Texte
Marc 16:15
En bref
Lisez le livre des Actes sans rien savoir de ce qui a suivi, dit Booth, et vous vous attendriez à voir le monde conquis depuis longtemps — alors pourquoi, après dix-neuf cents ans, ceci ? Sa réponse n'est pas de meilleurs rouages, mais un baptême d'amour : une Église prête à être raillée dans les rues, et qui tient cela pour la seule dignité qui vaille la peine d'être possédée.
JE songeais, tandis que je lisais la leçon, que, à supposer que nous puissions effacer de notre esprit toute connaissance de l'histoire du christianisme depuis le temps de ce Service d'Inauguration — depuis ce Baptême de la Pentecôte — ou, du moins, depuis la fin de la période décrite dans les Actes des Apôtres ; à supposer que nous puissions détacher de notre esprit toute connaissance de l'histoire du christianisme depuis lors, et prendre les Actes des Apôtres, nous asseoir et calculer ce qui devait vraisemblablement arriver dans le monde, quels résultats tout différents nous aurions escomptés, quel monde tout autre nous aurions attendu comme fruit de tout cela. Un système qui commença sous de tels auspices, avec de telles prétentions et de telles professions de la part de son Auteur (pour parler à la manière des hommes), et produisant, comme il le fit, dès le premier siècle de son existence, des résultats si gigantesques et si considérables. Nous aurions dit, si nous ne savions rien de ce qui s'est interposé depuis ce temps-là jusqu'à celui-ci, que, sans nul doute, le monde où cette guerre s'engagea, et pour lequel elle fut organisée, aurait depuis longtemps été soumis à l'influence de ce système, et amené sous la puissance de son grand initiateur et fondateur ! Je le dis : à lire ces Actes, à observer l'esprit qui animait les premiers disciples, et la manière dont tout tombait devant eux, nous aurions escompté que des résultats dix mille fois plus grands eussent suivi ; et, à mon jugement, cette attente eût été parfaitement rationnelle et juste.
Nous, chrétiens, nous prétendons posséder, dans l'Évangile du Christ, un levier puissant qui, rectement et universellement appliqué, soulèverait le fardeau entier du péché et de la misère de dessus les épaules, c'est-à-dire de dessus les âmes, de nos semblables — une panacée, croyons-nous, pour tous les maux moraux et spirituels de l'humanité ; et en guérissant leurs plaies spirituelles nous ferions beaucoup pour guérir aussi leurs plaies physiques. Nous professons tous croire cela. Les chrétiens ont professé croire cela depuis des générations révolues, depuis le temps même dont nous venons de lire le récit, et pourtant regardez le monde, regardez l'Angleterre soi-disant chrétienne, en cette fin du dix-neuvième siècle ! La grande majorité de la nation ignore Dieu absolument, et ne fait pas même semblant de se souvenir de Lui un jour de la semaine. Et puis regardez le reste du monde. Je me suis fréquemment tellement attristée devant ce spectacle des choses que j'ai senti mon cœur se briser. Je ne sais comment se sentent les autres chrétiens, mais je puis dire en vérité que « des ruisseaux d'eau coulent souvent de mes yeux, parce que les hommes ne gardent point Sa loi », et parce qu'il me semble que cette dispensation, comparée à ce que Dieu voulait qu'elle fût, a été, et est encore, un aussi grand échec que celle qui l'a précédée.
Or, je le demande, comment cela se fait-il ? Je ne crois pas un seul instant que cela soit conforme au dessein de Dieu. Certaines gens ont une manière fort commode de se cacher derrière les desseins de Dieu, et de dire : ‹ Oh ! Il fera bien Sa propre volonté. › Je voudrais qu'Il la fît ! Ils disent : ‹ Vous savez que la volonté de Dieu s'accomplit malgré tout. › Je voudrais qu'il en fût ainsi ! Lui dit qu'elle ne s'accomplit pas, et Il déplore maintes et maintes fois le fait qu'elle ne s'accomplit pas. Il veut qu'elle s'accomplisse, mais elle NE S'ACCOMPLIT PAS ! Il ne sert à rien de se lever et d'énoncer des théories qui contredisent les choses telles qu'elles sont. Il y a eu beaucoup trop de cela, et cela a produit un très mauvais effet. Le monde est dans cet état, et voici un système lancé sous de tels auspices, avec de tels desseins, avec de telles promesses et de telles perspectives, et pourtant près de dix-neuf cents ans se sont écoulés et nous voici. Comme il a été peu fait, comparativement. Quelle petite modification a été opérée dans les habitudes et les dispositions du genre humain.
Mais quelques-uns d'entre vous diront : ‹ Eh bien, mais il a été fait tout de même beaucoup de choses. › Grâces en soient rendues à Dieu. Il serait triste que rien n'eût été fait ; mais cela ressemble à une goutte dans l'océan, comparé à ce qui aurait dû être fait. Or je ne puis accepter aucune théorie qui rejaillisse à ce point sur l'amour et la bonté de Dieu, jusqu'à Lui faire porter le blâme de cet affaiblissement du christianisme ; et, autant que mon influence s'étend, je ne permettrai pas que la responsabilité et le blâme de tout cela soient rejetés sur Dieu, qui a tant aimé le monde qu'Il a livré Son Fils unique à l'ignominie et à la mort afin de le racheter. Je ne le crois pas un seul instant. Je crois que le vieil archi-ennemi a fait dans cette dispensation ce qu'il fit dans les précédentes — il a si bien déjoué les desseins de Dieu qu'il a réussi à amener cet état de choses — à retarder l'accomplissement des desseins de Dieu et à maintenir le monde ainsi, en grande partie sous sa propre puissance et son influence ; et je crois qu'il a réussi à faire cela, comme il a toujours réussi auparavant, en TROMPANT LE PROPRE PEUPLE DE DIEU. Il a toujours agi ainsi. Il a toujours dressé une caricature de la chose véritable de Dieu, et plus il peut la rendre semblable à l'original, plus il a de succès. Il a réussi à tromper le peuple de Dieu : — Premièrement : — QUANT AU NIVEAU DE LEUR PROPRE VIE RELIGIEUSE.
Et, Deuxièmement, il a réussi à les tromper QUANT À LEURS DEVOIRS ET À LEURS OBLIGATIONS ENVERS LE MONDE.
Il a réussi, premièrement, à les tromper quant au niveau de leur propre vie religieuse. Il a amené l'Église, presque tout entière, à recevoir ce que j'appelle une religion du ‹ Oh ! misérable que je suis ! › Il les a amenés à abaisser le niveau que Jésus-Christ lui-même a établi dans ce Livre — un niveau non seulement à viser, mais à atteindre — un niveau de victoire sur le péché, le monde, la chair et le Diable : un christianisme réel, vivant, régnant, triomphant ! Satan connaissait le secret du grand succès de ces premiers disciples. C'était leur dévouement de tout leur cœur, leur amour absorbant pour le Christ, leur renoncement total au monde. C'était leur absorption entière dans le salut de leurs semblables et la gloire de leur Dieu. C'était une religion enthousiaste qui les engloutissait, et les rendait prêts à devenir des errants et des vagabonds sur la face de la terre — pour l'amour de Lui, à habiter dans les tanières et les cavernes, à être déchirés en pièces, et à être persécutés sous toutes les formes.
Ce fut ce degré de dévouement devant lequel Satan vit qu'il n'avait aucune chance. Des gens comme ceux-là, il le savait, devaient à la fin subjuguer le monde. Il n'est pas dans la nature humaine de tenir devant ce genre d'esprit, devant cette mesure d'amour et de zèle ; et si les chrétiens avaient seulement continué comme ils avaient commencé, il y a longtemps que la glorieuse prophétie se serait accomplie : « les royaumes de ce monde » seraient « devenus les royaumes de notre Seigneur et de Son Christ. »
C'est pourquoi l'archi-ennemi dit : ‹ Que dois-je faire ? Je serai vaincu, après tout. Je perdrai ma suprématie comme dieu de ce monde. Que ferai-je ? › Inutile d'introduire un gigantesque système d'erreur, que tout le monde verra bien être une erreur. Oh ! non certes ! Cela n'a jamais été la manière de Satan ; mais son plan a été de mettre la main sur un homme de bien, çà et là, qui se glisserait, comme le dit l'Apôtre, à l'improviste, et prêcherait une autre doctrine, et qui séduirait, s'il était possible, les élus eux-mêmes. Et il le fit. Il accomplit son dessein. Il abaissa graduellement le niveau de la vie et du caractère chrétiens ; et bien que, dans chaque réveil, Dieu l'ait relevé de nouveau dans une certaine mesure, nous ne sommes jamais revenus pleinement à la simplicité, à la pureté et au dévouement qui nous sont présentés dans ces Actes des Apôtres et dans les Épîtres. Et juste dans la mesure où l'on s'en est approché, à chaque époque, Satan a trouvé quelqu'un pour s'y opposer et pour montrer que c'était là un niveau trop élevé pour la nature humaine, tout à fait au-dessus de nous, et que, par conséquent, les chrétiens devaient s'asseoir et se contenter d'être des gens du ‹ Oh ! misérable que je suis ! › jusqu'à la fin de leurs jours. Il a mis l'Église dans un état qui fait que l'on a parfois positivement honte d'entendre parler des chrétiens de profession, et honte aussi que le monde les entende parler. Je ne m'étonne pas que des hommes réfléchis et intelligents soient rebutés par un christianisme pareil. Il m'aurait rebutée moi-même, si je n'avais connu la puissance de la piété. Je crois que cette sorte de christianisme a fait plus d'incrédules que tous les livres incrédules qui ont jamais été écrits.
Oui, Satan savait qu'il lui fallait faire descendre les chrétiens du haut pinacle de la consécration à Dieu de tout leur cœur. Il savait qu'il n'aurait aucune chance tant qu'il ne les aurait pas attirés en bas de ce bienheureux poste avantageux ; et ainsi il se mit à répandre ces fausses doctrines pour contrer lesquelles Jean écrivit ses épîtres ; car, avant de mourir, il vit ce qui venait, et le proclama à travers les âges : — « Petits enfants, que personne ne vous séduise : celui qui pratique la justice est juste, comme Lui est juste. Celui qui commet le péché est du diable ; car le diable pèche dès le commencement. C'est pour cela que le Fils de Dieu a été manifesté : afin qu'Il détruisît les œuvres du diable. » Que le Seigneur fasse revivre cette doctrine ! Aide-nous à relever de nouveau l'étendard !
Oh ! le grand mal, c'est que des gens au cœur malhonnête, parce qu'ils sentent qu'il les condamne, abaissent l'étendard au niveau de leur misérable expérience. J'ai dit, quand j'étais jeune, et je le répète dans mes années plus mûres, que, dût cela m'envoyer en enfer, jamais je ne l'abaisserais. Oh ! que le peuple de Dieu ressentît cela ! Voilà le glorieux étendard placé devant nous. La puissance est offerte, les conditions posées, et nous POUVONS tous l'atteindre si nous le voulons ; mais si nous ne le voulons pas — pour l'amour des enfants, et pour les générations encore à naître, ne le traînons pas en bas, et n'essayons pas de le faire correspondre à notre petite, à notre pauvre, à notre étroite expérience. TENONS-LE HAUT. C'est la manière d'amener le monde à le regarder. Montrez au monde une religion réelle, vivante, qui se sacrifie elle-même, qui travaille dur, qui peine et qui triomphe, et le monde en sera influencé ; mais tout ce qui reste en deçà de cela, ils se retourneront et cracheront dessus.
Deuxièmement : — Satan a trompé même ceux qu'il n'a pas réussi à amener à abaisser le niveau de leur propre vie, quant à leurs devoirs et à leurs obligations envers le monde. J'ai lu ces derniers temps le Nouveau Testament avec une attention particulière à l'esprit conquérant du christianisme primitif, et il est merveilleux de voir quels flots de lumière fondent sur vous lorsque vous lisez la Bible en vue de quelque sujet particulier sur lequel vous cherchez du secours. Quand Dieu voit que vous êtes haletants après la lumière, afin de vous en servir, Il la déverse sur vous. C'est une condition indispensable pour recevoir la lumière que d'être disposé à la suivre. Les gens disent qu'ils ne voient pas ceci ou cela ; non, parce qu'ils ne souhaitent pas voir. Ils ne sont pas disposés à marcher dedans, et, par conséquent, ils ne l'obtiennent pas ; mais ceux qui sont disposés à obéir auront toute la lumière qu'ils désirent.
Il me semble que nous restons infiniment en deçà de toute idée juste et rationnelle de l'esprit conquérant des saints du Nouveau Testament. Satan a amené les chrétiens à accepter ce que je puis appeler une manière mièvre, une manière en gants blancs, de présenter l'Évangile aux gens.
‹ Voudront-ils avoir la bonté de lire ce traité ou ce livre ? ou n'aimeraient-ils pas entendre ce prédicateur populaire et éloquent ? Il leur plaira tout à fait indépendamment de la religion. › Voilà la sorte de manière à demi effrayée, timide, de présenter la vérité aux gens non convertis, et de leur parler du salut de leur âme. Il me semble que cela est absolument opposé et répugnant à l'esprit des premiers saints : « Allez, et prêchez l'Évangile à TOUTE CRÉATURE » ; et encore la même idée : — « vers qui maintenant je t'envoie. » Voyez ce qui est impliqué dans ces commissions. Il me semble qu'aucun peuple n'a encore sondé le sens de ces deux commissions divines. Je crois que nous, de l'Armée du Salut, nous nous en sommes approchés de plus près qu'aucun peuple qui nous ait jamais précédés. Regardez-les. Vous viendrait-il jamais à l'esprit que ce langage signifiât : « Allez et bâtissez des chapelles et des églises, et invitez les gens à y entrer, et s'ils ne veulent pas, laissez-les tranquilles » ? « ALLEZ. » Si vous envoyiez votre serviteur faire quelque chose pour vous, et lui disiez : ‹ Va et accomplis cette affaire pour moi ›, vous savez ce que cela impliquerait. Vous savez qu'il devrait voir certaines personnes, et courir par la ville à certains bureaux, à certaines banques et chez certains agents, ce qui comporte bien du dérangement et du sacrifice ; mais cela ne vous regarde pas. Il est votre serviteur. Il est employé par vous à faire cette affaire, et vous le chargez simplement d'‹ aller et de la faire ›. Que penseriez-vous s'il allait prendre un bureau et envoyer une quantité de circulaires invitant vos clients à venir attendre son bon plaisir, et, quand ils choisiraient de venir, à leur exposer seulement votre affaire ? Non, vous diriez : ‹ Ridicule. › En dépouillant notre esprit de toutes les conventions et de tous les traditionalismes, que signifierait ce langage ? « Allez ! » Vers qui ? « Vers toute créature. » Où dois-je les atteindre ? LÀ OÙ ELLES SONT. « Toute créature. » Voilà l'étendue de votre commission. Cherchez-les ; courez après elles, partout où vous pouvez les atteindre. « Toute créature » — partout où vous trouvez une créature qui a une âme, là allez et prêchez-lui Mon Évangile. Si je le comprends bien, tel est le sens et l'esprit de la commission.
Et puis encore, à Paul Il dit : « vers qui maintenant je t'envoie, pour ouvrir leurs yeux, et pour les tourner des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu. » Ils dorment — allez et réveillez-les. Ils ne voient pas leur danger. S'ils le voyaient, il ne serait pas nécessaire que vous courussiez après eux. Ils sont préoccupés. Ouvrez leurs yeux, et retournez-les par votre ardeur désespérée, par votre persuasion morale et votre force morale ; oh ! cela me fait trembler de penser combien un homme peut faire pour un autre ! « Tournez-les des ténèbres à la lumière, et de la puissance de Satan à Dieu. » Comment Paul le comprit-il ? Il dit : « nous persuadons les hommes. » Ne vous contentez pas de la leur présenter seulement, en leur adressant de douces invitations, puis en les laissant tranquilles. Il courut après eux, ces pauvres âmes, et les arracha du feu. Ôtez le bandeau de leurs yeux, que Satan a lié autour d'eux ; frappez, martelez, et brûlez, avec le feu du Saint-Esprit, vos paroles dans leurs pauvres cœurs endurcis et enténébrés, jusqu'à ce qu'ils commencent à se rendre compte qu'ils sont EN DANGER ; qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Allez après eux. Si je le comprends bien, tel est l'esprit des Apôtres et des premiers chrétiens ; car nous lisons que, lorsqu'ils furent dispersés par la persécution, ils « allaient de tous côtés, annonçant la parole. » Les laïcs, les nouveaux convertis, les jeunes enfants en Christ. Cela ne veut pas toujours dire dans des discours arrêtés et des assemblées publiques ; mais ils allaient après les hommes et les femmes, comme l'ancien Israël — « chaque homme après son homme », pour tâcher de le gagner au Christ.
Certaines gens semblent penser que les Apôtres posèrent les fondements de toutes les Églises. Ils se trompent tout à fait. Des Églises surgirent là où les Apôtres n'avaient jamais été. Les Apôtres allaient les visiter et les organiser après qu'elles avaient surgi, comme résultat de l'œuvre des premiers laïcs, hommes et femmes, qui allaient de tous côtés annonçant la Parole. Oh ! puisse le Seigneur répandre sur nous, en ce jour, le même esprit ! Nous devons bâtir des églises et des chapelles ; nous devons y inviter les gens ; mais pensez-vous qu'il soit conforme à ces deux commissions, et à bien d'autres, que nous nous reposions dans cela, alors que les trois quarts de la population ignorent absolument nos invitations et ne prêtent aucune attention, quelle qu'elle soit, à nos édifices et à nos services ? Ils ne viendront pas à nous. C'est un fait établi. Que faut-il faire ? Ils ont des âmes. Vous professez de le croire autant que moi, et de croire qu'elles doivent vivre à jamais. Où vont-elles ? Que faut-il faire ? Jésus-Christ dit : ‹ Allez après eux. › Quand toutes les méthodes civiles ont échoué ; quand les invitations polies ont échoué ; quand un homme dit qu'il a épousé une femme, un autre qu'il a acheté une paire de bœufs, et un autre qu'il a acheté un champ — le Maître du festin dit-il alors : ‹ Les ingrats misérables, laissez-les tranquilles › ? « Non. » Il dit : « Allez dans les grands chemins et le long des haies, et contraignez-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie. » J'aurai des convives, et si vous ne pouvez les faire entrer par des mesures civiles, employez des mesures militaires. Allez et CONTRAIGNEZ-les d'entrer. Il me semble que nous avons besoin de davantage de cet esprit résolu et conquérant. Ceux d'entre vous qui êtes en règle avec Dieu cet après-midi — vous avez besoin de davantage de cet esprit pour imposer la vérité à l'attention de vos semblables.
Oh ! disent les gens, il faut être très prudent, très judicieux. Il ne faut pas enfoncer la religion dans la gorge des gens. Alors, dis-je, vous ne la ferez jamais descendre. Quoi ! Dois-je attendre qu'un homme non converti et sans Dieu veuille être sauvé avant que je tâche de le sauver ? Jamais il ne voudra être sauvé jusqu'à ce que le râle de la mort soit dans sa gorge. Quoi ! Dois-je laisser mes amis et mes connaissances non convertis dériver tranquillement vers la damnation, et ne jamais leur parler de leur âme, jusqu'à ce qu'ils disent : ‹ S'il vous plaît, je désire que vous me prêchiez › ? Cela ressemble-t-il en quoi que ce soit à l'esprit du christianisme des premiers temps ? Non. En vérité, il nous faut les faire regarder — arracher les bandeaux, ouvrir leurs yeux, les leur faire supporter ; et s'ils s'enfuient de vous en un lieu, allez à leur rencontre en un autre, et ne leur laissez aucun repos jusqu'à ce qu'ils se soumettent à Dieu et obtiennent le salut de leur âme. Voilà ce que le christianisme devrait être en train de faire dans ce pays, et il y a bien assez de chrétiens pour le faire. Mais oui, nous pourrions donner au monde une telle vie qu'il se ferait sauver par pure défense de lui-même, si seulement nous étions debout et à l'œuvre, et résolus à ce qu'il n'eût aucun repos dans ses péchés. Où est notre zèle pour le Seigneur ? Nous parlons des saints de l'Ancien Testament ; mais je voudrais que nous fussions tous comme David. Des ruisseaux d'eau coulaient de ses yeux, parce que les hommes ne gardaient point la Loi de son Dieu. Mais vous dites : ‹ Nous ne pouvons pas tous tenir des réunions. › Peut-être pas.
Allez comme il vous plaira. Allez aussi tranquillement et aussi doucement que la rosée du matin. Tenez des réunions comme les Amis, si vous le voulez. FAITES-LE SEULEMENT. Ne laissez pas vos parents, vos amis et vos connaissances mourir, et leur sang se trouver sur les pans de vos vêtements !!!
Jamais je n'oublierai l'angoisse peinte sur le visage d'une jeune dame qui vint un jour me voir. Mon cœur s'émut de pitié pour elle. Elle me raconta son histoire. Elle dit : ‹ J'avais un père orgueilleux et impie, et le Seigneur me convertit trois ans avant sa mort ; et, dès le jour même de ma conversion, je sentis que je devais lui parler, le supplier et prier avec lui au sujet de son âme, mais je ne pus rassembler assez de courage. Je ne cessais d'avoir l'intention de le faire, et l'intention de le faire, jusqu'à ce qu'il tombât malade. Ce fut une maladie soudaine et grave. Il perdit la raison, et mourut sans être sauvé ›, et elle dit : ‹ Je n'ai jamais souri depuis, et je crois que je ne sourirai plus jamais. › Ne soyez pas ainsi. Faites-le tranquillement, si vous voulez ; en privé, si vous voulez ; mais faites-le, et faites-le comme si vous sentiez le prix de leur âme, et comme si vous aviez l'intention de les sauver, si par quelque moyen possible en votre pouvoir cela pouvait se faire.
J'avais parlé dans une ville de l'ouest de l'Angleterre, sur le sujet de la responsabilité des chrétiens quant au salut des âmes. Le monsieur chez qui je logeais avait un peu tressailli sous la vérité, et, au lieu de la prendre à cœur dans l'amour, et d'en faire le moyen de le rapprocher de Dieu et de le rendre capable de mieux Le servir, il dit : ‹ J'ai trouvé que vous étiez plutôt dure envers nous ce matin. › Je dis : ‹ Vraiment ? Je serais bien fâchée d'être plus dure envers qui que ce soit que ne le serait le Seigneur Jésus-Christ. › Il dit : ‹ On peut pousser les choses à l'extrême, vous savez. Vous parliez de chercher les âmes et de faire des sacrifices. Or, vous n'ignorez pas que nous bâtissons les chapelles et les églises, et que nous payons les ministres ; et si les gens ne veulent pas être sauvés, nous n'y pouvons rien. › (Je crois qu'il avait donné assez largement pour une chapelle de la ville.) Je dis : ‹ C'est bien peu de cœur et bien ingrat de la part des gens, je l'accorde ; mais, mon cher monsieur, vous ne raisonneriez pas ainsi en aucune affaire temporelle. Supposez qu'une peste vînt à éclater à Londres, et supposez que le Conseil de Santé se réunît et affectât tous les hôpitaux et tous les édifices publics qu'il pourrait obtenir au traitement des malades, et supposez qu'il fît des proclamations pour dire que quiconque viendrait dans ces édifices y serait traité gratuitement, et que tout soin et toute bonté lui seraient prodigués, et, de plus, que le traitement le guérirait à coup sûr ; mais, à supposer que les gens fussent si aveugles à leur propre intérêt, si indifférents et si abrutis qu'ils refusassent de venir, et que, en conséquence, la peste augmentât et des milliers d'hommes mourussent, que diriez-vous, vous autres des provinces ? Diriez-vous : ‹ Eh bien, le Conseil de Santé a fait ce qu'il a pu, et si les gens ne veulent pas aller se faire guérir, ils méritent de périr ; laissez-les tranquilles › ? Non, vous diriez : ‹ C'est assurément bien insensé et bien méchant de la part des gens, mais ces hommes-là sont dans une position supérieure. Ils comprennent l'affaire. Ils connaissent les conséquences et en sont responsables. Que diable vont-ils faire ? Laisser tout le pays se dépeupler ! › Non ! Si les gens ne veulent pas venir à eux, il leur faut aller aux gens, et leur imposer de force les moyens de guérison, et insister pour que des mesures appropriées soient employées à l'extinction de la ‹ peste ›. › Il n'y eut pas besoin d'application. Il comprit, et je crois que, par l'Esprit de Dieu, il fut rendu capable de voir son erreur, de la prendre pour lui-même, et de se mettre à l'œuvre pour faire quelque chose en faveur des âmes qui périssent.
Les hommes sont préoccupés, et c'est à nous d'aller l'imposer de force à leur attention. Souvenez-vous : vous pouvez le faire. Il est une âme sur laquelle vous avez plus d'influence que toute autre personne sur la terre — une âme ou des âmes. Faites-vous tout ce que vous pouvez pour leur salut ? Vos parents, vos amis et vos connaissances sont à secourir. Grâces à Dieu ! nous secourons les pauvres gens par milliers, par tout le pays. Les voilà, à regarder, à qui parler, à interroger — des gens secourus des abîmes du péché, de la dégradation et du malheur — sauvés des pires formes du crime et de l'infamie ; et, s'Il peut faire cela, Il peut avoir aussi vos amis de bonne société, pourvu seulement que vous alliez à eux avec désespoir et résolution. Prenez-les avec amour par la boutonnière, et dites : ‹ Mon cher ami, je ne vous ai jamais parlé, de près, avec soin et dans la prière, au sujet de votre âme. › Laissez-les voir les larmes dans vos yeux ; ou, si vous ne pouvez pleurer, laissez-les entendre les larmes dans votre voix, et laissez-les se rendre compte que vous ressentez leur danger et que vous êtes dans l'angoisse à leur sujet. Dieu donnera Son Saint-Esprit, et ils seront sauvés.
J'allais faire remarquer que les deux textes impliquent l'opposition ; car Il ajoute : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » Comme s'Il avait dit : ‹ Vous aurez besoin de ma présence. Une guerre aussi conquérante et aussi résolue que celle-ci soulèvera contre vous toute la terre et tout l'enfer › ; et puis Il dit à Paul : « je serai avec toi, te délivrant du peuple et des païens vers qui je t'envoie. » Pourquoi en auraient-ils eu besoin ? Parce que les païens seraient bientôt en armes contre lui, et de fait ils le furent.
L'opposition ! C'est un mauvais signe, pour le christianisme de nos jours, qu'il provoque si peu d'opposition. S'il n'y avait aucune autre preuve qu'il est dans l'erreur, je le saurais par là. Quand l'Église et le monde peuvent cheminer confortablement ensemble, vous pouvez être sûrs qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Le monde n'a pas changé. Son esprit est exactement le même qu'il fut toujours ; et si les chrétiens étaient également fidèles et dévoués au Seigneur, et séparés du monde, vivant de telle sorte que leur vie fût un reproche à toute impiété, le monde les haïrait autant qu'il les a jamais haïs. C'est l'Église qui a changé, non le monde. Vous dites : ‹ Nous nous mettrions dans des tumultes sans fin. › Oui ; « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais l'épée. » Il y aurait du tapage. Oui ; et les Actes des Apôtres sont pleins de récits de tapages. Un tumulte fut si grand que le Tribun dut faire passer Paul par-dessus les épaules de la foule, de peur qu'il ne fût mis en pièces. ‹ Quel remue-ménage ! › dites-vous. Oui ; et, béni soit Dieu, si nous avions le pareil aujourd'hui, nous verrions des milliers de pécheurs sauvés.
‹ Mais, › dites-vous, ‹ je vois dans quelle position bien peu digne cela mettrait l'Évangile. › Cela dépend de quelle sorte de dignité vous voulez parler. Vous dites : ‹ Nous serions toujours à entrer en collision avec les autorités établies et avec le monde, et quelles conséquences bien désagréables en résulteraient. › Oui, chers amis, il y a toujours eu des conséquences désagréables pour la chair, quand les gens suivaient Dieu et faisaient Sa volonté. ‹ Mais, › dites-vous, ‹ cela ne serait-il pas incompatible avec la dignité de l'Évangile ? › Cela dépend du point de vue d'où vous le regardez. Cela dépend de ce qui constitue réellement la dignité de l'Évangile. Qu'est-ce qui constitue la dignité de l'Évangile ? Est-ce une dignité humaine, ou est-ce une dignité divine ? Est-ce une dignité terrestre, ou une dignité céleste ? Ce fut une chose bien peu digne, humainement parlant, que de mourir sur une croix entre deux brigands. Ce fut la chose la plus indigne qui ait jamais été faite en ce monde, et pourtant, considérée sur des bases morales et spirituelles, ce fut le plus grand spectacle que jamais la terre ou le ciel aient contemplé ; et il me semble que les habitants du ciel se tinrent immobiles et regardèrent par-dessus les remparts ce glorieux, cet illustre souffrant, tandis qu'Il était suspendu là, entre le ciel et la terre. Les pharisiens, je le sais, crachèrent sur l'humble souffrant, et hochèrent la tête, et dirent : « Il en a sauvé d'autres, et il ne peut se sauver lui-même. » Ah ! mais Il était appliqué à sauver les autres. C'était la dignité de la force toute-puissante s'alliant à la faiblesse humaine, afin de la relever. C'était la dignité de la sagesse éternelle s'enveloppant dans l'ignorance humaine, afin de l'éclairer. C'était la dignité de l'amour éternel et inextinguible, découvrant sa poitrine pour souffrir à la place de sa créature rebelle — l'homme. Ah ! c'était Dieu incarné se tenant à la place de l'homme condamné et apostat — la dignité de l'amour ! l'amour ! l'AMOUR !
Ô précieux Sauveur ! garde-nous de calomnier Ton Évangile et Ton nom en le revêtant de nos misérables notions de dignité terrestre, et en oubliant la dignité qui couronna Ton front sacré tandis que Tu étais suspendu à la croix ! Voilà la dignité qui est faite pour nous, et elle ne souffrira jamais de ce qu'un homme de bien ici présent porte l'Évangile dans les bas-fonds ou les ruelles de quelque ville où il habite. Cette dignité ne souffrira jamais de ce qu'un patron parle avec amour à sa servante ou à son garçon de courses, en le regardant dans les yeux avec des larmes de sympathie et d'amour, et en s'efforçant d'amener son âme à Jésus. Cette dignité ne souffrira jamais, quand bien même vous devriez être traînés par les rues, une populace hurlante à vos talons, comme le fut Jésus-Christ, si vous êtes allés dans ces rues pour les âmes de vos semblables et pour la gloire de Dieu. Quand bien même vous devriez être liés à un poteau, comme le furent les martyrs d'autrefois, et entourés de démons rieurs et railleurs et de leurs suivants hurlants — ce sera là une dignité qui sera couronnée dans le ciel, couronnée d'une gloire éternelle. Si je le comprends bien, telle est la dignité de l'Évangile — la dignité de l'amour. Je n'en envie, je n'en convoite aucune autre. Je n'en désire aucune autre — Dieu m'en est témoin — que la dignité de l'amour.
Ô amis ! voulez-vous recevoir ce baptême d'amour ? Alors vous serez prêts, comme les Apôtres, à faire glisser vos membres dans une corbeille, et à être ainsi descendus le long de la muraille, s'il le faut, ou à souffrir le naufrage, la faim, le péril, la nudité, le feu ou l'épée, ou même à aller jusqu'au billot lui-même, si par là vous pouvez étendre Son royaume et gagner des âmes pour lesquelles Il a versé Son sang. Que le Seigneur nous remplisse de cet amour et nous baptise de ce feu ; et alors l'Évangile se lèvera et deviendra glorieux sur la terre, et les hommes croiront en nous, et en lui. Ils sentiront sa puissance, et ils tomberont sous elle par milliers ; et, par la grâce de Dieu, ILS TOMBERONT.
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