Chapitre 25 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute
Travaux en divers lieux
Le 18 juin 1849, je fis mes adieux à ma mère et à ma famille, et je repartis pour ma mission. Je m’arrêtai à New York, où je fus rejointe par sœur Ann M. Johnson, qui devint ma compagne de voyage. Nous nous rendîmes à Philadelphie, où nous fûmes reçues par frère et sœur Lee. Ces chers et bons amis nous accueillirent chaleureusement. Sœur Johnson ne se sentait pas poussée à travailler en public, si ce n’est pour chanter, prier et raconter son expérience. Pour ma part, je travaillai sans relâche pendant mon séjour dans cette ville, allant d’une église à l’autre.
Le 28, nous allâmes à Snow Hill, où nous passâmes un dimanche. Nous visitâmes Fethersville, Bordentown, Westchester et Westtown, le tout pour la gloire de Dieu. Je dois dire que le pur Saint-Esprit visita merveilleusement les gens en tous ces lieux. Beaucoup furent convertis, et, de temps à autre, quelqu’un entrait dans la fontaine de purification.
Le 20 juillet, nous partîmes pour New York, en nous arrêtant à Burlington, Trenton, Princeton, Rahway, Brunswick et Newark. Nous passâmes plusieurs jours en chacun de ces lieux, pour notre plus grand réconfort et, semble-t-il, pour le bien des églises. Nous arrivâmes à New York le 3 août, et nous allâmes en bateau à Bridgeport (Connecticut). Nous y trouvâmes l’église dans un état de grand trouble, à cause de l’incrédulité. Nous allâmes ensuite à New Haven, où nous eûmes de précieuses réunions. À Providence, dans le Rhode Island, nous reçûmes aussi la bénédiction de Dieu sur nos travaux.
À cette époque, je reçus une invitation pressante du révérend Daniel A. Paine, aujourd’hui évêque de l’Église épiscopale méthodiste africaine, à venir à Baltimore, et je l’acceptai. À notre arrivée, on nous interrogea de près sur notre liberté, et on examina soigneusement nos personnes à la recherche de marques permettant de nous identifier, au cas où nous nous révélerions être des fugitives. Pendant notre séjour, une fille de la dame chez qui nous logions s’enfuit de chez son soi-disant maître. Celui-ci vint, avec d’autres, à minuit, chez la mère de la jeune fille, enfonça la porte sans cérémonie, et jura que la fille était cachée dans la maison et qu’il l’aurait, morte ou vive. Ils recommencèrent plusieurs nuits de suite. Souvent ils venaient jusqu’à notre lit et nous mettaient leur lumière sous le visage, pour voir si celle qu’ils cherchaient n’était pas avec nous. La mère, bien entendu, était dans une grande détresse. Je crois qu’ils ne retrouvèrent jamais la jeune fille. Grâces soient rendues au cher Seigneur de ce que nous n’avons plus à subir de telles indignités aujourd’hui, bien que ce monstre, l’esclavage, ne soit pas encore mort sous toutes ses formes.
Nous restâmes quelque temps à Baltimore, travaillant surtout dans la paroisse de frère Paine. Nous allâmes ensuite à Washington (D.C.), où notre Conférence était en session. Les réunions étaient excellentes, et un grand bien s’accomplissait, lorsqu’un incident survint qui jeta un voile de tristesse sur toute la Conférence. Un jour que plusieurs pasteurs, sœur Johnson et moi dînions chez l’un des frères, un propriétaire d’esclaves vint fouiller la maison à la recherche d’un fugitif. Nous comprîmes de plus en plus quelle chose terrible c’était, pour un être humain, d’avoir un pouvoir absolu sur un autre.
Nous restâmes quelques semaines à Washington, travaillant pour Christ. Bien qu’à ce moment-là il semblât que Satan y régnât en maître, Dieu nous donna de savoir que sa justice s’établissait dans bien des cœurs. Gloire à son nom excellent !
La plus grande partie de l’année écoulée avait été un temps de rude épreuve ; pourtant, je ne me souviens pas d’avoir jamais achevé une année plus pleinement en Christ que celle-là. En la considérant rétrospectivement, je trouvai de grands sujets d’humiliation autant que de reconnaissance. J’étais satisfaite de la manière dont le Seigneur avait agi envers moi ; mon esprit était gardé dans la paix, alors que beaucoup avaient décliné à droite et à gauche ; j’étais reconnaissante que quelques-uns aient été épargnés pour porter l’étendard du Rédempteur.
Depuis que je suis entrée dans la vigne de mon divin Maître, j’ai vu bien des étoiles tomber, et bien des lumières brillantes s’éteindre et sombrer dans les ténèbres. Beaucoup de ceux que Dieu avait singulièrement reconnus et bénis ont déserté son étendard au jour de l’épreuve ; et pourtant, par sa grâce surabondante, j’ai été gardée. Gloire à la puissance gardienne du sang qui me purifie, oui, moi aussi, de tout péché !
Chapitre 25 terminé
Travaux en divers lieux