Vie d’Antoine
Du duc Balacius, et comment, averti par Antoine, il connut une fin misérable

Chapitre 38 · 1 min de lecture · 2 min d’écoute

Du duc Balacius, et comment, averti par Antoine, il connut une fin misérable

86. Un certain général, du nom de Balacius, nous persécutait cruellement, nous chrétiens, par attachement pour les ariens — ce nom de mauvais augure. Et comme sa dureté allait jusqu’à battre des vierges, à dépouiller et à flageller des moines, Antoine lui écrivit alors une lettre ainsi conçue et la lui envoya : « Je vois la colère venir sur toi ; cesse donc de persécuter les chrétiens, de peur que la colère ne te saisisse, car dès maintenant elle est sur le point de venir sur toi. » Mais Balacius se mit à rire, jeta la lettre à terre, cracha dessus, insulta les porteurs et les chargea de dire ceci à Antoine : « Puisque tu prends souci des moines, bientôt je viendrai aussi après toi. » Et cinq jours ne s’étaient pas écoulés que la colère vint sur lui. Car Balacius et Nestorius, le préfet d’Égypte, partirent pour la première étape au sortir d’Alexandrie, qu’on appelle Chæreu ; tous deux étaient à cheval, et les chevaux appartenaient à Balacius et étaient les plus paisibles de toute son écurie. Mais ils n’étaient pas encore allés bien loin vers ce lieu que les chevaux se mirent à folâtrer l’un avec l’autre, comme ils en ont coutume ; et soudain le plus paisible, celui que montait Nestorius, désarçonna Balacius d’un coup de dents, se jeta sur lui et lui déchira si cruellement la cuisse qu’on le ramena aussitôt à la ville, et il mourut au bout de trois jours. Et tous s’étonnèrent de ce que la prédiction d’Antoine se fût accomplie si promptement.

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