Comment réussir dans la vie chrétienne
L’appartenance à l’Église

Chapitre 6 · 5 min de lecture · 7 min d’écoute

L’appartenance à l’Église

Aucun jeune chrétien, et aucun chrétien âgé, ne peut connaître de vrai succès dans la vie chrétienne sans la communion des autres croyants. L’Église est une institution divine, bâtie par Jésus-Christ lui-même. C’est la seule institution qui demeure. Les autres institutions viennent et s’en vont ; elles accomplissent leur œuvre en leur temps et disparaissent, mais l’Église subsistera jusqu’à la fin. « les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16:18). L’Église est composée d’hommes et de femmes, d’hommes et de femmes imparfaits, et c’est par conséquent une institution imparfaite ; mais elle n’en est pas moins d’origine divine, Dieu l’aime, et tout croyant devrait comprendre qu’il en fait partie, y prendre ouvertement sa place et y assumer ses responsabilités.

La véritable Église se compose de tous les vrais croyants, de tous ceux qui sont unis à Jésus-Christ par une foi vivante en lui. Dans son organisation extérieure, à l’heure actuelle, elle est divisée en sectes et en assemblées locales sans nombre ; mais, en dépit de ces divisions, la véritable Église est une. Elle a un seul Seigneur, Jésus-Christ. Elle a une seule foi, la foi en lui comme Sauveur, Seigneur divin et seul Roi ; un seul baptême, le baptême dans l’unique Esprit pour former l’unique corps (Éphésiens 4:4, 5 ; 1 Corinthiens 12:13). Mais chaque chrétien, individuellement, a besoin de la communion d’autres croyants, ses frères. L’expression extérieure de cette communion, c’est l’appartenance à quelque corps organisé de croyants. Si nous nous tenons à l’écart de toutes les Églises organisées, dans l’espoir d’avoir ainsi une communion plus large avec tous les croyants de toutes les Églises, nous nous trompons nous-mêmes. Nous serons privés du secours qui vient d’une union intime avec une assemblée locale. J’ai connu beaucoup de personnes bien intentionnées qui se sont tenues à l’écart de toute organisation particulière, et je n’ai jamais connu une seule personne ayant agi ainsi dont la vie spirituelle n’en ait pas souffert. Le jour de la Pentecôte, les trois mille qui furent convertis furent aussitôt baptisés et ajoutés à l’Église (Actes 2:41, 47), et « Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. » Leur exemple est celui qu’il faut suivre. Si vous avez réellement reçu Jésus-Christ, cherchez au plus tôt quelque groupe d’autres personnes qui ont reçu Jésus-Christ, et unissez-vous à elles.

Dans bien des localités, il n’y a peut-être pas de choix entre plusieurs Églises, car il n’y en a qu’une. Dans d’autres, on se trouvera devant la question : « À quel corps de croyants dois-je me joindre ? » Ne perdez pas votre temps à chercher une Église parfaite. Il n’y a pas d’Église parfaite. Si vous attendez d’avoir trouvé une Église parfaite pour vous joindre à une Église, vous ne vous joindrez à aucune, et vous appartiendrez ainsi à une Église dont vous serez le seul membre, ce qui est la plus imparfaite de toutes les Églises. J’aimerais mieux appartenir à l’Église chrétienne la plus imparfaite que j’aie jamais connue que de n’appartenir à aucune Église. Les Églises locales du temps de Paul étaient des institutions très imparfaites. Qu’on lise les épîtres aux Corinthiens, et l’on verra combien l’Église de Corinthe était imparfaite, combien il y avait de mal en elle ; et pourtant Paul ne songea jamais à conseiller à un seul croyant de Corinthe de quitter cette Église imparfaite. Il leur dit bien de sortir du paganisme, de sortir de toute communion avec les infidèles (2 Corinthiens 6:14-18), mais pas un mot sur la nécessité de sortir de l’Église imparfaite de Corinthe. Il dit bien à l’Église de Corinthe de retrancher du nombre de ses membres certaines personnes dont la vie était mauvaise (1 Corinthiens 5:11, 12), mais il ne dit pas aux membres de l’Église de Corinthe, individuellement, de quitter l’Église parce que ces personnes n’avaient pas encore été retranchées de leur communion.

Puisque vous ne pouvez pas trouver une Église parfaite, trouvez la meilleure Église possible. Joignez-vous à une Église où l’on croit à la Bible et où l’on prêche la Bible. Évitez les Églises où l’on prononce, ouvertement ou de façon voilée, des paroles qui tendent à saper votre foi en la Bible comme révélation digne de foi venant de Dieu lui-même, règle toute-suffisante de la foi et de la vie. Joignez-vous à une Église où règne un esprit de prière, où les réunions de prière sont fidèlement entretenues. Joignez-vous à une Église qui porte un intérêt réel et actif au salut des perdus, où l’on prend soin des jeunes chrétiens et où on les aide, où le pasteur et les fidèles aiment les pauvres et les déshérités, une Église qui considère que sa mission en ce monde est la même que la mission de Christ : « chercher et sauver ce qui était perdu ». Quant aux différences entre dénominations, toutes choses égales d’ailleurs, joignez-vous à la dénomination dont les idées en matière de doctrine, de gouvernement et d’ordonnances se rapprochent le plus des vôtres. Mais il vaut mieux vous joindre à une Église vivante d’une autre dénomination qu’à une Église morte de la vôtre. Nous vivons à une époque où les différences entre dénominations s’amenuisent de plus en plus, et souvent elles n’ont plus la moindre portée pratique ; et l’on se sentira souvent plus à l’aise dans une Église d’une autre dénomination que dans n’importe quelle Église accessible de sa propre dénomination. Les choses qui divisent les dénominations sont insignifiantes, comparées aux grandes vérités fondamentales, aux grands desseins et à la foi qui les unissent.

Si vous ne trouvez pas l’Église qui corresponde au modèle exposé ci-dessus, trouvez celle qui s’en approche le plus. Entrez dans cette Église et, par la prière et par le travail, efforcez-vous de l’amener aussi près que possible du modèle de ce que doit être, selon vous, une Église de Christ. Mais ne gaspillez pas vos forces à critiquer l’Église ou le pasteur. Cherchez ce qu’il y a de bon dans l’Église et chez le pasteur, et faites de votre mieux pour le fortifier. Tenez-vous fermement, quoique sans ostentation, à l’écart de ce qui est mal, et cherchez à le corriger. Ne vous découragez pas si vous ne pouvez pas le corriger en un jour, en une semaine, en un mois ou en une année. L’amour patient, la prière et l’effort finiront par porter leurs fruits. Vous retirer à l’écart pour grogner et murmurer ne servira à rien. Cela ne fera que vous rendre repoussant, vous et les vérités que vous défendez.


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