Chapitre 6 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute
L’abandon à Dieu
C’est ici que doivent commencer le véritable abandon et la véritable consécration à Dieu, en étant profondément convaincus que tout ce qui nous arrive, moment après moment, est la volonté de Dieu, et par conséquent tout ce qui nous est nécessaire.
Cette conviction nous rendra contents de toutes choses, et nous fera voir les événements les plus ordinaires en Dieu, et non dans la créature.
Je vous en conjure, qui que vous soyez, vous qui désirez vous donner à Dieu, ne vous reprenez pas une fois que vous vous êtes donnés à lui, et souvenez-vous qu’une chose une fois donnée n’est plus à votre disposition. L’abandon est la clef de la vie intérieure : celui qui est parfaitement abandonné sera bientôt parfait.
Il faut donc vous tenir fermement à votre abandon, sans écouter ni le raisonnement ni la réflexion. Une grande foi fait un grand abandon ; il faut vous confier entièrement en Dieu, espérant contre toute espérance (Rm 4.18). L’abandon consiste à rejeter tout souci de nous-mêmes, pour nous laisser conduire entièrement par Dieu.
Tous les chrétiens sont exhortés à l’abandon, car il est dit à tous : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (Mt 6.32, 34). « Reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers » (Pr 3.6). « Recommande à l’Éternel tes œuvres, et tes projets réussiront » (Pr 16.3). « Recommande ton sort à l’Éternel, mets en lui ta confiance, et il agira » (Ps 37.5).
L’abandon doit donc être un entier délaissement de nous-mêmes, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, entre les mains de Dieu, en nous oubliant nous-mêmes pour ne penser qu’à Dieu. Par ce moyen, le cœur est toujours gardé libre et content.
Dans la pratique, ce doit être une perte continuelle de notre propre volonté dans la volonté de Dieu, un renoncement à toutes les inclinations naturelles, quelque bonnes qu’elles puissent paraître, afin que nous demeurions libres de ne choisir que ce que Dieu choisit : nous devons être indifférents à toutes choses, qu’elles soient temporelles ou spirituelles, pour le corps ou pour l’âme ; laissant le passé dans l’oubli, l’avenir à la providence, et donnant le présent à Dieu ; contents du moment présent, qui apporte avec lui la volonté éternelle de Dieu sur nous ; n’attribuant rien de ce qui nous arrive à la créature, mais voyant toutes choses en Dieu, et les regardant comme venant infailliblement de sa main, à la seule exception de notre propre péché.
Laissez-vous donc conduire par Dieu comme il le voudra, que ce soit pour la vie intérieure ou pour la vie extérieure.
Chapitre 6 terminé
L’abandon à Dieu