Tout par grâce (Pour ados)
Bonne nouvelle pour les impies

Chapitre 2 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

Bonne nouvelle pour les impies

« … et à celui qui ne fait point d’œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est imputée à justice. » — Romains 4:5 (LSG)

Spurgeon construit ce chapitre autour d’une petite phrase de l’épître aux Romains : Dieu « justifie l’impie ». Il avoue qu’elle l’a stupéfié, et qu’elle ne cesse pas de le stupéfier. Les gens qui détestaient le message chrétien la jetaient autrefois à la figure de Dieu comme une accusation — il accueille les pires des gens ! — et Spurgeon fait remarquer que la Bible ne le nie pas. Elle l’assume. Dieu se donne lui-même ce titre. La plupart d’entre nous pensons que le salut est pour les gens bien, et que si nous étions meilleurs, Dieu nous récompenserait. Mais Dieu, qui voit à travers tout, sait qu’« il n’y a point de juste, pas même un seul ». Jésus n’est donc pas venu chercher de la bonté à récompenser. « Il vient, non parce que nous sommes justes, mais pour nous rendre tels. »

Réfléchis à quel point c’est étrange. Un bon avocat défend les innocents ; il n’est pas censé tirer d’affaire les coupables. Rendre un coupable vraiment juste devant un tribunal, aucun être humain n’en est capable. « Justifier l’impie — c’est là un miracle digne d’un Dieu. » Et Spurgeon dit qu’il ne peut pas en être autrement. Un médecin qui a un remède sûr, on ne l’envoie pas dans une ville où personne n’est malade. Un homme généreux qui décide d’effacer des dettes ne peut les effacer qu’à ceux qui lui doivent réellement quelque chose. Le pardon n’existe que pour les coupables. Alors, si tu penses que tu dois être perdu parce que tu es un pécheur, il retourne la situation : c’est justement pour ça que tu peux être sauvé. « Le pécheur est la raison d’être de l’Évangile. »

Il décrit deux sortes d’impies. L’un a vécu comme s’il n’y avait pas de Dieu du tout. L’autre est allé à tous les cultes, a peut-être même chanté dans le chœur, et n’a jamais rencontré Dieu pour lui-même. Tous les deux, dit-il, sont exactement ceux à qui ce message s’adresse. Les seuls qu’il ne peut pas aider, ce sont ceux qui pensent ne pas en avoir besoin — ceux dont la propre justice, prévient-il, « n’a pas la moitié de la consistance d’une toile d’araignée ». Puis une histoire. Un peintre qui faisait un tableau de sa ville voulait y mettre un balayeur de rues en haillons que tout le monde connaissait, et il lui proposa de le payer pour venir à son atelier. Le lendemain matin, l’homme arriva lavé, peigné et dans un costume emprunté — et on le renvoya. On le voulait tel qu’il était. « N’attends pas de t’être réformé, mais viens tout de suite pour le salut. »

Il ajoute une autre histoire. Un prédicateur avait un jour fait un sermon si terrible sur le jugement qu’un auditeur lui dit qu’il aurait dû le prêcher à la prison du comté, devant des criminels. « Oh, non », répondit le prédicateur — à la prison, il aurait prêché sur un autre texte : « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. » Le commentaire de Spurgeon résume tout le chapitre : « La loi est pour ceux qui se croient justes, afin d’humilier leur orgueil ; l’Évangile est pour les perdus, afin d’ôter leur désespoir. »

Alors — de quoi s’agit-il vraiment ? La grâce de Dieu commence là où tu en es vraiment, pas là où tu penses que tu devrais être. La plupart d’entre nous avons une règle silencieuse qui tourne en arrière-plan : d’abord se remettre en ordre, ensuite s’approcher de Dieu. Arrêter ce truc dont tu as honte, remettre ta tête à l’endroit, devenir le genre de personne qui a sa place — et alors, peut-être. Spurgeon dit que cette règle est à l’envers. L’Évangile n’est pas un prix pour ceux qui se sont rangés. C’est un sauvetage pour ceux qui n’y arrivent pas.

C’est dur pour ton orgueil et merveilleux pour ton désespoir. Dur pour ton orgueil, parce qu’être « un bon gamin » ou « quelqu’un de bien » ne te rapporte rien ici. Merveilleux pour ton désespoir, parce que le pire que tu saches sur toi-même ne te disqualifie pas ; c’est précisément la catégorie avec laquelle Dieu dit travailler. Dieu pardonne, dit Spurgeon, « non parce qu’ils sont bons, mais parce que lui est bon ».

Une chose à faire cette semaine : repère le moment où tu as envie de « te laver le visage » avant de prier — d’attendre de te sentir moins coupable, moins en désordre, plus spirituel. N’attends pas. Prie une fois cette semaine exactement tel que tu es, avec des mots simples, sans rien retoucher : « Dieu, je suis impie. Tu dis que tu justifies l’impie. Je te demande de le faire pour moi. »

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Pourquoi le balayeur de rues a-t-il été renvoyé de l’atelier du peintre ?

Il s’était lavé, avait peigné ses cheveux et mis un costume respectable, mais le peintre voulait le peindre tel que tout le monde le connaissait : le balayeur en haillons. On avait besoin de lui tel qu’il était.

Pourquoi Spurgeon dit-il que le pardon ne peut être que pour les coupables ?

Un médecin est pour les malades, et une dette ne peut être effacée que pour quelqu’un qui la doit. De même, le pardon de Dieu n’est que pour ceux qui ont réellement péché — être un pécheur, c’est donc la raison pour laquelle tu peux être sauvé, pas celle qui t’en empêcherait.

Y a-t-il quelque chose que tu penses devoir régler avant que Dieu veuille de toi ? Que dit ce chapitre à ce sujet ?

L’idée du chapitre : Dieu justifie l’impie, et sa grâce te rencontre dans ton pire état. Attendre d’abord d’être présentable, c’est l’erreur du balayeur — viens tel que tu es.

Chapitre 2 terminé

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