Texte
Matthieu 21:28 ; Luc 14:23
En bref
« Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne. » Booth passe du besoin du monde à l’étrange répugnance de l’Église à y répondre, et demande pourquoi si peu du peuple de Christ consentent en fait à aller. Le mal, soutient-elle, n’est pas que les ouvriers manquent, mais que les gens de bonne volonté ne sont pas formés et que les gens formés manquent de bonne volonté — et elle renvoie ses auditeurs chez eux pour méditer sur les besoins d’un monde qui se meurt.
NOUS aurions pu énumérer d’autres textes, enseignant les mêmes vérités. Il y en a beaucoup, mais la teneur et la portée générales de la Parole de Dieu, surtout du Nouveau Testament, sont plus significatives encore que des textes directs et isolés. Il me semble que nul ne peut étudier le Nouveau Testament avec désintéressement et sang-froid sans parvenir à cette conclusion : c’est un principe fondamental, qui sous-tend l’ensemble, que sa lumière et sa grâce sont expansives ; c’est-à-dire que Dieu n’a, en aucun cas, donné sa lumière, sa vérité et sa grâce à une âme individuelle sans tenir cette âme responsable de communiquer cette lumière et cette grâce à d’autres. Le christianisme véritable est, dans sa nature et son essence mêmes, conquérant. Ce principe nous est pleinement montré et illustré dans les Paraboles de Jésus-Christ. Si vous les étudiez, vous découvrirez qu’il ne nous a rien donné pour notre seul usage, mais que nous détenons et possédons chaque talent qu’il nous a confié pour le bien d’autrui et pour le salut de l’homme. Si je le comprends bien, je dis que c’est là un principe fondamental du Nouveau Testament.
Comme ce principe s’est merveilleusement manifesté dans la vie des Apôtres et des premiers chrétiens ! Comme ils semblaient d’une totale indifférence à toute chose comparée à celle-ci — c’était partout pour eux la chose première ! Comme Paul, dès le seuil, ne comptait rien d’autre pour rien, mais renonçait volontiers, joyeusement, à toute autre considération pour vivre en vue de cela ; et comme il parle d’autres Apôtres et compagnons d’œuvre dans l’Évangile qui avaient été tout près de la mort et avaient exposé leur tête pour l’œuvre ; et nous savons comment il voyagea, travailla, pria, pleura, souffrit, saigna et mourut pour cette unique fin. Et de même pour les premiers chrétiens qui, dispersés par les persécutions, allaient partout prêchant la Parole ; combien ils étaient fervents et zélés, même après l’âge apostolique, l’histoire ecclésiastique nous l’apprend — comment ils se glissaient partout ; comment ils faisaient des convertis et gagnaient de vrais disciples, prêts au renoncement, jusque dans les cours des rois ; comment on ne pouvait les tenir dehors, ni les réduire, ni les entraver, ni les faire taire. « Ces chrétiens sont partout », disait l’un de leurs plus âpres persécuteurs. Oui, ils étaient là à temps et à contretemps ; ils gagnaient hommes et femmes de toutes parts, au dépit et à l’agacement de ceux qui les haïssaient. Comme leur Maître, ils ne pouvaient être cachés ; ils ne pouvaient être réprimés ; tant était conquérant, tant était pressant l’esprit qui les inspirait et les poussait en avant.
Cela devient pour moi chaque jour une énigme plus grande, au contact des âmes, de voir comment les gens lisent leur Bible ! Ils ne semblent pas comprendre ce qu’ils lisent. Un Philippe ou un ange pourrait bien venir à eux et dire : « Comprends-tu ce que tu lis ? » Oh ! amis, étudiez votre Nouveau Testament sur cette question, et vous serez épouvantés de découvrir à quel point terrible vous êtes le gardien de votre frère — à quel point terrible et alarmant Dieu vous tient responsables du salut de ceux qui vous entourent.
Je veux jeter un regard, PREMIÈREMENT, sur notre appel à travailler pour Dieu ; et, DEUXIÈMEMENT, sur deux ou trois qualifications indispensables à un labeur fructueux.
Et, premièrement, comme je viens de le dire, nous sommes appelés par la Parole, non seulement dans ces passages directs, mais par le principe sous-jacent qui la parcourt tout entière et fait peser sur nous l’obligation de sauver les hommes. En fait, le monde nous est confié : nous sommes les seuls qui PUISSIONS sauver ceux qui ne sont pas convertis.
Oh ! je voudrais faire pénétrer pleinement cette pensée dans vos esprits. Elle a été, peut-être, l’une des plus puissantes, à l’égard du peu de service que j’ai pu rendre dans la vigne — la pensée que Jésus-Christ n’a personne d’autre pour le représenter ici que nous, chrétiens, son peuple véritable : personne d’autre pour travailler pour lui. Ces pauvres gens du monde, qui sont dans les ténèbres et l’ignorance, n’ont personne d’autre pour leur montrer le chemin de la miséricorde. Si nous n’allons pas à eux avec une ardeur aimante et la résolution de les arracher à l’étreinte du grand ennemi ; si nous ne lions pas, par la puissance du Saint-Esprit, l’homme fort pour lui prendre ses biens, qui le fera ? Dieu l’a remis entre nos mains. Je dis que c’est là une considération alarmante et terrible.
Deuxièmement, nous sommes appelés par l’Esprit. La toute première aspiration, comme je le disais l’autre soir, d’une âme nouvellement née est celle d’une autre âme. La toute première parole, après le premier élan de louange à Dieu pour la délivrance de la servitude du péché et de la mort, est une prière haletante vers le trône pour quelque autre âme encore dans les ténèbres. Et n’est-ce pas là le fruit légitime de l’Esprit ? N’est-ce pas ce que nous devrions attendre ? Je prends à témoin quiconque ici a été véritablement sauvé, qu’il dise si les premiers épanchements de son âme, après sa propre délivrance, n’ont pas été pour quelqu’un d’autre — père, mère, enfant, frère, sœur, ami ? Oh ! oui, certains d’entre vous ne pouvaient trouver le sommeil avant d’avoir écrit à un parent éloigné et répandu leur âme en désirs anxieux pour son salut ; vous ne pouviez prendre la nourriture nécessaire avant d’avoir parlé ou écrit à quelqu’un dont l’âme vous tenait profondément à cœur. L’Esprit se mit aussitôt à vous presser de chercher des âmes ; et de même il est souvent le dernier cri de l’Esprit dans l’âme du croyant avant qu’elle ne quitte le corps. Vous vous êtes assis au chevet de maint saint mourant : quelle a été sa dernière prière ? A-t-elle porté sur soi, sur l’argent, la famille, les circonstances ? Oh ! ces choses sont désormais toutes laissées derrière, et le dernier souci exprimé a été pour quelque âme prodigue hors du royaume de Dieu. Quand la lumière de l’éternité vient inonder l’âme, et que ses yeux s’ouvrent tout grands à la valeur des âmes, elle n’entend ni ne voit rien d’autre ! Elle passe du temps dans l’éternité, priant comme le Rédempteur l’a fait, pour les âmes qu’elle laisse derrière elle. Telle est la première et la dernière parole de l’Esprit dans l’âme du croyant sur la terre ; et oh ! si seulement les chrétiens étaient fidèles aux impulsions de ce bienheureux Esprit, ce serait l’élan dominant, le premier désir et le premier effort tout au long de la vie. Ce n’est pas la faute de Dieu s’il n’en est pas ainsi. Dans le travail personnel auprès des âmes, aucun point ne revient plus souvent que celui-ci : rien que ceux qui ont été véritablement convertis et sont devenus rétrogrades de cœur ne confessent et ne déplorent plus souvent que leur infidélité aux avertissements de l’Esprit à l’égard des autres âmes. En fait, la rétrogradation commence ici dans des milliers de cas. Satan amène les gens à céder à des considérations d’aise, de convenance, de moment mal choisi, de manque de sagesse, et ainsi de suite ; et ils perdent des occasions de s’occuper des âmes, et ainsi l’Esprit est attristé, encore attristé. Oh ! combien de gens m’ont confessé cela.
Un monsieur, d’un âge avancé, dit : « Quand j’étais jeune homme, et dans mon premier amour, le zèle de la maison du Seigneur me dévorait tellement que je négligeais mes affaires quotidiennes et pouvais à peine dormir la nuit ; mais, hélas, c’était il y a bien des années. » « N’étiez-vous pas dans un meilleur état alors que maintenant ? » demandai-je ; et les larmes montèrent à ses yeux. Oh, oui ! Le Seigneur dit de lui : « Je me souviens de ton amour lorsque tu étais jeune, de ton affection lorsque tu étais fiancée, quand tu me suivais au désert, dans une terre inculte ; Israël était consacré à l’Éternel, il était les prémices de son revenu. » Et, hélas ! il y en a beaucoup de tels aujourd’hui. Ils ont tout à recommencer ; ils doivent se repentir et pratiquer leurs premières œuvres ; ils doivent revenir et être pardonnés, lavés et sauvés, s’ils veulent entrer dans le royaume d’en haut, tout cela faute d’avoir obéi systématiquement et résolument aux pressantes sollicitations du Saint-Esprit envers leurs semblables.
Or, vous avez, certains d’entre vous, entendu, ces derniers dimanches, parler d’attrister l’Esprit, et d’être remplis de l’Esprit ; et quelques-uns d’entre vous sont embarrassés de savoir comment ils doivent attendre — s’ils doivent poursuivre leurs occupations légitimes et attendre. Je dis : Mes amis, je pourrais fort bien justifier la position que j’ai prise dimanche dernier, mais je ne m’y arrêterai pas, car je ne me soucie guère des détails accessoires ; mais notez-le bien, voici le grand point — vous devez attendre de telle sorte, où que ce soit, tellement supplier, lutter et croire, QUE VOUS L’OBTENIEZ. Alors peu m’importe que ce soit à Jérusalem, dans la chambre haute, ou en tout autre lieu — seulement, obtenez-le. Ne perdons pas la substance à ergoter sur la manière. Attendez de la façon qui convient à votre situation présente ; mais, oh ! attendez jusqu’à ce que vous l’obteniez, car c’est là la vie de vos âmes, et la vie de bien des âmes, peut-être, outre la vôtre. Il vous faut cet esprit — l’esprit qui se languit pour les âmes de vos semblables ; qui pleure sur elles lorsque vous les regardez dans leur péché, leur folie et leur misère ; l’esprit qui ne peut se satisfaire de vos propres jouissances ni du sentiment que vous êtes en sûreté, ni même que vos enfants sont en sûreté ; mais qui se languit pour toute âme vivante tant qu’il en reste une seule non sauvée, et ne peut jamais reposer satisfait tant qu’elle n’est pas amenée dans le royaume.
Telles sont les pressantes sollicitations de l’Esprit ; et si seulement les gens leur étaient obéissants, ils ne perdraient jamais ces sollicitations. Quelle anomalie, vraiment ! Cela paraît-il raisonnable, ou conforme aux voies de Dieu, que des gens commencent si forts — comme le vieil homme se sentait dans sa jeunesse — et, au lieu de croître en force et de voir ce saint zèle et ce désir s’accroître, deviennent de plus en plus faibles, de moins en moins ardents ? Cela ressemble-t-il à la manière d’agir de Dieu ? Oh, non ! Cette éclipse vient de ce qu’on attriste et qu’on éteint l’Esprit.
Or, mon ami, vous êtes appelé par l’Esprit à cette œuvre. Obéissez à l’appel — FAITES-LE. Peu importe si cela vous étouffe — faites-le. Dites : « Mieux vaut mourir dans l’obéissance que vivre dans la désobéissance. » Oh ! ces éternels goûts et dégoûts. « Je n’aime pas parler à cette personne. » « Il me déplaît tant d’écrire cette lettre. » Oh ! vous ne savez pas quelles pourraient en être les conséquences. Peu importe les conséquences — faites-le. Dieu se tiendra entre vous et les conséquences ; et, s’il vous laisse souffrir, peu importe — alors souffrez ; mais obéissez à la voix de l’Esprit. Des milliers d’âmes auraient été sauvées si tous ceux qui ont eu ces pressantes sollicitations leur avaient obéi. Dites-moi, d’où viennent ces sollicitations ? Viennent-elles de vos propres cœurs mauvais ? Alors vous valez mieux que l’Apôtre. Séparés de l’Esprit qui habite en vous, et désunis d’avec Christ, votre Chef vivant, vous êtes égoïstes, diaboliques. D’où viennent donc ces sollicitations ? Viennent-elles du Diable ? Satan serait alors vraiment divisé contre lui-même. D’où viennent-elles ? C’est l’Esprit du Dieu vivant qui vous presse de sortir et de chercher à sauver ceux qui sont perdus. Obéirez-vous à ces sollicitations ? Renoncerez-vous à vos raisonnements ? Renoncerez-vous à vos goûts et à vos dégoûts, et OBÉIREZ-vous ? Si vous le voulez, alors il viendra à vous de plus en plus, jusqu’à ce que, comme David, vous sentiez que les intérêts de son royaume vous sont plus chers que le manger ou le boire, que l’argent ou l’or. Bien plus, vous deviendrez semblable à celui qui a dit : « Le zèle de ta maison me dévore. »
Mais, de plus, nous sommes appelés à cette œuvre par ce qu’il a fait pour nous. Et qu’est-ce que cela ? Oh ! direz-vous, je ne saurais le dire. Non, non ; il nous faudra d’abord arriver à la maison, et alors nous ne pourrons jamais le dire. Jamais nous ne pourrons faire ce compte, pas même pour la satisfaction des anges. Cela restera à jamais une quantité inexplorée, ce qu’il a fait pour nous ! Il nous faudra découvrir ce qu’il en aurait été d’être perdus ! et ce que c’est que d’être sauvés dans toute sa plénitude et son éternité, avant de pouvoir dire ce qu’il a fait pour nous !
Qu’a-t-il fait pour nous ? Oh ! si nous avions une dîme de l’amour pour les pécheurs qu’il a eu pour nous, de sa patience longanime, de son effort persévérant, lorsqu’il nous suivait jour et nuit, raisonnait et raisonnait encore avec nous, nous courtisait et nous attirait, que ne pourrions-nous faire ?
Je me souviens d’avoir lu, quelque part, l’histoire d’un noble qui était (je crois) un rétrograde. Il s’était arrêté dans quelque auberge de campagne, et il monta dans une chambre où, au-dessus de la cheminée, se trouvait un très beau tableau de la crucifixion, d’un bon vieux maître, et au-dessous était écrit : « J’ai souffert cela pour toi — qu’as-tu fait pour moi ? » Cette question alla droit au cœur. Elle frappa profond. Il pensa — Oui, qu’ai-je fait, en effet ? Il sortit vers les écuries, vers ses chevaux, pour tâcher de se défaire de cette impression pénible, mais il ne pouvait l’oublier. Une voix douce et pathétique semblait le suivre : « J’ai souffert cela pour toi, qu’as-tu fait pour moi ? » Enfin elle le brisa, et il tomba à genoux. Il dit : « C’est vrai, Seigneur, je n’ai jamais rien fait pour toi, mais maintenant je me donne, moi et tout ce que j’ai, à toi, pour être employé tout entier à ton service. »
Et n’avez-vous jamais entendu cette voix dans votre âme, tandis que vous étiez agenouillé au pied de la Croix ? Avez-vous jamais contemplé cet illustre souffrant, et entendu sa voix, tandis que vous jetiez un regard sur votre passé misérable ? Qu’as-tu fait pour moi ?
Or, il y a eu, pour le moins, quelque chose comme 350 personnes qui se sont avancées, jusqu’ici, dans ces réunions, professant se donner à nouveau et pleinement à Jésus. Je suis sûre que, dans l’ensemble, elles ont été sincères. Elles sont venues chercher le témoignage de l’Esprit à leur adoption, et la puissance pour le service. Or, amis, je veux savoir à quoi cela va aboutir — quelle en sera la fin ?
Qu’allez-vous faire ?
Et vous aussi, ma sœur. Cela va-t-il s’éteindre en sentiment ? Cela va-t-il s’évaporer en soupirs et en souhaits, et finir en « JE NE PEUX PAS » ? À Dieu ne plaise ! Qu’allez-vous FAIRE ? Qu’AVEZ-vous fait pour lui la semaine dernière ? Interrogez-vous. Vous dites : « Eh bien, j’ai lu davantage ma Bible. » Fort bien, autant que cela va. Pourquoi l’avez-vous lue ? « Eh bien, dites-vous, pour connaître la volonté du Seigneur, et pour recevoir instruction et consolation. » Oui, précisément, mais tout cela est pour vous-même, voyez-vous. « J’ai beaucoup prié. » Fort bien. Je voudrais que tout le monde priât. Les Apôtres disent que tous les hommes, en tout lieu, doivent prier. Pour quoi ? « J’ai demandé de grandes choses au Seigneur. » Fort bien, loué soit le Seigneur ; mais celles-là sont pour vous-même, principalement. Si vous avez été conduit à une supplication agonisante pour des âmes, remerciez-en Dieu, et continuez, comme dit l’Apôtre, « veillant à cela avec une entière persévérance », « priant par le Saint-Esprit » ; mais si ce n’a été que prier pour obtenir tout ce que vous pouvez pour vous-même, quel profit en revient-il au Seigneur ? Mais vous dites : « J’élève ma famille. » Précisément ; les gens du monde autour de vous en font autant, mais dans quel but ? Pour Dieu ou pour vous-même ? Oh ! considérons ces choses, amis. Je crains qu’une grande part de la religion ne soit qu’un simple transfert de l’égoïsme du cœur humain, du monde à la religion. Je crains qu’une grande part de la religion de nos jours n’aboutisse à prendre tout ce qu’on peut et à faire aussi peu qu’on peut — comme certains de vos serviteurs. Vous connaissez le genre : ceux qui n’en font pas plus qu’on ne les y force — juste s’acquitter, parce qu’ils sont gagés. Il y a beaucoup de ce genre de service de nos jours, tant envers l’homme qu’envers Dieu.
Or, amis, qu’avez-vous fait pour lui — pour l’avancement de ses desseins bénis, glorieux et salvateurs dans le monde ? À quoi avez-vous renoncé pour l’amour de son royaume ? Quel labeur avez-vous accompli de l’esprit, du cerveau ou du cœur ? Combien de lettres avez-vous écrites ? À combien de personnes avez-vous parlé ? Combien de visites avez-vous faites ? Quel labeur de renoncement avez-vous accompli pour celui qui a fait (comme vous le dites) tant pour vous ? Qu’avez-vous souffert pour lui ? Avez-vous tâché, dans quelque petite mesure, de compléter ce qui manque encore à la mesure de ses souffrances « pour son corps, qui est l’Église » ? Avez-vous porté les péchés et les douleurs d’un monde coupable sur votre cœur devant Dieu, le suppliant, pour l’amour de son propre nom, de répandre son Esprit sur les multitudes impies au-dehors, et de vivifier les professants à demi endormis au-dedans ? Vous êtes-vous exposé à l’opprobre et au mépris — non seulement du monde, mais des professants tièdes et des pharisiens — portant la Croix, endurant la honte de reproches malveillants, en vivant et en luttant pour les sauver ? Oh, qu’avez-vous fait, frère et sœur ?
Venez, maintenant, amis, je veux un résultat pratique. Il a souffert cela pour vous. Il est là-haut, intercédant pour vous. Cinq plaies saignantes, il les porte sans cesse en présence de son Père pour vous. S’il vous oubliait un seul instant, ou cessait son intercession, qu’arriverait-il ? Que faites-vous pour lui ? Il vous a laissé un exemple, afin que vous suiviez ses traces. Quelles étaient-elles ? Elles étaient marquées de sang ; c’étaient des pas d’humiliation. C’étaient des pas méprisés par le monde. Il fut ignoré, calomnié et rejeté des hommes. Il n’avait pas où reposer sa tête. Il portait dans son corps et dans son âme les douleurs et les souffrances de toute notre race. Il était un homme de douleur — non de la sienne propre. Il n’avait aucune raison d’être triste. Il était le bien-aimé du Père, et il le savait, mais il était un homme de douleur, habitué à la souffrance. Les douleurs de ce pauvre monde perdu, à demi damné, il les portait, et elles étaient parfois si intolérables qu’elles pressaient le sang hors de ses veines. Avez-vous marché sur ses traces, dans quelque mesure ? Il n’a pas vécu pour lui-même. Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et il a pris une forme de serviteur. Que faites-vous ? Oh ! mes amis, debout, debout, et à l’œuvre. Commencez, si vous n’avez pas commencé — commencez aujourd’hui. Demandez-lui de vous baptiser de son Esprit, et de vous laisser commencer aussitôt à le suivre dans la régénération de l’Esprit. Vous êtes appelés par ce qu’il a fait pour vous !
Ensuite, vous êtes appelés par les besoins du monde. J’en ai tant dit à d’autres moments que je n’en dirai pas davantage maintenant, sinon qu’il me semble que c’est là un thème qui n’est jamais épuisé, et ne le sera jamais tant qu’il restera des pécheurs à sauver. Oh ! les besoins du monde ! Pour moi, c’est une pensée écrasante, prodigieuse, qu’il ait versé son sang pour chaque âme d’homme, et que, tandis qu’il était suspendu là, il ait vu, sous toute la souillure, le péché et la ruine de la Chute, l’âme humaine créée à l’origine à sa propre image, et capable d’un développement et d’un progrès infinis et éternels. L’âme à secourir, laver, racheter, sauver, sanctifier et glorifier — il a vu ce joyau glorieux, et il s’est donné LUI-MÊME pour elle. Regardez ces âmes. Il n’en est pas une seule si vile, si basse, si abjecte, qu’elle ne puisse être secourue par la puissance de son Esprit, et par son Évangile vivant et glorieux appliqué à elle. Le Sauveur, citant les Prophètes, dit : « Vous êtes des dieux » (et il ajoute) « l’Écriture ne peut être anéantie ». Il n’avait pas de la valeur des âmes humaines une estime aussi mesquine, aussi vile, aussi insignifiante qu’en ont certaines gens de nos jours, qui vouent des générations entières à l’enfer sans la moindre entraille de miséricorde ni de compassion. Oh ! que le Seigneur nous remplisse de la pitié de Jésus-Christ qui, voyant les foules, pleura sur elles. Oh ! amis, pensez à une seule de ces âmes ! Qu’est-ce que votre or, vos maisons ou vos terres — que votre respectabilité, que votre réputation, que tous les prix de ce monde ? Nous en parlons, mais qui le réalise — qui, QUI ? — la valeur d’une seule âme précieuse et immortelle, sauvée, rachetée, sanctifiée ? Oh, les besoins du monde ! Ils meurent, ILS MEURENT ! Quand les gens viennent à moi avec leurs objections difficiles, je dis : « Mon ami, tout ce que je sais, c’est que des âmes meurent, meurent. »
Si vos foyers étaient décimés par le choléra, vous ne seriez pas très regardants sur les moyens employés pour l’enrayer, et si quelqu’un venait objecter à la rudesse de vos mesures, vous diriez : « les gens meurent, ils meurent », et ce serait la fin de tout argument. Je dis qu’ils meurent, et qu’ils DOIVENT être sauvés. Satan s’en empare : je veux que Dieu les ait. Jésus-Christ les a rachetés. Il a été la victime expiatoire pour les péchés du monde entier. Ils lui appartiennent, et il aura chacun de ceux que je puis atteindre, et chacun de ceux que je puis inspirer à d’autres d’atteindre aussi.
Le monde se meurt. Le croyez-vous ? Vous êtes appelés par les besoins du monde. Commencez au plus près de chez vous, si vous voulez, à toute force ; j’ai peu de foi dans les ministères de ces gens qui courent au loin après les autres, tandis que les leurs périssent à leur propre foyer. Commencez chez vous, mais n’y finissez pas. « Oh ! oui, disent les gens, commencez chez vous » ; mais ils y finissent ; on n’entend jamais parler d’eux ailleurs, et cela revient à bien peu, après tout, ce qu’ils font chez eux. Dieu a ordonné que les deux aillent ensemble. Faites-les sauver à toute force, mais faites sauver aussi quelqu’un d’autre. Mettez-vous à l’œuvre pour Dieu. Allez à lui pour lui demander comment le faire. Allez à lui pour l’équipement de la puissance, et puis commencez. Peu importe combien vous tremblez. J’ose dire que votre tremblement fera plus de bien que si vous étiez des plus hardis. Peu importe les larmes. Je voudrais que les chrétiens pleurent l’Évangile jusqu’au fond des gens ; il irait souvent plus profond qu’il ne va. Peu importe si vous bégayez. Ils vous croiront quand cela viendra du cœur. Ils diront : « Il m’a parlé tout naturellement », comme un homme le disait, il y a quelque temps — s’étonnant qu’on lui parlât de religion d’une manière naturelle ; mais notez-le bien, pas de sentiment feint, car ils le détecteront en une minute. Allez au cabinet secret jusqu’à ce que vous soyez rempli de l’Esprit, et puis allez le répandre sur eux.
Finney dit : « Je suis allé et j’ai répandu mon cœur sur les gens. » Remplissez votre cœur de l’eau vive, puis ouvrez les vannes et laissez-la s’écouler. Regardez-les en face, prenez-les affectueusement par la main et dites : « Mon ami, vous êtes en train de mourir, vous allez à la mort éternelle. Si personne ne vous l’a jamais dit jusqu’à présent — je suis venue vous le dire. Mon ami, vous avez une âme précieuse. Est-elle sauvée ? » Cela, ils peuvent le comprendre ! non pas en commençant par des détours, mais en leur parlant tout droit : « Pensez-vous jamais à votre âme précieuse ? Est-elle sauvée ? Vos péchés sont-ils pardonnés ? Êtes-vous prêt à mourir ? » Vos riches voisins, vos servantes et vos palefreniers, tous peuvent comprendre cela.
Une dame dit à ma fille : « J’ai commencé à parler aux gens de leur âme d’une tout autre manière que je ne le faisais. Je commence par leur demander s’ils ne savent pas qu’ils sont pécheurs et s’ils sont prêts à mourir, et cela produit un tout autre effet. » Pour une raison : elle a son propre cœur rempli de l’Amour et de l’Esprit de Dieu, et cela grave ses paroles au fer. Commencez de cette manière et voyez ce que Dieu fera par vous, car, bien entendu, je ne vous reconnais que comme l’instrument qu’il a choisi, et ceux qui jettent le blâme sur l’instrument le jettent sur sa sagesse. Allez et mettez la main à la charrue, et il vous donnera la force de la pousser en avant.
Que le Seigneur vous aide à rentrer chez vous en pensant aux besoins du monde, et le prochain sabbat nous considérerons les qualifications pour le labeur.
Domaine public. Texte source de l’édition originale.