Comment amener les hommes à Christ
Le baptême du Saint-Esprit

Chapitre 13 · 21 min de lecture · 27 min d’écoute

Le baptême du Saint-Esprit

Il est une condition du succès pour amener les hommes à Christ qui est d’une importance si capitale, et si peu comprise, qu’elle exige un chapitre à part. Je veux parler du baptême du Saint-Esprit. Dans Actes 1:5, Luc 24:49 (comparez Actes 1:8) et Actes 2:4, nous trouvons trois expressions : « baptisés du Saint-Esprit », « revêtus de la puissance d’en haut » et « remplis du Saint-Esprit ». En comparant attentivement ces passages et ceux qui s’y rattachent, nous verrons que ces diverses expressions désignent une seule et même expérience. Cette expérience, nous le verrons à mesure que nous avancerons dans l’étude de ce sujet, est une condition absolument nécessaire d’un service agréable et efficace pour Christ.

1. Qu’est-ce que le baptême du Saint-Esprit ?

1. C’est une opération précise et distincte du Saint-Esprit, dont on peut savoir si elle s’est accomplie en soi ou non. Cela ressort du fait que Jésus ordonna à ses disciples de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils aient reçu ce revêtement de puissance (Luc 24:49, comparez Actes 1:8) ; or, si ce n’était pas une opération précise et distincte, dont ils pouvaient savoir s’ils l’avaient reçue ou non, ils n’auraient évidemment pas su à quel moment cet ordre de Christ avait été rempli ni à quel moment ils étaient prêts à commencer leur témoignage.

2. C’est une opération du Saint-Esprit distincte de son œuvre de régénération. Cela ressort d’Actes 1:5, où il est dit aux disciples : « dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit ». Or nous apprenons par Jean 15:3 ; 13:10 que les disciples étaient déjà régénérés. Cela ressort aussi d’Actes 8:15, 16, où il est question de certaines personnes qui avaient déjà cru et avaient été baptisées d’eau, mais sur lesquelles le Saint-Esprit n’était pas encore descendu. Actes 19:1-6 montre la même chose : il y est question de certains qui étaient disciples, mais qui n’avaient pas reçu le Saint-Esprit depuis qu’ils avaient cru. On peut donc être régénéré par le Saint-Esprit sans être baptisé du Saint-Esprit. Celui qui est dans ce cas est sauvé, mais il n’est pas encore équipé pour le service. Tout croyant a le Saint-Esprit (Romains 8:9), mais tout croyant n’a pas le baptême du Saint-Esprit (Actes 8:12-16 ; 19:1-2). Nous verrons très bientôt que tout croyant peut avoir le baptême du Saint-Esprit.

3. Le baptême du Saint-Esprit est toujours lié au témoignage ou au service (voir 1 Corinthiens 12:4-13 ; Actes 1:5-8 ; Luc 24:49 ; Actes 2:4 ; 4:8, 31 ; 7:55 ; 9:17, 20 ; 10:45-46 ; 19:6). Le baptême du Saint-Esprit n’a pas de rapport direct avec la purification du péché. C’est un point important à garder à l’esprit, pour bien des raisons. Il existe un certain enseignement sur ce sujet qui amène les gens à s’attendre à ce que, s’ils reçoivent le baptême du Saint-Esprit, la vieille nature charnelle soit déracinée. Il n’y a pas une ligne de l’Écriture pour appuyer cette position. Comme nous l’avons dit plus haut, et comme chacun peut le constater par lui-même s’il veut bien examiner tous les passages où le baptême du Saint-Esprit est mentionné, il est toujours lié au témoignage et au service. Il s’accompagne certes d’un grand relèvement moral et spirituel et il présuppose, comme nous le verrons, un abandon total de la volonté à Christ, mais son but premier et immédiat est d’équiper pour le service. Nous nous ferons une idée plus précise de ce qu’est le baptême du Saint-Esprit si nous considérons ses manifestations et ses effets tels que la Bible les décrit. (a.) Examinons d’abord le passage qui entre le plus dans le détail sur ce sujet, 1 Corinthiens 12:4-13. Nous voyons tout de suite que les manifestations ou les effets du baptême du Saint-Esprit ne sont pas exactement les mêmes chez tous. Par exemple, le baptême du Saint-Esprit ne fera pas de tous ceux qui le reçoivent des évangélistes ou des enseignants couronnés de succès. Il peut être accordé un don tout différent. On perd souvent ce fait de vue, et il en résulte beaucoup de déception et de doute. Les manifestations ou les effets varient selon le genre de service auquel Dieu a appelé chacun. L’un reçoit le don d’évangéliste, un autre celui d’enseignant, un autre celui de gouverner, un autre celui d’aider, un autre celui de mère (1 Corinthiens 12:28-31 ; Éphésiens 4:8, 11). (b.) 1 Corinthiens 12:7, 11. Il y aura un don dans chaque cas. Pas le même don, mais un don : celui d’évangéliste, ou de pasteur, ou d’enseignant, ou quelque autre. (c.) 1 Corinthiens 12:11. C’est le Saint-Esprit lui-même qui décide quel don ou quels dons il accordera à chacun. Ce n’est pas à nous de choisir une place de service et de demander ensuite au Saint-Esprit de nous qualifier pour ce service, ni de choisir un don et de demander ensuite à l’Esprit de nous accorder ce don. C’est à nous de nous mettre entièrement à la disposition du Saint-Esprit, pour qu’il nous envoie là où « il veut », dans le genre de service qu’« il veut » (Actes 13:2), et qu’il nous accorde le don qu’« il veut ». Il est absolument souverain, et notre juste position est celle d’un abandon absolu et sans condition à lui. C’est là que beaucoup manquent la bénédiction et vont au-devant de la déception. Je connais un homme très sincère et plein d’abnégation qui abandonna une affaire lucrative pour se consacrer à l’œuvre d’évangéliste. Il avait entendu parler du baptême du Saint-Esprit et avait été amené à supposer que, s’il le recevait, cela le qualifierait pour l’œuvre d’évangéliste. Cet homme parcourut plus de quatre mille milles pour venir dans notre pays, mais la porte de l’œuvre ne s’ouvrit pas devant lui. Il fut dans une grande perplexité et dans le doute, jusqu’à ce qu’il fût amené à voir que ce n’était pas à lui de choisir l’œuvre d’évangéliste, si bonne que fût cette œuvre, et de compter ensuite que le Saint-Esprit le qualifierait pour cette œuvre qu’il s’était lui-même choisie. Il se livra pour être envoyé dans l’œuvre, quelle qu’elle fût, que l’Esprit voudrait. Dans l’œuvre où il fut envoyé, la puissance de l’Esprit vint sur lui, et il reçut précisément ce don d’évangéliste qu’il avait désiré. (d.) Actes 1:5, 8. Le baptême du Saint-Esprit accorde toujours la puissance pour le service, pour les services auxquels Dieu nous appelle. Dans une certaine ville, un garçon sans instruction fut amené à Christ. Dans son très humble métier, il se mit à rendre témoignage à Jésus. Il progressa pas à pas dans l’œuvre de Christ. Mon attention fut attirée sur lui par un monsieur qui s’intéressait à lui et qui me dit qu’il aimerait que je le rencontre. Ce monsieur l’amena à Chicago, et je l’invitai un soir à prendre la parole sous l’une de nos tentes. C’était dans un quartier extrêmement difficile. Une fois, une bande organisée était venue sous cette même tente pour disperser la réunion. C’était un auditoire difficile à retenir. Le jeune homme commença d’une manière qui me parut très banale, et je craignis d’avoir commis une erreur en lui demandant de parler ; mais je priai et j’observai l’auditoire. Son allocution n’avait rien de remarquable à mesure qu’il avançait, sinon les fautes de grammaire. Mais je remarquai que tous les gens écoutaient. Ils continuèrent d’écouter jusqu’à la fin. Quand je demandai s’il y avait quelqu’un qui désirait accepter Christ, des gens se levèrent dans différentes parties de la tente pour indiquer qu’ils le désiraient. En repensant à tout cela, je racontai les faits à un homme qui avait connu l’orateur auparavant. « C’est la même chose partout où il va », me répondit-il. Quelle en était l’explication ? Ce garçon sans instruction avait reçu le baptême du Saint-Esprit et avait reçu la puissance. Un soir, à la fin d’une allocution sur le baptême du Saint-Esprit, un pasteur vint me trouver sur l’estrade et me dit : « J’ai besoin de cette puissance ; voulez-vous prier pour moi ? » « Mettons-nous à genoux ici même, tout de suite », lui répondis-je, et c’est ce que nous fîmes. Quelques semaines plus tard, je rencontrai un monsieur qui s’était tenu tout près. « Vous souvenez-vous, me dit-il, du pasteur avec qui vous avez prié à New Britain ? Il est retourné dans son église ; son église est pleine à craquer le dimanche soir, une grande partie de l’auditoire se compose de jeunes hommes, et il a des conversions continuellement. » Il avait reçu le baptême du Saint-Esprit et la « puissance ». (e.) Actes 4:29-31. Le baptême du Saint-Esprit accorde toujours de l’assurance dans le témoignage et le service. Pierre en est un exemple frappant. Comparez le Pierre d’Actes 4:8-12 avec le Pierre de Marc 14:66-72. Peut-être quelqu’un qui lit ce livre a-t-il un grand désir de parler aux autres et de les gagner à Christ, mais une timidité insurmontable lui barre la route. Si seulement vous recevez le baptême du Saint-Esprit, tout cela sera surmonté.

Nous sommes maintenant en mesure de définir le baptême du Saint-Esprit. Le baptême du Saint-Esprit, c’est l’Esprit de Dieu qui descend sur le croyant, prend possession de ses facultés et lui accorde des dons qui ne lui appartiennent pas naturellement, mais qui le qualifient pour le service auquel Dieu l’a appelé.

2. La nécessité du baptême du Saint-Esprit comme préparation au service chrétien.

(1.) Dans Luc 24:49, Jésus ordonna aux apôtres de rester à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils soient « revêtus de la puissance d’en haut ». Ces hommes avaient été désignés pour être témoins de la vie, de la mort et de la résurrection de Christ (Luc 24:45-48 ; Actes 1:22 ; 10:39-41). Ils avaient reçu ce qui semblerait être une formation excellente et suffisante pour cette œuvre. Pendant plus de trois ans, ils avaient été à l’école du meilleur des maîtres, Jésus lui-même. Ils avaient été témoins oculaires de ses miracles, de sa mort, de son ensevelissement, de sa résurrection et de son ascension. Mais il leur manquait encore une chose. Et ce besoin était d’une importance si vitale que Jésus ne voulut pas leur permettre d’entreprendre l’œuvre qui leur avait été assignée avant que ce besoin ait été comblé. Ce besoin, c’était le baptême du Saint-Esprit. Si les apôtres, avec leur préparation sans égale pour le service, n’eurent pas la permission d’entreprendre ce service avant que toute leur autre formation ait été complétée par le baptême du Saint-Esprit, quelle audacieuse présomption de la part de l’un d’entre nous, avec une formation inférieure, d’oser le faire ! Mais ce n’est pas tout : Jésus lui-même n’entreprit pas son ministère avant d’avoir été spécialement oint du Saint-Esprit et de force (Actes 10:38, comparez Luc 3:22 et 4:1, 14). Ce baptême est une préparation absolument indispensable au service chrétien. C’est soit de l’ignorance des exigences claires de la Parole de Dieu, soit la plus audacieuse présomption de notre part, que d’essayer de travailler pour Christ avant de savoir que nous avons été baptisés du Saint-Esprit.

(2.) C’est le privilège de tout croyant d’être baptisé du Saint-Esprit. Cela ressort d’Actes 2:39 (Revised Version) : « la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera ». Le contexte, l’emploi du mot « promesse » dans ce chapitre et dans le précédent (chap. 1:4 ; 2:16, 33) et l’emploi de l’expression « don du Saint-Esprit » dans tout le livre prouvent de façon concluante que « la promesse » de ce verset désigne la promesse du baptême du Saint-Esprit ; et le verset nous dit que cette promesse est pour tous ceux, à toutes les époques de l’histoire de l’Église, que Dieu appellera à lui, c’est-à-dire pour tout croyant. Si nous n’avons pas ce baptême, c’est notre propre faute. Il est pour nous, et nous sommes responsables devant Dieu de toute l’œuvre que nous aurions pu accomplir et de toutes les âmes que nous aurions pu gagner si nous avions été ainsi baptisés ; et nous sommes coupables dans la mesure où l’œuvre n’est pas faite et où les âmes ne sont pas gagnées.

3. Comment obtenir le baptême du Saint-Esprit ?

Nous en venons maintenant à la question pratique : comment obtenir ce baptême du Saint-Esprit qui est d’une nécessité si absolue dans notre œuvre pour Christ ? Heureusement, la réponse à cette question est énoncée très clairement dans la Bible.

(1) « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38, Revised Version). Le premier pas pour obtenir ce baptême est la repentance. La repentance signifie « un changement de pensée » : un changement de pensée au sujet du péché, au sujet de Dieu, et dans ce cas surtout (comme le montre le contexte) un changement de pensée au sujet de Christ. Un vrai changement de pensée, qui conduit à l’action : à nous détourner de tout péché, à nous tourner vers Dieu, à cesser de rejeter Jésus-Christ pour l’accepter. Le second pas est de confesser notre renoncement au péché et notre acceptation de Jésus-Christ de la manière que Dieu a établie, par le baptême au nom de Jésus-Christ. Le baptême du Saint-Esprit a, dans un cas au moins (Actes 10:44-48), précédé le baptême d’eau, mais c’était manifestement un cas exceptionnel, et Dieu dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38, Revised Version).

(2) « le Saint-Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent » (Actes 5:32). La condition du don du Saint-Esprit énoncée ici, c’est que nous soyons de « ceux qui lui obéissent ». L’obéissance signifie plus que le simple accomplissement de quelques-unes des choses que Dieu nous ordonne de faire. Elle signifie l’abandon total de notre volonté, de nous-mêmes et de tout ce que nous avons, à lui. Elle signifie que nous venons à lui et que nous lui disons du fond du cœur : « Me voici, je suis à toi, tu m’as racheté à grand prix, je reconnais que je t’appartiens. Prends-moi, fais de moi ce que tu veux, envoie-moi où tu veux, sers-toi de moi comme tu veux. » Cet abandon total de nous-mêmes à Dieu est la condition pour que nous recevions le baptême du Saint-Esprit, et c’est à ce point que beaucoup manquent cette bénédiction. À la fin d’un congrès, un monsieur se précipita vers l’estrade et me dit qu’il y avait une dame en grande détresse qui désirait me parler. Il se passa une heure avant que je puisse la rejoindre, mais je la trouvai encore dans une grande souffrance intérieure, tant son désir du baptême du Saint-Esprit était intense. D’autres lui avaient parlé, mais cela n’avait semblé servir à rien. Je m’assis derrière elle et lui dis : « Votre volonté est-elle entièrement abandonnée ? » Elle ne le savait pas. « Vous désirez être une ouvrière chrétienne, n’est-ce pas ? » « Oui. » « Êtes-vous disposée à retourner à Baltimore et à être domestique si c’est la volonté de Dieu ? » « Non ! » « Vous ne recevrez jamais cette bénédiction tant que votre propre volonté n’aura pas été entièrement déposée. » « Je ne peux pas la déposer. » « Aimeriez-vous que Dieu la dépose pour vous ? » « Oui. » « Eh bien, demandons-lui de le faire. » Nous le fîmes ; il exauça la prière, la volonté fut déposée, le baptême du Saint-Esprit fut reçu, et elle quitta l’église dans la joie.

L’obéissance signifie aussi faire, dans toutes les choses, grandes et petites, la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans sa Parole ou par son Esprit. Tout refus de faire ce que Dieu nous ordonne de faire, toute action consciente de ce qu’il nous défend de faire, même dans de très petites choses, suffit à nous priver de cette bénédiction. S’il y a quoi que ce soit, si petit que ce soit, qui se présente à nous pour nous troubler pendant que nous prions à ce sujet, nous devons le régler avec Dieu immédiatement. M. Finney parle d’une femme qui, dans une grande angoisse, pria pendant des jours pour recevoir le baptême du Saint-Esprit, mais ne reçut aucune réponse. Enfin, un soir qu’elle priait, elle porta la main à sa tête, ôta un petit ornement qui lui revenait toujours à l’esprit quand elle priait, et le jeta loin d’elle. Aussitôt elle reçut la bénédiction si longtemps désirée. Cela semblait une très petite chose, mais c’était un sujet de controverse avec Dieu, et cela empêchait la bénédiction.

(3.) « à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent » (Luc 11:13).

(a.) Il faut prier expressément pour ce baptême. On dit souvent que le Saint-Esprit est déjà ici, que tout croyant a l’Esprit, et qu’ainsi nous ne devrions pas prier pour recevoir le Saint-Esprit. Cet argument néglige la distinction entre avoir le Saint-Esprit et recevoir cette opération particulière du Saint-Esprit (voir 1, 2). Il contredit aussi l’enseignement clair de la Parole de Dieu, selon lequel il donne « le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ». De plus, sa fausseté est démontrée par le fait que, dans le livre des Actes, le baptême du Saint-Esprit a constamment été donné en lien avec la prière et en réponse à la prière (Actes 1:14 ; 2:1-4 ; 4:31 ; 8:15, 17).

(b.) La prière suppose le désir. Il n’y a pas de vraie prière pour le baptême de l’Esprit sans un profond désir de le recevoir. Tant qu’un homme pense pouvoir se tirer d’affaire d’une manière ou d’une autre sans cette bénédiction, il a peu de chances de l’obtenir ; mais quand un homme en arrive au point où il sent qu’il doit l’avoir, quoi qu’il lui en coûte, il est déjà bien avancé sur le chemin qui y mène. Plus d’un ministre de l’Évangile et plus d’un autre ouvrier ont été amenés au point de sentir qu’ils ne pouvaient pas continuer leur ministère sans ce don ; alors le don a bientôt suivi, et le caractère de leur œuvre a été entièrement transformé.

(c.) Pour être efficace, la prière doit être faite avec foi (Marc 11:24). Jacques dit, au sujet de la prière pour obtenir la sagesse : « qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur » (Jacques 1:6, 7). Le même principe s’applique évidemment à la prière pour recevoir le Saint-Esprit. C’est précisément à ce point que beaucoup manquent la bénédiction. La manière de s’approcher de Dieu avec foi est clairement enseignée en 1 Jean 5:14, 15 : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » Quand nous lui demandons le baptême du Saint-Esprit, nous savons que nous avons demandé quelque chose selon sa volonté, car cela est expressément promis dans sa Parole. Nous savons donc qu’« il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute », « nous savons que nous possédons la chose » que nous lui avons demandée. Dès que je suis sûr d’avoir rempli les conditions indiquées plus haut pour recevoir le don du Saint-Esprit, et que je l’ai demandé à Dieu, j’ai le droit de considérer cette bénédiction comme mienne (la prière est exaucée et je possède la chose que je lui ai demandée), de me lever et d’entrer dans mon œuvre avec l’assurance que la puissance de l’Esprit s’y manifestera. « Mais, dira quelqu’un, ne devons-nous attendre aucune manifestation ? » Si, mais où ? Dans le service. Quand je sais, sur l’autorité de la Parole de Dieu, que ma prière est exaucée, j’ai le droit d’entreprendre tout service auquel il m’appelle et d’attendre avec confiance la manifestation de la puissance de l’Esprit dans ce service. C’est une erreur d’attendre ou de rechercher, comme tant de gens le font, la manifestation sous forme de secousses électriques ou d’expériences émotionnelles particulières. Elles peuvent accompagner le baptême du Saint-Esprit, et elles l’accompagnent souvent. Mais la Bible nous enseigne clairement (1 Corinthiens 12:4-11) que c’est dans le service qu’il faut chercher les manifestations, et que les manifestations les plus importantes, les plus sûres et les plus conformes à l’Écriture se trouvent dans notre œuvre. « Ne devons-nous pas attendre, demandera-t-on peut-être, de savoir que nous avons reçu le baptême du Saint-Esprit ? » Assurément, mais comment le saurons-nous ? De la même manière que nous savons que nous sommes sauvés : par le témoignage de la Parole de Dieu. Quand je sais que j’ai rempli les conditions et que j’ai demandé ce don, qui est « selon sa volonté », je sais par la Parole de Dieu (1 Jean 5:14, 15) que ma prière est exaucée et que je possède la chose que je lui ai demandée. J’ai le droit de me lever sans autre preuve que la preuve pleinement suffisante de la Parole de Dieu, et d’entrer dans le service auquel Dieu m’appelle. « Les premiers disciples n’ont-ils pas attendu dix jours ? » demandera-t-on peut-être encore. Oui, et la raison en est clairement donnée dans Actes 2:1 : « Le jour de la Pentecôte ». Dans les types de l’Ancien Testament, le jour de la Pentecôte avait été fixé comme le jour, dans le plan de Dieu, du premier don du Saint-Esprit et de l’offrande des prémices (l’Église), de sorte que le Saint-Esprit ne pouvait pas être donné avant ce jour-là (Lévitique 23:9-17). Mais une fois l’Esprit donné, nous ne trouvons plus de longue période d’attente chez ceux qui recherchaient cette bénédiction (Actes 4:31 ; 8:15, 17 ; 9:17, 20 ; 19:6). Si des hommes sont obligés d’attendre aujourd’hui, c’est uniquement parce qu’ils n’ont pas rempli les conditions, ou parce qu’ils ne croient pas et ne réclament pas la bénédiction simplement sur la foi de la Parole de Dieu. Dès l’instant où nous remplissons les conditions et réclamons la bénédiction, elle est à nous (Marc 11:24, Revised Version). Tout enfant de Dieu peut poser ce livre, remplir les conditions, demander la bénédiction, la réclamer et l’avoir. À une école d’été pour étudiants, au lac Geneva, après une causerie de F. B. Meyer sur le baptême du Saint-Esprit, un étudiant resta pour s’entretenir avec moi. Il me dit qu’il en avait déjà entendu parler et qu’il le recherchait depuis des mois sans pouvoir l’obtenir. Je constatai que sa volonté n’était pas abandonnée, mais cela fut bientôt réglé. Je lui dis alors : « Mettons-nous à genoux et demandons à Dieu le baptême du Saint-Esprit. » C’est ce qu’il fit. « Cette demande était-elle “selon sa volonté” ? » lui demandai-je. « Oui. » « La prière a-t-elle été exaucée ? » Après quelque hésitation : « Elle a dû l’être. » « Possédez-vous ce que vous lui avez demandé ? » « Je ne le sens pas. » Je lus 1 Jean 5:15 dans la Bible qui était ouverte devant nous : « Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » « La prière a-t-elle été exaucée ? » « Oui. » « Possédez-vous ce que vous avez demandé ? » « Je dois le posséder, puisque Dieu le dit. » Nous nous relevâmes et nous nous séparâmes bientôt. Revenu à l’école quelques jours plus tard, je rencontrai de nouveau le jeune homme. Son visage rayonnait maintenant, et il savait qu’il avait reçu ce qu’au début il avait accepté sur la simple parole de Dieu.

4. La répétition du baptême du Saint-Esprit.

Il reste encore une chose à dire avant de quitter ce sujet. Le baptême du Saint-Esprit est une expérience qui a besoin d’être souvent renouvelée. Cela ressort de la comparaison d’Actes 2:4, où Pierre, avec d’autres, fut rempli du Saint-Esprit, avec Actes 4:8, où Pierre fut de nouveau rempli, et avec Actes 4:31, où Pierre, avec d’autres, fut encore une fois rempli. Une nouvelle plénitude est nécessaire et doit être recherchée pour chaque nouvelle situation critique du service chrétien. Il y en a beaucoup qui ont autrefois connu par expérience ce que signifiait le baptême du Saint-Esprit, et qui essaient aujourd’hui de travailler dans la puissance de cette ancienne expérience : ils travaillent sans Dieu. Ils ont besoin d’un nouveau baptême, et doivent le recevoir, avant que Dieu puisse se servir d’eux.

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