Sermon · 30 min de lecture · Modéré

Les Possibilités de la foi

Portrait de A. B. Simpson A. B. Simpson

Texte

Marc 9:23

En bref

Un parcours ascendant de tout ce que recouvre réellement le « tout est possible à celui qui croit » : le salut pour le pire des pécheurs, la sanctification, la guérison du corps, la provision quotidienne et l’évangélisation du monde. Simpson insiste sur le parallèle stupéfiant — ce qui est possible à Dieu est offert à la foi — et appelle le lecteur à le revendiquer dans la prière croyante.


« Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit. » — Marc 9:23.

Ce sont là des paroles hardies et prodigieuses. Elles ouvrent le trésor du Roi éternel à de misérables vers de terre, et offrent aux enfants de la poussière le privilège de la toute-puissance même de Dieu et toutes les possibilités de ses ressources infinies. Côte à côte se dressent ces deux déclarations stupéfiantes : « Tout est possible à Dieu » ; « Tout est possible à celui qui croit. »

I. Considérons les possibilités de la foi :—

  1. Le salut est possible à celui qui croit. Si vile que soit la faute, si nombreux ou si grands que soient les péchés, si accablante la culpabilité, si profonde la corruption, si longue la carrière d’impénitence et de crime, il est partout et à jamais vrai : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle », « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » Et c’est ainsi seulement qu’une âme peut être sauvée, car il est tout aussi vrai à jamais, quelles que soient les qualités que l’âme puisse posséder, la plus haute moralité ou la plus profonde dépravation : « Celui qui ne croira pas sera condamné. » Ce texte béni ouvre les portes du Paradis et toutes les possibilités de la grâce à tout pécheur, quel qu’il soit ; et « que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement. »
  2. La sanctification est possible à celui qui croit. « L’héritage parmi les sanctifiés par la foi qui est en moi », telle est encore l’inscription au-dessus des portes de notre plein héritage. « Purifiant nos cœurs par la foi », tel est encore le procédé divin du plein salut. C’est ainsi seulement que l’âme peut être sanctifiée. Ce n’est pas une œuvre, mais un don de la grâce, et toute grâce doit venir par la foi. Elle n’est pas possible par de pénibles efforts ; elle n’est pas possible par la pénitence et la torture de soi ; elle n’est pas possible par la maladie, la souffrance ou la crucifixion de soi ; elle n’est pas possible par la persuasion morale, une éducation soignée, un enseignement correct et un exemple parfait ; elle n’est pas même possible par les eaux sombres et froides de la mort elle-même. L’âme qui meurt non sanctifiée demeurera non sanctifiée à jamais. « Que celui qui est saint se sanctifie encore, et que celui qui est souillé se souille encore. » Mais elle est possible à celui qui croit. C’est le don de Jésus-Christ ; c’est l’entrée et l’habitation de Jésus-Christ ; c’est la vie intérieure et la communication divine du Saint-Esprit, et cela doit se faire par la foi seule. Et cela est possible à toute âme qui veut croire, si impie qu’elle ait été, si perverse soit-elle ; aussi vile peut-être et aussi tortueuse que Jacob, aussi grossière que David dans son péché le plus noir, aussi présomptueuse que Simon Pierre, aussi obstinée et pharisaïque que Paul — elle peut être et sera rendue aussi sans tache que le Fils de Dieu, aussi sainte que la sainteté de Jésus lui-même, qui vient habiter au-dedans, si seulement nous voulons croire et recevoir.
  3. La guérison divine est possible à celui qui croit. « La prière de la foi sauvera le malade », telle est encore la parole inchangée du Maître pour son Église souffrante. Et cette foi doit être la foi de celui qui reçoit, car il est dit dans l’épître : « Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. » Cela demeure aussi vrai que lorsque le Maître toucha les yeux des aveugles à qui il le dit : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. » Peu importe la gravité de la maladie ; le cas peut être aussi désespéré que celui de l’infirme qui ne pouvait en aucune manière se redresser ; aussi chronique que celui de l’impotent qui gisait depuis trente-huit ans au bord de la piscine ; aussi obscur et méprisé que celui des pauvres aveugles qui mendiaient au bord du chemin et que la foule jugeait indignes de l’attention du Christ, ou que celui de la femme pécheresse de Syro-Phénicie, que le Sauveur lui-même appela un chien, et pourtant, pour elle comme pour d’autres, la guérison vint lorsqu’il put dire : « Ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. » Ce n’est pas la foi qui guérit, c’est le Dieu que la foi touche ; mais il n’y a pas d’autre moyen de toucher Dieu que par la foi, et c’est pourquoi, si nous voulons recevoir son toucher tout-puissant, nous devons croire.
  4. Toute puissance pour le service est possible à celui qui croit. Le don du Saint-Esprit se reçoit par la foi. La puissance des apôtres était à la mesure de leur foi. Étienne, « plein de foi et de puissance », pouvait tenir tête à toute la sagesse de Saul de Tarse et de la synagogue des Ciliciens. Le simple récit de Barnabas est celui-ci : « c’était un homme de bien, plein d’Esprit-Saint et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. » Le secret d’une prédication efficace n’est ni la logique, ni la rhétorique, ni l’élocution, mais de pouvoir dire : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ! » Le succès de certains évangélistes et ouvriers chrétiens est hors de toute proportion avec leur talent ou leur capacité en quelque domaine que ce soit ; mais ils possèdent un don qu’ils exercent fidèlement, et c’est d’attendre de Dieu qu’il leur donne des âmes ; aussi ne sont-ils jamais déçus. L’Église n’a pas encore vu, dans la génération présente, toutes les possibilités de la foi dans l’œuvre du Seigneur. Les exemples d’un Moody et d’un Harrison ne sont que des types de ce qui est possible au plus humble ouvrier qui, l’œil fixé uniquement sur la gloire de Dieu et par une simple fidélité à l’Évangile du Christ, osera attendre les plus puissants résultats. Ces deux exemples, peut-être les cas les plus remarquables de large fécondité dans la génération présente, sont des hommes sans grands dons naturels ni avantages d’instruction, et, par là même, d’autant plus encourageants comme stimulants à l’œuvre de la foi. Humble ouvrier dans la vigne du Seigneur, iras-tu vers toutes les possibilités de la foi dans ton travail pour lui, à mesure que tu prendras conscience de la force de ta faiblesse et de la puissance de ton Dieu ? car « ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit, dit l’Éternel des armées ».

    Le jour est venu pour Dieu de se révéler par la faiblesse même de ses instruments, et de prouver une fois de plus qu’il a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages, et les choses faibles pour confondre les fortes.

  5. Toutes les difficultés et tous les dangers doivent céder devant la toute-puissance de la foi. Par la foi les murailles de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours ; et aujourd’hui encore les plus puissantes citadelles de l’adversaire doivent céder devant la marche ferme et victorieuse de la foi. Par la foi Daniel ferma la gueule des lions, et fut délivré, nous est-il expressément dit, parce qu’il avait cru en son Dieu. Ce n’est pas la droiture de sa vie, ni son courageux dévouement qui le sauvèrent, mais sa confiance en l’Éternel. Une telle foi a porté l’intrépide Arnot à travers les jungles d’Afrique, a délivré l’héroïque Paton de la fureur meurtrière des sauvages de Tanna, et a retenu le coup de la mort et le désastre menaçant loin de plusieurs d’entre nous dans les plus humbles expériences de nos vies providentielles. Le Dieu de la foi est encore aussi proche, aussi puissant et aussi fidèle que lorsqu’il marchait avec les jeunes Hébreux au milieu du feu, et qu’il gardait l’héroïque Paul à travers tous les périls de sa vie mouvementée. Il n’y a pas de difficulté trop petite pour son exercice, ni de crise trop terrible pour son triomphe. Irons-nous de l’avant avec ce bouclier et cette cuirasse, et éprouverons-nous toutes les possibilités de la foi ? Alors, en vérité, nous porterons une vie protégée à travers les armées mêmes de l’enfer, et nous saurons que nous sommes immortels jusqu’à ce que notre œuvre soit accomplie.
  6. Toutes les victoires de la prière sont possibles à celui qui croit. « Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. » « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » Ce n’est ni la force ni la longueur de la prière qui l’emporte, mais la simplicité de sa confiance. C’est la prière de la foi qui revendique la puissance guérissante du Sauveur immuable. C’est la prière de la foi qui atteint l’âme qu’aucune main humaine, peut-être, ne peut approcher, et qui parfois rapporte du Ciel la réponse avant même que l’écho de la requête se soit éteint. Là-bas, dans la ville de Cleveland, une épouse au cœur brisé prie avec un évangéliste pour l’âme de son mari. À cette heure même, une influence qui lui est tout inconnue le conduit dans une réunion de prière à Chicago, à midi ; et avant que cette prière soit achevée, les chœurs du Ciel chantent sur une âme repentante, et le Saint-Esprit murmure au cœur de l’épouse que l’œuvre est accomplie, non moins sûrement que lorsque, le lendemain, le rapide courrier apporte la bonne nouvelle de sa propre main. La prière de la foi a élevé ces monuments durables d’Ashley Down, où deux mille orphelins sont nourris chaque jour par la seule main de Dieu, en réponse au cri humble et croyant d’un fidèle ministre. Ce ne sont là que des exemples de ce que Dieu a toujours été prêt à faire, et qu’a seule empêché l’incrédulité de son peuple. Bien-aimés, ces possibilités sont ouvertes à chacun de nous. Nous ne sommes peut-être pas appelés au service public, ni qualifiés pour un discours instructif, ni dotés de richesse et d’influence ; mais à chacun de nous est donné le pouvoir de toucher la main de la toute-puissance et de servir à l’autel d’or de la prière prévalente. Un seul encensoir nous devons apporter — la coupe d’or de la foi ; et à mesure que nous la remplissons des charbons ardents du feu du Saint-Esprit, et de l’encens du grand Souverain Sacrificateur, voici, il se fera de nouveau un silence dans le Ciel, tandis que Dieu fera taire l’univers pour écouter ; et alors le feu vivant se répandra sur la terre dans les puissantes forces de la providence et de la grâce par lesquelles le royaume de notre Seigneur doit être introduit.
  7. Toute paix et toute joie sont possibles à celui qui croit. La prière de l’apôtre pour les Romains est que le Dieu de l’espérance les remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi. C’est la volonté et le dessein de Dieu que l’âme incrédule soit une âme malheureuse, et que soit gardé dans une paix parfaite celui dont la pensée est fixée sur Dieu et qui se confie en lui. Veux-tu donc connaître la paix qui surpasse toute intelligence ? Ne t’inquiète de rien, et crois fermement que le Seigneur est proche, souverain au-dessus de toute circonstance, faisant concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment. Veux-tu être heureux à l’heure la plus sombre ? Alors confie-toi dans le Seigneur et appuie-toi sur ton Dieu. Veux-tu connaître les débordements perpétuels de la joie ? Apprends alors à dire : « Bien que nous ne le voyions pas encore, croyant en lui, nous nous réjouissons d’une joie ineffable et glorieuse. » La joie de la simple émotion passagère est comme la fleur coupée d’un bref jour d’hiver, séparée de la racine et se flétrissant avant qu’un autre soleil se couche. La joie de la foi est le fruit et la floraison perpétuelle qui couvre l’arbre vivant, ou qui jaillit de la plante enracinée dans le jardin arrosé.

    « Les hommes de foi ont vu

    la gloire poindre ici-bas —

    un fruit céleste, sur un sol hostile,

    de la foi et de l’espérance peut naître. »

  8. L’évangélisation du monde doit être remise à la foi. Les opérations missionnaires les plus fructueuses d’aujourd’hui sont soutenues entièrement par la foi en Dieu et par la puissance de la prière. Si la Chine doit être évangélisée dans le siècle présent, ce sera grâce à la foi d’un humble missionnaire qui a osé tenter de grandes choses pour Dieu et attendre de lui de grandes choses. Il n’y a pas de champ pour la foi aussi vaste et aussi sublime que le champ missionnaire aujourd’hui, et il n’y a pas de limite aux possibilités que la foi peut revendiquer. Oh ! puissions-nous, quelques-uns d’entre nous, nous élever à la mesure de cette grande occasion et devenir des ouvriers avec Dieu pour la plus grande réalisation de tous les siècles chrétiens.
  9. La venue du Seigneur sera, sans doute, remise enfin à la foi. Il y aura une génération qui dira : « Voici, c’est notre Dieu, en qui nous avons confiance. » Pour l’heure c’est notre bienheureuse espérance, mais un jour elle deviendra davantage. Et lisant à la fois sur la terre et dans le ciel les signes de sa venue, son épouse qui l’attend entendra le cri joyeux : « Les noces de l’agneau sont venues. » À Siméon d’autrefois il fut révélé qu’il verrait le Christ du Seigneur, et à quelques-uns sera donné dans les derniers temps l’Étoile du matin qui précédera l’aube du Millénium. Que le Seigneur nous aide à si bien comprendre notre temps et l’œuvre que le Maître attend de nous pour préparer sa venue, que nous soyons admis à partager sa glorieuse récompense de la foi, et même à hâter ce jour de joie.
  10. Mais au-delà de tout ce qui a été dit, cette promesse signifie que toutes choses sont possibles à celui qui croit. Il est possible de posséder l’une, ou même plusieurs, des réalisations mentionnées, et de manquer pourtant les toutes choses de la volonté la plus haute de Dieu. Le sens de cette promesse, dans sa plénitude, est que la foi peut revendiquer une vie complète, une bénédiction à laquelle rien ne manquera, un service achevé, et une couronne à laquelle nul joyau de récompense ne fera défaut. Il y a des vies qui ne sont pas tout à fait perdues, et qui pourtant ne sont pas sauvées jusqu’au bout. Il y a des arcs-en-ciel dont l’arche est brisée ; mais il y a autour du trône un arc-en-ciel dont le cercle parfait est le type d’un dossier achevé et d’une récompense infinie. Beaucoup d’entre nous restent en deçà de tout ce que Dieu a eu pour nous dans sa pensée la plus haute. Lorsque le roi d’Israël se tint au chevet du prophète mourant du Seigneur, Élisée posa sa main sur les mains de Joas et l’aida à tirer les flèches qui étaient le symbole de la foi et de la victoire ; mais alors le prophète demanda que le roi fît suivre cet acte de foi partagée d’une expression plus personnelle de la mesure de sa propre attente. Hélas, comme la plupart d’entre nous, sa foi s’évapora bien avant que son œuvre nécessaire fût accomplie. Il frappa trois fois contre terre, puis s’arrêta. Trop tard pour recouvrer sa bénédiction perdue, le prophète, affligé et courroucé, lui reprocha sa négligence et l’étroitesse de son cœur, et lui dit avec tristesse que sa bénédiction serait limitée selon la mesure de sa propre petite foi. Jamais je n’oublierai la solennité avec laquelle Dieu apporta ce passage à mon âme dans une crise de ma vie, et me demanda combien je voudrais recevoir de lui et combien peu contenterait ma foi. Grâce à Dieu, il me permit de dire, le cœur débordant : « Rien de moins que toute ta pensée et ta volonté les plus hautes, oui, les toutes choses des plus grandes possibilités de la foi. » Que le Seigneur nous aide à regarder toujours vers le temps où toutes ces occasions échapperont à notre prise, et à vivre chaque jour sous la puissance de ces saintes aspirations dont nous saurons alors comprendre la vraie valeur, et à dire toujours avec Celui qui nourrissait la même noble ambition : « Je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’accomplisse ma course avec joie. » Bien-aimés, laissez-vous échapper quelque chose de votre vie, votre unique, précieux et étroit espace d’occasion terrestre, le pivot sur lequel tourne l’éternité, l’unique possibilité éternelle qui ne reviendra jamais plus ? Dieu attend de vous tout donner, et tout est possible à celui qui croit.

II. Le caractère raisonnable de la foi. Pourquoi Dieu ferait-il dépendre toutes choses de notre foi ?

  1. Parce que la ruine de la race commença par la perte de la foi, et que son relèvement doit venir par l’exercice de la foi. Le poison que Satan injecta dans le sang d’Ève fut une mise en doute de la fidélité de Dieu, et l’unique prescription que l’Évangile donne aux pécheurs perdus est : « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. »
  2. La foi est la loi du christianisme, le principe vital de l’économie de l’Évangile. L’apôtre l’appelle la loi de la foi, par opposition à la loi des œuvres. Le Seigneur Jésus l’a exprimée dans la formule simple qui est devenue la norme des prières exaucées et de toute bénédiction que nous recevons par le nom de Jésus. Dieu est donc tenu d’agir selon notre foi, et aussi selon notre incrédulité.
  3. La foi est le seul moyen qui nous soit connu par lequel nous puissions accepter un don de Dieu ; et puisque toutes les bénédictions de l’Évangile sont des dons de la grâce, elles doivent nous venir par la foi et dans la mesure de notre foi, si tant est qu’elles viennent.
  4. La foi est nécessaire comme influence subjective pour préparer nos propres cœurs à recevoir Dieu et sa grâce. Comment le Père pourrait-il communiquer son amour à un cœur timide et tremblant ? Comment Dieu pourrait-il s’approcher d’un enfant effrayé ? J’ai vu un petit oiseau mourir de terreur dans ma main, alors que je ne lui voulais aucun mal, mais que je tentais en vain de le caresser et de gagner son amour. Ainsi le cœur individuel, sans la foi, mourrait dans la présence de Dieu, en une terreur absolue, et serait incapable de recevoir l’amour débordant du Père qu’il ne saurait comprendre.
  5. La foi est une force réelle et spirituelle. Elle est, sans doute, l’un des attributs de Dieu lui-même. Nous la voyons illustrée en Jésus dans tous ses miracles. Il explique à ses disciples que ce fut la puissance même par laquelle il dessécha le figuier, et la puissance par laquelle ils pourraient vaincre et dissoudre les plus puissants obstacles sur leur chemin. Il n’y a aucun doute que, tandis que l’âme exerce, par la puissance de Dieu, la foi qui commande ce que Dieu commande, une force puissante opère à ce moment même sur l’obstacle, une force aussi réelle que les courants de l’électricité ou la puissance de la dynamite. Dieu a réellement mis entre nos mains l’un de ses propres instruments de toute-puissance, et nous a permis de l’employer au nom de Jésus, selon sa volonté et pour l’établissement de son Royaume.
  6. La raison prééminente pour laquelle Dieu requiert la foi, c’est que la foi est le seul moyen par lequel Dieu lui-même puisse avoir toute liberté d’agir ; car la foi n’est justement que cette attitude incolore et simple par laquelle l’homme cesse ses propres œuvres et entre dans l’œuvre de Dieu. C’est la différence entre l’humain et le divin, le naturel et le surnaturel. La raison, dès lors, pour laquelle la foi est si puissante, et même toute-puissante, c’est qu’elle ne fait que céder la place à la toute-puissance de Dieu. C’est pourquoi les deux phrases sont étrangement et exactement parallèles : « Tout est possible à Dieu. » « Tout est possible à celui qui croit. » La même puissance est possédée par Dieu et par celui qui croit ; et la raison en est que ce dernier est perdu dans le premier, et entièrement identifié à lui. Comment illustrer la distance immense entre le terrestre et le céleste, l’humain et le divin, le fini et l’infini ? Quelqu’un a dit : prenez la plus puissante pièce d’artillerie, chargez-la jusqu’à la gueule de poudre ou de dynamite, mettez-y le boulet d’acier le plus parfait, assurez-vous d’avoir tous les perfectionnements les plus récents, puis tirez, et votre projectile balaiera l’espace à la vitesse de six cents pieds par seconde. Mais dans cette même seconde, que Dieu, d’un seul éclair de lumière, sans effort et sans bruit, propulse un rayon depuis ce soleil, cette étoile ou cette lampe de minuit là-bas, et il volera six cent mille milles. Six cents pieds, six cent mille milles ! Voilà une faible image de la différence entre l’humain et le divin. Ce lourd canon, avec sa puissance lente mais destructrice, est un type des œuvres de l’homme. Ce doux rayon de soleil et de lumière, avec son ministère silencieux, rapide et bienfaisant, est un type des ressources infinies de Dieu. Tel est le monde dans lequel la foi nous introduit. Abandonnant sa propre insuffisance, elle s’unit à la toute-suffisance de Dieu, et s’avance en s’écriant triomphalement : « Je puis tout par celui qui me fortifie », tandis que le Ciel approbateur renvoie en écho : « Tout est possible à celui qui croit. »

III. La possibilité de la foi. « Si tu peux!… crois. »

  1. Il est à peine besoin de dire, bien sûr, que la foi dépend de l’obéissance et de la droiture du cœur et de la vie. Nous ne pouvons nous confier en Dieu en face d’un péché volontaire, et même un état non sanctifié est fatal à tout haut degré de foi ; car le cœur charnel n’est pas le sol où elle peut croître, mais elle est le fruit de l’Esprit, et elle est entravée par les ronces du péché et de la complaisance volontaire. La raison pour laquelle un grand nombre de chrétiens ont si peu de foi, c’est qu’ils vivent dans le monde et en eux-mêmes, et qu’ils sont séparés, dans une si large part de leur vie, de Dieu et de la sainteté. Lorsqu’on bâtit l’observatoire Lick sur la côte du Pacifique, il fallut s’élever au-dessus des vallées et des basses terres du littoral, où les brouillards et les brumes pesaient lourdement sur le pays, et choisir un site au sommet du mont Hamilton, au-dessus des brouillards et des vapeurs du sol, et dans une vue claire et dégagée des cieux. Ainsi la foi exige, pour sa vision céleste, les hautes terres de la sainteté et de la séparation, et le ciel clair et pur d’une vie consacrée.

    Bien-aimés, puissiez-vous trouver là l’explication de bon nombre de vos doutes et de vos craintes : que votre plan est trop bas, que votre cœur est trop mêlé, et que votre vie est trop proche de ce « présent siècle mauvais ».

  2. La foi est entravée par la manière faible et non scripturaire dont tant de gens excusent leur incrédulité et pensent et parlent à la légère du péché de douter de Dieu. Si nous voulons avoir une foi forte, nous devons la reconnaître comme une obligation impérieuse et sacrée, croire Dieu avec fermeté et constance, et refuser à jamais de douter de lui. Ne disons pas que nous ne pouvons pas croire. Il est vrai que nous ne le pouvons pas par nous-mêmes ; mais cela aussi, Dieu le pourvoit, et il nous a pourvus du pouvoir de croire si nous voulons bien le choisir. Ne cherchons donc plus à excuser et à pallier nos doutes comme des infirmités inoffensives et de tristes malheurs, mais « prenons garde qu’il n’y ait en aucun de nous un cœur mauvais et incrédule, qui se détourne du Dieu vivant. »
  3. La foi est entravée par le recours à la sagesse humaine, que ce soit la nôtre ou celle des autres. Le premier appât du diable pour Ève fut une offre de sagesse, et c’est pour elle qu’elle vendit sa foi. « Vous serez comme des dieux », dit-il, « connaissant le bien et le mal » ; et dès l’heure où elle commença à connaître, elle cessa de se confier. Ce furent les espions qui firent perdre à l’Israël d’autrefois la terre promise. Ce fut leur folle proposition d’explorer le pays, et de découvrir par l’enquête si Dieu avait dit la vérité ou non, qui conduisit à l’affreuse explosion d’incrédulité qui ferma les portes de Canaan à toute une génération. Il est très significatif que les noms de ces espions évoquent presque tous la sagesse, la grandeur et la renommée humaines. De même, aux jours du Christ, ce fut l’asservissement des Juifs aux traditions des pères et aux opinions des hommes qui les empêcha de le recevoir. « Comment pouvez-vous croire », demanda-t-il, « vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? » Cela, aujourd’hui, a beaucoup à voir avec la limitation de la foi de l’Église. La Bible est mesurée à l’aune de la critique humaine, et les promesses de Dieu sont pesées dans la balance de la probabilité naturelle et de la raison humaine. Notre propre sagesse est tout aussi dangereuse si elle prend la place de la simple parole de Dieu ; et c’est pourquoi, si nous voulons « nous confier en l’Éternel de tout notre cœur », nous ne devons « pas nous appuyer sur notre propre intelligence ».
  4. L’autosuffisance et la dépendance de notre propre force sont aussi un obstacle à notre foi.

    Dieu doit donc nous réduire à l’impuissance avant que nous puissions avoir beaucoup de confiance en lui. L’heure de son intervention la plus puissante est d’ordinaire le temps de notre plus grande détresse.

    Un hebdomadaire profane raconte l’histoire d’un petit garçon dont l’expérience représente bien des gens plus âgés. Il avait atteint cette époque, dans la vie d’un garçon, où il reçoit son premier pantalon, et cet honneur bouleversa son équilibre spirituel. Jusque-là il avait été un petit chrétien pieux, et chaque matin il se joignait d’ordinaire à sa petite sœur pour demander l’aide et la bénédiction du Seigneur pour la journée ; mais ce matin-là, en regardant son pantalon neuf et en se sentant un homme, il arrêta sa petite sœur comme elle commençait à prier pour lui comme d’habitude : « Seigneur Jésus, prends soin de Freddie aujourd’hui, et garde-le de tout mal », et, comme le pauvre Simon Pierre, dans sa propre suffisance, il s’écria : « Non, Jennie, ne dis pas cela ; Freddie peut prendre soin de lui-même maintenant. » La petite sainte fut choquée et effrayée, mais ne sut que faire. Ainsi commença la journée ; mais avant midi ils grimpèrent tous deux dans un cerisier, et, en tendant la main vers le fruit tentant, Freddie tomba la tête la première dans un angle entre l’arbre et la clôture ; et malgré tous ses efforts désespérés et ceux de sa sœur effrayée, il fut tout à fait incapable de se dégager ; et à la fin il leva les yeux vers Jennie, avec un regard mêlé de honte et de compréhension, et dit : « Jennie, prie ; Freddie ne peut pas prendre soin de lui-même, après tout. » Juste alors un homme robuste passait sur la route, et la réponse à leur prière vint aussitôt : en quelques minutes ces bras vigoureux eurent abattu la clôture, et Freddie fut libre, et s’en alla, portant une leçon pour la vie, marcher comme Simon Pierre, la tête baissée et le cœur en humble confiance en une force et une garde plus puissantes que les siennes.

    Vraiment, tel est le sol de la foi ! Sagement, Habacuc disait, il y a des siècles, opposant l’orgueil et la confiance : « Son âme s’est enflée, elle n’est pas droite en lui ; mais le juste vivra par sa foi. »

    Bien-aimés, Dieu vous a-t-il amenés au bout de votre force ? Réjouissez-vous et soyez dans une grande allégresse, car c’est le commencement de sa toute-puissance, si seulement la foi veut se laisser tomber dans ses bras puissants et crier, comme ceux d’autrefois : « Éternel, toi seul peux venir en aide au faible comme au fort : viens à notre aide, Éternel, notre Dieu ! Car c’est sur toi que nous nous appuyons, et nous sommes venus en ton nom contre cette multitude. »

  5. La foi est entravée par la vue et les sens, et par notre folle dépendance à l’égard des preuves extérieures.

    L’évidence même dans laquelle nous devons vivre et croître est l’invisible ; c’est pourquoi toutes les choses extérieures doivent être retirées avant que nous puissions vraiment croire ; et à mesure que nous regardons non aux choses visibles, mais aux choses invisibles, celles-ci deviennent réelles, plus réelles que les choses des sens, et alors Dieu les rend réelles dans un accomplissement effectif. Mais la foi doit d’abord s’avancer dans le grand inconnu, et marcher sur les eaux pour aller à Jésus, que dis-je, marcher sur l’air ; mais là où il n’y avait que le vide, elle trouvera le roc en dessous, comme ce voyageur des Alpes qui était parvenu au bout du sentier de montagne, lorsque celui-ci disparut soudain sous une grande masse de glace et de neige et devint un torrent souterrain, tandis que la montagne se dressait, sévère, devant lui, et que les lieues de désolation qu’il avait parcourues s’étendaient derrière. Que devait-il faire ? Soudain son guide s’écria : « Suis-moi ! » et se jeta dans le torrent descendant, puis disparut à sa vue sous la grande montagne qu’il perçait d’un tunnel. C’était une aventure terrible, mais il devait ou bien suivre, ou bien mourir ; et, plongeant à son tour, il y eut un choc soudain, le tourbillon des eaux et l’obscurité des ténèbres, puis un jaillissement de lumière, et il se retrouva étendu sur les rives d’un paisible cours d’eau, de l’autre côté de la montagne, dans la douce vallée en contrebas. La voie invisible avait conduit à la vie et à la lumière.

    Ainsi la foi marche encore souvent par des sentiers de mystère, mais Dieu les rendra toujours clairs. N’est-ce pas là l’obstacle à votre foi : que vous hésitez à croire avant de vous aventurer sur la nue parole de la promesse ? Votre foi seule est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration des choses qu’on ne voit pas. Que Dieu nous aide à marcher par la foi, et non par la vue !

    C’est pourquoi Dieu doit nous former à la voie de la foi par les difficultés, les épreuves et les refus apparents, jusqu’à ce que, comme la femme syro-phénicienne, nous continuions simplement à nous confier et refusions d’être éconduits. Il attend toujours de récompenser notre confiance par ces paroles joyeuses : « Ta foi est grande ! Qu’il te soit fait comme tu veux. »

  6. Enfin, cette foi est entravée par-dessus tout par ce que nous appelons « notre foi », et par nos efforts stériles pour élaborer une foi qui, après tout, n’est qu’un semblant, un désespéré essai de se confier en Dieu, et qui doit toujours rester en deçà de ses vastes et glorieuses promesses. La vérité est que la seule foi qui soit à la hauteur des prodigieuses promesses de Dieu et des besoins incommensurables de notre vie, c’est « la foi de Dieu » lui-même, cette confiance même qu’il insufflera dans le cœur qui l’attend intelligemment comme sa puissance de croire, aussi bien que sa puissance d’aimer, d’obéir, ou d’accomplir tout autre exercice de la vie nouvelle.

Béni soit son nom ! Il ne nous a pas donné une chaîne qui s’arrête à un seul chaînon de notre pauvre cœur impuissant — car ce dernier chaînon manquant serait fatal à toute la chaîne. Non ; le dernier chaînon, celui qui s’attache du côté humain, est aussi divin que le chaînon qui lie la chaîne de la promesse à son Trône de promesse dans les cieux. « Ayez foi en Dieu », tel est son grand commandement. « Je vis dans la foi au Fils de Dieu », tel est le témoignage victorieux de celui qui l’avait éprouvé vrai.

Bien-aimés, à la lumière de cette grande provision, écoutez maintenant la puissante promesse, et, dans sa foi, levez-vous pour la revendiquer : « Si tu peux!… crois. Tout est possible à celui qui croit », et criez : « Seigneur, je crois ; non, ce n’est pas moi, mais Toi ! Viens au secours de mon incrédulité ! »

Et maintenant, bien-aimés, cette puissante machine de force spirituelle est placée entre nos mains par un amour tout-puissant. La revendiquerons-nous, et, par le secours de Dieu, nous élèverons-nous à ses possibilités extrêmes ? et, dès cette heure, la tournerons-nous, comme une arme céleste, sur le champ de la vie et du combat chrétiens, et l’emploierons-nous pour tout ce à quoi Dieu nous a appelés dans les grands conflits de l’âge, et pour le Royaume de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ? Notre sort est tombé sur des temps décisifs ; la dernière décennie de ce siècle prodigieux vient de commencer, et elle trouve l’Église de Dieu s’éveillant à la plus grande campagne des siècles chrétiens : l’évangélisation du monde, en vue de la préparation de la venue imminente de notre Seigneur. Quelle glorieuse possibilité ! C’est l’une des possibilités de la foi.

La nuit dernière, alors que j’étais assis à ma fenêtre ouverte, fort avant dans les veilles de la nuit, de l’une des chaumières là-bas j’entendis monter la voix de la prière, toute la nuit durant. C’était un cri incessant et puissant, demandant que le Dieu puissant agît de toute sa puissance et de toute sa gloire ; et bien que les mêmes paroles fussent souvent répétées par la même voix, cela ne parut jamais devenir monotone, car il y avait dans cette prière tant de choses que le langage ne pouvait exprimer, qu’elle toucha mon cœur de tendresse et de solennité, et sembla comme une prophétie de ce qui, je l’espère, doit sortir de cette puissante assemblée et être repris par le monde entier, jusqu’à ce qu’il y soit répondu par les voix du ciel là-haut, proclamant : « Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ. Alléluia ! Le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans son règne. » Oh ! prendrons-nous cette machine de toute-puissance, la prière de la foi, et la tournerons-nous vers les cieux, et la tournerons-nous sur la terre, et la tournerons-nous contre tout ennemi, jusqu’à ce que nous la trouvions pleinement vraie : « Tout est possible à celui qui croit » ?

Il a été proposé que nous formions, en ce jour, une Alliance de prière pour l’évangélisation du monde durant le siècle présent, et pour la venue prochaine de notre Seigneur Jésus. Bien-aimés, peut-il y avoir plus belle occasion pour l’application pratique de ce grand thème ? et ne joindrons-nous pas, d’un seul cœur, nos mains dans la prière croyante, tout autour du monde, jusqu’au jour heureux où nous joindrons de nouveau nos mains autour du Trône du Millénium et le louerons pour le glorieux accomplissement ?

L’Écriture dans ce sermon Marc 9:23

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