Réponses à la prière
Précieuses réponses à la prière

Chapitre 3 · 1 h 24 min de lecture · 1 h 48 min d’écoute

Précieuses réponses à la prière


Dieu vint en aide à M. Müller de manière remarquable, comme le montrent « les Récits » :—


LE PREMIER GAIN DE L’ARTISTE.

« 30 avril [1859].—Reçu d’une localité fort éloignée la lettre suivante : “Mon cher frère en Christ, je suis le mari de Mme —— qui vous envoie par ce courrier la pièce de deux souverains. Comment pourrions-nous mieux disposer de ce souvenir d’une tendre affection qu’en le déposant à la banque de Christ, qui paie toujours le meilleur intérêt et ne fait jamais défaut ?—Maintenant, mon excellent conseiller spirituel, je ne saurais vous exprimer la joie immense que j’éprouve à vous raconter ce qui suit. Je suis artiste, un pauvre artiste, peintre de paysages. Il y a environ deux semaines, j’ai envoyé un tableau à Bristol pour une exposition, au moment même où j’achevais votre livre, qu’on nous avait prêté. J’ai prié Dieu très humblement et très ardemment de m’accorder, par la vente de mon tableau de Bristol, le précieux privilège de vous envoyer la moitié du produit. Le prix du tableau est de £20. Maintenant, remarquez bien. Dès l’ouverture de l’exposition, Dieu, dans sa miséricorde, se souvenant de ma prière, m’envoie un acheteur. J’avais déjà exposé à Bristol, mais sans jamais vendre un seul tableau. Oh ! mon cher ami, mon cœur même bondit de joie. Jamais je n’avais été aussi près de Dieu. Grâce à vous, j’ai pu m’approcher davantage de Dieu, avec plus d’ardeur, plus de foi, de plus saints désirs.—C’est le premier gain dont Dieu m’ait béni pour tout le travail de ma dernière année. Quelle bénédiction de le voir ainsi employé !—Oh, avec quelle joie j’ai lu votre livre !—Le tableau dont je parle est exposé en ce moment à l’académie des arts de Clifton, sous le numéro —— du catalogue ; son titre est ——. Je ne pourrai pas vous payer avant la clôture de l’exposition, car je ne serai pas payé moi-même avant cette date, etc.” Des lettres semblables, j’en ai reçu des milliers au cours des 40 dernières années. »


LE VENT DU NORD CHANGÉ EN VENT DU SUD.

« Ce fut vers la fin de novembre 1857 que j’appris, de façon tout à fait inattendue, que la chaudière de notre appareil de chauffage de la maison n° 1 fuyait très fortement, de sorte qu’il était impossible de passer l’hiver avec une telle fuite.—Notre appareil de chauffage se compose d’une grande chaudière cylindrique, à l’intérieur de laquelle on entretient le feu, et à laquelle sont reliés les tuyaux d’eau qui chauffent les pièces. Un système d’air chaud est également relié à cet appareil. On avait jugé la chaudière en état de faire le service de l’hiver. Soupçonner qu’elle était usée, sans rien faire pour la remplacer par une neuve, et dire : Je me confierai en Dieu à ce sujet, eût été une présomption insouciante, et non la foi en Dieu. C’eût été une contrefaçon de la foi.

« La chaudière est entièrement entourée de maçonnerie ; on ne pouvait donc connaître son état sans démolir la maçonnerie ; or cela, si c’était inutile, aurait plutôt nui à la chaudière qu’autre chose ; et comme, pendant huit hivers, nous n’avions eu aucune difficulté de ce côté, nous ne nous y attendions pas cette fois. Mais soudain, et de la manière la plus inattendue, au commencement de l’hiver, cette difficulté surgit. Que fallait-il donc faire ? Pour les enfants, surtout pour les plus petits, j’étais profondément inquiet ; je ne voulais pas qu’ils souffrent du manque de chaleur. Mais comment obtenir de la chaleur ? L’installation d’une chaudière neuve demanderait, selon toute probabilité, bien des semaines. La réparation de la chaudière était chose douteuse, à cause de la grandeur de la fuite ; mais, même si elle était possible, on ne pouvait rien en dire avant que la chambre de briques qui l’enferme eût été, en partie du moins, démolie ; or cela, pour autant que nous pouvions en juger, prendrait au moins plusieurs jours ; et que faire, en attendant, pour trouver des pièces chauffées pour 300 enfants ? Il me vint naturellement à l’esprit d’installer des poêles à gaz provisoires ; mais, en pesant davantage la chose, on constata que nous serions incapables de chauffer nos très grandes salles au gaz, à moins d’avoir beaucoup de poêles, et nous ne pouvions les installer, n’ayant pas assez de gaz à prélever sur notre éclairage. De plus, chacun de ces poêles aurait exigé une petite cheminée pour évacuer l’air vicié. Ce mode de chauffage, bien qu’il convînt à une salle, à un escalier ou à une boutique, ne répondait donc pas à notre but. Je pensai aussi à installer provisoirement des poêles d’Arnott ; mais ils n’auraient pas convenu, car ils exigeaient de longs tuyaux (puisqu’ils n’auraient été que provisoires) sortant par les fenêtres. Pour cette raison, l’incertitude de leur efficacité dans notre cas et l’enlaidissement des pièces me firent renoncer à ce projet également. Mais que fallait-il faire ? J’aurais volontiers payé £100, si par là la difficulté avait pu être surmontée et si les enfants n’avaient pas dû souffrir pendant bien des jours d’être dans des pièces froides. Enfin, je résolus de m’en remettre entièrement entre les mains de Dieu, qui est plein de miséricorde et de compassion, et je décidai de faire ouvrir la chambre de briques, pour voir l’étendue du dommage et si la chaudière pouvait être réparée de manière à nous faire passer l’hiver.

« Le jour fut fixé où les ouvriers devaient venir, et toutes les dispositions nécessaires furent prises. Naturellement, il fallait laisser s’éteindre le feu pendant les réparations. Mais voyez maintenant. Une fois le jour des réparations fixé, un âpre vent du nord se mit à souffler. Il commença à souffler le jeudi ou le vendredi précédant le mercredi après-midi où l’on devait laisser s’éteindre le feu. Ce fut alors le premier froid véritable que nous eûmes au commencement de cet hiver-là, dans les premiers jours de décembre. Que fallait-il faire ? On ne pouvait pas différer les réparations. Je demandai alors deux choses au Seigneur : qu’il voulût bien changer le vent du nord en vent du sud, et qu’il donnât aux ouvriers de “prendre à cœur ce travail” ; car je me souvenais de tout ce que Néhémie accomplit en 52 jours, en rebâtissant les murailles de Jérusalem, parce que “le peuple prit à cœur ce travail”. Eh bien, le jour mémorable arriva. La veille au soir, l’âpre vent du nord soufflait encore ; mais, le mercredi, ce fut le vent du sud qui souffla : exactement comme je l’avais demandé dans ma prière. Le temps était si doux qu’on n’avait besoin d’aucun feu. La maçonnerie est enlevée, la fuite est très vite découverte, les chaudronniers se mettent à réparer avec ardeur. Vers huit heures et demie du soir, comme je rentrais chez moi, on m’informa, à la loge, que le chef en exercice de la maison d’où venaient les chaudronniers était arrivé pour voir comment avançait le travail et s’il pouvait d’une manière ou d’une autre hâter les choses. Je descendis donc aussitôt à la cave, pour le voir avec les hommes et chercher à activer l’ouvrage. Comme j’en parlais à ce chef, il dit, en leur présence : “Les hommes travailleront tard ce soir, et reviendront de très bonne heure demain matin.”

« “Nous aimerions mieux, Monsieur, dit le chef d’équipe, travailler toute la nuit.” Je me souvins alors de la seconde partie de ma prière : que Dieu donnât aux hommes de “prendre à cœur ce travail”. Ainsi en fut-il : au matin, la réparation était faite, la fuite était bouchée, quoique avec une grande difficulté, et en 30 heures environ la maçonnerie était remontée et le feu rallumé dans la chaudière ; et pendant tout ce temps, le vent du sud souffla si doucement qu’on n’eut pas le moindre besoin de feu.

« Voilà donc l’une de nos difficultés qui fut surmontée par la prière et par la foi. »


CONVERSION DES ORPHELINS.

« 26 mai 1860.—Jour après jour, et année après année, avec l’aide de Dieu, nous travaillons dans la prière pour le bien spirituel des orphelins confiés à nos soins. Ces supplications que nous présentons depuis 24 ans au Seigneur à leur sujet ont été abondamment exaucées, les années précédentes, par la conversion de centaines d’entre eux. Nous avons eu aussi, à plusieurs reprises, des temps où, en peu de temps, ou même tout à coup, beaucoup d’orphelins se convertirent. Nous eûmes un tel temps il y a environ trois ans, quand, en quelques jours, environ 60 furent amenés à croire au Seigneur Jésus ; et nous avons eu de nouveau de tels temps à deux reprises au cours de la première année. Le premier fut en juillet 1859, lorsque l’Esprit de Dieu agit si puissamment dans une école de 120 filles qu’un très grand nombre, oui, plus de la moitié, furent saisies d’une profonde inquiétude au sujet du salut de leur âme. Cette œuvre, d’ailleurs, ne fut pas une simple excitation passagère ; mais, après plus de onze mois écoulés, il y en a 31 au sujet desquelles nous avons une pleine assurance quant à leur conversion, et 32 au sujet desquelles nous avons également une bonne mesure d’assurance, quoique pas au même degré que pour les 31. Il y a donc 63 orphelines sur les 120 de cette seule école que l’on considère comme converties en juillet 1859. Cette œuvre bénie et puissante du Saint-Esprit ne peut être attribuée à aucune cause particulière. Ce fut toutefois une très précieuse réponse à la prière. Nous la considérons comme telle, et elle nous encourage à nous attendre encore à Dieu. Le second temps de la puissante action du Saint-Esprit parmi les orphelins, au cours de l’année écoulée, se situa à la fin de janvier et au début de février 1860. Les détails en sont du plus profond intérêt ; mais je dois me contenter de dire que cette grande œuvre de l’Esprit de Dieu, en janvier et février 1860, commença parmi les plus jeunes des enfants confiés à nos soins, des petites filles d’environ 6, 7, 8 et 9 ans ; qu’elle s’étendit ensuite aux filles plus âgées, puis aux garçons, de sorte qu’en 10 jours environ plus de 200 orphelins furent amenés à se préoccuper de leur âme et, dans beaucoup de cas, trouvèrent la paix immédiatement, par la foi en notre Seigneur Jésus. Ils demandèrent aussitôt la permission de tenir entre eux des réunions de prière, et ils les ont tenues depuis lors. Beaucoup d’entre eux manifestèrent aussi de l’intérêt pour le salut de leurs camarades et de leurs parents, et leur parlèrent ou leur écrivirent au sujet du chemin du salut. »


LE PLACEMENT DES ORPHELINS EN APPRENTISSAGE.

« Au début de l’été 1862, il se trouva que nous avions plusieurs garçons prêts à être placés en apprentissage ; mais aucun patron ne demandait d’apprentis. Comme tous nos garçons sont invariablement placés comme apprentis logés chez leur patron, ce n’était pas une petite difficulté ; car non seulement nous recherchons des patrons chrétiens, mais nous considérons leur métier et examinons leur situation, pour voir s’ils conviennent ; et le patron doit aussi être disposé à recevoir l’apprenti dans sa propre famille. Dans ces circonstances, nous nous livrâmes de nouveau à la prière à ce sujet, comme nous l’avions fait pendant plus de vingt ans auparavant, au lieu de faire paraître des annonces, qui, selon toute probabilité, ne nous auraient amené que des patrons désireux d’avoir des apprentis à cause de la prime d’apprentissage. Nous nous souvenions combien le Seigneur avait été bon envers nous, en nous secourant des centaines de fois auparavant en cette matière même. Quelques semaines passèrent, mais la difficulté demeurait. Nous persévérâmes cependant dans la prière ; puis une demande arriva, puis une autre ; et depuis que nous avons commencé à prier à ce sujet, l’été dernier, nous avons pu placer en tout 18 garçons jusqu’au 26 mai 1863 ; la difficulté fut ainsi, une fois de plus, entièrement surmontée par la prière, puisque tous les garçons qu’il était souhaitable de placer ont été placés. »


LA MALADIE À L’ORPHELINAT.

La maladie visita parfois les maisons.

« Pendant l’été et l’automne de 1866, nous eûmes aussi la rougeole dans les trois maisons des orphelins. Après son apparition, voici quelle fut notre prière particulière : 1. Qu’il n’y eût pas trop d’enfants atteints en même temps de cette maladie, afin que la place dont nous disposions, dans les salles de l’infirmerie ou ailleurs, pût suffire. Cette prière fut pleinement exaucée ; car, bien que nous ayons eu à la nouvelle maison des orphelins n° 1 pas moins de 83 cas, au n° 2 en tout 111, et au n° 3 en tout 68, Dieu voulut bien, dans sa grâce, écouter nos supplications, de telle sorte que, lorsque nos pièces disponibles étaient remplies de malades, il arrêtait la propagation de la rougeole jusqu’à ce qu’un nombre suffisant d’enfants fussent rétablis pour faire place à d’autres, qui tombaient malades. 2. Nous demandâmes en outre que les enfants atteints de la rougeole fussent amenés sains et saufs jusqu’à la guérison, et ne mourussent pas. Ainsi en fut-il. Nos prières furent pleinement exaucées ; car, bien que 262 enfants en tout aient eu la rougeole, pas un seul ne mourut. 3. Enfin nous demandâmes qu’aucune suite fâcheuse pour le corps ne résultât de cette maladie, comme c’est si souvent le cas ; cela aussi fut accordé. Les 262 enfants non seulement guérirent, mais se portèrent bien par la suite. Je consigne avec reconnaissance cette insigne miséricorde et cette bénédiction de Dieu, cette réponse pleine et précieuse à la prière, à l’honneur de son nom. »


SECOURS AUX FRÈRES DANS LE BESOIN.

1863.—« La fin de l’année était maintenant proche et, en arrêtant les comptes, j’avais l’ardent désir de faire encore une fois tout ce que je pouvais pour envoyer du secours aux ouvriers de l’Évangile qui étaient dans le besoin. Je parcourus donc la liste, inscrivant en regard des noms de ceux à qui je n’avais pas envoyé récemment la somme qu’il me paraissait souhaitable de leur envoyer ; et je constatai, en additionnant ces sommes, que le total s’élevait à £476, alors que je n’avais en main que £280. J’écrivis donc un chèque de £280 ; j’aurais volontiers envoyé £476, mais j’étais reconnaissant, en même temps, d’avoir cette somme en main pour ces frères. Le chèque écrit, comme dernière occupation de la journée, vint mon temps habituel de prière pour les nombreuses choses que, avec l’aide de Dieu, je lui présente chaque jour ; et alors je présentai encore au Seigneur le cas de ces prédicateurs de l’Évangile, et je le suppliai de bien vouloir, même maintenant, me donner encore une bonne somme pour eux, bien qu’il ne restât que trois jours jusqu’à la clôture de notre année. Cela fait, je rentrai chez moi vers neuf heures du soir, et je trouvai qu’il était arrivé, d’une localité très éloignée, £100 pour les missions, avec £100 laissées à ma disposition, et £5 pour moi-même. Je pris donc la totalité des £200 pour les missions, et j’eus ainsi en main £480 pour faire face aux £476 que je désirais pour cet objet. Ceux qui connaissent le bonheur de se confier réellement en Dieu et d’obtenir de lui du secours, comme dans ce cas, en réponse à la prière, pourront comprendre la jouissance spirituelle que j’éprouvai en recevant ce don, par lequel me fut accordée à la fois la réponse à la prière et, avec elle, la grande joie de réjouir le cœur de beaucoup de serviteurs dévoués de Christ. »


LE DÉSIR DU CŒUR ACCORDÉ POUR AIDER L’ŒUVRE MISSIONNAIRE EN CHINE.

« 30 sept. [1869].—Du Yorkshire, £50.—Reçu aussi aujourd’hui mille livres pour l’œuvre du Seigneur en Chine. Au sujet de ce don, il faut tout particulièrement remarquer que, depuis des mois, j’avais l’ardent désir de faire plus que jamais pour l’œuvre missionnaire en Chine, et j’avais déjà pris des mesures pour réaliser ce désir, lorsque ce don de mille livres me parvint. Cette précieuse réponse à la prière pour obtenir des ressources devrait être un encouragement particulier pour tous ceux qui sont engagés dans l’œuvre du Seigneur et qui peuvent avoir besoin de ressources pour elle. Elle prouve de nouveau que, si notre œuvre est son œuvre, et si nous l’honorons en nous attendant à lui et en regardant à lui pour les ressources, il nous les fournira certainement, en son temps et à sa manière. »


LA JOIE DES RÉPONSES À LA PRIÈRE.

« La joie que donnent les réponses à la prière ne peut se décrire, et l’élan qu’elles impriment à la vie spirituelle est extrêmement grand. Je désire que tous mes lecteurs chrétiens fassent l’expérience de ce bonheur. Si vous croyez vraiment au Seigneur Jésus pour le salut de votre âme, si vous marchez dans l’intégrité et ne nourrissez pas l’iniquité dans votre cœur, si vous continuez à vous attendre à Dieu avec patience et avec foi, alors vos prières recevront certainement des réponses. Vous ne serez peut-être pas appelé à servir le Seigneur de la manière dont le sert celui qui écrit ces lignes, et vous n’aurez donc peut-être jamais de réponses à la prière portant sur des choses comme celles qui sont rapportées ici ; mais, dans vos diverses circonstances, dans votre famille, vos affaires, votre profession, votre place dans l’Église, votre travail pour le Seigneur, etc., vous pouvez avoir des réponses aussi nettes qu’aucune de celles qui sont rapportées ici. »


LE GRAND BESOIN D’ÊTRE SAUVÉ PAR LA FOI EN JÉSUS-CHRIST.

« Si toutefois ces lignes étaient lues par des personnes qui ne croient pas au Seigneur Jésus, mais qui poursuivent leur chemin dans l’insouciance ou la propre justice de leur cœur non renouvelé, je voudrais supplier celles-là, avec affection et avec solennité, de se réconcilier avant tout avec Dieu par la foi au Seigneur Jésus. Vous êtes pécheurs. Vous méritez le châtiment. Si vous ne le voyez pas, demandez à Dieu de vous le montrer. Que ce soit maintenant votre première et principale prière. Demandez aussi à Dieu de vous éclairer, non seulement sur votre état naturel, mais surtout de révéler le Seigneur Jésus à votre cœur. Dieu l’a envoyé pour qu’il porte le châtiment qui nous était dû, à nous pécheurs coupables. Dieu accepte l’obéissance et les souffrances du Seigneur Jésus à la place de ceux qui comptent sur lui pour le salut de leur âme ; et, dès l’instant où un pécheur croit au Seigneur Jésus, il obtient le pardon de tous ses péchés. Lorsqu’il est ainsi réconcilié avec Dieu par la foi au Seigneur Jésus, et qu’il a obtenu le pardon de ses péchés, il a la liberté d’entrer dans la présence de Dieu pour lui faire connaître ses requêtes ; et plus il lui est donné de saisir que ses péchés sont pardonnés, et que Dieu, à cause de Christ, prend plaisir en ceux qui croient en lui, plus il sera disposé à venir avec tous ses besoins, temporels aussi bien que spirituels, à son Père céleste, afin qu’il y pourvoie. Mais aussi longtemps que demeure la conscience d’une culpabilité non pardonnée, aussi longtemps nous serons tenus à distance de Dieu, particulièrement en ce qui concerne la prière. C’est pourquoi, cher lecteur, si vous êtes un pécheur non pardonné, que votre première et principale prière soit que Dieu veuille bien révéler à votre cœur le Seigneur Jésus, son Fils bien-aimé. »


UNE DOUBLE RÉPONSE.

« 25 juillet [1865].—Des environs de Londres, £100, avec la lettre suivante : “Cher Monsieur, je crois que c’est sous l’action du Seigneur sur moi que je vous adresse ci-joint un chèque sur la Banque d’Angleterre, succursale de l’Ouest, de £100. J’espère que vos affaires vont bien. Bien à vous dans le Seigneur * * * *.” Ce monsieur chrétien, que je n’ai jamais vu, et qui dirige à Londres une très grosse affaire, m’avait déjà envoyé plusieurs fois une somme semblable. Un jour ou deux avant de recevoir ce dernier don si bienveillant, j’avais demandé au Seigneur de bien vouloir incliner le cœur de ce donateur à m’aider de nouveau, ce que je n’avais jamais fait auparavant à son sujet ; et j’eus ainsi une double réponse à la prière, puisque non seulement de l’argent arriva, mais de l’argent venant de lui. Le lecteur verra maintenant le sens de la lettre du donateur, quand il écrivait : “Je crois que c’est sous l’action du Seigneur sur moi que je vous adresse ci-joint un chèque, etc.” En vérité, ce fut le Seigneur qui agit sur ce monsieur pour qu’il m’envoie cette somme. Le lecteur pensera peut-être qu’en accusant réception du don j’écrivis au donateur ce que je viens de rapporter ici. Je ne le fis pas. La raison pour laquelle je ne le fis pas, c’est que je craignais qu’il ne pensât que j’étais dans un besoin particulier, et qu’il ne fût ainsi poussé à envoyer davantage. Quand on connaît vraiment le Seigneur, quand on s’appuie réellement sur lui, et sur lui seul, il n’est pas besoin de faire des allusions, directes ou indirectes, par lesquelles on pourrait amener des personnes à aider davantage. J’aurais pu écrire au donateur (comme c’était d’ailleurs le cas) que j’ai besoin jour après jour d’une somme considérable pour les dépenses courantes des divers objets de l’Institution, et j’aurais pu aussi, en toute vérité, lui dire qu’à ce moment-là il me fallait encore environ vingt mille livres pour faire face à toutes les dépenses liées à l’agrandissement projeté de l’œuvre des orphelins. Mais ma pratique est de ne jamais faire allusion à aucune de ces choses dans ma correspondance avec les donateurs. Quand le Rapport est publié, chacun peut voir, s’il désire le voir, où en sont les choses ; et je laisse ainsi les choses entre les mains de Dieu, pour qu’il parle en notre faveur au cœur de ses économes. Et c’est ce qu’il fait. En vérité, ce n’est pas en vain que nous nous attendons à Dieu ! »


LES CHRÉTIENS DANS LES AFFAIRES.

« 1er janv. [1869].—D’Écosse, £50 pour les missions, £25 pour la diffusion des Saintes Écritures et £25 pour la diffusion des traités. Reçu aussi d’une localité fort éloignée £10 pour ces objets, avec £10 pour les orphelins. Au sujet de ce dernier don, je fais quelques remarques. Au début de l’année 1868, un homme d’affaires chrétien m’écrivit pour me demander conseil dans ses affaires, qui étaient particulièrement difficiles. Sa lettre montrait qu’il désirait marcher dans les voies du Seigneur et conduire son commerce à la gloire de Dieu ; mais sa situation était des plus éprouvantes. Je lui écrivis donc de venir à Bristol, afin de pouvoir le conseiller. Il entreprit en conséquence ce long voyage, et j’eus avec lui un entretien par lequel je vis combien sa position dans les affaires était éprouvante. Après m’être longuement entretenu avec lui, je lui donnai le conseil suivant : 1, Qu’il se retirât chaque jour, tout exprès, avec sa femme chrétienne, afin qu’ils exposent ensemble devant Dieu, dans la prière, leurs difficultés d’affaires, et qu’ils le fassent, si possible, deux fois par jour. 2, Qu’il guettât les réponses à ses prières et s’attendît à ce que Dieu l’aide. 3, Qu’il évitât toutes les ruses commerciales, comme d’exposer en vente deux ou trois articles marqués au-dessous du prix coûtant, afin d’attirer les clients, parce qu’il ne convient pas à un disciple du Seigneur Jésus d’user de tels artifices, et que, s’il le faisait, il ne pourrait pas compter sur la bénédiction de Dieu. 4, Je lui conseillai de plus de mettre à part, sur ses bénéfices, semaine après semaine, une certaine proportion pour l’œuvre de Dieu, que son revenu fût grand ou petit, et d’employer fidèlement ce revenu pour le Seigneur. 5, Enfin, je lui demandai de me faire savoir, mois après mois, comment le Seigneur agissait envers lui.—Le lecteur apprendra avec intérêt qu’à partir de ce moment le Seigneur voulut bien faire prospérer le commerce de ce cher frère chrétien, de sorte que ses recettes, du 1er mars 1868 au 1er mars 1869, s’élevèrent à £9,138 13s. 5d., alors que pendant la même période de l’année précédente elles n’avaient été que de £6,609 18s. 3d., soit £2,528 15s. 2d. de plus que l’année d’avant. En m’envoyant le don mentionné plus haut, il m’écrit aussi qu’il avait pu mettre de côté, au cours de l’année précédente, £123 13s. 3d. pour l’œuvre de Dieu ou les besoins des pauvres.—Je me suis arrêté si longuement sur ce point parce que des chrétiens engagés dans les affaires peuvent en tirer profit. »


RÉVEIL DANS LES MAISONS DES ORPHELINS.

« En donnant la statistique de l’année précédente [1871-72], j’ai déjà mentionné la grande bénédiction spirituelle qu’il plut au Seigneur d’accorder à l’œuvre des orphelins à la fin de cette année-là et au commencement de celle-ci ; mais, comme c’est un sujet d’une si profonde importance, j’y reviens ici de façon un peu plus étendue et plus complète. On a dit plus haut que l’état spirituel des orphelins en général nous causait une grande tristesse de cœur, parce qu’il y en avait, relativement, si peu parmi eux qui fussent sérieusement préoccupés de leur âme et qui se reposent, pour leur salut, sur la mort expiatoire du Seigneur Jésus. Cette tristesse nous conduisit à demander instamment à tout le personnel, aides, directrices et institutrices, de rechercher avec ardeur la bénédiction du Seigneur sur l’âme des enfants. On le fit dans nos réunions de prière communes, et aussi, j’ai lieu de le croire, dans le secret ; et, en réponse à ces prières secrètes et communes, il y eut, en l’année 1872, par ce moyen, bien plus de croyants que jamais parmi les orphelins. Le 8 janv. 1872, le Seigneur commença à agir parmi eux, et cette œuvre se poursuivit ensuite plus ou moins. Dans la nouvelle maison des orphelins n° 3, elle se manifesta le moins, jusqu’à ce qu’il plût au Seigneur d’appesantir sa main sur cette maison par la petite vérole ; et dès lors l’action du Saint-Esprit se fit sentir dans cette maison aussi, particulièrement dans l’une des sections. À la fin de juillet 1872, je reçus les rapports de toutes les directrices et institutrices des cinq maisons, qui m’annoncèrent qu’après une observation et des conversations attentives, elles avaient de bonnes raisons de croire que 729 des orphelins alors confiés à nos soins étaient croyants au Seigneur Jésus. Ce nombre d’orphelins croyants est de beaucoup supérieur à tout ce que nous avions jamais eu, et nous en adorons et louons le Seigneur ! Voyez comment le Seigneur a dominé la grande épreuve causée par la petite vérole et l’a changée en une grande bénédiction ! Voyez aussi comment, après un état relativement si bas, qui nous conduisit à la prière, à une prière ardente, l’action du Saint-Esprit fut plus manifeste que jamais ! »


LES TOURNÉES MISSIONNAIRES DE M. MÜLLER.

En l’année 1875, à l’âge de soixante-dix ans, M. Müller fut conduit à entreprendre ses tournées missionnaires, et pendant les vingt années qui suivirent il prêcha à plus de trois millions de personnes, dans quarante-deux pays du monde.

« Le 8 août 1882, dit M. Müller, nous commençâmes notre neuvième tournée missionnaire. Le premier endroit où je prêchai fut Weymouth, où je parlai en public quatre fois. De Weymouth nous allâmes, par Calais et Bruxelles, à Düsseldorf sur le Rhin, où j’avais prêché bien des fois six ans auparavant. Pendant ce séjour, j’y parlai en public huit fois. Au sujet de mon séjour à Düsseldorf, je rapporte, pour l’encouragement du lecteur, le fait suivant. Lors de notre première visite dans cette ville, en l’année 1876, un pieux missionnaire de la ville vint me trouver un jour, fort éprouvé, parce qu’il avait six fils pour la conversion desquels il priait depuis bien des années, et qui pourtant demeuraient indifférents au sujet de leur âme ; et il me demanda de lui dire ce qu’il devait faire. Ma réponse fut : “Continuez à prier pour vos fils, et attendez-vous à une réponse à votre prière, et vous aurez à louer Dieu.” Or, lorsque six ans après je me retrouvai dans la même ville, ce cher homme vint me trouver et me dit qu’il était surpris de n’avoir pas vu lui-même auparavant ce qu’il devait faire, et qu’il avait résolu de suivre mon conseil et de se livrer à la prière plus ardemment que jamais. Deux mois après m’avoir vu, cinq de ses six fils se convertirent en l’espace de huit jours, et ils marchent depuis six ans maintenant dans les voies du Seigneur ; et il avait l’espoir que le sixième fils commençait lui aussi à se préoccuper de son état devant Dieu. Puisse le lecteur chrétien en être encouragé, si ses prières ne sont pas exaucées tout de suite ; et, au lieu de cesser de prier, qu’il s’attende à Dieu d’autant plus ardemment et avec persévérance, et qu’il s’attende à recevoir des réponses à ses requêtes. »


LE PLAN DIVIN POUR ENVOYER DES MISSIONNAIRES À L’ÉTRANGER.

L’Église de Bristol à laquelle M. Müller était rattaché a eu le privilège de donner à l’Église de Dieu l’exemple de la manière dont des missionnaires pour l’étranger (dont on a tant besoin) peuvent être envoyés en réponse à la prière. M. Müller écrit, à la p. 516 du vol. I de son Récit :—

« Je mentionne aussi ici que, pendant les huit années qui précédèrent mon départ pour l’Allemagne, où j’allai travailler, il avait été mis sur mon cœur, et sur le cœur de quelques autres frères parmi nous, de demander au Seigneur qu’il voulût bien nous honorer, en tant qu’assemblée de croyants, en suscitant du milieu de nous des frères pour porter la vérité dans les pays étrangers. Mais cette prière semblait rester sans réponse. Or, le temps était maintenant venu où le Seigneur allait l’exaucer, et moi, sur le cœur de qui ce sujet avait été particulièrement mis, je devais être le premier à porter la vérité hors de chez nous. À ce moment même, le Seigneur appela du milieu de nous notre cher frère et notre chère sœur Barrington, pour aller à Demerara travailler en relation avec notre estimé frère Strong, et notre cher frère et notre chère sœur Espenett, pour aller en Suisse. Ces deux couples de chers frères et sœurs partirent très peu de temps après mon départ pour l’Allemagne. Mais ce ne fut pas tout. Notre frère Mordal, que nous estimions beaucoup, et qui s’était recommandé aux saints par son service fidèle et infatigable parmi nous pendant douze ans, avait, depuis le 31 août 1843 (le jour où les frères Strong et Barrington s’embarquèrent à Bristol pour Demerara), l’esprit lui aussi occupé d’un service là-bas, et il partit du milieu de nous onze mois plus tard. Lui aussi, comme moi, avait eu particulièrement à cœur, pendant les huit années précédentes, de demander encore et encore au Seigneur d’appeler du milieu de nous des ouvriers pour le service à l’étranger. De toutes les personnes, lui, père d’une nombreuse famille et âgé d’environ 50 ans, semblait le moins susceptible d’être appelé à cette œuvre ; mais Dieu l’appela. Il partit, travailla peu de temps à Demerara, puis, le 9 janvier 1845, le Seigneur le prit dans son repos.—Quand nous demandons une chose à Dieu, par exemple qu’il veuille bien susciter des ouvriers pour sa moisson, ou envoyer des ressources pour la poursuite de son œuvre, la question honnête à poser à notre cœur devrait être celle-ci : Moi, suis-je disposé à partir, s’il m’appelait ? Moi, suis-je disposé à donner selon mes moyens ? Car nous pouvons être les personnes mêmes que le Seigneur appellera à l’œuvre, ou dont il voudra employer les ressources. »

Dans le Rapport de l’Institution pour la connaissance des Écritures pour 1896, M. Müller montre combien Dieu a honoré cette assemblée de croyants.

« Du milieu de nous, en tant qu’Église, soixante frères et sœurs sont partis pour des champs de travail à l’étranger ; quelques-uns ont achevé leur travail sur la terre ; mais il y en a encore une quarantaine engagés dans ce précieux service. »

Pourquoi le besoin immense et criant d’ouvriers en Asie, en Afrique et dans d’autres parties du monde ne serait-il pas comblé de la même manière, si des milliers d’Églises d’Europe et d’Amérique suivaient ce plan divin : prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers du milieu d’elles ?

Elles peuvent assurément compter que Dieu exaucera leurs prières, comme il exauça les prières de cette Église de Bristol.

Voyez ce qui a été fait en Chine par l’emploi fidèle de la méthode de Dieu ! Nous citons les paroles de M. Hudson Taylor, telles qu’elles ont paru dans China’s Millions de juillet 1897 :—

« Pour obtenir des collaborateurs, nous avons suivi l’instruction du Maître : “Priez donc le maître de la moisson.” Pour les cinq premiers, avant la formation de la Mission, comme pour les vingt-quatre que nous avons demandés d’abord pour la C.I.M. ; pour de nouveaux renforts lorsqu’on en avait besoin ; pour les soixante-dix en trois ans, pour les cent en une année, et pour d’autres adjonctions de temps en temps, nous nous sommes toujours reposés sur ce plan. Est-il possible que, de quelque autre manière, une telle troupe d’ouvriers venus de presque toutes les dénominations et de bien des pays ait pu être rassemblée et maintenue unie pendant trente ans, sans autre lien que celui dont l’appel de Dieu et l’amour de DIEU ont fait la preuve—une troupe qui compte aujourd’hui plus de sept cents hommes et femmes, aidés de plus de cinq cents ouvriers indigènes. »


LES DÉBUTS DU RÉVEIL DE 1859.

« En novembre 1856, un jeune Irlandais, M. James McQuilkin, fut amené à la connaissance du Seigneur. Peu après sa conversion, il vit une annonce de mon Récit, c’est-à-dire des deux premiers volumes de cet ouvrage. Il eut un grand désir de le lire, et se le procura donc vers janvier 1857. Dieu le bénit grandement pour son âme, surtout en lui montrant ce que l’on pouvait obtenir par la prière. Il se dit à peu près ceci : “Vois ce que M. Müller obtient simplement par la prière. Je puis donc, moi aussi, obtenir la bénédiction par la prière.” Il se mit alors à prier pour que le Seigneur lui donnât un compagnon spirituel, quelqu’un qui connût le Seigneur. Peu après, il fit la connaissance d’un jeune homme qui était croyant. Tous deux commencèrent une réunion de prière dans l’une des écoles du dimanche de la paroisse de Connor. Sa prière ayant été exaucée par le don d’un compagnon spirituel, M. James McQuilkin demanda au Seigneur de le conduire à faire la connaissance d’autres encore de ceux qu’il tient cachés. Peu après, le Seigneur lui donna deux autres jeunes gens, qui étaient déjà croyants auparavant, pour autant qu’il pût en juger. En automne 1857, M. James McQuilkin raconta à ces trois jeunes gens, qui lui avaient été donnés en réponse à la prière de la foi, quelle bénédiction il avait tirée de mon Récit, et comment celui-ci l’avait amené à voir la puissance de la prière de la foi ; et il leur proposa de se réunir pour prier, afin de rechercher la bénédiction du Seigneur sur leurs divers travaux dans les écoles du dimanche, les réunions de prière et la prédication de l’Évangile. Ainsi, en automne 1857, ces quatre jeunes gens se réunirent pour la prière, chaque vendredi soir, dans une petite maison d’école près du village de Kells, dans la paroisse de Connor. À ce moment-là, la grande et puissante action de l’Esprit aux États-Unis, en 1857, était connue, et M. James McQuilkin se dit : “Pourquoi n’aurions-nous pas ici une œuvre aussi bénie, puisque Dieu a fait de si grandes choses pour M. Müller, simplement en réponse à la prière ?” Le 1er janvier 1858, le Seigneur leur accorda la première réponse remarquable à la prière, par la conversion d’un valet de ferme. Il fut admis dans le groupe, et ils furent ainsi cinq à se livrer à la prière. Peu après, un autre jeune homme, âgé d’environ 20 ans, se convertit ; ils étaient maintenant six. Cela encouragea grandement les trois autres qui s’étaient réunis les premiers avec M. James McQuilkin. D’autres se convertirent alors, qui furent aussi admis dans le groupe ; mais on n’admettait que des croyants à ces réunions de communion fraternelle, où l’on lisait, priait et se communiquait mutuellement quelques pensées tirées des Écritures. Ces réunions, et d’autres pour la prédication de l’Évangile, se tenaient dans la paroisse de Connor, comté d’Antrim, en Irlande. Jusque-là, tout se passait très paisiblement, bien que beaucoup d’âmes se convertissent. Il n’y avait pas d’effondrements physiques, comme il y en eut par la suite.

« Vers Noël 1858, un jeune homme d’Ahoghill, venu s’établir à Connor, et qui s’était converti par le moyen de ce petit groupe de croyants, alla voir ses amis à Ahoghill, et leur parla de leur âme et de l’œuvre de Dieu à Connor. Ses amis désirèrent voir quelques-uns de ces convertis. M. James McQuilkin, avec deux de ceux qui s’étaient réunis les premiers pour la prière, se rendit donc à Ahoghill le 2 février 1859, et y tint une réunion dans l’une des églises presbytériennes. Les uns crurent, d’autres se moquèrent, et d’autres encore trouvèrent beaucoup de présomption chez ces jeunes convertis ; cependant beaucoup souhaitèrent une autre réunion. Elle fut tenue par les trois mêmes jeunes gens le 16 février 1859 ; et alors l’Esprit de Dieu commença à agir, et à agir puissamment. Des âmes se convertirent, et dès lors les conversions se multiplièrent rapidement. Quelques-uns de ces convertis allèrent en d’autres lieux, et y emportèrent, pour ainsi dire, le feu spirituel. L’œuvre bénie de l’esprit de Dieu se répandit en beaucoup d’endroits.—Le 5 avril 1859, M. James McQuilkin alla à Ballymena, y tint une réunion dans l’une des églises presbytériennes ; et le 11 avril, il en tint une autre dans une autre des églises presbytériennes. Plusieurs furent convaincus de péché, et l’œuvre de l’Esprit de Dieu progressa à Ballymena.—Le 28 mai 1859, il alla à Belfast. Pendant la première semaine, des réunions se tinrent dans cinq églises presbytériennes différentes, et dès lors l’œuvre bénie commença à Belfast. Dans toutes ces visites, il fut accompagné et secondé par M. Jeremiah Meneely, l’un des trois jeunes gens qui s’étaient réunis les premiers avec lui, après la lecture de mon Récit. À partir de ce moment, l’œuvre du Saint-Esprit s’étendit de plus en plus ; car le Seigneur se servit des jeunes convertis pour porter la vérité d’un lieu à un autre.

« Tel fut le commencement de cette puissante œuvre du Saint-Esprit qui a conduit à la conversion de centaines de milliers d’âmes ; car quelques-uns de mes lecteurs se souviendront comment, en 1859, ce feu s’alluma en Angleterre, au pays de Galles et en Écosse ; comment il se répandit à travers l’Irlande, l’Angleterre, le pays de Galles et l’Écosse ; comment le continent européen eut plus ou moins part à cette puissante action du Saint-Esprit ; comment elle amena des milliers de personnes à se consacrer à l’œuvre d’évangéliste ; et comment, jusqu’à l’année 1874, non seulement les effets de cette œuvre, commencée d’abord en Irlande, se font sentir, mais encore cette œuvre bénie se poursuit plus ou moins dans l’Europe en général. Il est presque superflu d’ajouter que l’honneur n’en revient nullement aux instruments, mais au Saint-Esprit seul ; toutefois ces faits sont rapportés afin que l’on voie quel plaisir Dieu prend à exaucer abondamment la prière de foi de ses enfants. »


LE MARIAGE DE M. MÜLLER.

Dans le vol. 3 du Récit, M. Müller montre la direction de Dieu dans sa rencontre avec sa première femme, Mlle Mary Groves, et dans son mariage avec elle.

« En me la donnant, je reconnais la main de Dieu ; bien plus, sa main fut des plus manifestes ; et mon âme dit : “Tu es bon et bienfaisant.”

« Je rapporte quelques détails pour l’instruction d’autres personnes. Lorsqu’à la fin de l’année 1829 je quittai Londres pour aller travailler dans l’Évangile dans le Devonshire, un frère dans le Seigneur me remit une carte portant l’adresse d’une dame chrétienne bien connue, Mlle Paget, qui demeurait alors à Exeter, afin que j’aille lui rendre visite, car c’était une excellente chrétienne. Je pris cette adresse et la mis dans ma poche, mais je ne songeai guère à aller la voir. Pendant trois semaines, je portai cette carte dans ma poche sans faire aucun effort pour voir cette dame ; mais enfin je fus amené à le faire. Ce fut là le moyen dont Dieu se servit pour me donner mon excellente femme. Mlle Paget me demanda de prêcher le dernier mardi du mois de janvier 1830 dans la salle qu’elle avait aménagée à Poltimore, village voisin d’Exeter, où M. A. N. Groves, qui devint plus tard mon beau-frère, avait prêché une fois par mois avant de partir comme missionnaire pour Bagdad. J’acceptai volontiers l’invitation, car je désirais ardemment exposer partout la précieuse vérité du retour du Seigneur, et d’autres vérités d’une profonde importance, dont mon âme avait été remplie peu de temps auparavant.

« Quand je quittai Mlle Paget, elle me donna l’adresse d’un frère chrétien, M. Hake, qui tenait une pension pour jeunes enfants des deux sexes à Northernhay House, l’ancienne résidence de M. A. N. Groves, afin que je puisse y loger à mon arrivée de Teignmouth à Exeter. Je m’y rendis au moment fixé. Mlle Groves, qui devint plus tard ma femme bien-aimée, s’y trouvait ; car Mme Hake était depuis longtemps gravement malade, et Mlle Groves aidait M. Hake dans sa grande épreuve en dirigeant les affaires de sa maison. Ma première visite eut pour suite que j’allai de nouveau prêcher à Poltimore, au bout d’un mois, et que je logeai de nouveau chez M. Hake ; et cette seconde visite eut pour suite que je prêchai une fois par semaine dans une chapelle d’Exeter ; et ainsi, semaine après semaine, j’allais de Teignmouth à Exeter, logeant chaque fois dans la maison de M. Hake. Pendant tout ce temps, mon intention avait été de ne pas me marier du tout, mais de rester libre pour voyager au service de l’Évangile ; mais au bout de quelques mois je vis, pour bien des raisons, qu’il valait mieux pour moi, jeune pasteur de moins de 25 ans, être marié. La question était maintenant de savoir à qui je serais uni. Mlle Groves était présente à mon esprit ; mais le combat dans la prière fut long avant que j’en vinsse à une décision ; car je ne pouvais supporter la pensée d’enlever à M. Hake cette aide précieuse, puisque Mme Hake restait toujours incapable d’assumer la responsabilité d’une si grande maisonnée. Mais je priai encore et encore. Enfin, voici ce qui me décida : j’avais lieu de croire que j’avais fait naître dans le cœur de Mlle Groves de l’affection pour moi, et que je devais donc lui demander sa main, si peu aimable que pût paraître ma conduite envers mon cher ami et frère M. Hake, et demander à Dieu de lui donner une aide convenable pour succéder à Mlle Groves. Le 15 août 1830, je lui écrivis donc pour lui proposer de devenir ma femme, et le 19 août, lorsque je me rendis comme d’habitude à Exeter pour prêcher, elle m’accepta. La première chose que nous fîmes, après qu’elle m’eut accepté, fut de tomber à genoux et de demander la bénédiction du Seigneur sur notre union projetée. Au bout de deux ou trois semaines environ, le Seigneur, en réponse à la prière, trouva une personne qui semblait apte à tenir la maison tant que Mme Hake resterait malade ; et le 7 oct. 1830, nous fûmes unis par le mariage. Notre mariage fut des plus simples. Nous allâmes à pied à l’église, il n’y eut pas de repas de noces, mais l’après-midi nous eûmes, dans la maison de M. Hake, une réunion d’amis chrétiens, et nous célébrâmes le souvenir de la mort du Seigneur ; puis je partis en diligence avec ma bien-aimée épouse pour Teignmouth, et le lendemain nous nous mîmes à l’œuvre pour le Seigneur. Aussi simple qu’ait été notre commencement, et si différent des habitudes du monde, à cause de Christ, tel a été depuis lors notre but pieux de continuer. Voyez maintenant la main de Dieu en me donnant ma femme très chère :—1° cette adresse de Mlle Paget me fut donnée sous la direction de Dieu. 2° Il fallut que je fusse enfin amené à lui rendre visite, bien que je l’eusse longtemps différé. 3° Elle aurait pu me procurer un gîte chez quelque autre ami chrétien, où je n’aurais pas vu Mlle Groves. 4° Mon esprit aurait pu, en fin de compte, se décider à ne pas lui faire de demande ; mais Dieu trancha ainsi la question, en me parlant par ma conscience : tu sais que tu as fait naître de l’affection dans le cœur de cette sœur chrétienne par la manière dont tu as agi envers elle ; c’est pourquoi, si pénible qu’il puisse être de paraître agir sans égards envers ton ami et frère, tu dois lui faire ta demande. J’obéis. J’écrivis la lettre dans laquelle je fis ma demande, et il n’en est résulté qu’un flot continu et égal de bénédictions.

« Permettez-moi d’ajouter ici un mot de conseil chrétien. Entrer dans l’union du mariage est l’un des événements les plus profondément importants de la vie. On ne saurait le traiter avec trop de prière. Notre bonheur, notre utilité, le fait de vivre ensuite pour Dieu ou pour nous-mêmes, sont souvent liés de la façon la plus intime à notre choix. C’est pourquoi ce choix doit être fait avec le plus d’esprit de prière possible. Ni la beauté, ni l’âge, ni l’argent, ni les facultés intellectuelles ne devraient être ce qui détermine la décision ; mais 1° il faut s’attendre beaucoup à Dieu pour être dirigé ; 2° il faut rechercher une résolution sincère d’être disposé à se laisser conduire par lui ; 3° une véritable piété, sans l’ombre d’un doute, devrait être, pour un chrétien, la première qualité, et absolument indispensable, chez une compagne pour la vie. En plus de cela, toutefois, il faudrait en même temps peser avec calme et patience si, à d’autres égards, il y a convenance.

Par exemple, il n’est pas sage qu’un homme instruit choisisse une femme entièrement dépourvue d’instruction ; car, quelle que soit la disposition de son amour à couvrir ce défaut, cela aura des suites très malheureuses pour ce qui concerne les enfants. »


GRAVE MALADIE DE LA FILLE DE M. MÜLLER.

« En juillet 1853, il plut au Seigneur d’éprouver ma foi d’une manière dont elle n’avait encore jamais été éprouvée. Ma fille bien-aimée, mon unique enfant, croyante depuis le commencement de l’année 1846, tomba malade le 20 juin.

« Cette maladie, d’abord une fièvre lente, se changea en typhus. Le 3 juillet, il semblait n’y avoir plus d’espoir de guérison. C’était alors l’épreuve de la foi. Mais la foi triompha. Ma femme bien-aimée et moi, nous pûmes la remettre entre les mains du Seigneur. Il nous soutint tous deux d’une manière merveilleuse. Mais je ne parlerai que de moi-même. Bien que mon unique et bien-aimée enfant eût été amenée près de la tombe, mon âme était pourtant dans une paix parfaite, satisfaite de la volonté de mon Père céleste, assurée qu’il ne ferait pour elle et pour ses parents que ce qui, en fin de compte, serait le meilleur. Elle resta très malade jusque vers le 20 juillet, où le rétablissement commença.

« Le 18 août, elle était assez rétablie pour pouvoir être transportée à Clevedon pour changer d’air, quoique extrêmement faible. Il y avait alors 59 jours qu’elle était tombée malade. * * * * * *

« Les parents savent ce qu’est un enfant unique, un enfant bien-aimé, et ce que doit être, pour des parents croyants, un enfant unique qui est un enfant croyant. Eh bien, le Père céleste disait, pour ainsi dire, par cette dispensation : “Es-tu disposé à me donner cet enfant ?” Mon cœur répondit : Comme il te semblera bon, mon Père céleste ; que ta volonté soit faite. Mais, de même que nos cœurs furent rendus disposés à rendre notre enfant bien-aimée à celui qui nous l’avait donnée, de même il fut prêt à nous la laisser, et elle vécut. “Fais de l’Éternel tes délices, Et il te donnera ce que ton cœur désire.” Psaume 37:4. Ce que mon cœur désirait, c’était de garder ma fille bien-aimée, si telle était la volonté de Dieu ; le moyen de la garder, c’était d’être satisfait de la volonté du Seigneur.

« De toutes les épreuves de foi par lesquelles j’ai dû passer jusqu’ici, celle-ci fut la plus grande ; et, par l’abondante miséricorde de Dieu, je le confesse à sa louange, je fus rendu capable de faire mes délices de la volonté de Dieu ; car j’avais la parfaite assurance que, si le Seigneur reprenait cette fille bien-aimée, ce serait le meilleur pour ses parents, le meilleur pour elle-même, et davantage pour la gloire de Dieu que si elle vivait : de cette meilleure part je me contentais ; et ainsi mon cœur avait la paix, une paix parfaite, et je n’eus pas un instant d’inquiétude. Il en serait ainsi en toutes circonstances, si douloureuses soient-elles, si le croyant exerçait la foi. »


LE PAIN QUOTIDIEN.

« 3 août 1844. Samedi. Nous avons commencé la journée avec les 12s. Mon âme disait : “Je vais maintenant guetter la manière dont le Seigneur nous délivrera encore aujourd’hui ; car il nous délivrera certainement. Bien des samedis, quand nous étions dans le besoin, il nous a secourus, et il le fera encore aujourd’hui.” Entre neuf et dix heures ce matin, je me suis livré à la prière pour obtenir des ressources, avec trois de mes collaborateurs, dans ma maison. Pendant que nous priions, on a frappé à la porte de ma chambre, et l’on m’a annoncé qu’un monsieur était venu me voir. Quand nous avons eu fini de prier, il s’est trouvé que c’était un frère de Tetbury, qui avait apporté de Barnstaple £1 2s. 6d. pour les orphelins. Nous avons donc £1 14s. 6d., avec lesquelles je dois renvoyer le sac aux lettres aux maisons des orphelins, en attendant davantage du Seigneur.

« 6 août.—La journée a commencé sans un seul penny entre mes mains. Le courrier n’avait rien apporté, et je n’avais encore rien reçu, lorsque, à dix heures dix ce matin, on m’a apporté des maisons des orphelins le sac aux lettres pour les provisions d’aujourd’hui.—Voyez maintenant la délivrance du Seigneur ! Dans le sac, j’ai trouvé un billet de l’une des ouvrières des maisons des orphelins, qui renfermait deux souverains qu’elle envoyait pour les orphelins, en expliquant que c’était une partie d’un présent qu’elle venait de recevoir à l’improviste, pour elle-même.—Ainsi nous sommes pourvus pour aujourd’hui.

« 4 sept.—Je n’avais qu’un farthing entre les mains ce matin. Arrêtez-vous un instant, cher lecteur ! Un seul farthing en caisse au commencement de la journée. Pensez à cela, et pensez à près de 140 personnes à entretenir. Vous, pauvres frères, qui avez six ou huit enfants et un petit salaire, pensez à cela ; et vous, mes frères, qui n’appartenez pas aux classes laborieuses, mais qui avez, comme on dit, des ressources très limitées, pensez à cela ! Ne pouvez-vous pas faire, dans vos épreuves, ce que nous faisons ? Le Seigneur vous aime-t-il moins qu’il ne nous aime ? N’aime-t-il pas tous ses enfants d’un amour qui n’est pas moindre que celui dont il aime son Fils unique, selon Jean 17:20-23 ? Ou bien sommes-nous meilleurs que vous ? Non ; ne sommes-nous pas, en nous-mêmes, de pauvres et misérables pécheurs comme vous ? et aucun des enfants de Dieu a-t-il un droit quelconque auprès de Dieu, en raison de sa propre dignité ? Ce qui seul peut nous rendre dignes de recevoir quoi que ce soit de notre Père céleste, n’est-ce pas la justice du Seigneur Jésus, qui est imputée à ceux qui croient en lui ? C’est pourquoi, cher lecteur, de même que nous prions notre Père qui est dans les cieux de nous secourir dans chacun de nos besoins, de quelque nature qu’il soit, en rapport avec cette œuvre, et qu’il nous secourt en effet, de même il est disposé à secourir tous ses enfants qui mettent leur confiance en lui.—Eh bien, écoutons donc comment Dieu nous a secourus alors qu’il ne restait qu’un farthing entre mes mains, le matin du 4 sept. 1844.

« Un peu après neuf heures, j’ai reçu un souverain d’une sœur dans le Seigneur, qui ne désire pas que soit mentionné le nom de la localité où elle demeure. Entre dix et onze heures, on a envoyé des maisons des orphelins le sac, dans lequel un billet indiquait qu’il fallait £1 2s. pour aujourd’hui. À peine avais-je lu cela qu’un fiacre s’est arrêté devant ma maison, et l’on m’a annoncé un monsieur, M. ——, des environs de Manchester. J’ai découvert que c’était un croyant, venu à Bristol pour affaires. Il avait entendu parler des maisons des orphelins, et il s’est montré surpris de ce que, sans aucun système régulier de collectes, et sans solliciter personne, simplement par la foi et la prière, j’obtenais chaque année £2,000 et davantage pour l’œuvre du Seigneur qui est entre mes mains. Ce frère, que je n’avais jamais vu auparavant, et dont je ne connaissais même pas le nom avant sa venue, m’a donné £2, comme une illustration de ce que je venais de lui exposer. »


« LES PAUVRES, VOUS LES AVEZ TOUJOURS AVEC VOUS. »

« 12 févr. 1845.—Après avoir envoyé ce matin l’argent nécessaire au ménage de la journée, il ne me restait de nouveau que 16s. 2½d., soit environ le quart seulement de ce qu’il faut d’ordinaire pour un jour, uniquement pour le ménage, de sorte qu’il y avait là de nouveau un appel tout neuf à me confier dans le Seigneur. Le matin, je me suis réuni de nouveau, comme d’habitude, avec ma chère femme et sa sœur pour prier, afin de demander au Seigneur bien des bénédictions en rapport avec cette œuvre, et aussi des ressources.

« Environ une heure après, j’ai reçu du Devonshire une lettre contenant un mandat de £22, dont £10 étaient pour les orphelins, £2 pour un pauvre frère de Bristol, et £10 pour moi-même.—Outre cette nouvelle preuve de l’empressement de notre Père céleste à exaucer nos demandes en faveur des orphelins, il faut en outre remarquer ceci. Depuis bien des mois, les besoins des saints pauvres parmi nous ont pesé tout particulièrement sur mon cœur. La parole de notre Seigneur : “vous avez toujours les pauvres avec vous”, et “vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez”, m’a poussé maintes et maintes fois à prier pour eux, et il en a été ainsi encore, tout particulièrement, ce matin. C’était la matinée la plus froide de tout l’hiver. Pendant ma promenade du matin, consacrée à la prière et à la méditation, je pensais combien j’étais bien pourvu de charbon, de nourriture substantielle et de vêtements chauds, et combien de chers enfants de Dieu pouvaient être dans le besoin ; et j’ai élevé mon cœur à Dieu pour qu’il me donne davantage de ressources pour moi-même, afin que je puisse, par des actes, témoigner une sympathie plus abondante aux croyants pauvres dans leur besoin ; et trois heures plus tard seulement, j’ai reçu ces £10 pour moi-même. »


LE SEIGNEUR DIRIGEANT LES PAS.

« 1er févr. 1847.—Avant le déjeuner, j’ai pris, pour ma promenade habituelle du matin, une direction que je n’avais pas prise depuis bien des semaines, me sentant attiré de ce côté, exactement comme si Dieu avait une intention en me conduisant par là. En revenant à la maison, j’ai rencontré un monsieur chrétien que je rencontrais autrefois presque tous les matins, mais que je n’avais pas rencontré depuis bien des semaines, parce que je n’avais pas marché dans cette direction. Il m’a arrêté et m’a donné £2 pour les orphelins. J’ai su alors pourquoi j’avais été ainsi conduit ; car il n’y a pas encore assez en caisse pour fournir aux directrices, demain soir, les ressources nécessaires au ménage d’une semaine de plus.

« 4 févr.—Hier, rien n’était arrivé. Ce matin, juste au moment où j’allais me livrer à la prière au sujet des orphelins, une sœur dans le Seigneur a envoyé un souverain, qu’elle avait reçu, écrit-elle, “d’un ami qui avait rencontré les garçons de l’orphelinat, et qui avait été particulièrement charmé de leur tenue soignée et ordonnée”. Après avoir reçu cette £1, j’ai prié pour obtenir des ressources pour les besoins présents, sans toutefois borner mes prières à cela. Environ un quart d’heure après m’être relevé de dessus mes genoux, j’ai reçu une lettre, avec un mandat de £5. Le donateur écrit que c’est “le produit d’une bande de terrain, vendue à la compagnie de chemin de fer”. Que de moyens divers le Seigneur emploie pour nous envoyer du secours, en réponse à nos prières ! »


ÉPREUVES CONTINUELLES DE LA FOI ET DE LA PATIENCE.

Avec l’agrandissement de l’œuvre, qui obligeait à pourvoir aux besoins de quelque 330 personnes, les épreuves de la foi continuèrent. M. Müller écrit :

« Si nous n’avions autrefois aucun revenu assuré, nous n’en avons pas davantage aujourd’hui. Nous avons à attendre de Dieu toutes choses en rapport avec l’œuvre, dont pourtant les besoins pécuniaires sont souvent la moindre affaire ; mais c’est vers lui que nous sommes rendus capables de regarder, et c’est pour cela que nous ne sommes pas déçus. »

« 7 oct. 1852.—Ce soir, il ne restait en caisse que £8 pour les dépenses courantes des orphelins. Jusqu’ici, nous avions en général été dans l’abondance. Mais, bien que beaucoup fût arrivé depuis le commencement de cette nouvelle période, nos dépenses avaient pourtant dépassé nos recettes, car presque tous les dons dont l’emploi m’était laissé avaient été versés au fonds de construction. Ainsi le solde en caisse au 26 mai 1852, malgré les fortes recettes depuis lors, était réduit à environ £8. Je me suis donc livré tout particulièrement à la prière pour obtenir des ressources, afin que cette petite somme fût augmentée.

« 9 oct.—Ce matin, Luc 7 s’est présenté dans le cours de ma lecture avant le déjeuner. En lisant le récit du centenier et de la résurrection du fils de la veuve à Naïn, j’ai élevé mon cœur au Seigneur Jésus en ces termes : “Seigneur Jésus, tu as aujourd’hui le même pouvoir. Tu peux me fournir des ressources pour ton œuvre qui est entre mes mains. Veuille le faire.” Environ une demi-heure plus tard, j’ai reçu £230 15s.

« La joie que procurent de telles réponses à la prière ne saurait se décrire. J’étais résolu à m’attendre à Dieu seul, et à ne pas me procurer moi-même une délivrance contraire aux Écritures. J’ai des milliers de livres pour le fonds de construction ; mais je ne voulais pas prendre sur cette somme, parce qu’elle avait été une fois mise à part pour cet objet. Il y a aussi un legs de £100 pour les orphelins, échu depuis deux mois, et dans l’attente de son paiement le cœur pourrait naturellement être porté à se servir d’une partie de l’argent du fonds de construction, quitte à la remplacer par l’argent du legs quand il arriverait ; mais je ne voulais pas sortir ainsi de la voie de Dieu pour obtenir du secours. Au moment même où ce don est arrivé, j’avais empaqueté £100 que je me trouvais avoir en caisse, reçues pour le fonds de construction, afin de les porter à la banque, car j’étais résolu à n’y pas toucher, mais à m’attendre à Dieu. Mon âme exalte le Seigneur pour sa bonté.

« 13 juin 1853.—Nous étions maintenant très pauvres. Non pas, à vrai dire, endettés, et l’argent n’était même pas entièrement épuisé, car il restait encore environ £12 en caisse ; mais il fallait acheter de la farine, dont nous achetons en général 10 sacs à la fois, 300 stones de flocons d’avoine, 4 cwt. de savon, et il y avait dans la maison beaucoup de petites réparations en cours, avec un certain nombre d’ouvriers, sans compter les dépenses courantes ordinaires d’environ £70 par semaine. Par-dessus tout cela, samedi, avant-hier, j’ai constaté que l’appareil de chauffage avait besoin d’être réparé, ce qui coûterait selon toute probabilité £25. Il était donc souhaitable, humainement parlant, d’avoir £100 pour ces lourdes dépenses extraordinaires, outre les ressources pour les dépenses courantes.

« Mais je n’avais humainement aucune perspective d’obtenir même 100 pence, encore moins £100. De plus, c’était aujourd’hui lundi, jour où les recettes sont en général faibles. Mais, en me rendant ce matin à la maison des orphelins, et en priant tout en marchant, j’ai dit tout particulièrement au Seigneur dans la prière que ce jour-là, bien que ce fût un lundi, il pouvait m’envoyer beaucoup. Et c’est ce qui est arrivé. J’ai reçu ce matin £301 pour le service du Seigneur, à employer selon les plus grands besoins.—La joie que j’ai éprouvée ne saurait se décrire. J’ai longtemps marché de long en large dans ma chambre, des larmes de joie et de reconnaissance envers le Seigneur ruisselant abondamment sur mes joues, louant et magnifiant le Seigneur pour sa bonté, et me livrant de nouveau à lui, de tout mon cœur, pour son service béni. Jamais peut-être je n’avais senti davantage la bonté du Seigneur à me secourir.

« 9 nov.—Notre besoin de ressources est maintenant grand, très grand. Le Seigneur éprouve notre foi et notre patience. Cet après-midi, un frère et une sœur dans le Seigneur, venus du Gloucestershire, sont passés me voir à la nouvelle maison des orphelins, avant de la visiter. Au bout de quelques minutes, j’ai reçu de la sœur un souverain, qu’on l’avait priée de m’apporter pour le fonds de construction ; et elle m’a donné de sa part £1 pour mes dépenses personnelles, et £1 pour le fonds de construction, et son mari m’a donné £5 pour les orphelins et £5 pour les missions étrangères.

« Ainsi le Seigneur a grandement rafraîchi mon esprit ; mais j’attends davantage, et j’ai besoin de beaucoup plus.

« 12 nov.—Ce soir, pendant que je priais pour obtenir des ressources, est arrivé un petit paquet contenant dix souverains, de la part d’une dame chrétienne demeurant non loin de la nouvelle maison des orphelins. Ce fut un très grand rafraîchissement pour mon esprit.

« 17 oct. 1854.—Ce matin, au culte de famille, est venu, dans le cours de la lecture, Exode 5, qui montre que, juste avant la délivrance des Israélites hors d’Égypte, leurs épreuves furent plus grandes que jamais. Ils devaient non seulement fabriquer le même nombre de briques qu’auparavant, mais encore ramasser du chaume, puisqu’on ne leur donnait plus de paille. Cela m’a conduit, en expliquant ce passage, à faire remarquer que, aujourd’hui encore, les enfants de Dieu sont souvent dans une épreuve plus grande que jamais juste avant que viennent le secours et la délivrance. Aussitôt après le culte de famille, on a constaté que le courrier du matin n’avait pas apporté un seul penny pour l’œuvre du Seigneur dans laquelle je suis engagé, bien que nous eussions besoin de beaucoup, et que fort peu de chose fût arrivé pendant les trois jours précédents. Ainsi j’avais maintenant à me souvenir d’Exode 5, et à mettre en pratique les vérités qu’il contient. Dans le courant de la journée, rien n’a été reçu. Le soir, j’ai eu, comme d’habitude, un temps de prière avec ma chère femme au sujet des divers objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures, puis nous avons quitté la nouvelle maison des orphelins pour rentrer chez nous.

« En arrivant à la maison, vers neuf heures, nous avons trouvé que £5, et aussi 5s., avaient été envoyés de Norwich en deux mandats-poste pour le fonds de construction, et que £8 3s. 11d. avaient été remis pour des Bibles, des traités et des Rapports qui avaient été vendus. C’était là un sujet d’actions de grâces. Mais un peu plus tard, entre neuf et dix heures, un monsieur chrétien est passé et m’a donné £1 pour les orphelins et £200 pour les missions étrangères. Il avait reçu ces sommes d’une chrétienne âgée, dont les économies de servante, durant toute sa vie, formaient les £200, et qui, s’étant vu léguer récemment un petit revenu annuel d’environ £30, s’était sentie pressée par l’amour de Christ d’envoyer les économies de toute sa vie pour les missions étrangères. * * *

« Notre prière toute particulière avait été, maintes et maintes fois, que le Seigneur voulût bien envoyer des ressources pour des frères missionnaires, car j’avais des raisons de croire qu’ils avaient grand besoin d’aide ; et pas plus tard qu’à huit heures ce soir, j’avais tout particulièrement supplié le Seigneur d’envoyer du secours pour cet objet. Par le dernier courrier, j’avais envoyé £40 en Guyane britannique, pour aider dans une certaine mesure sept frères qui s’y trouvent. Cette somme avait emporté la dernière livre en caisse pour cet objet. Avec quelle joie j’aurais envoyé de l’aide à d’autres frères encore ! mais je n’avais plus rien. Maintenant me voici, dans une certaine mesure, pourvu pour cet objet.

« 12 juillet 1854.—Nos ressources étaient de nouveau réduites à environ £30, car il n’était arrivé qu’environ £150 depuis le 15 juin. De plus, nous avions devant nous de très lourdes dépenses. Ce matin, en lisant le livre des Proverbes, quand je suis arrivé au chapitre 22:19 : “Afin que ta confiance repose sur l’Éternel, etc.”, je lui ai dit dans la prière : “Seigneur, je me confie en toi ; mais veuille maintenant me secourir, car j’ai besoin de ressources pour les dépenses courantes de tous les divers objets de l’Institution.” Par la première distribution du courrier, j’ai reçu un mandat sur une banque de Londres pour £100, à employer pour tous les divers objets “selon que le besoin présent pourrait l’exiger”. »


ÊTES-VOUS PRÊT POUR L’ÉTERNITÉ ?

« En parcourant mes livres de comptes, je rencontre maintes et maintes fois le nom de l’un ou de l’autre qui a achevé sa course. Bientôt, cher lecteur, votre tour et le mien peuvent venir. Êtes-vous prêt pour l’éternité ? C’est avec affection que je vous presse de cette question. Ne l’écartez pas. Rien n’est d’une plus grande importance que ce point ; oui, toutes les autres choses, si importantes qu’elles soient à leur place, n’ont qu’une importance extrêmement petite en comparaison de celle-ci. Demandez-vous comment vous pouvez être prêt pour l’éternité, comment être sauvé, comment obtenir le pardon de vos péchés ? La réponse est : croyez au Seigneur Jésus, confiez-vous en lui, reposez-vous sur lui seul pour ce qui regarde le salut de votre âme. Il a été puni par Dieu, afin que nous, pécheurs coupables, si nous croyons en lui, ne soyons pas punis. Il a accompli la loi de Dieu, et il s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, afin que nous, pécheurs désobéissants et coupables, si nous croyons en lui, soyons, à cause de lui, tenus pour justes par Dieu. Méditez ces choses, cher lecteur, si vous ne l’avez jamais fait auparavant. C’est par la foi au Seigneur Jésus seul que nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés et avoir la paix avec Dieu ; mais, en croyant en Jésus, nous devenons, par cette foi même, enfants de Dieu ; nous avons Dieu pour Père, et nous pouvons venir à lui pour toutes les bénédictions temporelles et spirituelles dont nous avons besoin. Ainsi chacun de mes lecteurs peut obtenir des exaucements à ses prières, non seulement dans la même mesure que nous les obtenons, mais beaucoup plus abondamment.

« Il se peut que relativement peu d’enfants de Dieu soient appelés à servir le Seigneur en fondant des maisons d’orphelins, etc. ; mais tous peuvent, bien plus, tous sont appelés à se confier en Dieu, à s’appuyer sur lui, dans leurs diverses positions et circonstances, et à appliquer la parole de Dieu, la foi et la prière à leur situation de famille, à leur occupation terrestre, à leurs afflictions et à leurs besoins de toute sorte, tant temporels que spirituels ; tout comme nous, avec l’aide de Dieu, nous cherchons dans une petite mesure à appliquer la parole de Dieu, la foi et la prière aux divers objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures, en Angleterre et à l’étranger. Faites-en seulement l’essai, si vous ne l’avez jamais fait auparavant, et vous verrez combien c’est une vie heureuse. * * * *

« En vérité, je préfère de beaucoup cette vie d’épreuve presque constante, pourvu seulement que je puisse me décharger de tous mes soucis sur mon Père céleste, et apprendre ainsi à le connaître toujours davantage, à une vie de paix et de tranquillité extérieures, sans ces preuves constantes de sa fidélité, de sa sagesse, de son amour, de sa puissance, de sa providence souveraine, etc. »


S’ATTENDRE À DIEU SEUL.

« 6 sept. 1854.—Reçu de Clerkenwell £50, à employer pour moitié pour les missions, et l’autre moitié comme je le jugerais bon. J’ai pris cette moitié pour l’entretien des orphelins, et je trouve dans mon journal la remarque suivante au sujet de ce don : “Quel précieux exaucement !” Depuis le 26 août, nous venons jour après jour au Seigneur pour nos provisions quotidiennes. Précieux aussi à cause des frères missionnaires que je cherche à aider, et pour lesquels il n’y avait rien en caisse quand ce don a été reçu. »

M. Müller ajoute quelques remarques à cette partie du Récit :

« 1. Si quelqu’un supposait, parce qu’il a été dit dans les pages précédentes que nous avons été à plusieurs reprises réduits à l’extrémité quant aux ressources, que les orphelins n’ont pas eu tout ce qui leur était nécessaire, nous répondons que jamais, depuis que l’œuvre existe, l’heure d’un repas n’est venue sans que les orphelins aient eu une bonne nourriture substantielle en quantité suffisante ; et jamais ils n’ont eu besoin de vêtements sans que j’aie eu les moyens de leur procurer tout ce qu’il leur fallait.

« 2. Jamais, depuis que l’œuvre des orphelins existe, je n’ai demandé à un seul être humain quelque aide que ce soit pour cette œuvre ; et pourtant, sans qu’on les ait sollicités, simplement en réponse à la prière, de tant de parties du monde, comme on l’a dit, les dons sont arrivés, et cela très souvent au moment du plus grand besoin. »

M. Müller écrit, à la date de 1859 :

« Chaque mercredi soir, je me réunis avec mes collaborateurs pour une prière commune ; et jour après jour, j’ai des moments fixes où je cherche à présenter au Seigneur dans la prière l’œuvre, avec la grande diversité de ses besoins spirituels et temporels, ayant peut-être chaque jour 50 sujets ou davantage à placer devant lui ; et c’est ainsi que j’obtiens la bénédiction. Je ne demande d’aide à aucun être humain pour l’œuvre. Bien plus, si je pouvais obtenir £10,000 par chaque demande d’aide, par la grâce de Dieu, je ne demanderais pas. Et pourquoi ? Parce que j’ai consacré de bon cœur toute ma vie à ce précieux service : donner au monde et à l’Église une démonstration claire, nette et indéniable qu’il est bienheureux de se confier en Dieu et de s’attendre à lui ; qu’il est aujourd’hui, comme il l’a toujours été, le Dieu vivant, le même que celui qui est révélé dans les saintes Écritures ; et que, si nous le connaissons et sommes réconciliés avec lui par la foi au Seigneur Jésus, et que nous lui demandions en son nom ce qui est selon sa pensée, il nous le donnera certainement, en son temps, pourvu que nous croyions qu’il le fera. * * * * *

« Et Dieu ne m’a jamais fait défaut. Voilà quarante ans que j’ai éprouvé sa fidélité dans cette œuvre. »


DANS LE SEIGNEUR JÉHOVAH EST LA FORCE ÉTERNELLE.

À la date du 9 nov. 1861, M. Müller écrivit :

« 9 nov. Samedi soir. Au commencement de cette semaine, je n’ai reçu que £3 19s. par la première distribution. Peu après, il s’est présenté dans le cours de ma lecture des saintes Écritures Ésaïe 26:4 : “Confiez-vous en l’Éternel à perpétuité, car dans le Seigneur Jéhovah est la force éternelle.”—J’ai mis ma Bible de côté, je suis tombé à genoux, et j’ai prié ainsi : Je crois qu’il y a dans le Seigneur Jéhovah une force éternelle, et je me confie en lui ; aide-moi, ô Seigneur, à me confier en toi à jamais. Veuille me donner davantage de ressources aujourd’hui, et beaucoup cette semaine, bien que si peu soit arrivé jusqu’à présent.—Ce même jour, le 3 nov., j’ai reçu £10 de Surbiton, £5 d’un donateur demeurant à Clifton, £2 d’un donateur de Bristol, et, dans le cours de la semaine, il est arrivé en tout £457 ; ainsi Jéhovah a prouvé une fois de plus qu’en lui est la force éternelle, et qu’il est digne de confiance.—Cher lecteur croyant, cherchez seulement à vous confier de la même manière dans le Seigneur, si vous n’en avez pas déjà l’habitude, et vous découvrirez, comme je l’ai découvert des milliers de fois, combien cela est bienheureux. Mais si le lecteur continuait encore à vivre dans l’insouciance au sujet de son âme, et se trouvait donc sans la connaissance de Dieu et de son cher Fils, alors la première chose, et la plus importante, que celui-là ait à faire, c’est de se confier dans le Seigneur Jésus pour le salut de son âme, afin d’être réconcilié avec Dieu et d’obtenir le pardon de ses péchés. »


JÉSUS-CHRIST, LE MÊME HIER, AUJOURD’HUI, ET ÉTERNELLEMENT.

« 26 mai 1861.—À la clôture de l’exercice, je constate que le total des dépenses pour tous les divers objets s’est élevé à £24,700 16s. 4d., soit £67 13s. 5¾d. par jour, toute l’année durant. Au cours de l’année qui vient, je m’attends à ce que les dépenses soient considérablement plus grandes. Mais Dieu, qui m’a secouru pendant tant d’années, me secourra aussi à l’avenir, je le crois.

« Vous voyez, lecteur estimé, comment le Seigneur, dans son amour fidèle, nous a secourus d’année en année. Chaque année, les dépenses augmentaient, parce que les activités des Institutions s’étendaient davantage ; mais il ne nous a jamais fait défaut. Vous direz peut-être cependant : “Que feriez-vous s’il cessait de vous secourir ?” Ma réponse est que cela ne peut être, aussi longtemps que nous nous confions en lui et que nous ne vivons pas dans le péché. Mais si nous venions à l’abandonner, lui, la source d’eau vive, pour nous creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau, en nous confiant en un bras de chair ; ou si nous vivions dans le péché, nous aurions alors à l’invoquer en vain, même en faisant encore profession de nous confier en lui, selon cette parole : “Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, Le Seigneur ne m’aurait pas exaucé.” Psaume 66:18.

« Jusqu’ici, par la grâce de Dieu, j’ai été rendu capable de continuer à me confier en lui seul ; et jusqu’ici, bien que défaillant et faible à bien des égards, j’ai pourtant été rendu capable, par la grâce de Dieu, de marcher dans la droiture, haïssant le péché et aimant la sainteté, et aspirant à une conformité toujours plus grande au Seigneur Jésus.

« 21 oct. 1868—À mesure que les jours viennent, nous lui faisons connaître nos demandes, car nos sorties d’argent sont maintenant, depuis plusieurs années, de plus de cent livres par jour ; mais, si grandes qu’aient été les dépenses, il ne nous a jamais fait défaut. Nous avons été, il est vrai, quant à l’apparence extérieure, comme le “buisson ardent dans le désert” ; et pourtant nous n’avons pas été consumés. Bien plus, nous sommes pleins de confiance dans le Seigneur, et par conséquent pleins de courage, bien que nous ayons devant nous la perspective de voir nos dépenses augmenter de plus en plus, d’année en année. Si tous mes bien-aimés condisciples qui cherchent à travailler pour Dieu connaissaient le bonheur de regarder véritablement à Dieu seul, et de se confier en lui seul, ils verraient bientôt combien ce chemin rafraîchit l’âme, et combien il est entièrement à l’abri de toute déception, pour ce qui dépend de lui. Les amis terrestres peuvent changer d’avis au sujet de l’œuvre dans laquelle nous sommes engagés ; mais si nous travaillons vraiment pour Dieu, quel que soit celui qui change d’avis au sujet de notre service, lui ne changera pas. Les amis terrestres peuvent perdre la capacité de nous aider, si grand que soit leur désir de le faire ; mais lui demeure, pendant toute l’éternité, l’Infiniment Riche. Les amis terrestres peuvent, au bout d’un temps, voir leur pensée détournée vers d’autres objets, et, comme ils ne peuvent aider partout, si grand que soit leur désir, ils peuvent, bien qu’à regret, avoir à cesser de nous aider ; mais lui est capable, dans toutes les directions, quand même les besoins seraient multipliés un million de fois, de fournir tout ce qui peut être nécessaire, et il le fait avec joie, là où son œuvre se poursuit et où l’on se confie en lui. Les amis terrestres peuvent être enlevés par la mort, et nous pouvons ainsi perdre leur aide ; mais lui vit éternellement, il ne peut mourir. C’est sous ce dernier rapport surtout que j’ai vu, durant les 40 dernières années, en rapport avec cette Institution, le bonheur de se confier dans le Dieu vivant seul. Non pas un ni deux, ni même cinq ni dix, mais bien davantage, qui m’aidaient autrefois largement de leurs biens, ont été enlevés par la mort ; mais les activités de l’Institution ont-elles été arrêtées pour autant ? Non. Et comment cela s’est-il fait ? Parce que je me confiais en Dieu, et en Dieu seul. »


LE CŒUR PLEINEMENT PRÉPARÉ AUX ÉPREUVES DE LA FOI.

À la date du 28 juillet 1874, M. Müller écrivit :

« Depuis des mois, il m’a semblé que le Seigneur entendait, par ses voies envers nous, nous ramener à l’état de choses dans lequel nous avons été pendant plus de dix ans, d’août 1838 à avril 1849, quand nous avions, jour après jour, presque sans interruption, à regarder à lui pour nos provisions quotidiennes, et, une grande partie du temps, d’un repas à l’autre. Les difficultés m’apparaissaient, il est vrai, très grandes, car l’Institution est maintenant vingt fois plus grande qu’elle ne l’était alors, et nos achats doivent se faire en gros ; mais, en même temps, je suis consolé par la pensée que Dieu sait tout cela ; et que, si ce chemin est pour la gloire de son nom, et pour le bien de son Église et du monde inconverti, je suis, par sa grâce, disposé à suivre ce chemin, et à le suivre jusqu’à la fin de ma course. Les fonds s’épuisaient donc rapidement ; mais Dieu, notre Trésorier infiniment riche, nous reste. C’est ce qui me donne la paix. Bien plus, s’il lui plaît, avec une œuvre qui exige environ £44,000 par an, de me faire refaire, au soir de ma vie, ce que j’ai fait d’août 1838 à avril 1849, non seulement j’y suis prêt, mais je repasserais volontiers par toutes ces épreuves de la foi quant aux ressources, pourvu seulement qu’il soit glorifié, et que son Église et le monde en tirent profit. Bien souvent, ces derniers temps, cette pensée m’a traversé l’esprit, et je me suis placé dans la situation de n’avoir plus aucune ressource, et deux mille cent personnes non seulement chaque jour à table, mais avec tout le reste à fournir, et tous les fonds épuisés ; 189 missionnaires à assister, et plus rien du tout ; une centaine d’écoles, comptant environ neuf mille élèves, à entretenir entièrement, et aucune ressource en caisse pour elles ; environ quatre millions de traités et des dizaines de milliers d’exemplaires des saintes Écritures à expédier maintenant chaque année, et tout l’argent dépensé. Invariablement pourtant, avec cette éventualité devant moi, je me suis dit : “Dieu, qui a suscité cette œuvre par mon moyen, Dieu qui m’a conduit en général, d’année en année, à l’agrandir, Dieu qui soutient cette œuvre depuis plus de quarante ans, secourra encore, et ne permettra pas que je sois confondu, parce que je m’appuie sur lui ; je lui remets toute l’œuvre, et il me fournira ce dont j’ai besoin, à l’avenir aussi, bien que je ne sache pas d’où viendront les ressources.”

« C’est ce que j’écrivis dans mon journal le 28 juillet 1874. Le lecteur aura maintenant de l’intérêt à apprendre comment nous nous sommes trouvés dans ces circonstances.

« Quand je suis rentré à la maison hier soir (27 juillet), j’ai trouvé des lettres arrivées qui contenaient £193, parmi lesquelles il y en avait une d’un missionnaire en pays étranger, aidé par les fonds de cette Institution, qui, étant entré en possession d’une certaine somme par la mort d’un parent, envoyait £153 0s. 4d. pour les missions étrangères. Ce matin, 28 juillet, il est arrivé £24 de plus, de sorte que, quand je me suis réuni cet après-midi avec plusieurs de mes collaborateurs pour prier au sujet des ressources et de diverses autres choses, telles que la bénédiction spirituelle sur les divers objets de l’Institution, davantage de pluie en cette saison très sèche, la santé de nos collaborateurs, etc., nous avions reçu, depuis hier après-midi, £217 en tout. Nous en avons remercié Dieu, et nous en avons demandé davantage. Quand la réunion de prière a été terminée, on m’a remis une lettre d’Écosse, contenant £73 17s. 10d., et un papier avec 13s. Ce fut là la réponse immédiate à la prière pour obtenir davantage de ressources.

« 12 août.—Les recettes de toute cette semaine, depuis le 5 août, ont été de £897 15s. 6½d.

« 16 sept.—Juste après avoir prié de nouveau pour le paiement de legs qui nous ont été laissés, on m’a envoyé un reçu de legs pour le paiement d’un legs de £1,800.

« 23 sept.—Recettes d’aujourd’hui : £5,365 13s. 6d., dont £5,327 7s. 6d. ont été envoyées en un seul don. Le Seigneur soit loué ! »


FORT DANS LA FOI, DONNANT GLOIRE À DIEU.

Le 27 mars 1881, M. Müller constata qu’il ne restait plus d’argent en caisse pour les fonds des écoles, des Bibles, des missions et des traités. Près de £1,400 avaient été dépensées pour ces objets au cours du mois précédent. Il écrit :

« Que fallait-il donc faire, cher lecteur, dans ces circonstances, quand tout l’argent destiné aux objets ci-dessus était de nouveau épuisé ? Je réponds : nous avons fait ce que nous faisons depuis 47 ans, c’est-à-dire que nous nous sommes attendus continuellement à Dieu. Mes chers collaborateurs à Bristol, et ma chère femme et moi-même en Amérique, nous avons présenté nos besoins maintes et maintes fois au Seigneur.

« Ici, aux États-Unis, outre notre prière quotidienne habituelle pour obtenir du secours, nous avons eu en plus des moments particuliers, 4, 5 et 6 fois par jour, pour répandre nos cœurs devant notre Père céleste et lui faire connaître nos demandes, assurés que le secours viendrait ; et ce n’est pas en vain que nous nous sommes attendus au Seigneur. Ce moyen peut être méprisé par les uns, tourné en ridicule par d’autres, et jugé insuffisant par une troisième catégorie de personnes ; mais, dans chaque épreuve et chaque difficulté, nous trouvons dans la prière et la foi notre remède universel ; et, après avoir éprouvé leur efficacité pendant un demi-siècle, nous nous proposons, avec l’aide de Dieu, de continuer à nous attendre à lui, afin de montrer à un monde impie, et à une Église qui doute, que le Dieu vivant est encore capable et désireux d’exaucer la prière, et que c’est la joie de son cœur d’écouter les supplications de ses enfants. Au Psaume 9:11, le témoignage divin au sujet de Jéhovah est : “Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi.” Nous le connaissons, par sa grâce, et c’est pourquoi nous mettons notre confiance en lui.

« 27 avril.—Le 27 mars, nous n’avions absolument aucune ressource en caisse pour ces objets, comme il a été dit à cette date. Nous venons d’être secourus pendant un mois de plus, en réponse à la prière, et nous avons été pourvus de tout ce dont nous avions besoin, bien que cela se soit élevé à près de £1000, et il nous reste £23 8s. 6¼d.

« 29 avril.—Un serviteur du Seigneur Jésus, qui, pressé par l’amour de Christ, cherche à s’amasser des trésors dans le ciel, ayant reçu un legs de £532 14s. 5d., en a donné £500 pour ces objets.

« 28 juillet 1881.—Les recettes ne sont plus, depuis quelque temps, qu’environ le tiers des dépenses. Par conséquent, tout ce que nous avons pour l’entretien des orphelins est presque épuisé ; et, pour les quatre premiers objets de l’Institution, nous n’avons absolument rien en caisse. Selon l’apparence naturelle, l’œuvre ne peut plus être poursuivie. Mais je crois que le Seigneur nous secourra, tant par des ressources pour les orphelins que pour les autres objets de l’Institution, et que nous ne serons pas confondus ; et aussi que l’œuvre n’aura pas besoin d’être abandonnée. J’attends pleinement le secours, et j’ai écrit ceci à la gloire de Dieu, afin que cela soit consigné par la suite pour l’encouragement de ses enfants. Le résultat se verra.

« Ce qui précède a été écrit à 7 heures du matin, le 28 juillet 1881. Jusqu’à présent, nous avons les moyens de faire face à nos dépenses, et je m’attends à ce que nous ne soyons pas confondus, bien que, depuis sept ans, nous n’ayons pas été aussi pauvres. »

Le résultat s’est vu en effet, et se verra. Pendant plus de 20 ans après que ces paroles eurent été écrites et que M. Müller eut ainsi consigné sa confiance dans le secours du Seigneur, Dieu soutint l’œuvre, et en mai 1902 il y avait en caisse un solde de quelques milliers de livres, bien que plus de £500,000 eussent été reçues et dépensées depuis que cette note avait été inscrite dans le journal de M. Müller, le 28 juillet 1881.

Au cours de ces 20 années, la foi et la patience furent par moments grandement éprouvées :

« 15 août 1881.—Le solde pour les orphelins est maintenant réduit à £332 12s. 7d., plus bas qu’il ne l’a été depuis plus de vingt-cinq ans. C’est la somme que nous avons en caisse pour faire face aux dépenses quotidiennes de 2 100 personnes. Elle suffit tout juste aux sorties moyennes de 4½ jours. Mais nos yeux sont tournés vers le Seigneur. Je regarde à mon Pourvoyeur céleste. Le total des recettes d’aujourd’hui a été de £28 5s. 2½d.

« 22 août.—Une partie d’un legs laissé il y a des années, £1,000, a été payée, en réponse à beaucoup de prières.

« 26 févr. 1882.—Le solde en caisse aujourd’hui pour les orphelins est de £97 10s. 7½d., c’est-à-dire £24 de plus que les dépenses moyennes d’une seule journée.

« 2 mars.—Notre position, à présent, en ce qui concerne l’œuvre des orphelins, c’est de prier jour après jour : “Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien”. Depuis un temps considérable, nous avons eu jour après jour à regarder au Seigneur pour qu’il pourvoie à nos besoins quotidiens ; mais Dieu nous a secourus jusqu’ici.

« 20 avril 1882.—Alors que nous étions dans le plus grand besoin, nous avons reçu d’Édimbourg £100 avec cette déclaration : “La somme ci-jointe était destinée à être un legs, mais je l’ai envoyée de mon vivant.”

« 3 juin.—De Wotton-under-Edge, £500. Ce don fut une glorieuse délivrance, et un précieux gage de ce que Dieu ferait encore pour nous.

« 21 oct.—Reçu de Wotton-under-Edge £1,000. * * * * * Dieu, en réponse à nos prières, a parlé à son cher enfant, et a incliné son cœur à nous envoyer plus que jamais. Il donne ainsi la preuve que, durant l’année précédente, quand nous étions si bas quant aux fonds, c’était seulement pour l’épreuve de notre foi et de notre patience, et non par colère ; et qu’il ne voulait pas indiquer par là qu’il ne nous secourrait plus. Pour ma part, j’attendais de Dieu un nouveau et grand secours, et je n’ai pas été confondu.

« 17 août 1883.—Notre solde a été réduit cet après-midi à £10 2s. 7d. Pensez à cela, cher lecteur ! Jour après jour, il faut pourvoir aux besoins d’environ 2 100 personnes dans l’Institution des orphelins, et £10 2s. 7d. étaient tout ce que nous avions en caisse pour cela. Vous voyez que nous sommes exactement dans la même position, quant aux fonds, que celle où nous étions il y a 46 ans. Dieu est notre banquier. En lui nous nous confions, et sur lui nous tirons par la foi. C’était un samedi. Le soir, on a reçu £30. Le lundi, nous avons reçu £129 de plus, mais nous avons dû débourser £60. Le mardi, nous avons reçu £295, mais nous avons dû débourser £180. * * * * *

« Il plaît à Dieu de varier continuellement sa manière d’agir envers nous, afin que nous ne soyons pas tentés de nous confier dans les donateurs ou dans les circonstances, mais en lui seul, et de garder les yeux fixés sur lui. C’est ce que, par sa grâce, nous sommes rendus capables de faire, et nos cœurs sont gardés dans la paix. »

Quelque dix mois plus tard, alors que le solde en caisse n’était que de £41 10s., à peine plus de la moitié des dépenses moyennes d’une journée pour les orphelins, et qu’il était souhaitable d’entreprendre des travaux d’assainissement dont le coût dépasserait £2,000, M. Müller reçut un legs de £11,034 6s.

« 7 juin 1884.—C’est le plus grand don que j’aie jamais reçu en une seule fois. Ce legs était depuis plus de six ans devant la Chancellerie, et, d’année en année, son paiement était attendu, mais il restait sans règlement devant la Cour de la Chancellerie. J’ai cependant continué à prier, et, pendant six ans, j’ai prié jour après jour pour que l’argent fût payé, croyant que Dieu, en son temps (qui est toujours le meilleur), finirait par secourir ; car j’avais, par la prière, fait sortir de la Cour bien des legs en Chancellerie, et l’argent avait fini par être payé. Dans le cas présent aussi, après que la foi et la patience eurent été suffisamment exercées, Dieu a de même accordé cette demande. »

1893.—Dans le cinquante-quatrième Rapport de l’Institution pour la connaissance des Écritures, M. Müller dit :

« Les lecteurs du dernier rapport se rappelleront au milieu de quelles épreuves particulières nous sommes entrés dans le dernier exercice financier de l’Institution, du 26 mai 1892 au 26 mai 1893 ; mais nous nous sommes confiés en Dieu ; c’est vers lui que nous avons regardé avec une confiance inébranlable, et nous nous attendions à être secourus d’une manière ou d’une autre. * * Tandis que nous avancions ainsi, mon cœur était habituellement en paix, assuré que tout cela était permis par Dieu pour préparer une bénédiction à des milliers de personnes qui liraient plus tard le récit de ses voies envers nous durant l’année du 26 mai 1892 au 26 mai 1893. Quant à nos chers collaborateurs, M. Wright et moi avons déjà vu, tout en traversant l’épreuve, comment Dieu la leur a rendue bénie.

« 30 août 1892.—Ce soir, en lisant les Psaumes, je suis arrivé au Psaume 81:11, et je me suis souvenu de l’œuvre du Saint-Esprit dans mon cœur, quand je lisais ce verset le 5 déc. 1835, et de l’effet que cela a eu, non seulement en me conduisant à fonder la plus grande Institution d’orphelins du monde ; mais j’ai pensé aussi à la bénédiction qui a été ainsi apportée à des dizaines de milliers de croyants et d’incrédules dans le monde entier. Mettant donc la Bible de côté, je suis tombé à genoux et j’ai demandé à Dieu qu’il veuille bien, dans sa grâce, renouveler sa bonté d’autrefois, et me fournir de nouveau des ressources plus abondantes. En effet, en moins d’une demi-heure, j’ai reçu £50 d’un donateur de Bristol, et de Redland une grande quantité de poisson, en plus des £97 déjà reçues aujourd’hui comme fruit de beaucoup de prières. Par la dernière distribution, à 9 heures du soir, j’ai reçu encore £5, et j’ai eu ainsi £152 en tout, ce jour-là, comme fruit de la prière.

« 11 nov.—Il n’est arrivé aujourd’hui, par les deux premières distributions, qu’environ £8, mais le Seigneur a porté les recettes de ce jour à plus de £200. Je ne suis jamais découragé quand il n’arrive que très peu de chose, mais je me dis à moi-même, et je dis aussi à mes chers collaborateurs : “Plus de prière, plus de patience, et plus d’exercice de la foi amèneront une plus grande bénédiction” ; car c’est ce que j’ai invariablement constaté depuis octobre 1830, il y a maintenant 63 ans, quand j’ai commencé pour la première fois cette vie de dépendance entière de Dieu pour toutes choses.

« 1er mars 1893.—Les recettes de cette semaine, qui se termine aujourd’hui, ont été de £92 8s. 8¾d. pour les orphelins, et de £9 11s. 2d. pour les autres objets, soit environ la sixième partie de nos dépenses hebdomadaires ; mais la grande épreuve de notre foi touchait maintenant presque à sa fin, comme on le verra bientôt.

« 4 mars.—Ce jour même, Dieu commence à exaucer nos prières, car nous avons reçu une très bonne offre pour le terrain que nous avons à vendre, rien de moins que £1,000 l’acre. Le commencement de la journée était plus sombre que jamais quant aux apparences extérieures ; mais nous nous sommes confiés en Dieu pour le secours. Les trois premières distributions du courrier ne nous ont apporté que £4, et les trois autres si peu que les recettes de toute la journée n’ont été que de £8 au lieu de £90, la somme qu’il nous faut chaque jour pour faire face à toutes nos dépenses. Mais Dieu nous a maintenant secourus. Nous avons pu, ce soir, vendre dix acres de terrain et deux cinquièmes d’acre à £1,000 l’acre, et nous recevrons £10,405 en tout pour la totalité d’un champ. Le contrat a été signé à 8 heures ce soir. »


LE DÉPART DE M. MÜLLER POUR ÊTRE AVEC CHRIST.

Le soir du mercredi 9 mars 1898, M. Müller prit part à la réunion de prière habituelle tenue dans la maison des orphelins n° 3 ; il se retira pour se reposer à son heure habituelle, et, de bonne heure le lendemain matin (le 10 mars), seul, dans sa chambre, il rendit le dernier soupir, voyant ainsi se réaliser ce qui avait été longtemps pour lui l’objet de la plus joyeuse attente, à savoir « de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ».

14 mars.—Ce jour-là, la dépouille terrestre de M. Müller fut déposée dans la tombe de sa première et de sa seconde femme, au cimetière d’Arnos Vale. Les circonstances qui l’accompagnèrent furent, d’un bout à l’autre, très remarquables et intéressantes pour un esprit chrétien, surtout en ce qu’elles illustraient le principe éternel de Dieu : « j’honorerai celui qui m’honore ». L’homme qui, durant sa vie, n’avait pas cherché sa propre gloire devint, dans la mort, celui à qui toutes les classes se plurent à témoigner respect et honneur.

À voir les foules de spectateurs émus qui bordaient les rues, les yeux pleins de larmes et les prières à mi-voix qui s’échappaient des lèvres des assistants (beaucoup d’entre eux parmi les plus pauvres des pauvres), tandis que les orphelins défilaient derrière le corbillard ; à voir la suspension de toute circulation dans les principales rues, le glas des cloches assourdies et les drapeaux en berne, et les foules compactes qui, dans le cimetière, attendaient l’arrivée du cortège funèbre, on eût dit que la ville entière avait spontanément résolu d’honorer l’homme qui n’avait pas vécu pour lui-même, mais pour la gloire de Dieu et le bien de ses semblables.

Pendant quelque 21 mois avant la mort de M. Müller, les épreuves de la foi et de la patience furent grandes. M. James Wright, le successeur de M. Müller, écrit :

« Celui à qui il plaît d’enseigner parfois à ses serviteurs “à être dans l’abondance” juge meilleur pour eux, à d’autres moments, d’apprendre “à être dans la disette”. Pendant bon nombre des 64 années durant lesquelles cette œuvre a été poursuivie, c’est la première de ces expériences qui a été la nôtre : nous avons été dans l’abondance, et dans une riche abondance ; dernièrement, et surtout durant les 2 ou 3 dernières années, cela a été tout le contraire. Le besoin pressant a été la règle ; un solde en caisse, au-delà de nos besoins, la rare exception. Et pourtant nous n’avons jamais été abandonnés. »

« 23 sept. 1897.—Reliquat du legs de feu G. J., Esq., £2,679 18s. 7d. Cette somme a été reçue alors que nous étions dans le plus profond besoin, et après qu’il eut plu au Seigneur de permettre une très longue épreuve de la foi et de la patience ; mais voyez, lecteur bien-aimé, il ne nous a ni déçus ni abandonnés, comme il ne le fait jamais pour ceux qui se confient vraiment en lui. La joie d’une telle délivrance ne peut se goûter sans l’expérience de l’épreuve qui l’a précédée.

« 26 févr. 1898.—La note suivante, à cette date, est de la propre main de M. Müller :

« Les recettes d’aujourd’hui, par les deux premières distributions, ont été de £7 15s. 11d. Jour après jour, notre grande épreuve de foi et de patience continue, et il en est ainsi, plus ou moins, depuis 21 mois maintenant ; pourtant, par ta grâce, nous sommes soutenus. »

1er mars 1898.—Ce qui suit est de nouveau tiré d’une note de la propre main de M. Müller, à cette date :

« Depuis environ 21 mois, presque sans la moindre interruption, l’épreuve de notre foi et de notre patience a continué. Maintenant, aujourd’hui, le Seigneur a rafraîchi nos cœurs. Cet après-midi est arrivé, pour l’œuvre du Seigneur, £1,427 1s. 7d., en paiement partiel d’un legs de feu Mme E. C. S. Pendant 3 ans et 10 mois, cet argent était resté devant la Cour de la Chancellerie d’Irlande. Des centaines de requêtes avaient été présentées au Seigneur à son sujet, et maintenant enfin cette partie du legs total a été reçue. »

C’est ainsi que le Seigneur, dans son amour et sa fidélité, rafraîchit grandement le cœur de son serviteur, neuf jours seulement avant de le prendre auprès de lui.


Annexe A

CINQ CONDITIONS DE LA PRIÈRE VICTORIEUSE

Une entière dépendance des mérites et de la médiation du Seigneur Jésus-Christ, comme seul fondement de tout droit à une bénédiction. (Voir Jean 14:13, 14 ; 15:16, etc.)

2.—La séparation d’avec tout péché connu. Si nous conservons l’iniquité dans notre cœur, le Seigneur ne nous exaucera pas, car ce serait sanctionner le péché. (Psaume 66:18.)

3.—La foi en la parole de promesse de Dieu, confirmée par son serment. Ne pas le croire, c’est faire de lui à la fois un menteur et un parjure. (Hébreux 11:6 ; 6:13-20.)

4.—Demander conformément à sa volonté. Nos motifs doivent être pieux : nous ne devons rechercher aucun don de Dieu pour le dépenser au service de nos passions. (1 Jean 5:14 ; Jacques 4:3.)

5.—L’insistance dans la supplication. Il faut s’attendre à Dieu et attendre Dieu, comme le laboureur prend longuement patience pour attendre la moisson. (Jacques 5:7 ; Luc 18:1-8.)


Page 1 / 1 · 84 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant