Comment réussir dans la vie chrétienne
La prière

Chapitre 9 · 10 min de lecture · 12 min d’écoute

La prière

Celui qui veut réussir dans la vie chrétienne doit mener une vie de prière. Une très grande part des échecs que l’on constate aujourd’hui dans la vie chrétienne, et dans l’œuvre chrétienne, vient de ce que l’on néglige la prière. Bien peu de chrétiens consacrent à la prière autant de temps qu’ils le devraient. L’apôtre Jacques disait aux croyants de son temps que le secret de la pauvreté et de l’impuissance de leur vie et de leur service était la négligence de la prière. « Vous ne possédez pas, dit Dieu par la bouche de l’apôtre Jacques, parce que vous ne demandez pas. » Il en est de même aujourd’hui. Pourquoi, se demande plus d’un chrétien, fais-je si peu de progrès dans ma vie chrétienne ? Pourquoi ai-je si peu de victoire sur le péché ? Pourquoi mes efforts aboutissent-ils à si peu de chose ? et Dieu répond : « Vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas. »

Il est assez facile de mener une vie de prière, pourvu qu’on s’y mette. Réservez chaque jour un certain temps à la prière. La règle de David et de Daniel est excellente : trois fois par jour. « Le soir, le matin, et à midi, dit David, je soupire et je gémis, Et il entendra ma voix » (Psaume 55:18). Au sujet de Daniel, nous lisons : « Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem; et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant » (Daniel 6:10). Bien entendu, on peut prier en marchant dans la rue, en voyageant en tramway ou assis à son bureau, et l’on doit apprendre à élever son cœur vers Dieu au milieu même des moments les plus chargés de la vie ; mais il nous faut des heures fixes de prière, des moments où nous nous retirons seuls avec Dieu, où nous fermons notre porte et parlons à notre Père dans le lieu secret (Matthieu 6:6). Dieu est dans le lieu secret ; il nous y rencontrera et écoutera nos requêtes.

La prière est un merveilleux privilège. C’est une audience auprès du Roi. C’est parler à notre Père. Qu’il est étrange que l’on pose la question : « Combien de temps dois-je consacrer à la prière ? » Lorsqu’un sujet est convoqué à une audience auprès de son roi, il ne demande jamais : « Combien de temps suis-je obligé de passer avec le roi ? » Sa question est plutôt : « Combien de temps le roi m’accordera-t-il ? » Et pour tout véritable enfant de Dieu qui comprend ce qu’est réellement la prière — une audience auprès du Roi des rois —, la question ne sera jamais : « Combien de temps suis-je obligé de passer en prière », mais : « Combien de temps puis-je passer en prière, en tenant dûment compte de mes autres devoirs et privilèges ? »

Commencez la journée par l’action de grâces et la prière : l’action de grâces pour les bienfaits précis du passé, la prière pour les besoins précis du jour présent. Pensez aux tentations que vous rencontrerez probablement au cours de la journée ; demandez à Dieu de vous montrer les tentations que vous risquez de rencontrer, et recevez de Dieu la force de les vaincre avant qu’elles ne se présentent. Si beaucoup échouent dans le combat, c’est qu’ils attendent l’heure du combat. Si d’autres réussissent, c’est qu’ils ont remporté la victoire à genoux bien avant que le combat ne vienne. Jésus fut vainqueur dans les terribles combats du prétoire de Pilate et de la croix parce que, la nuit précédente, il avait, dans la prière, devancé le combat et remporté la victoire avant que la lutte ne survienne vraiment. Il avait dit à ses disciples d’en faire autant. Il leur avait ordonné : « Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation » (Luc 22:40) ; mais ils dormirent quand ils auraient dû prier, et quand vint l’heure de la tentation, ils tombèrent. Devancez vos combats, livrez-les à genoux avant que la tentation ne vienne, et vous aurez toujours la victoire. Dès le tout début de la journée, recevez de Dieu lui-même conseil et force pour les devoirs du jour.

Ne laissez jamais la presse des affaires évincer la prière. Plus une journée comporte de travail, plus il faut consacrer de temps à la prière pour se préparer à ce travail. Vous n’y perdrez pas de temps, vous en gagnerez. La prière est la plus grande économie de temps que l’homme connaisse. Plus le travail vous presse, plus prenez de temps pour la prière.

Arrêtez-vous au milieu de l’agitation, de la hâte et des tentations de la journée pour l’action de grâces et la prière. Quelques minutes passées seul avec Dieu à midi contribueront grandement à vous garder calme au milieu des soucis et des inquiétudes de la vie moderne.

Terminez la journée par l’action de grâces et la prière. Passez en revue toutes les bénédictions de la journée et remerciez-en Dieu en détail. Rien ne contribue davantage à accroître la foi en Dieu et en sa Parole qu’un paisible retour, à la fin de chaque journée, sur ce que Dieu a fait pour vous ce jour-là. Rien ne contribue davantage à attirer de Dieu des bénédictions nouvelles et plus grandes qu’une action de grâces intelligente pour les bénédictions déjà accordées.

La dernière chose que vous ferez chaque jour, ce sera de demander à Dieu de vous montrer s’il y a eu dans la journée quelque chose qui lui ait déplu. Puis attendez en silence devant Dieu et donnez-lui l’occasion de vous parler. Écoutez. Ne soyez pas pressé. Si Dieu vous montre dans la journée quelque chose qui lui ait déplu, confessez-le pleinement et franchement, comme à un Père saint et plein d’amour. Croyez que Dieu pardonne tout, car il dit qu’il le fait (1 Jean 1:9). Ainsi, à la fin de chaque journée, tous vos comptes avec Dieu seront réglés. Vous pourrez vous coucher et dormir dans l’heureuse assurance qu’il n’y a pas un nuage entre Dieu et vous. Vous pourrez vous lever le lendemain pour recommencer la vie avec un bilan net. Faites cela, et vous ne pourrez jamais rétrograder plus de vingt-quatre heures. En vérité, vous ne rétrograderez pas du tout. Il est très difficile de remettre en ordre, dans les affaires, des comptes qu’on a laissés s’embrouiller pendant une longue période. Aucune banque ne clôt sa journée avant que son bilan ne soit trouvé parfaitement juste. Et aucun chrétien ne devrait clore une seule journée avant que ses comptes avec Dieu pour ce jour-là n’aient été parfaitement réglés seul à seul avec lui.

Il faut une prière particulière dans la tentation particulière — c’est-à-dire lorsque nous voyons la tentation approcher. Si vous le pouvez, retirez-vous aussitôt quelque part seul avec Dieu et livrez votre combat jusqu’au bout. Gardez les regards tournés vers Dieu. « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5:17). Il n’est pas nécessaire d’être à genoux tout le temps, mais le cœur doit être à genoux tout le temps. Nous devrions souvent être littéralement à genoux ou face contre terre. C’est une vie joyeuse, libre de tout souci et de toute inquiétude. « Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Philippiens 4:6, 7, R. V.).

Il y a trois choses pour lesquelles celui qui veut réussir dans la vie chrétienne doit prier tout particulièrement. 1. Pour la sagesse. « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse (et c’est notre cas à tous), qu’il la demande à Dieu » (Jacques 1:5). 2. Pour la force. « Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force » (Ésaïe 40:31). 3. Pour le Saint-Esprit. « Votre Père céleste donnera le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent » (Luc 11:13). Même si vous avez reçu le Saint-Esprit, vous devez constamment demander d’être rempli à nouveau du Saint-Esprit, et vous attendre avec certitude à le recevoir. Il nous faut être remplis à nouveau de l’Esprit pour chaque situation nouvelle de la vie et du service chrétiens. L’apôtre Pierre fut baptisé et rempli du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte (Actes 2:1-4), mais il fut rempli de nouveau en Actes 4:8 et en Actes 4:31. Il y a dans le monde beaucoup de chrétiens qui ont reçu autrefois un baptême du Saint-Esprit très net, qui ont connu une grande joie et ont été merveilleusement employés, mais qui ont essayé depuis lors de marcher dans la puissance de ce baptême reçu il y a des années ; et aujourd’hui leur vie est relativement sans joie et sans puissance. Il nous faut constamment renouveler la provision d’huile de nos lampes. Nous obtenons ces nouvelles provisions d’huile en les demandant.

Il ne suffit pas d’avoir nos moments de prière secrète, seuls avec Dieu ; nous avons aussi besoin de communion fraternelle avec d’autres dans la prière. S’il y a une réunion de prière dans votre Église, assistez-y régulièrement. Allez-y pour vous-même ; allez-y pour l’Église. Si ce n’est une réunion de prière que de nom et non de fait, usez de votre influence, discrètement et constamment (et non de manière importune), pour en faire une véritable réunion de prière. Réservez saintement à cet usage le soir de la réunion de prière. Refusez pour ce soir-là toute invitation mondaine. Un général de division de l’armée des États-Unis prit un jour le commandement des troupes d’une nouvelle région. On organisa en son honneur une réception pour un certain soir de la semaine. Lorsqu’il fut informé de cette réception publique, il répondit que c’était le soir de la réunion de prière, que tout le reste devait céder le pas à la réunion de prière, et qu’il ne pourrait pas assister à la réception ce soir-là. Ce général s’était montré un homme sur qui l’on peut compter. L’Église de Christ en Amérique lui doit plus qu’à presque aucun autre officier de l’armée américaine. Les pasteurs apprennent à compter sur les membres qui fréquentent la réunion de prière. La réunion de prière est la réunion la plus importante de l’Église. Si votre Église n’a pas de réunion de prière, usez de votre influence pour qu’elle en ait une. Il ne faut pas beaucoup de membres pour faire une bonne réunion de prière. Vous pouvez commencer à deux, mais travaillez à être nombreux.

Il est bon d’avoir un petit groupe d’amis chrétiens avec qui l’on est en réelle communion de sentiments et avec qui l’on se réunit régulièrement chaque semaine simplement pour prier. Rien n’a eu plus d’importance dans le développement de ma propre vie spirituelle au cours des dernières années qu’une petite réunion de prière de moins d’une douzaine d’amis qui se sont réunis chaque samedi soir pendant des années. Nous nous réunissions, et ensemble nous attendions Dieu. Si ma vie a été de quelque utilité au Maître, je l’attribue en grande partie à cette réunion de prière. Heureux le jeune chrétien qui a un petit groupe d’amis comme ceux-là, qui se réunissent régulièrement pour prier ![2]


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