Tout par grâce (Pour ados)
« Je ne peux rien faire »

Chapitre 8 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

« Je ne peux rien faire »

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. » — Romains 5:6 (LSG)

Certains croient tout ce qui précède et gémissent pourtant : « Je ne puis rien faire. » Ce n’est pas une excuse ; ils le feraient s’ils le pouvaient. Spurgeon compare ça à un médecin qui explique à une veuve affamée que son fils malade a besoin du meilleur vin et d’un séjour dans une station thermale — bon conseil, impossible à suivre. Mais l’Évangile, dit-il, « commence là où nous sommes ». Quand le bon Samaritain a trouvé le voyageur roué de coups, il ne lui a pas dit de se lever et de marcher jusqu’à l’hôtellerie. Non : « il vint où il était », et il l’a porté. Et Spurgeon brandit un seul verset face à toutes les formes d’impuissance : lorsque nous étions encore « sans force », Christ est mort pour des impies. Pas quand nous étions un peu faibles — quand nous n’avions plus aucune force.

Puis il passe les excuses en revue, une par une. Je n’arrive pas à réfléchir assez profondément. Pas besoin. Le salut demande « un simple appui sur Jésus », pas de longs raisonnements. Laisse ce seul verset reposer sous ta langue comme un doux morceau. Je n’arrive pas à me repentir assez. Spurgeon avoue être passé exactement par là : « Je me retirais dans un coin pour pleurer, parce que je ne pouvais pleurer ». Son cœur se brisait parce qu’il croyait qu’il ne voulait pas se briser. Se repentir, explique-t-il, c’est détourner ton esprit du péché pour le tourner vers Christ, et personne n’est jamais satisfait de sa propre repentance. Et tu n’y arrives pas en te forçant à ressentir des choses : « La repentance ne te fera pas voir Christ ; mais voir Christ te donnera la repentance. »

Je suis tourmenté par d’horribles pensées. Il dit avoir lui-même été traqué par ce loup. Combattre ces pensées de force, c’est comme un voyageur qui se débat contre un essaim d’abeilles en fureur. Mais « ces pensées, si tu les hais, ne sont point de toi » ; elles viennent du diable, qui cherche à te pousser au désespoir. Fais comme la femme malade qui ne pouvait pas traverser la foule pour arriver jusqu’à Jésus : tends quand même la main et touche le bord de son vêtement. Fais comme Luther. Quand le diable lui a dit : « tu es un pécheur », Luther a répondu : « Christ est mort pour sauver les pécheurs » — et il a tranché la tête du diable avec sa propre épée. Je n’arrive pas à croire. Mais « la foi ne vient pas par l’effort ». Si un ami digne de confiance te raconte quelque chose, tu n’essaies pas de le croire ; tu le crois, c’est tout. « Ce n’est pas une grande foi, mais une foi véritable, qui sauve. »

Je n’arrive pas à lâcher mon péché. Spurgeon rappelle la question qui a arrêté net le jeune John Bunyan en plein jeu, sur la pelouse du village : « Veux-tu garder tes péchés et aller en enfer, ou veux-tu quitter tes péchés et aller au ciel ? » Tu ne peux pas garder les deux. Il raconte avoir essayé de vaincre son propre péché, et avoir échoué, jusqu’au jour où il a cru que Christ était mort pour lui — et alors l’amour lui a donné une force qu’il n’avait jamais eue : « Je ne puis me jouer du mal qui a tué mon meilleur Ami. » Je n’arrive pas à tenir bon devant les autres. La réponse de Spurgeon est cash : faire certaines choses pour plaire à tes amis, passe encore, mais « aller en enfer pour leur plaire, c’est plus que je n’oserais ». Pierre a craqué devant une servante, et Jésus est mort pour lui aussi. Fais entrer « Christ est mort pour moi » dans ton âme, et tu verras que tu ne peux plus avoir honte de lui.

Alors — de quoi s’agit-il vraiment ? Ta faiblesse n’est pas un obstacle à la grâce ; c’est l’endroit où la grâce commence. Chaque excuse de ce chapitre est bien réelle. On a vraiment du mal à se concentrer, à éprouver du regret, à calmer ses pensées, à croire, à arrêter, à tenir tête à ses amis. Spurgeon ne dit jamais : « Fais plus d’efforts. » Il dit chaque fois la même chose : Christ est mort pour des gens exactement comme ça. Puis il laisse ce fait faire son œuvre.

Une chose à faire cette semaine : trouve l’excuse de ce chapitre qui te ressemble le plus — et écris Romains 5:6 juste en dessous. Chaque fois que ce « je ne peux pas » refait surface cette semaine, réponds-y à voix haute, comme Luther : « C’est vrai. Et lorsque j’étais encore sans force, Christ est mort pour des impies. »

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Comment Martin Luther a-t-il répondu au diable quand celui-ci lui a dit : « tu es un pécheur » ?

Luther a répondu : « Christ est mort pour sauver les pécheurs », faisant de l’accusation la raison même de son espérance — il a tranché la tête du diable avec sa propre épée.

Pourquoi Spurgeon dit-il qu’on ne produit pas la repentance en se forçant à ressentir des choses ?

Parce que la repentance vient du regard posé sur Christ, et non l’inverse. Voir ce que Jésus a souffert pour ses ennemis, voilà ce qui fait fondre un cœur dur.

Quel « je ne peux pas » de ce chapitre te ressemble le plus ? Comment Romains 5:6 y répond-il ?

Le message du chapitre : Christ est mort pour nous lorsque nous étions encore sans force. Toute forme d’impuissance trouve sa réponse non dans un effort de plus, mais dans la confiance en ce qu’il a déjà fait.

Chapitre 8 terminé

« Je ne peux rien faire »

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