Chapitre 1 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
Préface
Depuis bien des années, beaucoup de mes amis me disaient : « Vous devriez écrire le récit de votre vie, et faire connaître comment Dieu vous a conduite dans son œuvre. »
Quelque temps avant que ce merveilleux homme de Dieu, John S. Inskip, s’en allât, il me dit : « Amanda, vous devriez écrire », et il m’offrit aimablement de m’aider à rassembler les éléments.
Bien d’autres amis, en Amérique, m’ont dit la même chose, et je leur ai répondu : « Je ne saurais le faire, car je ne sais pas comment m’y prendre » ; aussi n’ai-je pas voulu m’arrêter à cette pensée.
Le temps passa ; après que j’eus séjourné quelque temps en Angleterre, les amis de là-bas se mirent à me dire la même chose et, pour m’encourager à commencer, ils m’assurèrent que cela pourrait se faire à bien meilleur marché là-bas qu’en Amérique.
Comme j’étais sans cesse par monts et par vaux, que je n’avais pas le temps d’y penser, et encore moins d’écrire, les choses en restèrent là jusqu’après mon retour d’Afrique. Alors des amis, en divers endroits, me pressèrent de nouveau de le faire ; et comme ma santé était brisée, et que je ne pouvais plus travailler autant qu’autrefois, je commençai à y penser plus sérieusement. J’en fis beaucoup le sujet de mes prières, demandant au Seigneur, si telle était sa volonté, de me le montrer clairement, de m’y affermir, et de me donner quelque chose de sa Parole qui me serve d’ancre.
Comme je demandais ainsi lumière et direction, j’ouvris ma Bible pendant que je priais, et mes yeux tombèrent sur ces paroles : « Achevez donc maintenant d’agir, afin que l’accomplissement selon vos moyens réponde à l’empressement que vous avez mis à vouloir. » (2 Corinthiens 8:11.)
Je dis : « Seigneur, je te remercie, car c’est là ta Parole pour moi, la réponse à ce que je t’ai demandé. Béni soit ton nom. »
Et dès ce moment, mon cœur fut décidé à le faire. Mais le temps a passé, tant de choses ont semblé surgir pour m’en empêcher, plusieurs personnes qui m’avaient aimablement offert leur aide ont été appelées ailleurs, d’un côté ou de l’autre ; j’étais si lasse et la tâche paraissait si grande que le courage commença à me manquer, et je pensai que je ne pourrais pas le faire.
De nouveau j’allai au Seigneur dans la prière ; je lui dis tout, et lui demandai ce que je devais faire, car sa gloire seule était tout ce que je cherchais. Il murmura à mon cœur, clairement et nettement, ces paroles : « Ne crains rien, Je viens à ton secours. » (Ésaïe 41:13.) De nouveau je le louai ; et maintenant je vais de l’avant, avec une pleine foi et une pleine confiance qu’il accomplira sa propre promesse.
Mes amis qui me connaissent le mieux feront la part de tous les défauts de cette esquisse autobiographique ; et je crois que les étrangers aussi seront indulgents, quand ils sauront que les occasions que j’ai eues de m’instruire ont été vraiment très limitées.
Trois mois d’école, ce fut tout ce que j’eus jamais. C’était dans une école pour les Blancs, où l’on permettait cependant à quelques enfants de couleur d’assister. Pour aller à cette école, mon frère et moi faisions à pied cinq milles et demi chaque jour, aller et retour, et l’attention que nous y recevions se bornait à celle que le maître pouvait nous accorder une fois satisfaits les besoins des élèves plus favorisés.
Vu l’insuffisance de mon instruction première, et les autres désavantages sous lesquels j’ai travaillé à cet égard, je sollicite l’indulgence de tous ceux qui liront cette histoire simple et sans fard de ma vie.
AMANDA SMITH.
Chapitre 1 terminé
Préface