Moyen court et très facile de faire oraison
Préface de l’édition protestante anglaise

Chapitre 1 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

Préface de l’édition protestante anglaise


Il faut peut-être s’excuser lorsqu’un protestant présente ainsi à des lecteurs protestants les œuvres d’un auteur catholique romain conséquent avec sa foi. Notre défense sera que la doctrine et l’expérience décrites ici sont essentiellement protestantes ; et, bien loin d’avoir reçu l’assentiment de l’Église catholique romaine, elles ont valu à leur auteur d’être persécutée pour les avoir professées et répandues.

Quant à l’expérience de Madame Guyon, il faut se souvenir que, si les glorieux sommets de communion avec Dieu auxquels elle est parvenue peuvent être gravis par le plus faible des élus de Dieu, il n’est nullement nécessaire de les atteindre par le chemin, en apparence si ardu et si long, par lequel elle fut conduite.

Les « Torrents », en particulier, doivent être considérés plutôt comme le récit de l’expérience personnelle de l’auteur que comme le plan que Dieu suit invariablement, ou même habituellement, pour amener l’âme dans l’état d’union avec lui-même. Il est vrai que, pour que « nous vivions pour la justice », nous devons être « morts au péché » ; et qu’il doit y avoir une crucifixion du moi avant que la vie de Christ puisse être manifestée en nous. C’est seulement lorsque nous pouvons dire : « J’ai été crucifié avec Christ », que nous sommes capables d’ajouter : « si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ». Mais il ne s’ensuit pas que cette mort intérieure doive toujours être aussi lente que dans le cas de Madame Guyon. Elle nous dit elle-même que la raison en était qu’elle n’était pas entièrement résignée à la volonté divine, ni disposée à être privée des dons de Dieu afin de jouir de la possession du Donateur. Cette résistance à la volonté de Dieu entraîne de la souffrance du côté de la créature, et le châtiment du côté de Dieu, afin qu’il puisse soumettre à lui-même ce qui ne lui est pas cédé volontairement.

De la joie d’un abandon complet à Dieu, il n’est pas nécessaire de parler ici : des milliers d’enfants de Dieu en éprouvent eux-mêmes la félicité, et prouvent que ce n’est pas une contrainte, mais une joie ineffable, que de s’offrir à Dieu en sacrifice vivant, de ne plus vivre pour soi-même, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.

Une confiance simple en un Sauveur vivant et personnel ; le rejet, par sa grâce, de tout ce que l’on sait être contraire à sa volonté ; et un entier abandon de soi-même à lui, afin que ses desseins s’accomplissent en nous et par nous : telle est la clef toute simple du sanctuaire caché de la communion.

Moyen court de faire oraison


Les Torrents spirituels


Première partie

Deuxième partie

Moyen court de faire oraison


« Marche devant ma face, et sois intègre. »—Gn 17.1.

Chapitre 1 terminé

Préface de l’édition protestante anglaise

Page 1 / 1 · 2 min restantes dans le chapitre
Suivant