Chapitre 26 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute
De la vision d’Antoine touchant le pardon de ses péchés
65. Beaucoup de moines ont rapporté, avec le plus grand accord et d’une seule voix, que bien d’autres choses semblables furent accomplies par lui. Et pourtant elles ne paraissent pas aussi merveilleuses que certaines autres. Une fois, en effet, sur le point de manger, s’étant levé pour prier vers la neuvième heure, il se sentit ravi en esprit, et, chose merveilleuse à dire, il se tint debout et se vit lui-même comme du dehors, conduit dans les airs par certains êtres. Puis des êtres amers et terribles se dressèrent dans les airs et voulurent l’empêcher de passer. Mais comme ses guides s’opposaient à eux, ils demandèrent s’il n’avait pas de comptes à leur rendre. Et comme ils voulaient faire le compte depuis sa naissance, les guides d’Antoine les arrêtèrent en disant : « Le Seigneur a effacé les péchés commis depuis sa naissance ; mais depuis le temps où il est devenu moine et s’est consacré à Dieu, il vous est permis de faire le compte. » Alors, comme ils l’accusaient sans pouvoir le convaincre, son chemin devint libre et sans obstacle. Et aussitôt il se vit comme revenir et se tenir auprès de lui-même, et il fut de nouveau Antoine comme auparavant. Alors, oubliant de manger, il passa le reste du jour et toute la nuit à gémir et à prier. Car il était saisi de voir contre quels puissants adversaires se livre notre lutte, et par quels labeurs il nous faut traverser les airs. Et il se rappela que c’est là ce que dit l’Apôtre : « selon le prince de la puissance de l’air. » Car c’est en lui que l’Ennemi a le pouvoir de combattre et de chercher à arrêter ceux qui le traversent. C’est pourquoi il exhortait instamment : « prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour », afin que l’Ennemi « soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous ». Et nous qui avons appris cela, souvenons-nous de l’Apôtre quand il dit : « si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait. » Mais Paul fut ravi jusqu’au troisième ciel, et, après avoir entendu des paroles ineffables, il redescendit ; tandis qu’Antoine se vit parvenu jusque dans les airs, et lutta jusqu’à ce qu’il fût libre.
Chapitre 26 terminé
De la vision d’Antoine touchant le pardon de ses péchés