De la mortification du péché chez les croyants
Charge ta conscience de la culpabilité de la maladie qui te tourmente

Chapitre 12 · 17 min de lecture · 21 min d’écoute

Charge ta conscience de la culpabilité de la maladie qui te tourmente

La troisième direction proposée : Charge ta conscience de la culpabilité de la maladie qui te tourmente — Les voies et les moyens de le faire — La quatrième direction : Un désir ardent d’être délivré — La cinquième : Certaines maladies profondément enracinées dans le tempérament naturel des hommes — Considérations sur ces maladies ; manières d’en user avec elles — La sixième direction : Prévenir les occasions et les avantages du péché — La septième direction : S’opposer vigoureusement aux premiers mouvements du péché.

Voici ma troisième direction, —

Charge ta conscience de sa culpabilité. Ne te contente pas de considérer qu’il a une culpabilité, mais charge ta conscience de la culpabilité de ses éruptions et de ses troubles effectifs.

Pour bien faire valoir cette règle, je donnerai quelques directions particulières :—

1. Suis en cela la méthode de Dieu : commence par les généralités, et descends ainsi aux détails :—

(1.) Charge ta conscience de la culpabilité qui apparaît dans ton péché à la lumière de la droiture et de la sainteté de la loi. Fais entrer la sainte loi de Dieu dans ta conscience, mets ta corruption en face d’elle, prie afin d’en être touché. Considère la sainteté, la spiritualité, la sévérité de feu, l’intériorité, le caractère absolu de la loi, et vois comment tu peux subsister devant elle. Applique-toi beaucoup, dis-je, à pénétrer ta conscience de la terreur du Seigneur dans la loi, et de la justice qu’il y a à ce que chacune de tes transgressions reçoive sa juste rétribution. Peut-être ta conscience inventera-t-elle des faux-fuyants et des échappatoires pour écarter la force de cette considération ; — par exemple, que la puissance condamnatrice de la loi ne te concerne pas, que tu en es affranchi, et choses semblables ; et qu’ainsi, bien que tu ne lui sois pas conforme, tu n’as pas besoin de t’en troubler autant. Mais, —

[1.] Dis à ta conscience qu’elle ne peut produire aucune évidence valable que tu es affranchi de la puissance condamnatrice du péché, tant que ta convoitise non mortifiée demeure dans ton cœur ; de sorte que peut-être la loi pourra faire valoir contre toi sa prétention à une pleine domination, et alors tu es une créature perdue. C’est pourquoi le mieux est de peser jusqu’au bout ce qu’elle a à dire.

Assurément, celui qui allègue, dans le repli le plus secret de son cœur, qu’il est affranchi de la puissance condamnatrice de la loi, afin de s’autoriser secrètement par là à accorder la moindre tolérance à quelque péché ou convoitise que ce soit, ne peut produire, sur des fondements évangéliques, aucune évidence qui lui donne une sécurité spirituelle tant soit peu supportable, qu’il est en effet dûment affranchi de ce dont il prétend être délivré.

[2.] Quelle qu’en soit l’issue, la loi a pourtant reçu de Dieu mission de se saisir des transgresseurs partout où elle les trouve, et de les amener ainsi devant son trône, où ils auront à plaider pour eux-mêmes. C’est là ton cas présent ; la loi t’a découvert, et elle t’amènera devant Dieu. Si tu peux alléguer un pardon, c’est bien ; sinon, la loi fera son œuvre.

[3.] Quoi qu’il en soit, c’est là l’œuvre propre de la loi : découvrir le péché dans sa culpabilité, réveiller et humilier l’âme à cause de lui, être un miroir qui représente le péché sous ses vraies couleurs ; et si tu refuses d’avoir affaire à elle à ce titre, ce n’est point par la foi, mais par la dureté de ton cœur et la séduction du péché.

C’est là une porte par laquelle trop de professants sont sortis pour aller jusqu’à l’apostasie ouverte. Ils ont prétendu à une telle délivrance de la loi qu’ils ne voulaient plus consulter sa conduite ni sa direction ; ils ne voulaient plus mesurer leur péché à elle. Peu à peu, ce principe est insensiblement passé de la simple notion à l’influence sur leur intelligence pratique, et, après en avoir pris possession, il a lâché la volonté et les affections vers toutes sortes d’abominations.

C’est donc par de tels moyens, dis-je, que tu dois persuader ta conscience d’écouter avec diligence ce que la loi te dit, au nom du Seigneur, au sujet de ta convoitise et de ta corruption. Oh ! si tes oreilles sont ouvertes, elle te parlera d’une voix qui te fera trembler, qui te jettera à terre et te remplira d’épouvante. Si jamais tu veux faire mourir tes corruptions, il te faut lier ta conscience à la loi, lui fermer tous les faux-fuyants et toutes les exceptions, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse sa culpabilité avec une appréhension claire et complète ; en sorte que dès lors, comme le dit David, « ton iniquité soit constamment devant toi ».

(2.) Amène ta convoitise à l’Évangile, — non pour y trouver du soulagement, mais pour être plus encore convaincu de sa culpabilité ; regarde vers celui que tu as percé, et sois dans l’amertume. Dis à ton âme : « Qu’ai-je fait ? Quel amour, quelle miséricorde, quel sang, quelle grâce ai-je méprisés et foulés aux pieds ! Est-ce là le retour que je fais au Père pour son amour, au Fils pour son sang, au Saint-Esprit pour sa grâce ? Est-ce ainsi que je rends au Seigneur ce qu’il m’a fait ? Ai-je souillé le cœur que Christ est mort pour laver, que le bienheureux Esprit a choisi pour y habiter ? Et puis-je me tenir hors de la poussière ? Que puis-je dire au bien-aimé Seigneur Jésus ? Comment lèverai-je la tête avec quelque assurance devant lui ? Fais-je si peu de cas de la communion avec lui que, pour l’amour de cette vile convoitise, je lui aie à peine laissé quelque place dans mon cœur ? Comment échapperai-je si je néglige un si grand salut ? En attendant, que dirai-je au Seigneur ? Amour, miséricorde, grâce, bonté, paix, joie, consolation, — je les ai tous méprisés, je les ai estimés comme une chose de rien, afin d’abriter une convoitise dans mon cœur. Ai-je obtenu de contempler le visage paternel de Dieu pour voir sa face et le provoquer en face ? Mon âme a-t-elle été lavée pour que la place soit faite à de nouvelles souillures ? Chercherai-je à frustrer le but de la mort de Christ ? Attristerai-je chaque jour cet Esprit par lequel j’ai été scellé pour le jour de la rédemption ? » Entretiens chaque jour ta conscience de ce débat. Vois si elle peut subsister devant cette aggravation de sa culpabilité. Si cela ne la fait pas, dans quelque mesure, s’affaisser et fondre, je crains que ton cas ne soit dangereux.

2. Descends aux détails. De même que, sous le chef général de l’Évangile, il faut considérer tous ses bienfaits, comme la rédemption, la justification et autres semblables, de même, en particulier, considère la manière dont leur amour a été dispensé envers ta propre âme, pour aggraver la culpabilité de ta corruption. Par exemple, —

(1.) Considère la patience et le support infinis de Dieu envers toi en particulier. Considère quels avantages il aurait pu prendre contre toi pour faire de toi une honte et un opprobre dans ce monde, et un objet de colère pour toujours ; comment tu as agi envers lui avec perfidie et fausseté, à maintes reprises, le flattant de tes lèvres, mais rompant toutes tes promesses et tous tes engagements, et cela par le moyen de ce péché même que tu poursuis maintenant ; et pourtant il t’a épargné à maintes reprises, bien que tu sembles avoir hardiment mis à l’épreuve combien de temps il pourrait tenir. Et pécheras-tu encore contre lui ? le lasseras-tu encore, et le tourmenteras-tu par tes corruptions ?

N’as-tu pas souvent été prêt à conclure toi-même qu’il était absolument impossible qu’il te supporte plus longtemps ; qu’il te rejetterait et ne te ferait plus grâce ; que toute sa patience était épuisée, et que l’enfer et la colère étaient déjà tout prêts pour toi ? et pourtant, au-delà de toute ton attente, il est revenu vers toi avec des visites d’amour. Et persisteras-tu encore à provoquer les yeux de sa gloire ?

(2.) Combien de fois as-tu été sur le point d’être endurci par la séduction du péché, et as-tu été, par la grâce infiniment riche de Dieu, ramené de nouveau à la communion avec lui ?

N’as-tu pas trouvé la grâce en déclin ; le plaisir dans les devoirs, les ordonnances, la prière et la méditation, en train de s’évanouir ; les penchants à une marche relâchée et insouciante, en train de prospérer ; et ceux qui auparavant étaient enlacés, presque au-delà de tout retour ? Ne t’es-tu pas trouvé engagé, et cela avec plaisir, dans des voies, des fréquentations, des compagnies que Dieu a en horreur ? Et t’aventureras-tu encore jusqu’au bord de l’endurcissement ?

(3.) Toutes les dispensations gracieuses de Dieu envers toi, dans ses conduites providentielles, ses délivrances, ses afflictions, ses miséricordes, ses bienfaits, tout cela doit trouver place ici. Par ces moyens, dis-je, et d’autres semblables, charge ta conscience ; et ne la laisse pas qu’elle ne soit profondément touchée de la culpabilité de la corruption qui habite en toi, qu’elle ne sente sa blessure et ne se couche dans la poussière devant le Seigneur. Si cela n’est pas fait sérieusement, tous les autres efforts sont vains. Tant que la conscience a quelque moyen d’alléger la culpabilité du péché, l’âme n’entreprendra jamais vigoureusement de le faire mourir.

Quatrièmement. Ainsi touché de ton péché, applique-toi ensuite à avoir une aspiration constante, un soupir continuel après la délivrance de sa puissance. Ne permets pas à ton cœur d’être un seul instant satisfait de ses dispositions et de son état présents. Les désirs ardents pour quoi que ce soit, dans les choses naturelles et civiles, n’ont de valeur et ne méritent considération que dans la mesure où ils incitent et poussent celui en qui ils se trouvent à user diligemment des moyens propres à obtenir la chose visée. Dans les choses spirituelles, il en va autrement. Aspirer, soupirer, haleter après la délivrance est en soi une grâce, qui a une grande puissance pour conformer l’âme à l’image de la chose désirée. C’est pourquoi l’apôtre, décrivant la repentance et la tristesse selon Dieu des Corinthiens, compte parmi les grâces éminentes qui furent alors mises en œuvre ce « désir ardent », 2 Corinthiens 7:11. Et dans ce cas du péché qui habite en nous et de sa puissance, en quelles dispositions se déclare-t-il lui-même ? Romains 7:24. Son cœur éclate en aspirations, dans une expression des plus passionnées du désir d’être délivré. Or, si telles sont les dispositions des saints à la considération générale du péché qui habite en nous, combien doivent-elles s’élever et s’accroître lorsque s’y ajoutent la rage et la puissance tourmentantes d’une convoitise et d’une corruption particulières ! Sois-en assuré : si tu n’aspires pas à la délivrance, tu ne l’obtiendras pas.

Cela rendra le cœur attentif à toutes les occasions de prendre l’avantage sur son ennemi, et prêt à saisir tous les secours qui lui sont offerts pour le détruire. Les désirs ardents sont la vie même de ce devoir de « toujours prier » qui nous est prescrit en toutes conditions, et qui ne l’est nulle part davantage qu’en celle-ci ; ils mettent en œuvre la foi et l’espérance, et sont le mouvement de l’âme vers le Seigneur.

Mets donc ton cœur dans des dispositions d’aspiration et de soupir ; aspire, soupire, crie. Vous connaissez l’exemple de David ; je n’ai pas besoin de m’y arrêter.

La cinquième direction est celle-ci, —

Considère si la maladie qui te tourmente n’est pas enracinée dans ta nature, et entretenue, attisée et accrue par ta constitution. Une inclination à certains péchés peut sans doute résider dans le tempérament et la disposition naturels des hommes. Dans ce cas, considère, —

1. Que cela n’est pas le moins du monde une atténuation de la culpabilité de ton péché. Certains, avec une profanité ouverte, attribueront à leur tempérament et à leur disposition des énormités grossières ; et je ne sais si d’autres ne se soulagent pas, par la même considération, de la culpabilité pressante de leurs maladies. C’est de la chute, de la dépravation originelle de nos natures, que vient le fomes, l’aliment de tout péché qui subsiste dans notre tempérament naturel. David compte le fait d’avoir été formé dans l’iniquité et conçu dans le péché comme une aggravation du péché qui suivit, non comme une diminution ou une atténuation. Que tu sois particulièrement enclin à quelque maladie coupable n’est qu’une éruption particulière de la convoitise originelle dans ta nature, ce qui devrait particulièrement t’abaisser et t’humilier.

2. Ce sur quoi tu dois te fixer à ce sujet, en ce qui regarde ta marche avec Dieu, c’est que ce tempérament et cette disposition qui sont les tiens donnent un si grand avantage au péché, et aussi à Satan, que, sans une vigilance, un soin et une diligence extraordinaires, ils l’emporteront assurément sur ton âme. Des milliers ont été pour cette raison précipités tête baissée en enfer, qui autrement, du moins, auraient pu y aller d’un pas plus lent, moins provocant et moins funeste.

3. Pour faire mourir une maladie ainsi enracinée dans la nature d’un homme, il y a, en plus de toutes les autres voies et de tous les autres moyens déjà indiqués ou dont il sera encore parlé, un expédient particulièrement approprié ; c’est celui de l’apôtre, 1 Corinthiens 9:27 : « je traite durement mon corps et je le tiens assujetti. » Assujettir le corps lui-même est une ordonnance de Dieu qui tend à faire mourir le péché. Cela arrête la racine naturelle de la maladie et la flétrit en lui ôtant la richesse de son sol. Peut-être, parce que les papistes, hommes qui ignorent la justice de Christ, l’œuvre de son Esprit et toute l’affaire dont il s’agit, ont fait reposer tout le poids et tout l’effort de la mortification sur des services volontaires et des pénitences qui visent à assujettir le corps, ne connaissant en vérité la vraie nature ni du péché ni de la mortification, peut-être, dis-je, cela peut-il être, en sens inverse, une tentation pour certains de négliger des moyens d’humiliation que Dieu lui-même reconnaît et institue. Assujettir le corps dans le cas dont nous parlons, en retranchant l’appétit naturel, par le jeûne, les veilles et choses semblables, est sans doute agréable à Dieu, pourvu que cela se fasse avec les restrictions suivantes :—

(1.) Que l’affaiblissement et l’amoindrissement extérieurs du corps ne soient pas regardés comme une chose bonne en soi, ni comme si la mortification y consistait, — ce qui serait nous ramener sous des ordonnances charnelles ; mais seulement comme un moyen en vue de la fin proposée, — l’affaiblissement d’une maladie dans sa racine et son siège naturels. Un homme peut avoir à la fois la maigreur du corps et celle de l’âme.

(2.) Que les moyens par lesquels cela se fait, — à savoir le jeûne, les veilles et choses semblables, — ne soient pas regardés comme des choses qui, en elles-mêmes et par la vertu de leur propre puissance, peuvent produire la vraie mortification d’un péché quelconque ; car s’ils le pouvaient, le péché pourrait être mortifié sans aucun secours de l’Esprit chez n’importe quel non-régénéré au monde. Il faut les regarder seulement comme des voies par lesquelles l’Esprit peut déployer, et déploie quelquefois, sa force pour l’accomplissement de sa propre œuvre, surtout dans le cas mentionné. Faute d’une juste intelligence et d’un bon usage de ces considérations et d’autres semblables, il s’est élevé parmi les papistes une mortification qui conviendrait mieux aux chevaux et aux autres bêtes des champs qu’aux croyants.

Voici le résumé de ce qui a été dit : Lorsque la maladie dont on se plaint semble enracinée dans le tempérament et la constitution naturels, tout en appliquant nos âmes à participer au sang et à l’Esprit de Christ, il faut s’efforcer d’arrêter, selon la voie de Dieu, la racine naturelle de cette maladie.

La sixième direction est celle-ci, —

Considère quelles occasions, quels avantages ta maladie a saisis pour se manifester et se déployer, et veille contre eux tous.

C’est là une partie de ce devoir que notre bienheureux Sauveur recommande à ses disciples sous le nom de veiller : Marc 13:37, « je le dis à tous: Veillez » ; ce qui, en Luc 21:34, devient : « Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent ». Veille contre toutes les éruptions de tes corruptions. J’entends ce devoir auquel David déclarait s’exercer : « Et je me suis tenu en garde contre mon iniquité », dit-il. Il veillait sur toutes les voies et toutes les opérations de son iniquité, pour les prévenir, pour se lever contre elles. C’est ce à quoi nous sommes appelés sous le nom de « considérer attentivement nos voies ». Considère quelles voies, quelles compagnies, quelles occasions, quelles études, quelles affaires, quelles conditions ont à quelque moment donné, ou donnent ordinairement, des avantages à tes maladies, et dresse-toi avec soin contre elles toutes. Les hommes font cela pour leurs infirmités et leurs maladies corporelles. Les saisons, le régime, l’air qui leur ont été nuisibles, ils les éviteront. Les choses de l’âme sont-elles de moindre importance ? Sache que celui qui ose jouer avec les occasions de péché osera pécher. Celui qui s’aventure dans les tentations qui mènent à l’iniquité s’aventurera dans l’iniquité. Hazaël pensait qu’il ne serait pas aussi méchant que le prophète lui disait qu’il le serait. Pour le convaincre, le prophète ne lui dit rien d’autre, sinon que « tu seras roi de Syrie ». S’il s’aventure dans les tentations qui mènent à la cruauté, il sera cruel. Dis à un homme qu’il commettra tel ou tel péché, il en tressaillira. Si tu peux le convaincre qu’il s’aventurera dans les occasions et les tentations qui y mènent, il ne lui restera guère de fondement pour sa confiance. Les directions particulières qui relèvent de ce chef sont nombreuses ; je ne m’y arrêterai pas maintenant. Mais parce que ce chef n’est pas de moindre importance que toute la doctrine traitée ici, je l’ai traité au long dans un autre traité, sur le fait d’entrer en tentation.

La septième direction est celle-ci, —

Lève-toi avec force contre les premiers mouvements de ta maladie, ses premières conceptions ; ne lui laisse pas gagner le moindre terrain. Ne dis pas : « Il ira jusque-là, et pas plus loin. » S’il obtient la permission d’un pas, il en fera un autre. Il est impossible de fixer des bornes au péché. Il est comme l’eau dans un canal : s’il fait une fois brèche, il suivra son cours. Il est plus facile d’obtenir qu’il n’agisse pas que de le contenir dans des bornes. C’est pourquoi Jacques donne cette gradation et ce progrès de la convoitise, chap. 1:14, 15, afin que nous nous arrêtions dès l’entrée. Trouves-tu que ta corruption commence à enlacer tes pensées ? lève-toi de toute ta force contre elle, avec non moins d’indignation que si elle avait pleinement accompli ce qu’elle vise. Considère ce que voudrait une pensée impure : elle voudrait que tu te vautres dans la folie et l’ordure. Demande à l’envie ce qu’elle voudrait ; — le meurtre et la destruction sont au bout. Dresse-toi contre elle avec non moins de vigueur que si elle t’avait entièrement avili jusqu’à la méchanceté. Sans cette conduite, tu ne l’emporteras pas. À mesure que le péché gagne du terrain dans les affections, pour qu’elles y prennent plaisir, il en gagne aussi sur l’intelligence, pour qu’elle en fasse peu de cas.

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