En bref
Lloyd-Jones définit le réveil comme une saison de vie et de puissance inhabituelles, données par Dieu à l’Église — envoyées d’en haut par Dieu, et non suscitées par les hommes — et le distingue nettement de l’activité d’évangélisation ordinaire.
Nous pouvons le définir comme une période de bénédiction et d’activité inhabituelles dans la vie de l’Église chrétienne. Réveil veut dire éveil, stimulation de la vie, retour de cette vie à la surface. Il se produit d’abord dans l’Église de Dieu, et parmi les croyants, et ce n’est qu’en second lieu qu’il touche aussi ceux qui sont au-dehors. Or c’est là un point de la plus haute importance, car cette définition nous aide à distinguer, une fois pour toutes, un réveil d’une campagne d’évangélisation.
Une campagne d’évangélisation, c’est l’Église qui décide de faire quelque chose à l’égard de ceux qui sont au-dehors. Un réveil, ce n’est pas l’Église qui décide de faire quelque chose et qui le fait. C’est quelque chose qui est fait à l’Église, quelque chose qui arrive à l’Église.
Alors, qu’est-ce donc qui se produit ? La meilleure façon de répondre à cette question est de dire que c’est, en un sens, une répétition du jour de la Pentecôte. C’est quelque chose qui arrive à l’Église et qui, inévitablement et presque instinctivement, nous fait regarder en arrière et repenser à ce qui s’est passé le jour de la Pentecôte, tel que le rapporte Actes 2.
L’essence d’un réveil, c’est que le Saint-Esprit descend sur un certain nombre de personnes ensemble, sur toute une église, sur plusieurs églises, sur des régions entières, ou peut-être sur tout un pays. Voilà ce que l’on entend par réveil. C’est, si vous voulez, une visitation du Saint-Esprit, ou, pour employer un autre terme dont on s’est souvent servi, c’est ceci — une effusion du Saint-Esprit.
Ce dont les gens ont conscience, c’est qu’il semble que quelque chose soit soudain descendu sur eux. L’Esprit de Dieu est descendu au milieu d’eux, Dieu est descendu et il est parmi eux. Un baptême, une effusion, une visitation. Et l’effet en est qu’ils prennent aussitôt conscience de sa présence et de sa puissance d’une manière qu’ils n’avaient jamais connue auparavant.
Je parle de chrétiens, de membres d’église réunis comme ils l’ont fait tant de fois auparavant. Soudain, ils ont conscience de sa présence, ils ont conscience de la majesté de Dieu et de la crainte sacrée qu’il inspire. Le Saint-Esprit semble littéralement présider la réunion et en prendre la direction, manifester sa puissance et les guider, et les conduire, et les diriger. Voilà l’essence du réveil.
Et qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, il y a des caractéristiques générales que vous trouverez dans tous les réveils dont vous pourrez jamais lire le récit. L’effet immédiat, c’est que les personnes présentes commencent à avoir une conscience des choses spirituelles comme elles n’en avaient jamais eu auparavant.
Elles ont déjà entendu toutes ces choses, elles les ont peut-être entendues mille fois, mais voici ce dont elles témoignent : « Vous savez, tout est soudain devenu clair pour moi. J’ai été soudain illuminé, des choses qui m’étaient si familières se détachaient en lettres d’or, pour ainsi dire. J’ai compris. J’ai tout vu d’une manière que je n’avais jamais connue de toute ma vie. » Le Saint-Esprit éclaire l’esprit et l’intelligence. Elles commencent non seulement à voir clairement ces choses, mais à en sentir la puissance.
Quelles sont donc ces choses dont elles prennent si vivement conscience ? D’abord et avant tout, la gloire et la sainteté de Dieu. Avez-vous jamais remarqué, en lisant vos Bibles, l’effet produit sur ces gens lorsqu’ils prenaient soudain conscience de la présence de Dieu ? Comme Job, ils mettent la main sur leur bouche, ou, comme Ésaïe, ils disent : « Malheur à moi! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures ». Ils viennent d’avoir une perception de la sainteté, et de la majesté, et de la gloire de Dieu. Cela se produit toujours dans un réveil.
Il peut y avoir beaucoup de rires et de légèreté, et une organisation bien visible, dans les campagnes d’évangélisation. Il n’en est pas ainsi dans un réveil ; il y a plutôt la crainte, le respect, une sainte frayeur, la conscience de Dieu dans sa majesté, sa gloire, sa sainteté, sa pureté absolue.
Et cela, comme nous l’avons vu, conduit inévitablement à un sens profond et terrible du péché, et à un sentiment de culpabilité redoutable. Cela amène les hommes et les femmes à sentir qu’ils sont vils et impurs et totalement indignes et, par-dessus tout, cela les amène à prendre conscience de leur totale impuissance face à un tel Dieu.
Ou bien, comme le publicain que notre Seigneur a dépeint dans la parabole, ils ont si vivement conscience de tout cela qu’ils n’osent pas montrer leur visage. Ils restent tout au fond, quelque part près de la porte, à se frapper la poitrine en disant : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. »
La sainteté de Dieu, leur propre état de péché et de misère absolue, leur propre indignité ; ils se rendent compte qu’ils n’ont jamais rien fait de bon. Auparavant, ils pensaient avoir fait beaucoup ; maintenant, ils voient que ce n’est rien — rien qui vaille. Comme Paul, ils commencent à en parler comme de la boue et d’un vêtement souillé. Dans leur impuissance et leur désespoir absolus, ils se prosternent et se jettent sur l’amour, la miséricorde et la compassion de Dieu.
C’est l’œuvre de conviction de l’Esprit, qui prend la situation en main. Les gens peuvent être maintenus dans cet état un certain temps — non seulement pendant des heures, mais parfois pendant des jours et des semaines, et des mois. Ils peuvent en arriver presque au désespoir.
Puis il leur est donné une claire vision de l’amour de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, et tout particulièrement de sa mort sur la croix. Enfin, ils le voient. Oh, ils l’avaient toujours cru en théorie, mais cela n’était jamais vraiment devenu réel pour eux. Ils l’avaient cru sincèrement, oui, mais ils n’en avaient jamais senti la puissance, ils n’avaient jamais su ce que c’était que d’être fondu par cela, d’être brisé par cela. Ils n’avaient jamais su ce que c’était que de pleurer, d’abord avec un sentiment d’indignité, puis d’amour et de joie, en comprenant que « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »
Soudain, tout cela devient réel pour eux, et il leur est donné de savoir que le Fils de Dieu les a aimés et s’est livré lui-même pour eux. Cela devient une affaire individuelle et personnelle : « Il est mort pour moi, même mes péchés sont pardonnés », et la paix entre dans leur cœur ; la joie pénètre en eux et ils sont perdus dans l’amour et dans la louange de Dieu le Père, de Dieu le Fils et de Dieu le Saint-Esprit.
Cela devient maintenant la seule chose qui les absorbe. S’ils rencontrent quelqu’un, ils en parlent tout de suite ; tout le monde en parle, c’est le principal sujet de conversation, c’est ce qui absorbe tout leur intérêt. Ils désirent maintenant être ensemble et parler de ces choses, et ainsi ils se réunissent, et ils tiennent des réunions. Ils se réunissent chaque soir pour parler de ces choses, pour louer Dieu et pour chanter des cantiques à sa gloire.
Puis ils commencent à prier, et les voilà, heure après heure, soir après soir, impatients de finir leur travail pour pouvoir se retrouver avec d’autres personnes qui ont fait l’expérience de ce mouvement de l’Esprit de Dieu. Et cela, bien sûr, les amène à leur tour à se soucier profondément des autres, de ceux qui sont au-dehors et qui ne connaissent pas ces choses.
Je vous donne là un résumé de ce que vous lisez dans les livres. Ils commencent à se soucier des membres de leur propre famille — mari, femme, père, mère, enfants, frère, sœur — qui ne savent pas qu’ils sont au-dehors. Ils leur en parlent ; ils sentent qu’ils le doivent. Il y a une contrainte qui les pousse. Ils en parlent aux gens, à leurs amis et à tout le monde, et ils commencent à prier pour eux. La prière est toujours un trait marquant de tout réveil : de grandes réunions de prière, l’intercession heure après heure. Ils prient pour ces personnes en les nommant, et ils supplient, et ils ne veulent pas laisser Dieu aller, pour ainsi dire. Ils s’y appliquent avec une étrange urgence.
Et puis, au bout d’un certain temps, entendant parler de tout cela et voyant le changement chez ceux qu’ils connaissent depuis si longtemps, ces autres qui sont au-dehors commencent à se joindre aux réunions et à dire : « Qu’est-ce que c’est ? » Alors ils entrent, et ils passent par la même expérience. Et c’est ainsi que cela se produit, et des milliers et des milliers de personnes se convertissent. En fait, toute la contrée semble remplie du Saint-Esprit. Il semble être partout.
Les gens ne se convertissent pas seulement dans les réunions ; certains se convertissent en marchant vers les réunions, avant même d’y être arrivés. Certains se convertissent à leur travail, dans une mine de charbon, au sommet d’une montagne. Certains sont réveillés au milieu de la nuit. Ils se sont couchés en se sentant comme d’habitude, mais ils sont réveillés avec un sens redoutable du péché, et ils doivent se lever pour prier et supplier Dieu de leur faire miséricorde. Personne ne leur a parlé à ce moment-là — c’est l’Esprit de Dieu qui agit. Il domine toute la région. Il remplit la vie de tous les gens.
Voilà ce qui se passe dans un réveil, et ainsi vous avez ce curieux, cet étrange mélange, pour ainsi dire, d’une grande conviction de péché et d’une grande joie, d’un grand sens de la terreur du Seigneur, et d’une grande reconnaissance et d’une grande louange.
Il y a toujours dans un réveil ce que quelqu’un a appelé un jour un désordre divin. Certains gémissent et sont à l’agonie sous la conviction de péché, d’autres louent Dieu pour le grand salut. Et tout cela conduit à des réunions bondées et prolongées. On semble oublier le temps. Les gens semblent être entrés dans l’éternité.
Une réunion peut commencer à six heures et demie du soir et ne se terminer qu’à l’aube du lendemain matin, sans que personne ait conscience des heures qui passent. Ils n’avaient pas besoin de servir du café une ou deux fois au milieu de la réunion. Quand le Saint-Esprit organise les choses, le temps, le corps et les besoins de la chair sont tous oubliés.
Un réveil, donc, ce sont vraiment des jours du ciel sur la terre. Permettez-moi de vous donner l’une des plus grandes descriptions jamais écrites de ce qui se passe dans une ville quand survient un tel réveil, une telle visitation de l’Esprit de Dieu. Elle a été écrite par le grand et saint Jonathan Edwards au sujet de la petite ville de Northampton, dans le Massachusetts, en 1735.
Cette œuvre produisit bientôt un glorieux changement dans la ville. De sorte qu’au printemps et à l’été suivants, la ville sembla remplie de la présence de Dieu. Jamais elle n’avait été aussi remplie d’amour, ni aussi remplie de joie, et pourtant aussi remplie d’angoisse qu’elle l’était alors.
Il y avait des signes remarquables de la présence de Dieu dans presque chaque maison. C’était un temps de joie dans les familles, à cause du salut qui leur était apporté. Les parents se réjouissaient de leurs enfants comme de nouveau-nés, les maris de leurs femmes et les femmes de leurs maris.
On voyait alors les œuvres de Dieu dans son sanctuaire. Le jour de Dieu était un délice, et l’assemblée était pleine de vie dans le service de Dieu. Chacun était ardemment appliqué au culte public. Chaque auditeur était avide de boire les paroles du ministre à mesure qu’elles sortaient de sa bouche. L’assemblée en général était de temps à autre en larmes pendant qu’on prêchait la Parole. Certains pleuraient de chagrin et d’angoisse, d’autres de joie et d’amour, d’autres de pitié et de souci pour l’âme de leurs voisins.
Voilà Dieu qui visite son peuple. Des jours du ciel sur la terre, la présidence du Saint-Esprit dans l’Église, la vie en abondance donnée sans mesure au peuple de Dieu.
Un réveil est un miracle. C’est la main du Seigneur, et elle est puissante. On ne peut l’expliquer que comme l’action et l’intervention directes de Dieu. Les hommes peuvent produire des campagnes d’évangélisation, mais ils ne peuvent pas produire un réveil et ils n’en ont jamais produit. Un réveil, par définition, est l’acte puissant de Dieu, et c’est un acte souverain de Dieu. Il est aussi indépendant que cela. L’homme ne peut rien faire. C’est Dieu, et Dieu seul, qui le fait.
Mais non seulement les hommes ne peuvent pas produire un réveil, ils ne peuvent même pas l’expliquer, et cela aussi est de la plus haute importance. Si vous pouvez expliquer ce qui se passe dans une église sans cet acte souverain de Dieu, ce n’est pas un réveil.
Un réveil est quelque chose qui, lorsqu’il se produit, amène les gens à dire, comme le dirent les habitants de Jérusalem le jour de la Pentecôte : « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que cela veut dire ? » C’est quelque chose qui arrive comme une tornade. C’est presque comme une marée qui déborde ; c’est comme un déluge. Des choses miraculeuses se produisent, des choses qui dépassent l’explication et l’intelligence des hommes.
Enfin, regardez-le tel qu’il est décrit dans Actes 2. Voici les apôtres réunis pour prier dans la chambre haute. Ils le faisaient depuis dix jours. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Voilà ce que c’est. Pas toujours le bruit, mais toujours la conscience du vent puissant de Dieu. L’Esprit de Dieu descend sur le prédicateur, sur ceux qui prient, sur le peuple en prière, sur ceux qui sont réunis en conférence.
Savons-nous quelque chose de cela, mes amis ? Croyons-nous que Dieu peut intervenir et faire des choses que non seulement nous ne pouvons pas faire, mais que nous ne pouvons même pas comprendre, ni maîtriser, ni expliquer ? Oui, je vous le demande, désirez-vous ardemment connaître de telles choses ? Voir de telles choses se produire de nouveau aujourd’hui ? Priez-vous pour une telle visitation ? Car, croyez-moi, quand Dieu exaucera nos prières et refera cette chose, ce sera un phénomène tel que non seulement l’Église sera stupéfaite et étonnée, mais même ceux qui sont au-dehors seront contraints d’écouter et d’y prêter attention, d’une manière qu’ils ne le font pas à présent, et d’une manière que les hommes livrés à eux-mêmes ne pourront jamais les persuader de le faire.
Voilà ce que Dieu peut faire. Voilà ce que Dieu a fait. Décidons ensemble de l’implorer, de le supplier de le faire de nouveau. Non pas pour que nous puissions avoir l’expérience ou l’excitation, mais pour que sa main puissante soit connue et que son grand nom soit glorifié et magnifié parmi le peuple.
Questions pour la réflexion
- Comment Lloyd-Jones définit-il le réveil ?
- Lloyd-Jones définit le réveil comme « une période de bénédiction et d’activité inhabituelles dans la vie de l’Église chrétienne », au cours de laquelle le Saint-Esprit descend sur un certain nombre de personnes, sur une église, sur une région, ou même sur tout un pays. Il l’appelle une visitation ou une effusion du Saint-Esprit, en un sens une répétition du jour de la Pentecôte.
- Quelle est la différence entre un réveil et une campagne d’évangélisation, selon Lloyd-Jones ?
- Une campagne d’évangélisation, c’est l’Église qui décide de faire quelque chose pour ceux qui sont au-dehors, mais un réveil est « quelque chose qui est fait à l’Église ». Les hommes peuvent produire des campagnes d’évangélisation, mais « ils ne peuvent pas produire un réveil et ils n’en ont jamais produit » : c’est un acte souverain de Dieu, que les hommes ne peuvent même pas expliquer.
- Que se passe-t-il chez les chrétiens pendant un réveil, selon ce sermon ?
- Ils prennent conscience de la présence, de la gloire et de la sainteté de Dieu, ce qui les conduit à un sens profond de leur péché et de leur impuissance, puis à une claire vision de l’amour de Dieu et de la mort de Christ, qui apporte la paix et la joie. Ils se réunissent soir après soir pour louer et prier, et ils se soucient profondément de leur famille et de leurs voisins restés au-dehors, qui viennent alors à leur tour et se convertissent.
- Pourquoi Lloyd-Jones cite-t-il Jonathan Edwards au sujet de Northampton ?
- Il se sert du récit qu’Edwards a fait de Northampton en 1735 comme de l’une des plus grandes descriptions d’une ville en réveil, alors qu’elle « sembla remplie de la présence de Dieu », avec la joie dans les familles et des assemblées en larmes pendant qu’on prêchait la Parole. Pour Lloyd-Jones, cela montre le réveil comme des « jours du ciel sur la terre », Dieu visitant son peuple.
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Used by permission; transcribed from an audio sermon at SermonIndex.
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- Lloyd-Jones, Martyn. “Qu’est-ce que le réveil ?” Sermon. Ochorus, https://ochorus.com/fr/sermons/what-is-revival/.
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- Lloyd-Jones, Martyn. “Qu’est-ce que le réveil ?” Sermon. Ochorus. https://ochorus.com/fr/sermons/what-is-revival/.
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- Martyn Lloyd-Jones, “Qu’est-ce que le réveil ?” sermon, Ochorus, https://ochorus.com/fr/sermons/what-is-revival/.
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