonctionnement de la prière ! Beaucoup désirent ardemment obtenir une réponse à leurs prières, mais demeurent sans récompense et sans bénédiction. Ils fixent leur esprit sur quelque promesse de Dieu, puis s’efforcent, à force d’une persévérance obstinée, de rassembler assez de foi pour s’en saisir et la réclamer. Fixer ainsi son esprit sur quelque grande promesse peut servir à fortifier la foi ; mais à cet attachement à la promesse doit s’ajouter la prière persévérante et insistante qui espère, et qui attend jusqu’à ce que la foi grandisse extrêmement. Et qui donc est capable et qualifié pour prier ainsi, sinon l’homme qui, promptement, joyeusement et continuellement, obéit à Dieu ?

La foi, dans sa forme la plus haute, est l’attitude aussi bien que l’acte d’une âme abandonnée à Dieu, en qui demeurent sa Parole et son Esprit. Il est vrai que la foi doit exister sous une forme ou une autre pour susciter la prière ; mais dans sa forme la plus forte, et dans ses plus grands résultats, la foi est le fruit de la prière. Que la foi accroisse la capacité et l’efficacité de la prière, c’est vrai ; mais il est également vrai que la prière accroît la capacité et l’efficacité de la foi. La prière et la foi travaillent, agissent et réagissent l’une sur l’autre.

L’obéissance à Dieu aide la foi comme aucune autre qualité ne saurait le faire. Quand l’obéissance est là — la reconnaissance implicite de la validité, de la suprématie des commandements divins —, la foi cesse d’être une tâche presque surhumaine. Elle n’exige aucun effort pour s’exercer. L’obéissance à Dieu rend facile de croire Dieu et de se confier en lui. Là où l’esprit d’obéissance imprègne pleinement l’âme ; là où la volonté est parfaitement abandonnée à Dieu ; là où existe un dessein ferme et inaltérable d’obéir à Dieu, la foi croit presque d’elle-même. La foi devient alors presque involontaire. Après l’obéissance, elle est naturellement le pas suivant, et ce pas se franchit aisément et promptement. La difficulté, dans la prière, ne vient pas de la foi, mais de l’obéissance, qui est le fondement de la foi.

Nous devons veiller de près à notre obéissance, aux ressorts secrets de nos actes, à la loyauté de notre cœur envers Dieu, si nous voulons bien prier et désirons tirer le meilleur parti de notre prière. L’obéissance est le fondement de la prière efficace ; c’est elle qui nous fait approcher de Dieu.

Le manque d’obéissance dans notre vie ruine notre prière. Bien souvent, la vie est en révolte, et cela nous place là où la prière est presque impossible, sinon pour implorer la miséricorde qui pardonne. Une vie désobéissante produit une prière bien pauvre. La désobéissance ferme la porte de la chambre intérieure et barre le chemin du lieu très saint. Nul ne peut prier — vraiment prier — s’il n’obéit pas.

La volonté doit être abandonnée à Dieu comme condition première de toute prière exaucée. Tout en nous reçoit sa couleur de notre caractère le plus intime. La volonté secrète forme le caractère et gouverne la conduite. La volonté joue donc un rôle important dans toute prière exaucée. Il ne peut y avoir de prière, au sens le plus riche et le plus vrai, là où la volonté n’est pas entièrement et pleinement abandonnée à Dieu. Cette loyauté inébranlable envers Dieu est une condition absolument indispensable de la meilleure prière, de la plus vraie, de la plus efficace. Il « nous faut tout simplement nous confier et obéir ; il n’y a pas d’autre chemin pour être heureux en Jésus — que de se confier et d’obéir ! »

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