Comment réussir dans la vie chrétienne
Travailler pour Christ

Chapitre 10 · 10 min de lecture · 12 min d’écoute

Travailler pour Christ

L’une des conditions importantes de la croissance et de la force dans la vie chrétienne est le travail. Nul ne peut garder sa force physique sans exercice, et nul ne peut garder sa force spirituelle sans exercice spirituel, c’est-à-dire, sans travailler pour son Maître. Le chrétien qui travaille est le chrétien heureux. Le chrétien qui travaille est le chrétien fort. Certains chrétiens ne rétrogradent jamais parce qu’ils sont trop occupés aux affaires de leur Maître pour rétrograder. Beaucoup de chrétiens de profession rétrogradent parce qu’ils sont trop oisifs pour faire autre chose que rétrograder. Jésus dit aux premiers disciples : « Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Matthieu 4:19). Quiconque n’est pas pêcheur d’hommes ne suit pas Christ. Porter du fruit en amenant d’autres personnes au Sauveur, tel est le but pour lequel Jésus nous a choisis, et c’est l’une des conditions les plus importantes de la puissance dans la prière. Jésus dit en Jean 15:16 : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. » Ces paroles de Jésus sont très claires. Elles nous disent que celui qui porte du fruit est celui qui peut prier au nom de Christ et obtenir ce qu’il demande en ce nom. Dans le même chapitre, Jésus nous dit que porter du fruit par sa force est la condition d’une joie parfaite. Il dit : « Je vous ai dit ces choses (c’est-à-dire ce qui concerne le fait de demeurer en lui et de porter du fruit par sa force), afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite » (Jean 15:11). L’expérience prouve abondamment la vérité de ces paroles de notre Maître. Ceux qui déploient le plus d’activité pour gagner d’autres âmes à Christ sont ceux qui sont pleins de joie en Christ lui-même.

Si vous voulez être un chrétien heureux, si vous voulez être un chrétien fort, si vous voulez être un chrétien puissant dans la prière, commencez sans tarder à travailler pour le Maître, et ne laissez jamais passer un jour sans accomplir pour lui quelque travail précis. Mais comment un jeune chrétien peut-il travailler pour lui ? Comment un jeune chrétien peut-il porter du fruit ? La réponse est très simple et très facile à suivre. Vous pouvez porter du fruit pour votre Maître en allant trouver d’autres personnes pour leur dire ce que votre Sauveur a fait pour vous, en les pressant d’accepter ce même Sauveur et en leur montrant comment le faire. Il n’est pas d’œuvre au monde aussi facile à accomplir, aussi joyeuse et aussi abondante en fruits que le travail personnel, d’homme à homme. Le plus jeune des chrétiens peut faire du travail personnel. Bien sûr, il ne peut pas le faire aussi bien qu’il le fera plus tard, quand il aura acquis plus de pratique. Mais la manière d’apprendre à le faire, c’est de le faire. J’ai connu, dans le monde entier, des milliers de chrétiens qui ont commencé à travailler pour Christ, et à amener d’autres âmes à Christ, le jour même de leur conversion. Combien de fois des jeunes gens et des jeunes filles, oui, et des vieillards, hommes et femmes, sont venus me dire : « J’ai accepté hier soir Jésus-Christ comme mon Sauveur, mon Seigneur et mon Roi, et ce soir j’ai amené un ami à Christ. » Puis, le lendemain, ils venaient me parler de quelqu’un d’autre qu’ils avaient amené à Christ. Quand nous étions à Sheffield, un jeune homme qui travaillait dans un entrepôt accepta Christ. Avant la fin du mois de mission à Sheffield, il avait amené trente autres personnes à Christ, dont beaucoup travaillaient dans l’entrepôt même où il était employé. Ce n’est là qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Il existe bien des livres qui enseignent comment faire du travail personnel.[3]

Mais il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir lu un livre sur le sujet pour commencer. L’une des erreurs les plus courantes et les plus graves, c’est de gaspiller sa vie à se préparer à se préparer à se préparer. Certains ne sont jamais prêts. La manière de se préparer, c’est de commencer sans tarder. Prenez la résolution de parler chaque jour à une personne au moins de la nécessité d’accepter Christ. Au début de sa vie chrétienne, M. Moody avait pris la résolution de ne jamais laisser passer un jour sans parler de Christ à une personne au moins. Un soir, il rentrait tard de son travail. Comme il approchait de chez lui, il s’aperçut qu’il n’avait parlé à personne ce jour-là. Il se dit : « Il est trop tard maintenant. Je n’en aurai plus l’occasion. Voilà un jour qui sera passé sans que j’aie parlé de Christ à personne. » Mais un peu plus loin devant lui, il vit un homme debout sous un réverbère. Il se dit : « Voici ma dernière occasion. » L’homme lui était inconnu, bien que lui-même sût qui était M. Moody. M. Moody se hâta vers lui et lui demanda : « Êtes-vous chrétien ? » L’homme répondit : « Cela ne vous regarde pas. Si vous n’étiez pas une espèce de prédicateur, je vous jetterais dans le ruisseau. » Mais M. Moody lui dit quelques paroles fidèles et passa son chemin. Le lendemain, cet homme alla trouver, plein d’indignation, l’un des amis d’affaires de M. Moody à Chicago. Il lui dit : « Ce Moody, votre ami, là-bas dans le quartier nord, fait plus de mal que de bien. Il a du zèle sans connaissance. Il est venu à moi hier soir, moi, un parfait inconnu, et m’a demandé si j’étais chrétien. Il m’a insulté. Je lui ai dit que s’il n’avait pas été une espèce de prédicateur, je l’aurais jeté dans le ruisseau. » L’ami de M. Moody le fit venir et lui dit : « Moody, vous faites plus de mal que de bien. Vous avez du zèle sans connaissance. Vous avez insulté un de mes amis dans la rue hier soir. » M. Moody sortit quelque peu déconfit, pensant qu’il faisait peut-être plus de mal que de bien, et qu’il avait peut-être en effet du zèle sans connaissance. Mais quelques semaines plus tard, tard dans la nuit, on frappa à grands coups à sa porte. M. Moody sauta du lit et se précipita vers la porte, croyant que la maison était en feu. C’était ce même homme qui se tenait à la porte. Il dit : « Monsieur Moody, je n’ai pas eu une nuit de repos depuis que vous m’avez parlé ce soir-là sous le réverbère, et je suis venu pour que vous me disiez ce que je dois faire pour être sauvé. » M. Moody eut la joie, cette nuit-là, d’amener cet homme à Christ. Il vaut mieux avoir du zèle sans connaissance que de la connaissance sans zèle, mais il vaut mieux encore avoir du zèle avec connaissance, et chacun peut l’avoir. La manière d’acquérir la connaissance, c’est l’expérience, et la manière d’acquérir l’expérience, c’est de faire le travail. L’homme qui a si peur de commettre des maladresses qu’il ne fait jamais rien n’apprend jamais rien. L’homme qui va de l’avant, fait de son mieux et accepte le risque des maladresses est celui qui apprend à les éviter à l’avenir. Quelques-uns des hommes les plus doués que j’aie jamais connus n’ont jamais rien accompli de réel, tant ils avaient peur de commettre des maladresses. Quelques-uns des hommes les plus utiles que j’aie jamais connus étaient des hommes qui, au départ, étaient les moins prometteurs, mais qui avaient un réel amour pour les âmes et qui ont persévéré, d’abord de façon maladroite ; mais ils ont continué malgré leurs maladresses jusqu’à ce qu’ils aient appris par l’expérience à bien faire les choses. Ne vous laissez pas décourager par vos maladresses. Mettez-vous à l’œuvre et persévérez sans relâche. Toute erreur commise de bonne foi n’est qu’un marchepied vers le succès futur. Essayez chaque jour d’amener quelqu’un d’autre à Christ. Bien sûr, vous ne réussirez pas tous les jours, mais ce travail vous fera du bien de toute manière, et, des années plus tard, vous découvrirez souvent que là où vous pensiez avoir commis les plus grandes maladresses, vous avez obtenu les meilleurs résultats. L’homme qui se met le plus en colère contre vous sera souvent, à la fin, celui qui vous sera le plus reconnaissant. Soyez patient et continuez d’espérer. Ne vous découragez jamais.

Dressez une liste de prière. Retirez-vous seul avec Dieu. Écrivez en haut d’une feuille de papier : « Avec l’aide de Dieu, je promets de prier chaque jour et de travailler avec persévérance à la conversion des personnes suivantes. » Puis agenouillez-vous et demandez à Dieu de vous montrer qui inscrire sur cette liste. Ne faites pas une liste si longue que votre prière et votre travail deviennent mécaniques et superficiels. Une fois la liste dressée, tenez votre engagement : priez réellement pour elles chaque jour. Guettez les occasions de leur parler — et mettez ces occasions à profit. Il vous faudra peut-être guetter longtemps vos occasions avec certaines d’entre elles, et il vous faudra peut-être leur parler souvent, mais ne renoncez jamais. J’ai prié environ quinze ans pour un homme, l’un des hommes les plus décourageants que j’aie jamais rencontrés, mais j’ai vu cet homme se convertir enfin, je l’ai vu devenir prédicateur de l’Évangile, beaucoup d’autres se sont convertis par sa prédication, et maintenant il est dans la gloire.

Apprenez à vous servir de traités. Procurez-vous quelques bons traités propres à répondre aux besoins de différentes sortes de personnes. Puis remettez ces traités aux personnes dont ils sont faits pour rencontrer les besoins. Accompagnez vos traités de prière et d’efforts personnels.

Allez trouver votre pasteur et demandez-lui s’il y a dans l’Église quelque travail qu’il aimerait vous confier. Soyez quelqu’un sur qui votre pasteur puisse compter. Nous vivons à une époque où beaucoup de sortes d’œuvres se font en dehors de l’Église, et beaucoup d’entre elles sont bonnes ; vous devez y prendre part selon vos possibilités, mais n’oubliez jamais que votre premier devoir est envers l’Église dont vous êtes membre. Soyez quelqu’un sur qui votre pasteur puisse s’appuyer. Il se peut que votre pasteur ne veuille pas vous employer, mais donnez-lui du moins l’occasion de vous refuser. S’il vous refuse, ne vous découragez pas, mais trouvez du travail ailleurs. Il y a beaucoup à faire et peu de gens pour le faire. Il est aussi vrai aujourd’hui qu’aux jours de notre Sauveur que « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers » (Matthieu 9:37) ; « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson », et priez-le de vous envoyer, vous (Matthieu 9:38). Il faut au ministère des hommes de la bonne trempe. Il faut pour l’œuvre des missions étrangères des hommes et des femmes de la bonne trempe ; mais il se peut que vous ne soyez pas l’homme ou la femme qui convient pour l’œuvre missionnaire à l’étranger ; il n’en reste pas moins qu’il y a pour vous une œuvre à accomplir, aussi importante à sa place que l’œuvre du pasteur ou du missionnaire. Veillez à remplir votre place, et à bien la remplir.[4]


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