Chapitre 42 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute
De sa maladie et de ses dernières volontés
91. Mais lui, connaissant la coutume et craignant qu’on ne traitât ainsi son corps, se hâta ; et, ayant dit adieu aux moines de la montagne extérieure, il entra dans la montagne intérieure, où il avait coutume de demeurer. Et quelques mois après, il tomba malade. Ayant appelé ceux qui étaient là — ils étaient deux, qui demeuraient dans la montagne depuis quinze ans, pratiquant l’ascèse et servant Antoine à cause de son âge —, il leur dit : « Moi, comme il est écrit, je m’en vais par le chemin des pères, car je sens que le Seigneur m’appelle. Et vous, soyez vigilants, et ne ruinez pas votre longue ascèse ; mais, comme si vous ne faisiez que commencer, gardez avec zèle votre résolution. Car vous connaissez la perfidie des démons, combien ils sont féroces, mais combien peu ils ont de puissance. C’est pourquoi ne les craignez pas, mais plutôt respirez toujours le Christ et confiez-vous en lui. Vivez comme mourant chaque jour. Prenez garde à vous-mêmes, et souvenez-vous de l’exhortation que vous avez entendue de moi. N’ayez aucune communion avec les schismatiques, ni aucun rapport avec les ariens hérétiques. Car vous savez comment je les ai fuis à cause de leur hostilité envers le Christ et des doctrines étrangères de leur hérésie. Appliquez-vous donc d’autant plus à être toujours les imitateurs, d’abord de Dieu, puis des saints, afin qu’après la mort eux aussi vous reçoivent, comme des amis bien connus, dans les tabernacles éternels. Méditez ces choses et pensez-y ; et si vous avez quelque souci de moi et si vous vous souvenez de moi comme d’un père, ne laissez personne emporter mon corps en Égypte, de peur qu’on ne me place dans les maisons ; car c’est pour éviter cela que je suis entré dans la montagne et que je suis venu ici. Vous savez d’ailleurs comment j’ai toujours repris ceux qui avaient cette coutume, et les ai exhortés à y renoncer. Ensevelissez donc mon corps, cachez-le vous-mêmes sous terre, et que mes paroles soient observées par vous, afin que personne ne connaisse le lieu, hormis vous seuls. Car à la résurrection des morts je le recevrai incorruptible des mains du Sauveur. Et partagez mes vêtements. À Athanase l’évêque donnez une peau de brebis et le vêtement sur lequel je suis couché, qu’il m’a lui-même donné neuf, mais qui a vieilli avec moi. À Sérapion l’évêque donnez l’autre peau de brebis, et gardez pour vous le vêtement de poil. Au reste, portez-vous bien, mes enfants, car Antoine s’en va et n’est plus avec vous. »
Chapitre 42 terminé
De sa maladie et de ses dernières volontés