Chapitre 8 · 12 min de lecture · 15 min d’écoute
Les difficultés de la Bible
Tôt ou tard, tout jeune chrétien rencontre dans la Bible des passages difficiles à comprendre et difficiles à croire. Pour bien des jeunes chrétiens, ces difficultés deviennent un sérieux obstacle au développement de leur vie chrétienne. Pendant des jours, des semaines et souvent des mois, leur foi subit une éclipse partielle ou totale. C’est précisément à ce moment-là qu’un sage conseil est nécessaire. Nous n’avons aucun désir de cacher que ces difficultés existent. Nous désirons plutôt les regarder en face et les examiner franchement. Que ferons-nous au sujet de ces difficultés que tout lecteur réfléchi de la Bible rencontrera tôt ou tard ?
1. La première chose que nous ayons à dire au sujet de ces difficultés, c’est que, par la nature même des choses, il faut s’attendre à des difficultés. Certaines personnes sont surprises et ébranlées parce qu’il y a des difficultés dans la Bible. Je serais plus surpris et plus ébranlé s’il n’y en avait pas. Qu’est-ce que la Bible ? C’est une révélation de la pensée, de la volonté, du caractère et de l’être du Dieu infiniment grand, parfaitement sage et absolument saint. Mais à qui cette révélation est-elle faite ? À des hommes et à des femmes comme vous et moi, à des êtres finis. À des hommes imparfaits dans leur développement intellectuel, et par conséquent dans leur connaissance, imparfaits aussi dans leur caractère, et par conséquent dans leur discernement spirituel.
Il faut nécessairement, par la force même des choses, qu’il y ait des difficultés dans une telle révélation faite à de telles personnes. Quand le fini essaie de comprendre l’infini, il y aura inévitablement des difficultés. Quand des ignorants considèrent les paroles de celui dont la connaissance est parfaite, il y aura forcément bien des choses difficiles à comprendre, et quelques-unes qui, à leur esprit immature et inexact, paraîtront absurdes. Quand des êtres pécheurs écoutent les exigences d’un être absolument saint, ils ne peuvent manquer d’être ébranlés par certaines de ses exigences ; et quand ils considèrent sa manière d’agir, ils ne peuvent manquer d’être ébranlés par certains de ses actes. Ces actes leur paraîtront nécessairement trop sévères, trop rigoureux, trop durs, terribles. Il est clair qu’il doit y avoir pour nous des difficultés dans une révélation telle que la Bible s’est prouvée être. Si quelqu’un me tendait un livre aussi simple que la table de multiplication en me disant : « Voici la Parole de Dieu, dans laquelle il a révélé toute sa volonté et toute sa sagesse », je secouerais la tête et je dirais : « Je ne puis le croire. C’est trop facile pour être une révélation parfaite d’une sagesse infinie. » Il doit y avoir, dans toute révélation complète de la pensée, de la volonté, du caractère et de l’être de Dieu, des choses difficiles à comprendre pour un débutant ; et les plus sages et les meilleurs d’entre nous ne sont que des débutants.
2. La deuxième chose à dire au sujet de ces difficultés, c’est qu’une difficulté dans une doctrine, ou une grave objection à une doctrine, ne prouve nullement que cette doctrine soit fausse. Beaucoup de gens irréfléchis s’imaginent que si. S’ils rencontrent une difficulté qui les empêche de croire à l’origine divine, à l’inerrance absolue et à l’infaillibilité de la Bible, ils concluent aussitôt que la doctrine a volé en éclats. C’est fort peu logique. Arrêtez-vous un instant, réfléchissez, et apprenez à être raisonnable et équitable. Il n’existe guère de doctrine scientifique communément admise aujourd’hui qui n’ait rencontré quelque grande difficulté avant d’être acceptée. Quand la théorie de Copernic, aujourd’hui universellement acceptée, fut proclamée pour la première fois, elle se heurta à une très grave difficulté. Si cette théorie était vraie, la planète Vénus devait avoir des phases comme la lune. Mais la meilleure lunette qui existât alors ne permettait de découvrir aucune phase. Cependant, l’argument positif en faveur de la théorie était si fort qu’elle fut acceptée en dépit de cette objection apparemment sans réplique. Quand on construisit une lunette plus puissante, on découvrit que Vénus avait bel et bien des phases. Toute la difficulté venait, comme toutes celles de la Bible, de l’ignorance où était l’homme de certains des faits de la question. Selon la logique du bon sens reconnue dans tous les domaines de la science, si la preuve positive d’une théorie est concluante, les hommes raisonnables y croient en dépit d’un nombre quelconque de difficultés dans des détails secondaires. Or la preuve positive que la Bible est la Parole de Dieu, qu’elle est une révélation absolument digne de foi, venant de Dieu lui-même, sur lui-même, ses desseins et sa volonté, sur le devoir et la destinée de l’homme, sur les réalités spirituelles et éternelles, est absolument concluante. Par conséquent, tout homme et toute femme raisonnables doivent y croire, en dépit d’un nombre quelconque de difficultés dans des détails secondaires. C’est un penseur superficiel que celui qui abandonne une vérité bien attestée à cause de quelques faits qu’il ne peut concilier avec elle. Et c’est un connaisseur bien superficiel de la Bible que celui qui abandonne l’origine divine et l’inerrance de la Bible parce qu’il existe quelques faits supposés qu’il ne peut concilier avec cette doctrine.
3. La troisième chose à dire au sujet des difficultés de la Bible, c’est qu’il y a bien plus de difficultés, et de bien plus grandes, qui s’opposent à la doctrine selon laquelle la Bible est d’origine humaine, et donc faillible, qu’il n’y en a qui s’opposent à la doctrine selon laquelle la Bible est d’origine divine, et donc entièrement digne de foi. Un homme peut vous présenter quelque difficulté en vous disant : « Comment expliquez-vous cela, si la Bible est la Parole de Dieu ? » et peut-être ne pourrez-vous pas lui répondre de façon satisfaisante. Il croit alors vous tenir, mais il n’en est rien. Retournez-vous vers lui et demandez-lui : comment expliquez-vous les prophéties accomplies de la Bible, si elle est d’origine humaine ? Comment expliquez-vous la merveilleuse unité du Livre ? Comment expliquez-vous sa profondeur inépuisable ? Comment expliquez-vous la puissance unique qu’il a d’élever les hommes jusqu’à Dieu ? Comment expliquez-vous l’histoire du Livre, sa victoire sur toutes les attaques des hommes, etc., etc., etc. ? Pour chaque objection insignifiante qu’il peut opposer à votre point de vue, vous pouvez opposer au sien de nombreuses objections profondément significatives, et aucun homme de bonne foi n’aura de peine à choisir entre les deux points de vue. Les difficultés auxquelles se heurte celui qui nie que la Bible soit d’origine et d’autorité divines sont bien plus nombreuses et bien plus graves que celles auxquelles se heurte celui qui croit qu’elle est d’origine et d’autorité divines.
4. La quatrième chose à dire au sujet des difficultés de la Bible, c’est que, si vous ne pouvez pas résoudre une difficulté, cela ne prouve pas qu’elle ne puisse être résolue, et que, si vous ne pouvez pas répondre à une objection, cela ne prouve nullement qu’on ne puisse y répondre. Il est étrange au plus haut point de voir combien souvent nous perdons de vue ce fait si évident. Il y en a beaucoup qui, lorsqu’ils rencontrent une difficulté dans la Bible, y réfléchissent un peu et ne voient aucune solution possible, sautent aussitôt à la conclusion que personne ne peut la résoudre, et abandonnent ainsi leur foi en la véracité de la Bible et en son origine divine. Un peu plus de cette modestie qui sied à des êtres aussi limités dans leur connaissance que nous le sommes tous les aurait amenés à dire : « Bien que je ne voie aucune solution possible à cette difficulté, quelqu’un d’un peu plus sage que moi pourrait facilement en trouver une. » Oh ! si seulement nous voulions nous rappeler que nous ne savons pas tout, et qu’il y a une foule de choses que nous ne pouvons résoudre maintenant et que nous pourrions facilement résoudre si seulement nous en savions un peu plus ! Avant tout, nous ne devrions jamais oublier qu’il peut y avoir, pour la sagesse infinie, une solution très facile à ce qui paraît absolument insoluble à notre sagesse finie — ou à notre ignorance. Que penserions-nous d’un débutant en algèbre qui, après avoir essayé en vain pendant une demi-heure de résoudre un problème difficile, déclarerait que ce problème n’a aucune solution possible parce qu’il n’en a trouvé aucune ? Un homme d’une grande expérience et d’une grande capacité quitta un jour son travail et fit un long trajet pour venir me voir, l’esprit profondément troublé, parce qu’il avait découvert dans la Bible ce qui lui semblait une contradiction flagrante. Elle avait déjoué toutes ses tentatives de conciliation ; mais en quelques instants on lui montra une solution très simple et très satisfaisante de la difficulté.
5. La cinquième chose à dire au sujet des difficultés de la Bible, c’est que les défauts apparents du livre sont extrêmement insignifiants, comparés à ses qualités nombreuses et merveilleuses. Il y a certainement une grande perversité d’esprit et de cœur chez des hommes qui passent tant de temps à s’étendre sur les points insignifiants qu’ils considèrent comme des défauts de la Bible, et qui passent absolument sans les remarquer à côté des beautés et des merveilles incomparables qui ornent et glorifient presque chaque page. Que penserions-nous d’un homme qui, étudiant quelque grand chef-d’œuvre de l’art, concentrerait toute son attention sur ce qui lui semblerait être une chiure de mouche dans un coin ? Une grande partie de ce que l’on vante comme « l’étude critique de la Bible » est une recherche laborieuse et savante de supposées chiures de mouche, et une entière négligence des gloires innombrables du livre.
6. La sixième chose à dire au sujet des difficultés de la Bible, c’est qu’elles ont bien plus de poids pour ses lecteurs superficiels que pour ceux qui l’étudient en profondeur. Prenez un homme qui ignore totalement le contenu réel et le sens de la Bible, et qui consacre toutes ses forces à y découvrir des contradictions apparentes : pour de tels lecteurs superficiels de la Bible, ces difficultés paraissent d’une importance immense ; mais pour celui qui a appris à méditer la Parole de Dieu jour et nuit, elles n’ont presque aucun poids. Ce puissant homme de Dieu, George Müller, qui avait étudié attentivement la Bible d’un bout à l’autre plus de cent fois, n’était troublé par aucune des difficultés qu’il rencontrait. Mais pour celui qui la lit attentivement en entier pour la première ou la deuxième fois, il y a bien des choses qui déconcertent et qui ébranlent.
7. La septième chose à dire au sujet des difficultés de la Bible, c’est qu’elles disparaissent rapidement par une étude attentive et accompagnée de prière. Combien de choses dans la Bible, qui nous avaient autrefois déconcertés et ébranlés, ont été parfaitement éclaircies et ne présentent plus aucune difficulté ! N’est-il pas raisonnable de supposer que les difficultés qui subsistent encore disparaîtront elles aussi par une étude plus poussée ?
Comment devons-nous nous comporter à l’égard des difficultés que nous trouvons effectivement dans la Bible ?
1. Avant tout, honnêtement. Chaque fois que vous trouvez une difficulté dans la Bible, reconnaissez-la franchement. Si vous ne pouvez pas en donner une explication bonne et honnête, n’essayez pas encore d’en donner une.
2. Humblement. Reconnaissez les limites de votre esprit et de votre connaissance, et ne vous imaginez pas qu’il n’y a pas de solution simplement parce que vous n’en avez pas trouvé. Il y a selon toute probabilité une solution très simple. Vous la trouverez un jour, bien que pour le moment vous ne trouviez aucune solution.
3. Résolument. Décidez que vous trouverez la solution, si cela est possible, au prix de toute l’étude et de toute la réflexion nécessaires. Les difficultés de la Bible sont un défi que votre Père céleste vous lance pour que vous mettiez votre intelligence au travail.
4. Sans crainte. Ne vous effrayez pas quand vous trouvez une difficulté, si insoluble qu’elle paraisse au premier abord. Des milliers de gens en ont trouvé de semblables avant vous. On les a vues il y a des centaines d’années, et le vieux Livre est toujours debout. Il est peu probable que vous découvriez une difficulté qui n’ait pas été découverte, et probablement résolue, bien avant votre naissance, même si vous ne savez pas exactement où trouver la solution. La Bible, qui a résisté à dix-huit siècles d’examen rigoureux et d’assauts incessants et terribles, ne va pas sombrer devant les découvertes que vous pourrez faire ni devant les attaques des incrédules modernes. Toutes les attaques des incrédules modernes contre la Bible ne sont qu’un réchauffé de vieilles objections qui ont été réfutées cent fois dans le passé. Ces vieilles objections ne seront pas plus efficaces sous leurs habits neufs qu’elles ne l’ont été sous les vêtements usés du passé.
5. Patiemment. Ne vous découragez pas parce que vous ne résolvez pas chaque problème en un jour. Si quelque difficulté résiste à vos meilleurs efforts, mettez-la de côté pour un temps. Il est fort probable que, lorsque vous y reviendrez, elle aura disparu, et vous vous demanderez comment vous avez jamais pu en être embarrassé. Il arrive souvent à l’auteur, aujourd’hui, de sourire en pensant combien il a été cruellement embarrassé autrefois par des questions qui sont maintenant claires comme le jour.
6. Selon l’Écriture. Si vous trouvez une difficulté dans une partie de la Bible, cherchez d’autres passages de l’Écriture qui l’éclairent et la dissipent. Rien n’explique l’Écriture comme l’Écriture. Ne laissez jamais des passages de l’Écriture apparemment obscurs obscurcir la lumière qui vient des passages clairs ; laissez plutôt la lumière qui vient du passage clair illuminer les ténèbres qui semblent envelopper le passage obscur.
7. Dans la prière. C’est merveilleux de voir comment les difficultés se dissipent quand on les considère à genoux. L’une des grandes raisons pour lesquelles certains savants modernes sont devenus des critiques destructeurs, c’est qu’ils ont oublié comment prier.
Chapitre 8 terminé
Les difficultés de la Bible