Texte
Job 19:25-26
But I know that my Redeemer lives, and that at the last he will stand upon the dust. And after my skin has been destroyed like this, yet in my flesh I will see God,
Open Word Bible
En bref
Le cri de Job ouvre la troisième partie de l’oratorio Le Messie, et Newton le reprend expression par expression : le Rédempteur comme le proche parent qui paie la rançon, le petit mot d’appropriation, mon, sa présence sur la terre, et l’espérance qu’avait Job de voir Dieu. En chemin, il donne un humble exposé de l’assurance comme de ce vers quoi grandit une foi faible.
Mais je sais que mon rédempteur est vivant, Et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera; Quand je n’aurai plus de chair, je verrai Dieu.
Le christianisme, c’est-à-dire la religion dont le MESSIE est l’auteur et l’objet, le fondement, la vie et la gloire, s’il n’est pas tout à fait aussi ancien que la création, l’est presque. Il date [il est contemporain] de la première promesse et du premier indice de miséricorde accordés à l’homme déchu. Lorsque Adam, par sa transgression, eut violé l’ordre et la loi de sa création, sa religion, c’est-à-dire la droite disposition de son cœur envers Dieu, prit fin. Le péché le priva d’un coup de la foi et de l’espérance, de l’amour et de la joie. Il ne désirait plus, il ne pouvait plus supporter la présence de son Créateur offensé. Il chercha vainement à s’y dérober, et, lorsqu’il fut contraint de répondre, bien qu’il ne pût nier sa culpabilité, au lieu d’en faire un aveu sincère, il tenta de rejeter la faute sur la femme, ou plutôt, en vérité, sur le SEIGNEUR lui-même, qui la lui avait donnée. Mais la miséricorde, imméritée et non désirée, le tira d’un état où il était déjà devenu obstiné [endurci] et désespéré. Une promesse lui fut faite touchant la postérité de la femme (Genèse 3:15), laquelle renfermait virtuellement, comme la semence renferme la plante à venir, la substance de toutes les promesses qui suivirent, et qui furent accomplies par l’incarnation du Fils de Dieu, et par tout ce qu’il fit, ou souffrit, ou obtint pour les pécheurs, en qualité de Médiateur. Car un pécheur ne peut avoir de communion consolante avec le Dieu saint que par un médiateur. C’est pourquoi l’apôtre dit des patriarches et des serviteurs de Dieu, sous l’Ancien Testament : C’est dans la foi qu’ils sont tous morts (Hébreux 11:13). Nous ne pouvons rien dire de plus élevé des apôtres et des martyrs sous le Nouveau Testament. Ils moururent, non pas en se persuadant qu’ils étaient justes, non pas en se glorifiant des œuvres de leurs propres mains ; mais ils moururent, comme le brigand sur la croix, dans la foi, faisant reposer toute leur espérance sur celui qui, par son obéissance jusqu’à la mort, est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient (Romains 10:4). Nous avons sur les anciens de plus grands avantages, quant à la lumière et à la liberté. Les prophéties touchant le MESSIE, qui étaient obscures au moment où elles furent prononcées, nous sont infailliblement interprétées par leur accomplissement. Et nous savons que la grande expiation, figurée par leurs sacrifices, a été réellement accomplie ; que l’Agneau de Dieu, par l’unique offrande de lui-même, a aboli le péché. Mais quant au fondement et à la substance, leur foi et leur espérance étaient les mêmes que les nôtres. Abraham tressaillit de joie de voir le jour de Christ (Jean 8:56) ; et le vieux Jacob, peu après avoir dit : J’espère en ton secours, ô Éternel! mourut avec le même calme et le même consentement que Siméon, qui vit ce salut de ses propres yeux. Job, qui fut peut-être contemporain de Jacob, et qui du moins passe, avec une grande vraisemblance, pour avoir vécu avant Moïse, nous donne dans ce passage un témoignage fort et clair de sa foi. Et ce passage forme une belle introduction, fort bien choisie, à la troisième partie de l’oratorio du Messie, dont le sujet principal est les privilèges présents et les perspectives futures de ceux qui croient au nom du Sauveur.
Les savants sont loin de s’accorder, soit sur la traduction, soit sur l’explication de ce texte. Les mots vers et corps, étant imprimés en italique dans notre version, apprendront [feront savoir] au lecteur anglais attentif qu’il n’y a point dans l’hébreu de mots qui leur correspondent. Si vous omettez ces mots, il manquera évidemment quelque chose pour former un sens complet. Divers auteurs ont suppléé à ce manque selon leurs divers jugements, et c’est de là principalement qu’est née la variété des versions et des interprétations. Mais il serait fort malséant de ma part, en ce lieu, de prendre votre temps et de détourner votre attention des grands intérêts qui doivent remplir nos esprits lorsque nous nous réunissons dans la maison de Dieu, pour vous exposer en détail des controverses et des critiques qui, après tout, sont beaucoup plus incertaines qu’importantes. Nous n’avons pas besoin de débattre si Job, dans ce passage, professe son assurance de l’incarnation du MESSIE, ou de sa résurrection, ou de sa dernière apparition pour juger le monde ; ou s’il déclare seulement sa foi et son espérance personnelles en lui. Ces différents sens ne sont pas si discordants que, si nous nous décidons pour l’un, nous devions exclure les autres. Je me contenterai des paroles telles que je les trouve. Et j’espère que, s’il nous arrivait de manquer quelques-unes des idées précises que Job pouvait avoir lorsqu’il parlait, nous ne nous méprendrons pas beaucoup sur son sens général, et ne nous égarerons pas loin de la portée du texte.
Quatre choses sont à remarquer :
I. Le titre de Rédempteur
II. Le mot d’appropriation « mon »
III. Il se tiendra debout sur la terre
IV. L’attente qu’avait Job de le voir dans sa chair
I.
Le titre. Il n’est aucun nom du MESSIE plus significatif, plus riche de sens, ni plus attachant que le nom de RÉDEMPTEUR. Le nom de « Sauveur » exprime ce qu’il fait pour les pécheurs. Il les sauve de la culpabilité et de la colère, du péché, du présent siècle mauvais, des puissances des ténèbres et de tous leurs ennemis. Il les sauve d’un salut éternel. Mais le mot « Rédempteur » indique en outre la manière dont il les sauve. Car ce n’est pas seulement par la parole de sa puissance, comme il sauva ses disciples en péril sur le lac, en disant aux vents et à la mer : Silence! Tais-toi! — et il y eut un grand calme (Marc 4:39) ; c’est à prix, en payant pour eux une rançon, et en répandant le sang de son cœur comme expiation pour leurs péchés. Le mot hébreu pour Rédempteur, Goël, signifie premièrement « un proche parent », ou « le plus proche parent ». C’était celui à qui appartenait le droit de rachat (Nombres 35:19, 21 ; Ruth 4:1-3), et qui, en vertu de la proximité de sa parenté, était le vengeur légal du sang. Ainsi le MESSIE a pris sur lui notre nature, et, en revêtant notre chair et notre sang, il est devenu notre proche parent, afin de racheter notre héritage perdu, de nous rendre la liberté, et de venger notre cause contre Satan, l’ennemi et le meurtrier de nos âmes. Mais par là il s’est aussi rendu responsable pour nous : il devait payer nos dettes et répondre, en notre faveur, aux exigences de la justice et de la loi de Dieu. Il a rempli son engagement. Il a souffert, et il est mort pour cette cause. Mais notre Rédempteur, qui fut autrefois mort, est maintenant vivant, il vit aux siècles des siècles, et il tient les clefs de la mort et du séjour des morts (Apocalypse 1:18). C’est de lui que Job dit : Je sais qu’il est vivant (il vivait alors), bien qu’il ne dût se tenir sur la terre qu’au dernier jour. Il est le Vivant, ayant la vie en lui-même, le même hier, aujourd’hui, et éternellement (Hébreux 13:8). Tel était son propre langage aux Juifs : avant qu’Abraham fût, je suis (Jean 8:58). C’est pourquoi le Rédempteur est puissant, et sa rédemption est assurée. Il peut sauver parfaitement. Sa puissance est sans limites, et son autorité officielle de Médiateur est fondée sur une alliance ratifiée par son propre sang et par le serment du Dieu immuable (Psaumes 110:4).
II.
Mais Job emploie le langage de l’appropriation. Il dit « mon » Rédempteur. Et tout ce que nous savons, entendons ou disons de lui ne nous servira que de peu, à moins que nous n’ayons réellement et personnellement part à lui [que nous ne soyons personnellement touchés par lui] comme à notre Rédempteur. Une froide connaissance spéculative de l’Évangile, semblable à celle qu’un homme de loi a d’un testament ou d’un acte qu’il lit sans autre dessein que d’en comprendre la teneur et la portée, ne sauvera ni ne consolera l’âme. Le croyant le lit comme le testament est lu par l’héritier qui y trouve son propre nom, et qui est autorisé par cet acte à appeler siens le domaine et tous les biens qui y sont spécifiés. Il s’approprie les privilèges, et dit : « Les promesses sont à moi ; le pardon, la paix, le ciel dont je lis la description, tout cela est à moi. Ceci est le testament du Rédempteur, de mon Rédempteur. Le grand Testateur s’est souvenu de moi dans son testament, qui est confirmé et rendu valable par sa mort (Hébreux 9:16) ; c’est pourquoi je réclame humblement, et j’attends avec assurance, le bénéfice de tout ce qu’il a légué. »
Mais comment obtiendrons-nous cette consolante [rassurante] persuasion, et comment la maintiendrons-nous contre toutes les chicanes de nos ennemis, qui s’efforceront de nous contester notre droit en justice ? Il me semble avoir devant moi une occasion propice de traiter un point fort important, et mal compris de beaucoup trop de gens ; je veux dire la nature de cette assurance de l’espérance dont l’Écriture parle comme d’une chose accessible, que beaucoup de croyants ont heureusement éprouvée, et que tous sont exhortés et encouragés à rechercher, par les moyens que Dieu a établis. Mais mon plan ne me permettra de présenter sur ce sujet que quelques brèves indications.
(1.)
Beaucoup d’écrivains et de prédicateurs respectables ont considéré cette assurance comme essentielle à la vraie foi. Mais nous avons l’Écriture entre les mains, et nous ne sommes tenus de nous en rapporter à la décision d’aucun homme qu’autant qu’elle s’accorde avec cette règle. Les propriétés les plus éminentes, ou les effets attribués à la foi, sont qu’elle est agissante par la charité (Galates 5:6), qu’elle purifie le cœur (Actes 15:9), et qu’elle triomphe du monde (1 Jean 5:4). Je pense qu’il ne peut guère être nié, par ceux qui sont juges compétents en la matière, qu’il se trouve des personnes qui donnent ces preuves qu’elles sont croyantes, et qui pourtant sont loin de posséder une assurance constante. Elles espèrent qu’elles aiment le Seigneur ; mais il y a une telle disproportion entre l’exercice sensible de leur amour et la conviction qu’elles ont de leurs obligations envers lui, qu’elles craignent souvent de ne pas l’aimer souverainement ; et, s’il en est ainsi, elles savent qu’au sens de l’Écriture elles ne l’aiment pas du tout. Elles peuvent dire du fond du cœur qu’elles désirent l’aimer, mais elles n’osent aller plus loin. Mais il y a une foi faible et une foi forte ; elles diffèrent, non par la nature, mais seulement par le degré. La foi est comparée à un grain de sénevé (Matthieu 17:20), qui, sous la culture du céleste laboureur, lequel sème d’abord la semence dans le cœur, croît jusqu’à l’assurance. Mais dans son état d’enfance et de faiblesse, c’est une foi vraie et agréable. Loin de briser le roseau cassé (Ésaïe 42:3), il le fortifiera. Il n’éteindra point la mèche qui brûle encore, mais, au temps convenable, il l’attisera jusqu’à en faire une flamme.
(2.)
J’irai plus loin encore. Si j’avais à définir l’assurance dont nous parlons, je dirais peut-être que c’est, dans notre état présent, l’effet combiné de la foi et de l’ignorance . Une assurance qui ne découle pas d’une vraie foi au Fils de Dieu, opérée par l’action du Saint-Esprit, ne vaut pas mieux que la présomption. Mais je crois que ce que nous appelons l’ assurance , même lorsqu’elle est légitime, ne tient pas entièrement à la force de notre foi, mais en grande partie à ceci, que nous n’avons que des vues bien faibles et bien légères de certaines vérités qui, si nous en recevions une impression plus puissante, à moins que notre foi ne fût en même temps fortifiée en proportion [proportionnellement], pourraient bien faire chanceler et trembler l’assurance la plus ferme. Je m’explique. Supposons que j’aie le droit de vous dire que je suis assuré de ma part au salut de l’Évangile au point de n’avoir aucun doute troublant ni sur mon acceptation, ni sur ma persévérance : vous me surestimeriez fort si vous pensiez que c’est là une preuve que ma foi est très forte. Hélas ! je n’ai qu’une perception bien légère du mal du péché, de la tromperie de mon propre cœur, de la force et de la subtilité de mes ennemis spirituels, de la rigueur et de la spiritualité de la sainte loi, ou de la majesté redoutable et de la sainteté du grand Dieu à qui j’ai affaire. Si, au moment même où je vous parle, il lui plaisait d’imprimer ces réalités solennelles dans mon esprit avec une conviction et une évidence dix fois plus grandes que tout ce que j’ai connu jusqu’ici (ce qui, je le conçois, resterait encore bien loin de la vérité), à moins que ma foi ne fût aussi fortifiée par une découverte dix fois plus claire et plus puissante de la grâce et de la gloire du Sauveur, vous verriez probablement mon visage changer et ma parole s’altérer. Le Seigneur, par compassion pour notre faiblesse, nous montre ces choses peu à peu, à mesure que nous sommes capables de les porter ; et si, à mesure que nous avançons dans la connaissance de nous-mêmes et de nos dangers, notre connaissance des richesses incompréhensibles de Christ avance d’autant, nous pouvons nous réjouir en espérance, nous pouvons même posséder une espérance assurée. Mais que celui qui revêt une armure ne se glorifie pas comme celui qui la dépose (1 Rois 20:11) . Nous sommes encore en pays ennemi, et nous ne savons pas quels changements nous attendent avant que notre combat soit achevé.
(3.)
Jusqu’à quel point notre assurance est solide, on peut en juger par ses effets. Elle nous rendra certainement humbles, spirituels, paisibles et patients. J’ai pitié de ceux qui parlent avec tant de confiance de leur espérance, comme s’ils étaient hors d’atteinte des doutes et des craintes, tandis que leur humeur n’est pas sanctifiée et que leur cœur est visiblement attaché à l’amour du présent siècle. Je crains qu’ils ne sachent guère ce qu’ils disent. Je suis plus satisfait lorsque des personnes de ce caractère se plaignent de doutes et de ténèbres. Cela prouve du moins qu’elles ne sont pas dépourvues de sentiment, ni encore bercées dans un esprit de sécurité insouciante. Et il est des professants que, au lieu de chercher à les consoler dans leur état présent, je souhaiterais plutôt rendre plus défiants encore d’eux-mêmes qu’ils ne le sont, jusqu’à ce qu’ils soient convaincus qu’il est impossible de goûter une vraie paix tant que leur cœur est partagé entre Dieu et le monde. Car, bien que la sanctification ne soit pas le fondement d’une bonne espérance, elle en est le concomitant [la compagne] certain. S’il est vrai que, sans la sanctification, personne ne verra le Seigneur (Hébreux 12:14) , il doit être vrai aussi que, sans la sanctification, nul ne peut avoir une espérance scripturaire et bien fondée de le voir.
(4.)
Mais pour répondre directement à la question : « Comment saurai-je qu’il est mon Rédempteur ? », je puis emprunter les paroles du prophète : Connaissons, cherchons à connaître l’Éternel (Osée 6:3) ; c’est en cherchant à le connaître que vous le connaîtrez. Nos noms ne sont pas réellement inscrits dans la Bible, mais nos caractères y sont décrits. Il est le Rédempteur de tous ceux qui se confient en lui. Vous ne vous confierez pas en lui à moins de sentir le besoin que vous avez de lui ; vous ne le pouvez pas, à moins de le connaître tel qu’il est révélé dans la Parole ; vous ne le faites pas, à moins de l’aimer et d’être dévoué à sa cause et à son service. Si vous vous savez pécheur, digne de périr, si vous voyez qu’il n’y a pour vous ni secours ni espérance qu’en Jésus, et si vous vous hasardez sur son invitation pleine de grâce, croyant qu’il peut sauver parfaitement ; et si vous comprenez la sainteté et la délivrance du péché dans l’idée du salut auquel vous aspirez, alors il est votre Rédempteur. Si, parmi nous, un acte de grâce était publié, invitant tous les criminels à se livrer eux-mêmes, avec une promesse de pardon pour ceux qui le feraient, quoique personne ne fût nommé dans cet acte, chacun de ceux qui s’y conformeraient et s’en prévaudraient aurait pourtant droit à son bénéfice. L’Évangile est un tel acte de grâce. Le Seigneur dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le! (Marc 9:7) . Si vous l’agréez, il est à vous. Si vous êtes encore troublé par des doutes, ils tiennent à la faiblesse de votre foi. Mais il y a des moyens établis pour la croissance de la foi. Attendez patiemment le Seigneur dans l’usage de ces moyens, et vous verrez qu’il ne vous a pas dit en vain de chercher sa face. Ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres. Ne vivez pas dans l’omission d’un devoir connu. Ne vous embarrassez pas de vains raisonnements, mais croyez et obéissez, et le Seigneur sera avec vous. Il y a des cas particuliers. Il faut faire la part des effets de la constitution et du tempérament. Certaines personnes sincères sont assaillies et poursuivies, toute leur vie, par de pénibles tentations. Mais en général, la simplicité et l’obéissance conduisent à l’assurance. Et pour ceux qui écoutent le Seigneur et marchent dans la voie de ses commandements, leur force augmente pendant la marche (Psaumes 84:8) ; leur paix et leur espérance croissent comme un fleuve qui, parti de faibles commencements, coule toujours plus large et plus profond jusqu’à ce qu’il se jette dans l’océan. Mais revenons à Job : —
III.
Un autre article de son credo, touchant le Rédempteur, c’est qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Les derniers temps, ou derniers jours, désignent d’ordinaire, dans le style prophétique, le jour du MESSIE, les temps de l’Évangile. C’est vers ce temps que Job portait ses regards. Il voyait de loin les promesses. Ainsi le MESSIE était la consolation de son peuple d’autrefois, comme celui qui devait venir. Et ce doit être notre consolation, à nous, de savoir qu’il est venu. Ces mots, « il se lèvera le dernier sur la terre », peuvent comprendre toute sa manifestation dans la chair : sa vie, sa passion et sa résurrection. La manière de s’exprimer annonce quelque chose d’important et de merveilleux. Si Job, dans l’esprit de prophétie, avait parlé d’un individu quelconque de la race d’Adam, d’Ésaïe ou de Paul, il n’y aurait rien eu d’extraordinaire à prédire en disant qu’ il se tiendrait sur la terre , car tous les hommes le font dans leurs générations successives. Mais que le Rédempteur, le SEIGNEUR de gloire, le Créateur de toutes choses, daigne visiter ses créatures, habiter pour un temps avec les hommes, se tenir et marcher avec eux sur la terre, revêtu d’un corps semblable au leur, c’est là un événement qu’on n’aurait jamais pu attendre, s’il n’avait été révélé du ciel. C’était l’objet de la foi de Job, et il méritait bien la préface solennelle par laquelle il introduit sa ferme persuasion à cet égard : Oh! Je voudrais que mes paroles fussent écrites, … Je voudrais qu’avec un burin de fer et avec du plomb Elles fussent pour toujours gravées dans le roc… Lorsque Salomon eut achevé le temple de l’Éternel des armées, au lieu d’admirer la magnificence de l’édifice, il fut frappé de la condescendance du Seigneur, qui daignait [consentait par grâce à] le remarquer et l’honorer d’un symbole de sa présence. Mais quoi! Dieu habiterait-il véritablement sur la terre? Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir: combien moins cette maison que je t’ai bâtie! (1 Rois 8:27) . Mais qu’était la gloire visible qui parut dans ce temple, au prix de la gloire du Fils unique de Dieu, lorsqu’il a dressé sa tente dans notre chair ! La nature humaine de Christ est ce vrai temple, qui n’est pas construit de main d’homme, dans lequel Dieu se manifeste sur un trône de grâce, afin que les pécheurs puissent s’approcher de lui sans effroi, et recevoir de sa plénitude grâce pour grâce. Tous les prophètes lui ont rendu témoignage ; sur lui se sont fixés, dans tous les âges, le désir et l’espérance de son peuple. Il devait se tenir sur la terre, comme médiateur entre Dieu et l’homme. Et dans ce même office il est maintenant sur le Trône de gloire : il est, et il sera, admiré, adoré, et l’objet de la confiance de tout le peuple croyant, jusqu’à la fin des temps.
IV.
De l’apparition du Rédempteur sur la terre, Job conclut au rétablissement et à la résurrection de son propre corps. Ses épreuves avaient été grandes —privé de ses enfants et de ses biens, frappé d’ulcères douloureux, harcelé de tentations, accablé de reproches par ses amis : de toutes ces détresses l’Éternel, son Rédempteur, le délivra, et ses dernières années furent plus prospères que ses commencements. Mais il savait qu’il devait s’en aller par le chemin de toute la terre, que son corps devait reposer dans le tombeau et retourner à la poussière. Mais il attendait un temps à venir, après sa dissolution, où, dans sa chair, pour lui-même, et de ses propres yeux, il verrait Dieu. Les expressions sont fortes et répétées. Il ne parle pas le langage de l’hésitation et du doute, mais celui de la confiance et de la certitude. Il apparaît aussi qu’il plaçait son bonheur suprême dans la vue de Dieu. Ses paroles ne sont pas très différentes de celles de l’apôtre : nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est (1 Jean 3:2) . Contempler la gloire de Dieu comme notre Rédempteur, être dans un état de faveur et de communion avec lui, et, selon toute la capacité de notre nature, lui être rendus conformes en sainteté et en amour : telle est la félicité que Dieu a promise, et à laquelle aspirent tous ses serviteurs. Ils en ont quelques avant-goûts dans la vie présente, qui les réjouissent dans leurs épreuves et les élèvent au-dessus des poursuites rampantes de ceux qui n’ont leur part qu’en ce monde ; mais leur principal bien est en espérance. Ils attendent une période plus lumineuse, où ils s’éveilleront du sommeil de la mort pour voir sa face dans leur innocence (Psaumes 17:15) . Alors, et pas avant, ils seront pleinement rassasiés. L’attente de Job fournit donc une preuve suffisante que les doctrines d’un état immortel et d’une résurrection pour la vie étaient comprises dans les révélations que Dieu accorda à son peuple dès les temps les plus reculés ; et, par conséquent, que la religion de l’Ancien Testament et celle du Nouveau sont, en substance, la même.
La grande question que ce sujet devrait faire pénétrer en nous est celle-ci : « Sommes-nous dans ces dispositions ? » Que pensez-vous de Christ, mes chers amis ? L’avez-vous accepté comme votre Rédempteur ? Et avez-vous la bonne espérance de le voir pour votre consolation, lorsqu’il reviendra pour juger le monde ? S’il en est ainsi, vous pouvez vous réjouir. Vous devez vous attendre à des changements. Vous devez mourir, et votre chair doit devenir la pâture des vers. Mais il a promis de transformer le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses (Philippiens 3:21)
Domaine public. Texte source de l’édition originale.
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- Newton, John. “Je sais que mon Rédempteur est vivant.” Sermon. Ochorus, https://ochorus.com/fr/sermons/i-know-that-my-redeemer-liveth/.
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