De la mortification du péché chez les croyants
Préface

Chapitre 1 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Préface

Lecteur chrétien,

Je veux en peu de mots te faire connaître les raisons qui m’ont fait consentir à la publication du discours qui suit. Parmi elles, la première place revient à la considération de l’état et de la condition présente de la plupart de ceux qui font profession de piété, et aux signes visibles des dispositions de leur cœur et de leur esprit, qui révèlent une grande impuissance à faire face aux tentations dont ils sont environnés, tant par la paix dont ils jouissent dans le monde que par les divisions qui règnent entre eux. Cela, j’en suis assuré, est d’une si grande importance que, si je ne faisais par là qu’inciter d’autres à presser plus efficacement la conscience des hommes de considérer leurs voies, et à donner une direction plus claire pour atteindre le but proposé, je m’estimerais bien partagé dans cette entreprise. À cela s’est ajoutée l’observation des erreurs dangereuses de certains hommes qui, ces derniers temps, ont pris sur eux de donner des directives pour la mortification du péché, et qui, ne connaissant ni le mystère de l’Évangile ni l’efficace de la mort de Christ, ont de nouveau imposé sur le cou de leurs disciples le joug d’une mortification opérée par soi-même, que ni eux ni leurs pères n’ont jamais pu porter. Ils vantent et prêchent une mortification qui ne s’accorde avec celle de l’Évangile ni quant à sa nature, ni quant à son sujet, ni quant à ses causes, ni quant à ses moyens, ni quant à ses effets ; et qui produit constamment les déplorables fruits de la superstition, de la propre justice et de l’angoisse de conscience chez ceux qui se chargent du fardeau ainsi lié pour eux.

Ce qui est ici proposé dans la faiblesse répondra, je l’espère humblement, à l’esprit et à la lettre de l’Évangile, ainsi qu’à l’expérience de ceux qui savent ce que c’est que de marcher avec Dieu selon la teneur de l’alliance de grâce. De sorte que, sinon ceci, du moins quelque chose de ce genre est fort nécessaire en ce temps pour l’avancement et le progrès de cette œuvre de mortification évangélique dans le cœur des croyants, et pour les diriger dans des sentiers sûrs, où ils puissent trouver le repos de leur âme. J’ai quelque chose à ajouter quant à ce qui me concerne en particulier. Ayant prêché sur ce sujet avec quelque heureux succès, par la grâce de celui qui fournit de la semence au semeur, j’ai été pressé par diverses personnes, dans le cœur desquelles sont les voies de Dieu, de publier ainsi ce que j’avais prêché, avec les additions et les modifications que je jugerais nécessaires. Sollicité par leurs désirs, je me suis souvenu de la dette dont je suis redevable depuis quelques années envers divers amis chrétiens nobles et estimables, au sujet d’un traité de la communion avec Dieu que je leur ai promis il y a quelque temps déjà ; et j’ai pensé dès lors que, si je ne pouvais par là m’acquitter de la plus grande dette, je pourrais peut-être leur offrir ce discours de la discorde avec soi-même, comme l’intérêt de leur patience à attendre celui de la paix et de la communion avec Dieu. En outre, j’ai considéré que j’avais été engagé par la providence dans le débat public de diverses controverses religieuses, ce qui pouvait sembler réclamer quelque chose d’un autre genre, d’un usage plus général, comme fruit d’un choix et non de la nécessité. C’est pour ces raisons et d’autres semblables que ce court discours est mis au jour et t’est maintenant présenté. J’espère pouvoir avouer en toute sincérité que le désir de mon cœur envers Dieu, et le principal dessein de ma vie dans la position où la bonne providence de Dieu m’a placé, sont que la mortification et la sainteté universelle soient avancées dans mon propre cœur, ainsi que dans le cœur et les voies des autres, à la gloire de Dieu ; afin que l’Évangile de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ soit honoré en toutes choses. Pour atteindre ce but, si ce petit discours (de la publication duquel voilà tout le compte que j’ai à rendre) peut être en quelque chose utile au moindre des saints, on le regardera comme l’exaucement des faibles prières dont l’accompagne son indigne auteur,

John Owen.

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