Chapitre 14 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
Un fruit précoce recueilli au ciel
APRÈS mon arrivée à Boston, je fus beaucoup portée à prier pour la sanctification des croyants. Bien que l’ennemi travaillât par divers moyens à entraver l’œuvre de la grâce, le Seigneur opéra pourtant chez beaucoup un changement merveilleux.
La mère de mon amie reçut un nouveau baptême et revint dans la lumière en louant le Seigneur. Que le Saint-Esprit garde ma chère « Mam » Riley pure jusqu’à la mort, telle était ma prière.
La santé de ma chère amie, Mme Simpson, commença à décliner rapidement. Un matin que je lui demandais de ses nouvelles, elle me répondit : « Chère sœur, j’ai beaucoup souffert cette nuit, mais vous savez que Jésus a dit : “Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point.” Louange à Dieu, qui a été avec moi dans sa grande miséricorde à travers les ténèbres de la nuit. » Je restai auprès d’elle la nuit suivante, et jamais je n’avais vu un tel calme, une telle patience et une telle résignation dans la souffrance. Vers le matin, elle se sentit mieux et demanda son mari.
Quand il vint, elle l’embrassa, lui récita des passages de l’Écriture et l’exhorta, comme elle l’avait fait bien des fois, à recevoir Dieu dans toute sa plénitude.
Là, dans cette chambre de mort, dans le silence de la nuit, nous priâmes pour cet homme pieux et exemplaire, afin qu’il offre son corps comme un sacrifice vivant. Il fut profondément remué par le Saint-Esprit, au point de crier à haute voix pour être délivré ; mais presque à l’instant il se mit à douter et quitta la chambre. Sa femme me demanda de lui faire la lecture et de lui parler de Jésus, ce que je fis, et elle fut remplie d’une joie céleste et s’écria à haute voix : « Oh ! le sang, le précieux sang de Jésus me purifie maintenant ! »
Sa mère, qui dormait dans une chambre voisine, fut réveillée par le bruit et entra en disant : « Cette chambre est remplie de la gloire de Dieu. Alléluia ! Amen. »
Comme le jour se levait, Mme Simpson tomba dans un paisible sommeil qui dura plusieurs heures. Elle s’éveilla en chantant :
« Heureux ceux qui obéissent à leur Sauveur, Et qui ont amassé leur trésor là-haut. »
Elle fut relativement délivrée de la douleur pendant plusieurs jours, quoique très faible. Elle parlait à tous ceux qui venaient la voir du salut gratuit et complet. Son dernier matin sur la terre arriva. Elle était paisible et sereine, un sourire céleste sur le visage. Elle me demanda de prier, ce que je fis, les yeux ruisselants de larmes et la voix tremblante. Puis elle nous demanda de chanter le cantique : « Oh ! que n’ai-je mille langues pour chanter La louange de mon grand Rédempteur. »
Elle chanta avec nous d’une voix bien plus forte que celle qu’elle avait eue depuis bien des jours. Comme nous chantions la dernière strophe, elle se dressa sur son lit, frappa des mains et s’écria : « Il délivre le captif ! Gloire ! gloire ! Je suis libre ! Ils sont venus me chercher ! » Elle montrait du doigt l’orient. Sa mère lui demanda qui était venu.
Elle répondit : « Ne voyez-vous pas le char et les chevaux ? Gloire ! gloire au sang ! »
Elle retomba sur son oreiller, et elle n’était plus. Elle était montée dans le char, que nous ne pouvions voir, mais nous en sentions le feu.
Tandis que beaucoup, dans la chambre, pleuraient, sa mère ne versa pas une larme, mais s’écria : « Gloire à Dieu ! » Puis, de ses propres mains, elle aida à disposer et à préparer la dépouille pour l’ensevelissement. Ainsi une autre sainte sanctifiée entra-t-elle dans la vie éternelle. Si le temps de sa sanctification fut court, il fut plein de fruits précieux.
Chapitre 14 terminé
Un fruit précoce recueilli au ciel