Jusqu’à ce qu’il vienne
Le croyant n’est pas orphelin

Chapitre 19 · 25 min de lecture

Le croyant n’est pas orphelin

LE CROYANT N’EST PAS ORPHELIN. « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. »—Jean 14:18.

LE CROYANT N’EST PAS ORPHELIN.

VOUS remarquerez que le mot est bien celui-là, comme le porte la marge: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » Privés de notre Seigneur Jésus-Christ, les disciples étaient comme des enfants qui ont perdu leurs parents. Pendant les trois années qu’il avait passées avec eux, il avait résolu toutes leurs difficultés, porté tous leurs fardeaux et pourvu à tous leurs besoins. Chaque fois qu’une affaire était trop difficile ou trop lourde pour eux, ils la lui apportaient. Quand leurs ennemis étaient bien près de les vaincre, Jésus venait à leur secours et renversait le cours du combat. Tant que le Maître était avec eux, ils étaient tous heureux et en sûreté; il marchait au milieu d’eux comme un père au milieu d’une nombreuse famille, et réjouissait toute la maison. Mais voici qu’il allait leur être enlevé par une mort infâme, et ils pouvaient bien sentir qu’ils seraient comme de petits enfants privés de leur protecteur naturel et bien-aimé. Notre Sauveur connaissait la crainte qui était dans leur cœur, et avant même qu’ils pussent l’exprimer, il la dissipa en leur disant: « Vous ne resterez pas seuls dans ce monde sauvage et désert; bien que je sois absent dans la chair, je serai pourtant présent avec vous d’une manière plus efficace; je viendrai à vous spirituellement, et vous tirerez de ma présence spirituelle plus de bien encore que vous n’en auriez reçu de ma présence corporelle, si j’étais resté au milieu de vous. »

Remarquez d’abord qu’il y a ici un mal écarté: « Je ne vous laisserai pas orphelins »; et, en second lieu, qu’il y a ici une consolation accordée: « Je viendrai à vous. »

I. D’abord, voici un mal écarté.

Sans leur Seigneur, les croyants seraient, en dehors du Saint-Esprit, comme les autres orphelins, malheureux et désolés. Quoi qu’on leur donnât, rien n’aurait pu compenser leur perte. Aucune quantité de lampes ne peut remplacer l’absence du soleil; elles ont beau flamboyer, il fait toujours nuit. Aucun cercle d’amis ne peut remplacer pour une femme en deuil la perte de son mari; sans lui, elle est toujours veuve. De même, sans Jésus, il est inévitable que les saints soient comme des orphelins; mais Jésus a promis dans notre texte que nous ne le serons pas; la seule et unique chose qui puisse ôter cette épreuve, il déclare qu’elle sera nôtre: « Je viendrai à vous. »

Or souvenez-vous qu’un orphelin est un enfant dont le père ou la mère est mort. C’est déjà là, en soi, une grande douleur, n’y en eût-il point d’autre. Ce père chéri, tant aimé, a été soudain terrassé par la maladie; on l’a veillé avec angoisse; on l’a soigné avec une sollicitude assidue; mais il a expiré. Cet œil plein d’amour s’est fermé pour eux dans les ténèbres. Cette main active ne travaillera plus pour la famille. Ce cœur et cet esprit ne sentiront et ne penseront plus pour eux. Le père dort sous l’herbe verte, et chaque fois que l’enfant contemple ce petit tertre, son cœur se gonfle de chagrin. Bien-aimés, nous ne sommes pas orphelins en ce sens-là, car notre Seigneur Jésus n’est pas mort. Il est vrai qu’il est mort, car « un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau », preuve certaine que le péricarde avait été percé et que la source de la vie avait été rompue. Il est mort, c’est certain, mais il n’est plus mort maintenant. N’allez pas le chercher au tombeau. Des voix d’anges disent: « Il n’est point ici; il est ressuscité. » Il n’était pas possible qu’il fût retenu par les liens de la mort. Nous n’adorons pas un Christ mort, et nous ne pensons même plus à lui comme à un cadavre. Ce tableau accroché au mur, que peignent et adorent les catholiques romains, représente le Christ mort; mais oh! qu’il est bon de penser à Christ comme vivant, demeurant dans une existence réelle et vraie, non pas moins vivant parce qu’il est mort, mais d’autant plus véritablement plein de vie qu’il a franchi les portes du tombeau et qu’il règne maintenant pour toujours. Voyez donc, chers amis, la racine amère du chagrin de l’orphelin nous est ôtée, car notre Jésus n’est pas mort maintenant. Aucun mausolée ne renferme ses cendres, aucune pyramide n’ensevelit son corps, aucun monument ne marque le lieu de son sépulcre définitif.

« Il vit, le grand Rédempteur vit,

Quelle joie cette assurance nous rend! »

Nous ne sommes pas orphelins, car « le Seigneur est réellement ressuscité ».

L’orphelin connaît une vive douleur qui découle de la mort de son père, à savoir qu’il est laissé seul. Il ne peut plus faire appel à la sagesse du père qui savait le diriger. Il ne peut plus courir, comme autrefois quand il était las, grimper sur les genoux paternels. Il ne peut plus appuyer sa tête douloureuse sur le sein paternel. « Père! » peut-il dire, mais aucune voix ne répond. « Maman! » peut-il crier, mais ce tendre nom, qui réveillerait la mère si elle dormait, ne peut la tirer du lit de la mort. L’enfant est seul, seul quant à ces deux cœurs qui étaient ses meilleurs compagnons. Le père et celle qui l’aimait sont partis. Les petits savent ce que c’est que d’être délaissés et abandonnés. Mais il n’en est pas ainsi de nous; nous ne sommes pas orphelins. Il est vrai que Jésus n’est pas ici dans son corps, mais sa présence spirituelle est tout aussi bénie que l’aurait été sa présence corporelle. Bien plus, elle est meilleure; car à supposer que Jésus-Christ fût ici en personne, vous ne pourriez pas tous venir toucher le bord de son vêtement,—pas tous à la fois, en tout cas. Il pourrait y avoir des milliers de gens, dans le monde entier, attendant de lui parler; mais comment tous pourraient-ils l’atteindre, s’il était ici seulement dans son corps? Vous pourriez tous désirer lui dire quelque chose, mais dans son corps il ne pourrait recevoir qu’un ou deux d’entre vous à la fois.

Mais en esprit, nul besoin de quitter votre banc, nul besoin de dire un mot; Jésus entend parler vos pensées, et il pourvoit au même instant à tous vos besoins. Nul besoin de jouer des coudes pour arriver jusqu’à lui parce que la foule est grande, car il est aussi près de moi que de vous, et aussi près de vous que des saints d’Amérique ou des îles des mers du Sud. Il est présent partout, et tous ses bien-aimés peuvent s’entretenir avec lui. Vous pouvez lui dire en ce moment même les douleurs que vous n’osez confier à personne d’autre. Vous sentirez qu’en les lui déclarant, vous ne les avez pas soupirées au vent, mais qu’une Personne réelle vous a entendus, quelqu’un d’aussi réel que si vous pouviez serrer sa main, voir le regard aimant qui jaillit de ses yeux et remarquer le changement compatissant de son visage.

N’en est-il pas ainsi pour vous, enfants d’un Sauveur vivant? Vous savez qu’il en est ainsi; vous avez un ami plus attaché qu’un frère. Vous avez quelqu’un de proche et de cher qui, au cœur de la nuit, est dans votre chambre, et qui, dans le poids et la chaleur du jour, est dans le champ de votre labeur. Vous n’êtes pas orphelins: l’« Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » est avec vous; votre Seigneur est ici; et, comme un homme que sa mère console, ainsi Jésus vous console.

L’orphelin a aussi perdu la main bienveillante qui veillait toujours à ce que la nourriture et le vêtement fussent fournis, que la table fût bien garnie et que la maison fût tenue dans l’aisance. Pauvre petit être sans force, qui pourvoira à ses besoins? Son père est mort, sa mère n’est plus: qui prendra soin maintenant du petit vagabond? Mais il n’en est pas ainsi de nous. Jésus ne nous a pas laissés orphelins; le soin qu’il prend de son peuple n’est pas moindre aujourd’hui qu’au temps où il était à table avec Marie, Marthe et Lazare, que « Jésus aimait ». Loin que les provisions soient moindres, elles sont même plus abondantes; car depuis que le Saint-Esprit nous a été donné, nous avons une nourriture plus riche et nous sommes plus comblés de consolations spirituelles que ne l’étaient les croyants avant que la présence corporelle du Maître se fût retirée. Vos âmes ont-elles faim ce soir? Jésus vous donne le pain du ciel. Avez-vous soif ce soir? Les eaux du rocher ne cessent pas de couler.

« Venez, dites vos besoins, vos fardeaux. »

Vous n’avez qu’à faire connaître vos besoins pour qu’il y soit entièrement pourvu; Christ attend pour faire grâce au milieu de cette assemblée. Il est ici avec sa main d’or, ouvrant cette main pour pourvoir aux besoins de toute âme vivante. « Oh! dit l’un, je suis pauvre et indigent. » Poursuivez la citation: « Mais le Seigneur pense à moi. » « Ah! dit un autre, trois fois j’ai prié le Seigneur d’éloigner de moi une écharde dans la chair. » Souvenez-vous de ce qu’il a dit à Paul: « Ma grâce te suffit. » Vous n’êtes pas laissés sans la force dont vous avez besoin. Le Seigneur est toujours votre berger. Il pourvoira à vos besoins jusqu’à ce qu’il vous conduise à travers la sombre vallée de la mort, et qu’il vous amène dans les pâturages resplendissants sur les sommets de la gloire. Vous n’êtes pas dénués de tout; vous n’avez pas besoin de mendier un asile auprès d’un monde impie en vous pliant à ses exigences ou en vous fiant à ses vaines promesses, car Jésus ne vous délaissera jamais et ne vous abandonnera jamais.

L’orphelin est aussi privé de l’instruction qui convient le mieux à un enfant. On dira ce qu’on voudra, personne n’est aussi apte que le père ou la mère à former le caractère d’un enfant. C’est une bien triste perte pour un enfant que d’avoir perdu son père ou sa mère dans ses premières années; car le précepteur le plus habile, bien qu’il puisse faire beaucoup, et même, par la bénédiction de Dieu, énormément, n’est qu’un pis-aller, et ne compense qu’à moitié l’ordonnance première de la Providence, selon laquelle l’amour des parents doit façonner l’esprit de l’enfant. Mais, chers amis, nous ne sommes pas orphelins; nous qui croyons en Jésus, nous ne sommes pas laissés sans éducation. Jésus lui-même n’est pas ici, c’est vrai. J’ose dire que certains d’entre vous voudraient pouvoir venir, le jour du Seigneur, l’écouter lui-même! Ne serait-il pas doux de lever les yeux vers cette chaire, d’y voir le Crucifié et de l’entendre prêcher? Ah! c’est ce que vous pensez; mais l’apôtre dit: « Si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. »

C’est pour votre plus grand profit que vous receviez l’Esprit de vérité, non par le vase d’or de Christ présent ici en personne, mais par les pauvres vases de terre d’humbles serviteurs de Dieu comme nous. Du reste, que ce soit nous qui parlions, ou un ange du ciel, peu importe celui qui parle; c’est l’Esprit de Dieu seul qui est la puissance de la Parole, et qui rend cette Parole vivante et vivifiante pour vous. Or vous avez l’Esprit de Dieu. Le Saint-Esprit est donné de telle sorte qu’il n’y a pas une seule vérité que vous ne puissiez comprendre. Vous pouvez être conduits dans les mystères les plus profonds par son enseignement. Vous pouvez être amenés à connaître et à saisir ces points épineux de la Parole de Dieu qui vous ont jusqu’ici embarrassés. Vous n’avez qu’à lever humblement les yeux vers Jésus, et son Esprit vous enseignera encore. Je vous le dis: même si vous êtes pauvres et ignorants, et si peut-être vous savez à peine lire un mot de la Bible, vous pouvez malgré tout être mieux instruits des choses de Dieu que les docteurs en théologie, si vous allez au Saint-Esprit et vous laissez enseigner par lui. Ceux qui ne vont qu’aux livres et à la lettre, et sont enseignés par les hommes, peuvent être des insensés aux yeux de Dieu; mais ceux qui vont à Jésus, s’assoient à ses pieds et demandent à être enseignés par son Esprit, seront rendus sages à salut. Béni soit Dieu, ils ne sont pas rares parmi nous, ceux de cette sorte. Nous ne sommes pas laissés orphelins; nous avons toujours un Maître avec nous.

Il est un point sur lequel l’orphelin se voit souvent douloureusement rappeler sa condition d’orphelin: c’est qu’il lui manque un défenseur. Il est si naturel aux petits enfants, quand un grand garçon les tourmente, de dire: « Je vais le dire à mon père! » Combien de fois ne l’avons-nous pas dit nous-mêmes, et combien de fois ne l’avons-nous pas entendu depuis de la bouche des petits: « Je vais le dire à maman! » Parfois, ne plus pouvoir le faire est une perte bien plus cruelle que nous ne pouvons l’imaginer. Des hommes durs et cruels ont arraché à des orphelins le peu que l’amour d’un père leur avait laissé; et au tribunal, il ne s’est trouvé aucun défenseur pour protéger les biens de l’orphelin. Si le père avait été là, l’enfant aurait eu ses droits; à peine quelqu’un aurait-il osé y porter atteinte; mais, en l’absence du père, l’orphelin est dévoré comme du pain, et les méchants de la terre engloutissent son bien. En ce sens, les saints ne sont pas orphelins. Le diable nous dépouillerait de notre héritage s’il le pouvait, mais nous avons un avocat auprès du Père, qui plaide pour nous. Satan voudrait nous arracher chaque promesse et nous ravir toutes les consolations de l’alliance; mais nous ne sommes pas orphelins, et lorsqu’il nous intente un procès, pensant que nous sommes seuls à nous défendre dans l’affaire, il se trompe, car nous avons un avocat là-haut. Christ intervient et plaide pour nous, lui l’ami des pécheurs; et quand il plaide à la barre de la justice, il n’y a pas à craindre que sa plaidoirie reste sans effet: notre héritage sera en sûreté. Il ne nous a pas laissés orphelins.

Maintenant, sans beaucoup de paroles, je voudrais vous faire sentir, à vous qui aimez le Maître, combien c’est une pensée précieuse que vous ne soyez pas seuls en ce monde; que, si vous n’avez pas d’amis sur la terre, si vous n’avez personne à qui confier vos soucis, si vous êtes entièrement seuls quant aux amis visibles, Jésus pourtant est avec vous, réellement avec vous, concrètement avec vous, capable de vous secourir et prêt à le faire, et que vous avez un Protecteur bon et bienveillant tout près de vous en ce moment même; car Christ l’a dit: « Je ne vous laisserai pas orphelins. »

II. En second lieu, une consolation nous est ménagée. Voici le remède qui écarte ce malheur; notre Seigneur Jésus a dit: « Je viendrai à vous. »

Qu’est-ce que cela veut dire? D’après le contexte, cela ne signifie-t-il pas: « Je viendrai à vous par mon Esprit »? Bien-aimés, nous ne devons pas confondre les Personnes de la Divinité. Le Saint-Esprit n’est pas le Fils de Dieu; Jésus, le Fils de Dieu, n’est pas le Saint-Esprit.

Ce sont deux Personnes distinctes de l’unique Divinité. Et pourtant il y a entre elles une si merveilleuse unité, et le bienheureux Esprit agit si admirablement comme le Vicaire de Christ, qu’il est tout à fait juste de dire que, lorsque l’Esprit vient, Jésus vient aussi; et « Je viendrai à vous » signifie: « Moi, par mon Esprit, qui prendra ma place et me représentera, je viendrai être avec vous. » Voyez donc, chrétien: vous avez le Saint-Esprit en vous et avec vous pour être le Représentant de Christ. Christ est avec vous maintenant, non pas en personne, mais par son Représentant,—un Représentant efficace, tout-puissant, divin, éternel, qui tient la place de Christ, et qui est pour vous comme Christ lui-même, par sa présence dans vos âmes. Parce que vous avez ainsi Christ par son Esprit, vous ne pouvez pas être orphelins, car l’Esprit de Dieu est toujours avec vous. C’est une vérité délicieuse que l’Esprit de Dieu habite toujours dans les croyants;—non pas quelquefois, mais toujours. Il n’est pas toujours agissant dans les croyants, et il peut être attristé au point que sa présence sensible soit entièrement retirée, mais sa présence secrète demeure toujours. Pas un seul instant l’Esprit de Dieu ne s’éloigne tout à fait d’un croyant. Le croyant mourrait spirituellement si cela pouvait arriver, mais cela ne se peut, car Jésus a dit: « Car je vis, et vous vivrez aussi. » Même quand le croyant pèche, le Saint-Esprit ne se retire pas complètement de lui, mais il est encore en lui pour lui faire ressentir la douleur du péché où il est tombé. Les prières du croyant prouvent que le Saint-Esprit est toujours en lui. « Ne me retire pas ton esprit saint », telle fut la prière d’un saint qui était tombé bien honteusement, mais en qui l’Esprit de Dieu avait encore sa demeure, malgré toute la souillure de sa faute et de son péché.

Mais, bien-aimés, en plus de cela, Jésus-Christ, par son Esprit, fait à son peuple des visites d’un genre particulier. Le Saint-Esprit devient merveilleusement actif et puissant en certains temps de rafraîchissement. Nous sentons alors tout spécialement, et avec joie, sa puissance divine. Son influence se répand dans chaque chambre de notre être, et inonde notre âme ténébreuse de ses rayons glorieux, comme le soleil quand il brille dans sa force. Oh! que cela est délicieux! Nous l’avons parfois éprouvé à la table du Seigneur. Mon âme soupire après le moment de m’asseoir avec vous à cette table, car je me souviens de bien des heures heureuses où les emblèmes du pain et du vin ont soutenu ma foi, et ont allumé les affections de mon âme en une flamme céleste. Je suis tout aussi certain qu’à la réunion de prière, sous la prédication de la Parole, dans la méditation solitaire, et en sondant les Écritures, nous pouvons dire que Jésus-Christ est venu à nous. Quoi! n’avez-vous aucune montagne de Mitsear dont vous souveniez?—

« Nulle visite au Thabor à raconter,

Quand vous étiez avec lui sur la sainte montagne »?

Oh! si! quelques-unes de ces heures bénies ont laissé leur empreinte dans notre mémoire, si bien qu’à nos pensées de mourants se mêlera le souvenir de ces temps bénis où Jésus-Christ s’est fait connaître à nous, et non au monde. Oh! être enveloppés de ce vêtement de pourpre, étroitement serrés “contre son côté ouvert”! Oh! mettre notre doigt dans la marque des clous, et avancer notre main dans son côté! Nous savons ce que cela veut dire, par expérience.

« Tendre Berger de ton petit troupeau,

Renouvelle ici tes bontés d’autrefois. »

Permets-nous d’éprouver encore une fois la vérité de la promesse: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » Et maintenant, pour rassembler les quelques pensées que j’ai exprimées, laissez-moi vous rappeler, chers amis, que chaque mot du texte est instructif: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » Remarquez ce « je », là, par deux fois. « Je ne vous laisserai pas orphelins; un père et une mère peuvent vous laisser, mais moi, non; des amis autrefois chéris peuvent devenir des cœurs de pierre, mais moi, non; Judas peut jouer le traître, et Achitophel peut trahir son David, mais moi, je ne vous laisserai pas orphelins. Vous avez eu bien des déceptions, de grandes douleurs à briser le cœur, mais je ne vous en ai jamais causé aucune; moi,—le témoin fidèle et véritable, l’immuable, l’invariable Jésus, le même hier, aujourd’hui, et éternellement,—je ne vous laisserai pas orphelins; je viendrai à vous. » Saisissez ce mot « je », et que vos âmes disent: « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; si tu avais dit: “Je t’enverrai un ange”, c’eût été une grande miséricorde; mais que dis-tu? “Je viendrai à toi”? Si tu avais ordonné à quelques-uns de mes frères de venir me dire une parole de consolation, j’en aurais été reconnaissant; mais tu l’as dit ainsi, à la première personne: “Je viendrai à vous.” O mon Seigneur, que dirai-je, que ferai-je, sinon ressentir après toi une faim et une soif que rien ne rassasiera jusqu’à ce que tu accomplisses ta propre parole: “Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous” »?

Remarquez ensuite les personnes à qui elle est adressée: « Je ne vous laisserai pas orphelins, toi, Pierre, qui me renieras; toi, Thomas, qui douteras de moi; je ne vous laisserai pas orphelins. » O vous qui êtes si petits en Israël que vous pensez parfois qu’il est dommage que votre nom figure seulement dans le registre de l’Église, parce que vous vous sentez si misérables, si indignes, il ne vous laissera pas orphelins, pas même vous! « O Seigneur, dis-tu, si tu prenais soin du reste de tes brebis, je te bénirais pour ta tendresse envers elles; mais moi,—moi, je mérite d’être délaissé; si j’étais abandonné de toi, je ne pourrais pas t’en blâmer, car je me suis prostitué loin de ton amour; et pourtant tu dis: “Je ne vous laisserai pas.” » Héritier du ciel, ne perdez pas votre part de cette promesse. Je vous en prie, dites: « Seigneur, viens à moi; et quand bien même tu rafraîchirais tous mes frères, Seigneur, rafraîchis-moi aussi de quelques gouttes de ton amour; O Seigneur, remplis la coupe pour moi; mon esprit altéré soupire après elle.

« “J’ai soif, je défaille, je meurs d’éprouver

La grandeur de l’amour rédempteur,

L’amour de Christ pour moi.”

Maintenant, Seigneur, accomplis ta parole envers ton indigne servante, tandis que je me tiens comme Anne en ta présence. Viens à moi, ton serviteur, indigne de lever même les yeux vers le ciel, et qui n’ose dire que ceci: “O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.” Accomplis ta promesse, même envers moi: “Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.” »

Prenez celui des mots que vous voudrez: chacun d’eux étincelle et jette des feux de cette manière. Remarquez aussi la richesse et la plénitude du texte: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » Il ne promet pas: « Je vous enverrai une grâce qui sanctifie, ou une miséricorde qui soutient, ou une précieuse miséricorde »; mais il dit ce qui seul peut vous empêcher d’être orphelins: « Je viendrai à vous. » Ah! Seigneur, ta grâce est douce, mais tu es meilleur qu’elle. La vigne est bonne, mais les grappes sont meilleures. C’est bien assez d’avoir un don de ta main, mais oh! toucher la main elle-même! C’est bien assez d’entendre les paroles de tes lèvres, mais oh! baiser ces lèvres, comme l’épouse le fit dans le Cantique, voilà qui est meilleur encore. Vous le savez, s’il y a un enfant orphelin, vous ne pouvez empêcher qu’il reste orphelin. Vous pouvez éprouver pour lui une grande bonté, pourvoir à ses besoins, et faire pour lui tout ce qui vous est possible, il n’en est pas moins orphelin. Il faut qu’il retrouve son père et sa mère, sinon il restera orphelin. Aussi notre bienheureux Seigneur, sachant cela, ne dit pas: « Je ferai ceci et cela pour vous », mais: « Je viendrai à vous. »

Ne voyez-vous pas, chers amis, qu’il y a ici, non seulement tout ce dont vous pouvez avoir besoin, mais tout ce dont vous pensez pouvoir avoir besoin, renfermé dans une seule phrase: « Je viendrai à vous »? « Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui »; de sorte que, lorsque Christ vient, en lui vient « toute plénitude ». « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité », de sorte que, lorsque Jésus vient, c’est la Divinité même qui vient au croyant.

« Tout ce que peuvent souhaiter mes vastes facultés

En toi se trouve richement réuni »;

et si tu viens à moi, cela vaut mieux que tous les dons de ton alliance. Si je t’ai, toi, j’ai tout, et plus que tout, d’un seul coup. Remarquez donc le langage et la plénitude de la promesse.

Mais je veux que vous remarquiez, en outre, la fraîcheur et la force toujours nouvelles de la promesse. Quelqu’un ici doit cinquante livres à une autre personne, et il lui remet un billet: « Je promets de vous payer cinquante livres. » Fort bien! l’homme se présente demain avec ce billet, et touche cinquante livres. Et à quoi sert le billet maintenant? Eh bien, il n’a plus aucune valeur, il est acquitté. Que diriez-vous d’avoir un billet qui resterait toujours valable? Ce serait là un présent vraiment royal. « Je promets de payer à jamais, et ce titre, fût-il payé mille fois, demeurera toujours valable. » Qui ne voudrait avoir un chèque de ce genre? Or telle est la promesse que Christ vous fait: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » La première fois qu’un pécheur regarde à Christ, Christ vient à lui. Et ensuite? Eh bien, la minute suivante, c’est encore: « Je viendrai à vous. » Mais voici quelqu’un qui connaît Christ depuis cinquante ans, et qui a vu cette promesse s’accomplir mille fois par an: n’est-elle pas épuisée? Oh! non! elle demeure là, aussi fraîche que lorsque Jésus la prononça pour la première fois: « Je viendrai à vous. » Alors nous traiterons notre Seigneur à sa manière à lui, et nous le prendrons au mot. Nous irons à lui aussi souvent que nous le pourrons, car jamais nous ne le lasserons; et c’est lorsqu’il aura le plus tenu sa promesse que nous irons à lui pour lui demander de la tenir davantage encore; et après dix mille preuves de sa vérité, nous n’aurons qu’une faim et une soif plus grandes de la voir s’accomplir de nouveau. Voilà une provision qui convient pour la vie et pour la mort: « Je viendrai à vous. » Au dernier moment, quand votre pouls battra faiblement, et que vous serez sur le point de franchir le voile et d’entrer dans le monde invisible, vous pourrez avoir cette parole sur les lèvres, et dire à votre Seigneur: « Mon Maître, accomplis encore la parole par laquelle tu m’as donné l’espérance: “Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.” »

Permettez-moi de vous rappeler que le texte est valable en ce moment même, et c’est pour cela que j’en fais mes délices. « Je ne vous laisserai pas orphelins. » Cela veut dire à présent: « Je ne vous laisserai pas orphelins maintenant. » Êtes-vous orphelins à cette heure? C’est votre propre faute. Jésus-Christ ne vous laisse pas ainsi, et ne vous rend pas tels. Il y a des choses riches et précieuses dans cette parole: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous, je viendrai à vous maintenant. » C’est peut-être pour vous un temps bien morne, et vous languissez de vous approcher davantage de Christ. Fort bien, alors plaidez la promesse devant le Seigneur. Plaidez-la, assis là où vous êtes: « Seigneur, tu as dit que tu viendrais à moi; viens à moi ce soir. » Il y a bien des raisons, croyant, pour que vous plaidiez ainsi. Vous le désirez; vous avez besoin de lui; il vous le faut; plaidez donc la promesse, et attendez-en l’accomplissement. Et oh! quand il vient, quelle joie! Il est comme un époux qui sort de sa chambre, ses vêtements parfumés d’aloès et de casse! Comme l’huile de joie parfumera votre cœur! Comme votre sac sera vite ôté, et comme les vêtements d’allégresse vous pareront! Avec quelle joie de cœur votre âme accablée se mettra à chanter, quand Jésus-Christ vous murmurera que vous êtes à lui, et qu’il est à vous! Viens, mon bien-aimé, ne tarde pas; sois semblable à la gazelle ou au faon des biches sur les montagnes qui nous séparent, et prouve-moi la vérité de ta promesse: « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. »

Et maintenant, chers amis, pour conclure, permettez-moi de vous rappeler qu’il y en a beaucoup qui n’ont aucune part à ce texte. Que puis-je dire à ceux-là? Du fond de l’âme, j’ai pitié de vous qui ne savez pas ce que signifie l’amour de Christ. Oh! si vous pouviez seulement dire la joie du peuple de Dieu, vous ne resteriez pas une heure sans elle.

« Si toutes les nations savaient ce qu’il vaut,

Le monde entier, certes, l’aimerait aussi. »

Souvenez-vous que, si vous voulez trouver Christ, c’est dans le chemin de la foi qu’on le trouve. Confiez-vous en lui, et il est à vous. Reposez-vous sur le mérite de son sacrifice; jetez-vous tout entiers sur lui, et vous êtes sauvés, et Christ est à vous.

Dieu veuille que nous rompions tous le pain dans le royaume d’en haut, que nous nous asseyions au festin avec Jésus, et que nous ayons part à sa gloire! Nous attendons son second avènement. Il vient en personne et dans la gloire. C’est là la plus radieuse espérance de son peuple. Ce sera la plénitude de sa rédemption, le temps de sa résurrection. Anticipez-le, bien-aimés, et que Dieu fasse chanter de joie vos âmes!

« Dans les splendeurs de la gloire

Que bientôt nous partagerons,

Christ notre Chef, et nous ses membres,

Divinement beaux paraîtrons.

Oh! quelle gloire!

Quand dans les airs nous le verrons!

« Radieuse est l’espérance qui bientôt nous salue

De ce jour de noces tant désiré,

Où notre céleste Époux viendra à notre rencontre

Sur sa route royale et victorieuse;

Dans la gloire,

L’Épouse et l’Époux régneront à jamais! »

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