Texte
Psaume 1
En bref
Méditant sur le premier Psaume, Taylor oppose la prospérité qui vient d’en bas — le succès éphémère des méchants qui déconcerte tant les serviteurs de Dieu — à la félicité de l’homme qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel. Planté près des courants d’eau, cet homme porte du fruit en sa saison, et tout ce qu’il fait réussit.
Il existe une prospérité qui n’est pas bénie : elle ne vient pas d’en haut, mais d’en bas, et elle éloigne du ciel au lieu d’y conduire. Cette prospérité des méchants est souvent une amère perplexité pour les serviteurs de DIEU ; ils ont besoin qu’on leur rappelle cette exhortation : « Ne t’irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l’homme qui vient à bout de ses mauvais desseins. » Bien d’autres que le psalmiste ont porté envie aux insensés en voyant la prospérité des méchants, et ont été tentés de demander : « Comment le Très-Haut connaîtrait-il ? » Tant que Satan demeure le DIEU de ce monde et qu’il a le pouvoir de faire prospérer ses adeptes, cette source de perplexité subsistera toujours pour ceux qui n’entrent pas dans le sanctuaire et ne considèrent pas la fin dernière de l’homme du monde.
Et ce ne sont pas seulement les impies qui sont tentés par l’offre d’une prospérité venue d’en bas. Notre SAUVEUR lui-même fut ainsi tenté par l’ennemi juré. On dit à CHRIST que tout ce qu’il désirait accomplir pour les royaumes de ce monde pouvait s’obtenir par un chemin plus facile que la croix — un léger compromis avec celui qui détenait le pouvoir et pouvait dispenser les royaumes, et tout serait à lui. Les ruses mensongères du séducteur furent aussitôt repoussées par notre SEIGNEUR ; mais de telles ruses ne sont pas aussi inefficaces auprès de beaucoup de ses enfants : un peu de calcul plutôt que la voie pour laquelle la conscience plaide ; un peu de manque d’intégrité dans les affaires ; un peu de compromis avec les manières du monde, suivi d’une prospérité qui n’apporte aucune bénédiction — voilà qui prouve souvent que les artifices de l’ennemi sont toujours les mêmes.
Mais, grâce à DIEU ! Il existe une vraie prospérité qui vient de Lui et conduit à Lui. Non seulement elle s’accorde avec une parfaite intégrité et une sainteté sans compromis du cœur et de la vie, mais elle ne peut être atteinte sans elles, et en jouir tend à les approfondir. Cette prospérité divine est le dessein de DIEU pour tout croyant, dans tout ce qu’il entreprend ; dans les choses temporelles comme dans les choses spirituelles, dans toutes les relations et affaires de cette vie, aussi bien que dans toute œuvre pour CHRIST et pour l’éternité, c’est la volonté de DIEU pour chacun de ses enfants que « Tout ce qu’il fait lui réussit. »
Pourtant, beaucoup de ses enfants ne jouissent manifestement pas de cette bénédiction constante ; pour certains, l’échec plutôt que le succès est la règle de leur vie, tandis que d’autres, tantôt prospères et tantôt découragés, mènent une existence incertaine où l’inquiétude, et même la crainte, ne sont pas rares. Ne devrions-nous pas, chacun, nous demander d’emblée : qu’en est-il de moi ? Cette prospérité bénie est-elle mon expérience ? Suis-je à ce point conduit par l’ESPRIT dans mes actions, et à ce point béni par DIEU dans leurs résultats, que, comme son témoin, je puisse rendre témoignage à sa fidélité à cette promesse ? S’il n’en est pas ainsi pour moi, quelle en est la raison ? Laquelle des conditions requises ai-je manqué de remplir ? Puissent nos méditations sur le premier Psaume rendre ces conditions plus claires à notre esprit, et puisse la foi être rendue capable de revendiquer avec assurance tout ce que renferme cette merveilleuse promesse !
Plus littéralement : ô les bénédictions, le bonheur multiple de l’homme dont le caractère est ici décrit aux premier et deuxième versets de ce Psaume ! Il est heureux dans ce à quoi il échappe ou qu’il évite, et heureux et prospéré dans ce qu’il entreprend.
Le premier trait qui nous est donné, c’est qu’il ne marche pas selon le conseil des impies, des méchants. Remarquez-le : il n’est pas dit simplement qu’il ne marche pas selon un conseil méchant — un homme de DIEU, à l’évidence, ne le ferait pas — mais ce qui est dit, c’est qu’il « ne marche pas selon le conseil des méchants ». Or les méchants ont souvent beaucoup de sagesse mondaine et se font remarquer par leur prospérité et leur prudence ; mais l’enfant de DIEU doit toujours se tenir en garde contre leur conseil : si bon qu’il paraisse, il est plein de danger.
L’un des principaux traits des méchants, c’est que DIEU n’est pas dans toutes leurs pensées ; l’impie voit tout du point de vue de lui-même, ou, tout au plus, du point de vue de l’humanité. Sa maxime, « Prends soin du numéro un », serait excellente si elle signifiait que DIEU est le numéro un et qu’il faut toujours le placer en premier ; mais ce n’est pas ainsi qu’il l’entend : pour l’impie, le numéro un, c’est le moi et non DIEU. Le méchant conseillera souvent l’honnêteté, non parce qu’elle plaît à DIEU, mais parce qu’elle est la meilleure politique ; et si, dans telle transaction commerciale, une politique plus lucrative paraît tout à fait sûre, ceux qui n’ont été honnêtes que parce que cela rapporte le plus seront fort enclins à cesser de l’être.
L’enfant de DIEU n’a nul besoin du conseil des impies ; s’il aime et étudie la Parole de DIEU, elle le rendra plus sage que tous ces conseillers. S’il recherche et observe tout le conseil de DIEU, sous la conduite du SAINT-ESPRIT, il ne marchera pas dans les ténèbres, même pour les choses du monde. Les directions de la Parole de DIEU pourront souvent sembler étranges et peu politiques ; mais dans la mesure où il aura la foi d’obéir aux directions qu’il trouve dans l’Écriture, ne se détournant ni à droite ni à gauche, il rendra sa voie prospère, il rencontrera un vrai succès.
L’histoire des premiers Amis en Amérique, qui refusaient de prendre les armes pour se protéger des tribus indiennes sauvages, montre combien il est sûr de suivre la Parole de DIEU et de ne pas résister au mal. Et leur expérience plus tardive, lors de la récente guerre de Sécession, où aucun d’eux ne perdit la vie bien qu’exposés aux plus grands dangers et aux plus grandes épreuves parce qu’ils refusaient de combattre, confirme davantage encore la sagesse autant que la félicité d’obéir littéralement à l’Écriture. Les yeux du SEIGNEUR parcourent encore toute la terre pour se montrer puissant en faveur de ceux qui mettent en Lui leur confiance plutôt qu’aux fils des hommes. Le croyant éclairé dispose d’un conseil tellement meilleur qu’il n’a pas plus besoin du conseil des impies qu’il ne consent à l’accepter.
Et, plus encore, le sage enfant de DIEU s’assurera soigneusement du point de vue d’un frère dans la foi avant d’accorder du prix à son conseil ; car il apprend de l’Écriture et de l’expérience que Satan ne fait que trop souvent des instruments du peuple de DIEU, comme, par exemple, dans le cas de Pierre. Le Pierre stupéfait ignorait bien d’où venait son exhortation au SEIGNEUR de s’épargner ; « Arrière de moi, Satan ! » montra que notre SEIGNEUR avait rapporté ce conseil, qui ne cherchait pas d’abord le Royaume de DIEU, à sa véritable source. Hélas, le conseil des chrétiens à l’esprit mondain fait bien plus de mal que celui des méchants déclarés. Chaque fois que les intérêts supposés du moi, ou de la famille, ou du pays, ou même de l’Église ou de la mission passent en premier, nous pouvons être bien assurés de la véritable source de ce conseil : il est pour le moins terrestre ou sensuel, s’il n’est pas diabolique.
En outre, l’homme véritablement béni —
Qui se ressemble s’assemble ; la voie du pécheur ne convient pas plus au vrai croyant que la voie du croyant ne convient au pécheur. Comme témoin de son MAÎTRE, dans l’espoir de sauver les perdus, il peut aller à eux ; mais il ne dressera pas, comme Lot, sa tente du côté de Sodome, de peur d’être pris au piège comme le fut Lot, qui n’échappa que lui-même, perdant tous ceux qu’il aimait le plus, et tous ses biens. Ah ! combien de parents qui ont voltigé comme des papillons près de la flamme ont vu leurs enfants détruits par elle, sans eux-mêmes en réchapper indemnes ! Combien d’Églises et d’institutions chrétiennes qui, en cherchant à attirer les inconvertis par des appâts ou des divertissements mondains, ont elles-mêmes perdu la bénédiction de DIEU, et ont si bien perdu leur puissance spirituelle que ceux qu’elles avaient ainsi attirés n’en ont retiré aucun profit ! Au lieu de voir les morts rendus à la vie, un état de torpeur et de mort s’est glissé sur elles-mêmes.
Il n’y a besoin, ni place, d’aucun autre attrait que celui que CHRIST lui-même a donné, lorsqu’il a dit : « Et moi, quand j’aurai été élevé ... j’attirerai tous les hommes à moi. » Notre MAÎTRE fut toujours « séparé des pécheurs », et le SAINT-ESPRIT parle sans équivoque dans 2 Corinthiens vi : « Quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? ... Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, Sortez du milieu d’eux, et séparez-vous ... ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout-puissant. »
Le banc des moqueurs est l’un des dangers particuliers de notre époque. L’orgueil, la présomption et le mépris sont étroitement liés, et bien éloignés en vérité des sentiments qui étaient en CHRIST JÉSUS. Cet esprit se manifeste souvent, de nos jours, sous la forme d’une critique irrévérencieuse. Ceux qui y sont spirituellement les moins aptes se trouvent assis sur le siège du jugement, plutôt que de prendre la place de celui qui s’enquiert et qui apprend. Les Béréens d’autrefois ne rejetèrent pas avec mépris les enseignements, pour eux étranges, de l’apôtre Paul, mais sondaient chaque jour les Écritures pour voir si ces choses étaient exactes. Aujourd’hui, ma foi, les Écritures elles-mêmes sont mises en question, et les fondements mêmes de la foi chrétienne sont abandonnés par des hommes qui voudraient bien passer pour les apôtres de la pensée moderne. Que DIEU préserve son peuple d’abandonner la foi transmise aux saints une fois pour toutes, pour les chimères sans fondement et éphémères de l’heure présente !
Nous avons considéré les choses qu’évite l’homme véritablement béni. Ô, les misères et les pertes de ceux qui ne parviennent pas à les éviter ! Il nous faut maintenant nous arrêter sur les traits particuliers de l’homme de DIEU, ceux qui sont à la fois la source de sa force et son bouclier protecteur.
« Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel,
Et qui la médite jour et nuit ! »
L’homme non régénéré ne peut trouver son plaisir dans la loi du SEIGNEUR. Il peut être fort religieux, et lire la Bible comme l’un de ses devoirs religieux. Il peut admirer bien des choses dans la Bible, et en faire hautement l’éloge — car, comme simple livre, elle est le plus merveilleux du monde. Bien plus, il peut aller beaucoup plus loin encore, et s’imaginer, comme le fit Saul le persécuteur, que sa vie est réglée par ses enseignements, alors qu’il est encore loin de DIEU. Mais lorsque de tels hommes se convertissent, ils découvrent qu’ils étaient aveugles ; parmi « toutes choses » qui deviennent nouvelles, ils trouvent qu’ils ont reçu une Bible nouvelle ; et, comme des enfants nouveau-nés, ils désirent le lait pur de la Parole afin de croître par lui. Heureux les jeunes chrétiens qui sont convenablement nourris de la Parole de DIEU, et dont le goût n’est pas corrompu, ni la constitution spirituelle détruite, par le fait de se repaître des imaginations des hommes plutôt que des vérités de DIEU.
Il n’est pas difficile de découvrir ce en quoi un homme trouve son plaisir. « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. » La mère aime à parler de son enfant, l’homme politique aime à parler de politique, le savant de sa science favorite, et l’athlète de son sport. De même, le chrétien fervent et heureux manifeste son plaisir dans la Parole de DIEU ; elle est sa nourriture et sa consolation ; elle est son étude et son guide ; et à mesure que le Saint-Esprit jette une lumière nouvelle sur ses précieuses vérités, il y trouve une joie et un plaisir sans pareils. Naturellement et spontanément, il parlera souvent de ce qui est si précieux à son cœur.
Par la régénération, le croyant, devenu l’enfant de DIEU, trouve un intérêt et un enseignement nouveaux dans toutes les œuvres de DIEU. Son PÈRE les a conçues et créées, les soutient et s’en sert, et c’est pour sa gloire qu’elles existent. Mais cela est particulièrement vrai de la Parole de DIEU. Possédant la pensée de CHRIST, instruit par l’ESPRIT de CHRIST, il trouve dans chaque partie de la Parole de DIEU un témoignage rendu à la personne et à l’œuvre de son adorable Maître et Ami. La Bible se rend chère à lui de mille manières, tout en déployant la pensée et les voies de DIEU, ses relations passées avec son peuple, et ses merveilleuses révélations de l’avenir.
En étudiant ainsi la Parole de DIEU, le croyant prend conscience d’une nouvelle source de délice ; non seulement ce qui est révélé est précieux, mais la beauté et la perfection de la révélation elle-même grandissent à ses yeux. Il n’a plus besoin de preuves extérieures pour établir son inspiration ; partout elle porte l’empreinte de la Divinité. Et de même que le microscope, qui révèle la grossièreté et les défauts des œuvres de l’homme, ne fait que montrer plus pleinement la perfection des œuvres de DIEU et met au jour des beautés nouvelles et insoupçonnées, ainsi en est-il de la Parole de DIEU lorsqu’on l’examine de près.
Quel contraste remarquable ce Livre présente avec les œuvres des hommes ! La science d’hier ne vaut plus rien aujourd’hui ; mais l’histoire et les découvertes de notre époque ne font que confirmer la fiabilité de ces anciens documents sacrés. Plus notre foi en l’inspiration plénière et verbale de la sainte Parole de DIEU est forte, plus pleinement nous en faisons notre guide, et plus fidèlement nous suivons ses enseignements, plus profonde sera notre paix et plus fécond notre service. « Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, Et il ne leur arrive aucun malheur. » À mesure qu’il se convainc toujours davantage de la sagesse divine des directions et des commandements de l’Écriture, et de la fiabilité des promesses, la vie du croyant deviendra de plus en plus une vie d’obéissance et de confiance ; et ainsi il éprouvera par lui-même combien la volonté de DIEU est bonne, agréable et parfaite, ainsi que la Bible qui la révèle.
Les mots « la loi de l’Éternel », que nous comprenons comme désignant la Parole de DIEU tout entière, sont très évocateurs. Ils indiquent que la Bible a pour but de nous enseigner ce que DIEU voudrait nous voir faire ; que nous ne devrions pas seulement rechercher les promesses et tâcher d’obtenir de DIEU tout ce que nous pouvons, mais désirer bien plus ardemment savoir ce qu’il veut que nous soyons et ce que nous fassions pour Lui. Il est rapporté d’Esdras qu’il appliqua son cœur à chercher la loi de l’Éternel, afin de la mettre en pratique, et d’enseigner en Israël les lois et les ordonnances. Le résultat fut que la main de son DIEU reposa sur lui pour son bien, que les désirs de son cœur lui furent largement accordés, et qu’il devint le canal de bénédiction pour tout son peuple. Quiconque sonde les Écritures dans le même esprit recevra et communiquera la bénédiction de DIEU : il y trouvera la direction dont il a besoin pour son propre service, et bien souvent une parole opportune pour ceux avec qui il est associé.
Mais la Bible ne deviendra pas seulement pour lui la loi de l’Éternel en tant qu’elle enseigne et illustre ce que DIEU voudrait le voir être et faire, mais bien plus encore en tant qu’elle révèle ce que DIEU lui-même est et fait. De même que la loi de la gravitation nous fait connaître comment une force, sur laquelle nous pouvons toujours compter, agira dans des circonstances données, de même la loi de l’Éternel nous le fait connaître, Lui, ainsi que les principes de son gouvernement, sur lesquels nous pouvons nous appuyer avec une confiance absolue.
L’homme de DIEU se plaira aussi à discerner DIEU dans la Parole comme le grand Ouvrier, et se réjouira du privilège d’être un collaborateur avec Lui — un agent joyeux et volontaire à faire la volonté de DIEU, tout en se réjouissant de la grâce qui l’a rendu consentant, et de la puissance divine et souveraine qui agit à travers lui. La Bible lui apprendra aussi à se considérer comme un simple atome, pour ainsi dire, dans le vaste univers de DIEU ; et à voir la grande œuvre de DIEU comme un tout magnifique, poursuivie par dix mille agents ; poursuivie à travers toutes les sphères, en tout temps, et sans possibilité d’échec final — une glorieuse manifestation des perfections du grand Ouvrier ! Lui-même, et mille autres de ses compagnons de service, pourront disparaître ; mais cette pensée ne paralysera pas ses efforts, car il sait que tout ce qui a été accompli en DIEU demeurera, et que tout ce qui reste inachevé quand son œuvre à lui prend fin, le grand Ouvrier, en son temps et à sa manière, le mènera à son achèvement.
Il ne s’attend pas à tout comprendre de la grande œuvre à laquelle il a le privilège de prendre une part bénie, mais infinitésimale ; il peut se permettre d’en attendre l’achèvement, et il peut déjà, par la foi, se réjouir dans la certitude que le tout se révélera, à tous égards, digne du grand Concepteur et Exécuteur. À bon droit son plaisir est dans la loi de l’Éternel, et à bon droit il la médite jour et nuit.
Nous en venons ensuite à remarquer les promesses remarquables du troisième verset de ce Psaume — l’un des plus remarquables et des plus complets que contiennent les Écritures :
« Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau,
Qui donne son fruit en sa saison ;
Et dont le feuillage ne se flétrit point :
Tout ce qu’il fait lui réussit. »
Si nous pouvions offrir aux impies un plan mondain qui garantirait leur prospérité dans tout ce qu’ils entreprennent, avec quelle ardeur ils l’embrasseraient ! Et pourtant, lorsque DIEU lui-même révèle à son peuple un plan efficace, combien peu s’en prévalent ! Beaucoup échouent du côté négatif et ne sortent pas nettement du monde ; beaucoup échouent du côté positif et laissent d’autres devoirs ou d’autres plaisirs prendre le temps qui devrait être consacré à la lecture et à la méditation de la Parole de DIEU. Pour certains, il n’est pas du tout facile de ménager du temps pour la veille du matin, mais rien ne peut compenser sa perte. Mais n’y a-t-il pas encore une troisième catégorie de chrétiens dont l’échec tient en grande partie à ce qu’ils n’embrassent pas la promesse et ne la revendiquent pas par la foi ? De ces trois manières, l’échec peut s’introduire et les bénédictions de l’alliance peuvent être perdues.
Considérons maintenant quelles sont les bénédictions, les bonheurs multiples que la foi doit revendiquer lorsque les conditions sont remplies.
I. La stabilité. — Il sera comme un arbre (et non une simple plante annuelle), à la croissance régulière et progressive et à la fécondité croissante. Un arbre planté, et qu’on trouve toujours à sa place, non ballotté, jouet des circonstances. Les fleurs peuvent s’épanouir et passer, mais l’arbre demeure.
II. Des ressources indépendantes. — Planté près des courants d’eau. Les ressources ordinaires de la pluie et de la rosée peuvent faire défaut : ses ressources profondes et cachées, elles, ne le peuvent pas. Il ne sera pas inquiet dans l’année de la sécheresse, et aux jours de la famine il sera rassasié. Sa ressource est l’eau vive — l’ESPRIT de DIEU — le même hier, aujourd’hui et éternellement : aussi ne dépend-il d’aucune source intermittente.
III. Une fécondité opportune. — Le lecteur attentif de l’Écriture remarquera le parallélisme entre l’enseignement du premier Psaume et celui de notre SEIGNEUR dans l’Évangile de Jean, où, au sixième chapitre, il nous est enseigné que celui qui se nourrit de CHRIST demeure en Lui, et, au quinzième, que celui qui demeure porte beaucoup de fruit. Nous nous nourrissons de CHRIST, le VERBE incarné, par la Parole écrite. De même, dans ce Psaume, celui qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel et la médite jour et nuit donne son fruit en sa saison.
Il y a là quelque chose de beau. Une parole dite en son temps, comme elle est bonne ! comme un regard opportun même saura encourager ou retenir, reprendre ou consoler ! La promesse rappelle celles de Jean au sujet de l’eau vive que boivent ceux qui ont soif : non seulement ils sont désaltérés, mais ils deviennent des canaux d’où coulent sans cesse des fleuves d’eau vive, afin que d’autres assoiffés, à leur heure de besoin, y trouvent un rafraîchissement opportun. Mais l’image du Psaume n’est pas celle d’une eau qui coule à travers nous comme par un canal ; c’est celle du fruit, le produit même de notre propre vie transformée — une vie d’union avec CHRIST.
Il est si plein de grâce, notre DIEU, de ne pas agir à travers nous d’une manière purement mécanique, mais de faire de nous des sarments de la vraie Vigne, les organes mêmes par lesquels son fruit est produit. Nous ne sommes donc pas des ouvriers indépendants, car il y a une différence fondamentale entre le fruit et l’ouvrage. L’ouvrage est le produit de l’effort ; le fruit, celui de la vie. Un homme mauvais peut faire un bon ouvrage, mais un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits. Le résultat de l’ouvrage n’est pas reproducteur, tandis que le fruit a sa semence en lui-même. L’ouvrier doit chercher ses matériaux et ses outils, et souvent s’atteler à sa tâche avec une pénible persévérance. Le fruit de la Vigne est le produit joyeux, libre et spontané de la vie intérieure ; et il se forme, grandit et mûrit en sa propre saison.
Et quel est le fruit que le croyant doit porter ? Ne peut-il s’exprimer d’un seul mot : la ressemblance à CHRIST ? Il est intéressant de remarquer que l’Écriture ne parle pas des fruits de l’ESPRIT, au pluriel, comme si nous pouvions choisir parmi les grâces nommées, mais du fruit, au singulier, qui est une riche grappe composée d’amour, de joie, de paix, de patience, etc. Quelle bénédiction que de porter un tel fruit en sa saison !
IV. Une vigueur continue. — « Et dont le feuillage ne se flétrit point. » Sous notre propre climat, bien des arbres parviennent à conserver leur vie tout au long de l’hiver, sans pouvoir garder leurs feuilles. Le rustique arbre à feuillage persistant, lui, non seulement vit, mais manifeste sa vie, et d’autant plus visiblement à cause des branches dénudées alentour. La vie qui l’habite est trop forte pour redouter le jour raccourci, la bise glaciale ou la neige qui tombe. Ainsi en est-il de l’homme de DIEU dont la vie est entretenue par une communion cachée à travers la Parole ; l’adversité ne fait que révéler la force et la réalité de la vie intérieure.
La feuille de l’arbre n’est pas un simple ornement. Si la racine nous suggère la puissance réceptrice, en ce qu’elle tire du sol la sève stimulante sans laquelle la vie ne pourrait se maintenir, les feuilles ne nous rappellent pas moins la grâce de donner et de purifier. Elles communiquent à l’atmosphère une humidité bienfaisante ; elles offrent au voyageur une ombre rafraîchissante, et elles purifient l’air empoisonné par les exhalaisons de la vie animale.
L’arbre, lui aussi, est bien récompensé de tout ce qu’il livre par ses feuilles. La sève ténue et stimulante qui vient de la racine, et qui ne saurait à elle seule édifier l’arbre, s’épaissit en rendant son humidité, et par les feuilles s’approprie le carbone de l’atmosphère. Ainsi enrichie, la sève repart à travers l’arbre et l’édifie, jusqu’à ce que les plus infimes radicelles soient autant nourries par les feuilles que celles-ci sont alimentées par les racines. Laissez un arbre dépouillé de ses feuilles assez longtemps, et il mourra à coup sûr. De même, à moins que le croyant ne donne autant qu’il reçoit, purifiant sa vie et son influence, il ne peut ni croître ni maintenir convenablement sa propre vitalité. Mais celui qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel et la médite jour et nuit — son feuillage ne se flétrira point.
V. Une prospérité constante. — « Tout ce qu’il fait lui réussit. » Quelle promesse pourrait aller au-delà de celle-ci ? C’est le privilège de l’enfant de DIEU de voir la main de DIEU dans toutes ses circonstances et tout son entourage, et de servir DIEU dans toutes ses occupations et tous ses devoirs. Qu’il mange ou qu’il boive, qu’il travaille ou qu’il se repose, qu’il parle ou qu’il se taise ; dans toutes ses occupations, spirituelles, domestiques ou séculières, il est pareillement le serviteur de DIEU. Rien de ce qui lui est permis n’est trop petit pour offrir une occasion de glorifier DIEU ; des devoirs en eux-mêmes insignifiants ou fastidieux deviennent élevés et glorifiés lorsque le croyant reconnaît le pouvoir qu’il a, par eux, de réjouir et de satisfaire le cœur aimant de son MAÎTRE toujours attentif. Et celui qui, en toutes choses, se reconnaît comme le serviteur de DIEU peut compter sur une suffisance venant de DIEU pour toute espèce de besoin, et se tourner avec une attente confiante vers DIEU pour qu’il le fasse vraiment prospérer en tout ce qu’il fait.
Mais cette prospérité ne sera pas toujours apparente, sinon à l’œil de la foi. Lorsque Chorazin et Bethsaïda rejetèrent le message de notre SEIGNEUR, il fallut l’œil de la foi pour se réjouir en esprit et dire : « Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. » Sans doute les légions de l’enfer se réjouirent-elles en voyant le SEIGNEUR de gloire cloué à l’arbre maudit ; et pourtant nous savons que jamais notre bienheureux SEIGNEUR ne fut plus prospéré que lorsque, comme notre souverain sacrificateur, il s’offrit lui-même en sacrifice expiatoire pour nous, et porta nos péchés en son propre corps sur le bois. Comme alors, ainsi maintenant : le chemin de la vraie prospérité passera souvent par la plus profonde souffrance ; les disciples de CHRIST peuvent bien se contenter du chemin qu’il a foulé.
Mais quoique cette prospérité puisse ne pas être immédiatement apparente, elle sera toujours réelle, et devrait toujours être revendiquée par la foi. Le pasteur dans son église, le missionnaire parmi les païens, le marchand à son comptoir, la mère dans son foyer, l’ouvrier dans son travail, chacun peut pareillement la revendiquer. Ce n’est pas en vain qu’il est écrit : « Tout ce qu’il fait lui réussit. »
VI. Enfin, remarquons que ces promesses sont toutes au mode indicatif et, pourvu que les conditions soient remplies, sont absolues. Il n’y a en elles aucun « peut-être ». Et, de plus, elles sont faites à des croyants individuels. Si d’autres croyants échouent, celui qui les accepte n’échouera pas ; la parole est : « Tout ce qu’il fait lui réussit. »
Il n’est pas nécessaire de s’attarder longuement sur le contraste. Les impies ne peuvent goûter le bonheur de l’enfant de DIEU, car ils ne peuvent en remplir les conditions. Ils ne peuvent ni ne désirent éviter le conseil, la société ou les voies de leurs propres semblables ; et il leur manque ce discernement spirituel qui est indispensable pour trouver son plaisir dans la Parole de DIEU. Au lieu d’être pleins de vie, comme le grain tendre, ils deviennent durs et secs ; et le même soleil qui mûrit l’un prépare l’autre à la destruction. Au lieu d’être « plantés », le vent les emporte ; et Celui qui prend plaisir à la voie de son peuple fait périr la voie des impies.
Questions pour la réflexion
- Quelle distinction Taylor établit-il entre deux sortes de prospérité ?
- « Il existe une prospérité qui n’est pas bénie : elle ne vient pas d’en haut, mais d’en bas », et elle « éloigne… du ciel » — la prospérité même que Satan offrit à Christ. Mais « il existe une vraie prospérité qui vient de Lui », inséparable d’« une parfaite intégrité et une sainteté sans compromis du cœur et de la vie ».
- Pourquoi Taylor met-il en garde contre « le conseil des impies », même lorsqu’il paraît sage ?
- Parce que, chez les impies, « DIEU n’est pas dans toutes ses pensées » ; ils ne conseillent l’honnêteté que parce qu’« elle est la meilleure politique », non pour plaire à Dieu. Et puisque Satan « fait des instruments du peuple de DIEU » (comme avec Pierre), « le conseil des chrétiens à l’esprit mondain fait bien plus de mal que celui des méchants déclarés ».
- Quelles bénédictions Taylor tire-t-il de l’arbre « planté près des courants d’eau » ?
- La stabilité (un arbre, et non « une simple plante annuelle »), des ressources indépendantes (l’eau vive lorsque les sources ordinaires font défaut), une fécondité opportune (la ressemblance à CHRIST, « le produit même de notre propre vie transformée »), une vigueur continue (« Et dont le feuillage ne se flétrit point »), et une prospérité constante — « Tout ce qu’il fait lui réussit. »
- Quelle différence Taylor établit-il entre le « fruit » et l’« ouvrage » ?
- « L’ouvrage est le produit de l’effort ; le fruit, celui de la vie. Un homme mauvais peut faire un bon ouvrage, mais un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits. » Le fruit est « le produit joyeux, libre et spontané de la vie intérieure » ; nous ne sommes « pas… des ouvriers indépendants », mais « des sarments de la vraie Vigne, les organes mêmes par lesquels son fruit est produit ».
Domaine public. Texte source de l’édition originale.