C. T. Studd (Pour ados)
Scilla

Chapitre 7 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Scilla

« Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d’œuvre en Jésus-Christ, qui ont exposé leur tête pour sauver ma vie ; ce n’est pas moi seul qui leur rends grâces, ce sont encore toutes les Églises des païens. » — Romains 16:3-4

Priscilla Livingstone Stewart naquit le 28 août 1864 près de Belfast ; la plupart des récits disent à Lisburn. Ceux qui la connaissaient la décrivaient comme chaleureuse, vive et pleine d’humour, avec une franchise directe bien d’Irlande du Nord. Tout le monde l’appelait Scilla.

En 1886, Hudson Taylor et ses collègues demandèrent à Dieu cent nouveaux ouvriers qui partiraient au cours de l’année 1887, sans faire d’appel aux dons. À la fin de l’année, 102 étaient partis. Scilla était l’une d’eux. Beaucoup des Cent étaient des jeunes femmes, et Taylor les envoyait vivre dans des villes de l’intérieur, ce que la plupart des missions jugeaient inconvenant et dangereux. Il croyait que les femmes chinoises pouvaient être mieux atteintes par des femmes, et il leur faisait confiance. Scilla fut envoyée avec trois autres jeunes femmes dans une ville au bord du grand lac Poyang. Elle était d’abord missionnaire. Elle devint épouse un an plus tard.

On ne sait pas comment Charlie et elle se rencontrèrent, et des livres plus récents ont enjolivé l’histoire. Il tomba profondément amoureux et la courtisa avec une conviction totale. Chacun des deux affirmait, non sans humour, que c’était l’autre qui avait fait la demande. Quand elle tomba gravement malade au début de 1888, il vint auprès d’elle, alors qu’il se remettait lui-même d’une maladie des poumons. Pour les chrétiens chinois qui les entouraient, l’affaire était réglée : ils devaient se marier tout de suite.

Ils se marièrent au printemps 1888, la plupart des récits disent à Tianjin, le 7 avril. Un pasteur chinois célébra la cérémonie, et on dit qu’ils portaient leurs vêtements chinois de tous les jours. Certains disent que le pasteur était Xi Shengmo, mais on ne peut pas le confirmer. Un Anglais de son milieu se serait normalement marié devant un consul, en vêtements anglais. Leur mariage appartenait à l’Église chinoise.

Avant le mariage, Charlie lui donna les 3 400 livres qu’il avait gardées pour assurer sa sécurité. Elle ne les garda pas. Elle voulait commencer sa vie de femme mariée comme lui avait commencé, avec rien d’autre que Dieu, et elle donna toute la somme à l’Armée du Salut, l’un des rares mouvements chrétiens de l’époque où les femmes prêchaient et dirigeaient à égalité avec les hommes. Dès le début, elle ne se contenta pas d’être protégée. Elle voulait partager ses risques, et elle le fit, pendant quarante ans.

Ils allèrent à Lungan, une ville du sud-est du Shanxi qui s’appelle aujourd’hui Changzhi, et qui ne voulait pas d’eux. En bien des endroits, des affiches accusaient les missionnaires de crimes terribles contre les enfants. Une partie venait de rumeurs ; une autre venait du ressentiment d’un peuple fier, vaincu par des puissances étrangères et forcé d’accepter leurs marchands, leur opium et leurs missionnaires. Les Studd furent surveillés, insultés et menacés. Ils restèrent, vécurent simplement, et virent l’hostilité devenir peu à peu de la tolérance et, çà et là, de l’amitié. Leur travail était lié à des refuges pour les dépendants de l’opium, très souvent tenus par des chrétiens chinois. Scilla travaillait parmi les femmes, que Charlie pouvait à peine atteindre. Les noms des croyants chinois qui travaillaient avec eux n’ont pas été écrits. Ce sont pourtant eux qui faisaient le travail le plus risqué.

Quatre filles naquirent : Grace en 1889, Dorothy en 1891, Edith en 1892 et Pauline en 1894. Deux fils moururent bébés. Les détails sont incertains ; un document dit que l’un vécut un jour et l’autre deux. Charlie en parla rarement par écrit, et ce serait une erreur d’inventer ce qu’il ressentit. Mais ces petites tombes faisaient partie du prix.

En 1894, ils avaient tous les deux la santé brisée, et Charlie souffrait d’un asthme qui ne le quitta plus jamais. Ils rentrèrent en Angleterre et confièrent leur propriété de Lungan à la Mission. Six ans plus tard, en 1900, la révolte des Boxers balaya le Shanxi. La Mission à l’intérieur de la Chine perdit cinquante-huit missionnaires et vingt et un enfants, et bien plus de chrétiens chinois moururent, beaucoup parce qu’ils refusaient de renier leur foi. Les missionnaires pouvaient rentrer chez eux quand leur santé lâchait. Les croyants chinois ne le pouvaient pas.

Paul appelle Priscille et Aquilas ses « compagnons d’œuvre ». C’est ce qu’était Scilla : non pas l’aide de quelqu’un, mais une partenaire avec son propre appel.

Une chose à faire cette semaine : pense à un couple, à deux amis ou à une équipe que tu connais et qui portent quelque chose ensemble. Écris-leur un petit mot qui dit ce que chacun apporte, pas seulement celui qu’on remarque d’habitude.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Que fit Scilla de l’argent que Charlie avait mis de côté pour elle ?

Elle donna les 3 400 livres à l’Armée du Salut, pour qu’ils commencent leur vie de couple en dépendant de Dieu seul.

Pourquoi est-il important qu’elle soit venue en Chine avant de se marier ?

Elle était missionnaire avec son propre appel et ses propres dons, l’une des Cent, et pas seulement la femme d’un missionnaire.

Qui prenait les plus grands risques pour l’Église du Shanxi ?

Les chrétiens chinois. Ils tenaient les refuges, travaillaient avec les étrangers à leurs propres risques, et en 1900, beaucoup moururent pour leur foi, alors que les missionnaires pouvaient rentrer chez eux.

Chapitre 7 terminé

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