Jusqu’à ce qu’il vienne
Un contact réel avec Jésus

Chapitre 16 · 25 min de lecture

Un contact réel avec Jésus

UN CONTACT RÉEL AVEC JÉSUS. « Mais Jésus répondit: Quelqu’un m’a touché, car j’ai connu qu’une force était sortie de moi. »—Luc 8:46.

UN CONTACT RÉEL AVEC JÉSUS.

NOTRE Seigneur se trouvait très souvent au milieu d’une foule. Sa prédication était si simple et si puissante qu’elle attirait toujours autour de lui une vaste assemblée d’auditeurs; de plus, le bruit des pains et des poissons contribuait sans doute pour une part à grossir son auditoire, tandis que l’espoir d’assister à un miracle ne manquait pas d’augmenter le nombre de ceux qui le suivaient sans conviction. Notre Seigneur Jésus-Christ avait souvent de la peine à avancer dans les rues, à cause des multitudes qui le pressaient. C’était là, pour lui, un encouragement comme prédicateur; et pourtant, qu’il était mince, le résidu de bien réel que laissa toute l’agitation qui se pressait autour de son ministère! Il aurait pu regarder cette grande masse et dire: « Qu’est-ce que la paille auprès du froment? » car elle était là, entassée sur l’aire, monceau sur monceau; et pourtant, après sa mort, on aurait pu compter ses disciples par quelques vingtaines, car ceux qui l’avaient reçu spirituellement n’étaient qu’un petit nombre. Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. Cependant, partout où une âme était bénie, notre Sauveur le remarquait; cela faisait vibrer une corde de son âme. Il ne pouvait jamais ignorer qu’une force était sortie de lui pour guérir un malade, ou qu’une puissance avait accompagné son ministère pour sauver un pécheur. De toute la foule qui s’assembla autour du Sauveur le jour dont parle notre texte, je ne trouve rien de dit sur aucun d’entre eux, sinon sur ce « quelqu’un » solitaire qui l’avait touché. La foule vint, et la foule s’en alla; mais de tout cela bien peu de chose nous est rapporté. De même que l’océan, parvenu à la pleine marée, ne laisse que peu de chose derrière lui lorsqu’il se retire dans son lit, ainsi la vaste multitude qui entourait le Sauveur ne laissa que ce seul dépôt précieux: un « quelqu’un » qui l’avait touché, et qui avait reçu de lui une force.

Ah, mon Maître, qu’il en soit encore ainsi ce soir! Ces matins de sabbat, et ces soirs de sabbat, les foules affluent comme un océan puissant, elles remplissent cette maison, puis elles se retirent toutes; seulement, çà et là, il reste un « quelqu’un » qui pleure sur son péché, un « quelqu’un » qui se réjouit en Christ, un « quelqu’un » qui peut dire: « J’ai touché le bord de son vêtement, et j’ai été guéri. » Tous mes autres auditeurs ne valent pas ces « quelqu’un ». Le grand nombre d’entre vous ne vaut pas le petit nombre, car le grand nombre, ce sont les cailloux, et le petit nombre, ce sont les diamants; le grand nombre, ce sont les tas de balle, et le petit nombre, ce sont les grains précieux. Que Dieu les trouve à cette heure même, et à lui en sera toute la louange!

Jésus dit: « Quelqu’un m’a touché »; nous en tirons d’abord cette observation: dans l’usage des moyens de grâce et des ordonnances, nous ne devrions jamais être satisfaits tant que nous n’entrons pas en contact personnel avec Christ, de manière à le toucher, comme cette femme toucha son vêtement. Ensuite, si nous parvenons à ce contact personnel, nous recevrons une bénédiction: « J’ai connu qu’une force était sortie de moi »; et, en troisième lieu, si nous recevons une bénédiction, Christ le saura; si obscur que soit notre cas, il le saura, et il voudra que nous le fassions savoir aux autres; il parlera, et posera des questions propres à nous faire sortir de l’ombre et à nous manifester au monde.

I. D’abord, donc, dans l’usage de tous les moyens de grâce et de toutes les ordonnances, que notre but premier et principal soit d’entrer en contact personnel avec le Seigneur Jésus-Christ.

Pierre dit: « La foule t’entoure et te presse », et cela est vrai de la foule jusqu’à ce jour même; mais parmi ceux qui viennent là où Christ se trouve, dans l’assemblée de ses saints, une grande partie ne viennent que parce que c’est leur habitude. Peut-être savent-ils à peine pourquoi ils se rendent dans un lieu de culte. Ils y vont parce qu’ils y sont toujours allés, et ils pensent que ce serait mal de ne pas y aller. Ils sont exactement comme les portes qui tournent sur leurs gonds; ils ne prennent aucun intérêt à ce qui se fait, du moins seulement aux parties extérieures du service; dans le cœur et l’âme de l’affaire, ils n’entrent pas, et ne peuvent pas entrer. Ils sont contents si le sermon est plutôt court: c’est autant d’ennui en moins pour eux. Ils sont contents s’ils peuvent regarder autour d’eux et observer l’assemblée: ils y trouvent de quoi les intéresser; mais s’approcher du Seigneur Jésus n’est pas l’affaire qui les amène. Ils ne l’ont jamais envisagé sous ce jour. Ils viennent et ils s’en vont; ils viennent et ils s’en vont; et il en sera ainsi jusqu’à ce que, un jour, ils viennent pour la dernière fois; et ils découvriront dans le monde à venir que les moyens de grâce n’ont pas été institués pour être des affaires d’habitude, et qu’avoir entendu prêcher Jésus-Christ, et l’avoir rejeté, n’est pas une bagatelle, mais une chose solennelle dont ils auront à répondre en présence du grand Juge de toute la terre.

Il en est d’autres qui viennent à la maison de prière, qui essaient d’entrer dans le service, et qui y parviennent d’une certaine manière; mais ce n’est que par propre justice ou par profession. Ils peuvent venir à la table du Seigneur; peut-être reçoivent-ils le baptême; ils peuvent même se joindre à l’Église. Ils sont baptisés, mais non par le Saint-Esprit; ils prennent la cène du Seigneur, mais ils ne prennent pas le Seigneur lui-même; ils mangent le pain, mais ils ne mangent jamais sa chair; ils boivent le vin, mais ils ne boivent jamais son sang; ils ont été ensevelis dans le bassin, mais ils n’ont jamais été ensevelis avec Christ par le baptême, et ils ne sont pas non plus ressuscités avec lui pour marcher en nouveauté de vie. Pour eux, lire, chanter, s’agenouiller, écouter, et ainsi de suite, cela suffit. Ils se contentent de la coque, mais l’amande spirituelle et bénie, la vraie moelle et la graisse, ils n’en connaissent rien. Ce sont eux, le grand nombre, dans quelque église ou quelque lieu de réunion que vous alliez. Ils sont dans la foule qui presse Jésus, mais ils ne le touchent pas. Ils viennent, mais ils n’entrent pas en contact avec Jésus. Ce ne sont que des auditeurs du dehors, tout extérieurs; il n’y a chez eux aucun toucher intérieur de la personne bénie de Christ, aucun contact mystérieux avec le Sauveur éternellement béni, aucun courant de vie et d’amour qui coule de lui vers eux. Tout cela n’est qu’une religion mécanique. De la piété vivante, ils ne connaissent rien.

Mais « quelqu’un », dit Christ, « quelqu’un m’a touché », et voilà l’âme de la question. Ô mon auditeur, lorsque vous êtes seul en prière, ne soyez jamais satisfait d’avoir prié; n’y renoncez pas avant d’avoir touché Christ dans la prière; ou, si vous n’êtes pas parvenu jusqu’à lui, du moins soupirez et criez jusqu’à ce que vous y parveniez! Ne croyez pas avoir prié, mais essayez encore. Quand vous venez au culte public, je vous en supplie, ne vous contentez pas d’écouter le sermon, et le reste, comme vous le faites tous avec une attention suffisante, j’en rends témoignage;—mais ne soyez pas satisfaits tant que vous n’êtes pas parvenus jusqu’à Christ, le Maître, et que vous ne l’avez pas touché. Chaque fois que vous venez à la table de communion, ne la comptez pour aucune ordonnance de grâce à votre égard, à moins que vous n’ayez passé tout au travers du voile jusque dans les bras mêmes de Christ, ou du moins touché son vêtement, sentant que le premier objet, la vie et l’âme des moyens de grâce, c’est de toucher Jésus-Christ lui-même; et à moins que « quelqu’un » ne l’ait touché, tout n’a été qu’une cérémonie morte, sans vie ni puissance.

La femme de notre texte n’était pas seulement parmi ceux qui étaient dans la foule, mais elle toucha Jésus; c’est pourquoi, bien-aimés, permettez-moi de vous la proposer en exemple à certains égards, bien que je voudrais à Dieu qu’à d’autres égards vous puissiez la surpasser.

Remarquez d’abord qu’elle sentait qu’il ne servait à rien d’être dans la foule, à rien d’être dans la même rue que Christ, ou près de l’endroit où Christ se trouvait: il fallait qu’elle parvienne jusqu’à lui; il fallait qu’elle le touche. Elle le toucha, vous le remarquerez, au milieu de bien des difficultés. Il y avait une grande foule. Elle était une femme. Elle était de plus une femme affaiblie par une longue maladie qui avait épuisé ses forces, et qui la rendait plus propre à rester au lit qu’à se débattre dans ce tumulte bouillonnant. Et pourtant, malgré cela, son désir était si intense qu’elle se fraya un chemin, non sans maintes meurtrissures, je n’en doute pas, et maintes bousculades brutales; et enfin, pauvre femme toute tremblante qu’elle était, elle arriva près du Seigneur. Bien-aimés, il n’est pas toujours facile de parvenir jusqu’à Jésus. Il est très facile de s’agenouiller pour prier, mais il n’est pas aussi facile d’atteindre Christ dans la prière. Voici un enfant qui pleure, c’est le vôtre, et ses cris vous ont souvent empêché de vous approcher de Jésus quand vous vous y efforciez; ou bien on frappe à la porte au moment où vous désirez le plus être retiré. Quand vous êtes assis dans la maison de Dieu, votre voisin, sur le banc devant vous, peut sans le vouloir distraire votre attention. Il n’est pas facile de s’approcher de Christ, surtout lorsque vous venez, comme certains d’entre vous, tout droit du bureau ou de l’atelier, avec mille pensées et mille soucis sur vous. Vous ne pouvez pas toujours déposer votre fardeau à la porte, et entrer ici le cœur préparé à recevoir l’Évangile. Ah! c’est parfois un terrible combat, un vrai corps à corps avec le mal, avec la tentation, et que sais-je encore. Mais, bien-aimés, menez ce combat jusqu’au bout, menez-le jusqu’au bout; ne laissez pas perdre vos moments de prière, ni gaspiller vos temps d’écoute; mais, comme cette femme, soyez résolus, avec toute votre faiblesse, à saisir Christ. Et oh! si vous y êtes résolus, si vous ne pouvez parvenir jusqu’à lui, il viendra à vous; et parfois, lorsque vous luttez contre des pensées d’incrédulité, il se retournera et dira: « Faites place à cette pauvre femme sans force, afin qu’elle vienne à moi, car mon désir se porte vers l’ouvrage de mes mains; laissez-la venir à moi, et que son désir lui soit accordé. »

Remarquez encore que cette femme toucha Jésus très secrètement. Peut-être y a-t-il ici une chère sœur qui s’approche de Christ en ce moment même, et pourtant son visage ne la trahit pas. Le contact qu’elle a obtenu avec Christ est encore si faible que la rougeur joyeuse et l’éclat du regard, que nous voyons souvent chez l’enfant de Dieu, ne lui sont pas encore venus. Elle est assise dans ce coin obscur là-bas, ou debout dans cette allée; mais, bien que son toucher soit secret, il est réel. Bien qu’elle ne puisse le raconter à personne, la chose est faite. Elle a touché Jésus. Bien-aimés, la communion la plus intime avec Christ n’est pas toujours celle dont nous parlons le plus. Les eaux profondes sont calmes. Bien plus, je ne suis pas sûr que nous ne soyons pas parfois plus près de Christ quand nous nous croyons loin de lui que lorsque nous nous imaginons être près de lui; car nous ne sommes pas toujours les meilleurs juges de notre propre état spirituel, et nous pouvons être tout près du Maître, et malgré cela désirer si ardemment être plus près encore que nous nous sentions mécontents de la mesure de grâce que nous avons déjà reçue. Être satisfait de soi-même n’est pas un signe de grâce; mais soupirer après davantage de grâce est souvent une bien meilleure preuve de la bonne santé de l’âme. Ami, si vous ne pouvez pas venir publiquement à la table ce soir, venez au Maître en secret. Si vous n’osez pas dire à votre femme, ou à votre enfant, ou à votre père, que vous vous confiez en Jésus, il n’est pas nécessaire de le dire encore. Vous pouvez le faire en secret, comme celui à qui Jésus dit: « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël s’était retiré à l’ombre pour que personne ne le vît; mais Jésus le vit, et remarqua sa prière; et il vous verra, vous aussi, dans la foule et dans l’obscurité, et il ne vous refusera pas sa bénédiction.

Cette femme entra aussi en contact avec Christ avec un sentiment très profond de son indignité. Elle pensait sans doute: « Si je touche le Grand Prophète, ce sera merveille s’il ne me frappe pas de quelque jugement soudain », car elle était une femme impure selon la loi cérémonielle. Elle n’avait pas le droit d’être dans la foule. Si la loi lévitique avait été strictement appliquée, elle aurait dû, je suppose, rester confinée dans sa maison; mais elle était là, errant de côté et d’autre, et il fallait qu’elle aille toucher le saint Sauveur. Ah! pauvre cœur, vous sentez ce soir que vous n’êtes pas digne de toucher le pan de la robe du Maître, tant vous êtes indigne. Jamais vous ne vous êtes senti aussi peu méritant que ce soir. Au souvenir de la semaine passée et de ses infirmités, en considérant l’état présent de votre cœur et tous ses égarements loin de Dieu, il vous semble que jamais un pécheur aussi misérable n’est entré avant vous dans la maison de Dieu. « La grâce est-elle pour moi? » dites-vous. « Christ est-il pour moi? » Oh! oui, âme indigne. Ne vous laissez pas renvoyer sans elle. Jésus-Christ ne sauve pas ceux qui sont dignes, mais ceux qui sont indignes. Votre argument ne doit pas être votre justice, mais votre culpabilité. Et vous aussi, enfant de Dieu, bien que vous ayez honte de vous-même, Jésus n’a pas honte de vous; et bien que vous vous sentiez indigne de venir, que votre indignité ne fasse que vous pousser avec un désir plus ardent. Que le sentiment de votre besoin vous rende plus fervent à vous approcher du Seigneur, qui peut pourvoir à votre besoin.

Ainsi, vous le voyez, la femme vint au milieu des difficultés, elle vint en secret, elle vint comme une indigne, et pourtant elle obtint la bénédiction.

J’en ai connu beaucoup qui ont été troublés par cette parole de Paul: « Celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa propre damnation. » Comprenez bien que ce passage ne se rapporte pas à l’indignité des personnes qui viennent à la table du Seigneur; car il ne dit pas: « Celui qui mange et boit étant indigne. » Ce n’est pas un adjectif, c’est un adverbe: « Celui qui mange et boit indignement », c’est-à-dire celui qui viendra au signe extérieur et visible de la présence de Christ, et mangera du pain afin d’obtenir de l’argent en qualité de membre de l’Église, tout en se sachant hypocrite, ou qui le fera par plaisanterie, en se jouant de l’ordonnance: une telle personne mangerait et boirait indignement, et elle sera condamnée. Le sens du passage n’est pas « damnation », comme le porte notre version, mais « condamnation ». Il n’y a aucun doute que des membres de l’Église qui viennent à la table du Seigneur d’une manière indigne reçoivent une condamnation. Ils sont condamnés pour avoir agi ainsi, et le Seigneur en est attristé. S’ils ont un peu de conscience, ils devraient sentir leur péché; et sinon, ils peuvent s’attendre à ce que les châtiments de Dieu les visitent. Mais, ô pécheur, quant à venir à Christ,—ce qui est tout autre chose que venir à la table du Seigneur,—quant à venir à Christ, plus vous vous sentez indigne, mieux cela vaut. Venez, vous qui êtes souillé, car Christ peut vous laver. Venez, vous qui êtes repoussant, car Christ peut vous rendre beau. Venez, entièrement ruiné et perdu, car en Jésus-Christ se trouvent la force et le salut que réclame votre état.

Remarquez encore que cette femme toucha le Maître en tremblant beaucoup; ce ne fut qu’un toucher furtif, mais c’était pourtant le toucher de la foi. Oh! bien-aimés, saisir Christ! Soyez reconnaissants si seulement vous pouvez vous approcher de lui quelques minutes. « Reste avec moi », voilà ce que devrait être votre prière; mais oh! s’il ne vous accorde qu’un aperçu de lui-même, soyez reconnaissants! Souvenez-vous qu’un simple toucher guérit la femme. Elle n’étreignit pas Christ des heures durant. Elle ne fit que le toucher, et elle fut guérie; et oh! puissiez-vous maintenant voir Jésus, mes bien-aimés! Ne fût-ce qu’un aperçu, il réjouira et fortifiera vos âmes. Peut-être attendez-vous Christ, désirant sa compagnie, et tandis que vous y songez, vous vous demandez: « Luira-t-il jamais sur moi? Me dira-t-il jamais des paroles d’amour? Me laissera-t-il jamais m’asseoir à ses pieds? Me permettra-t-il jamais de reposer ma tête sur son sein? » Venez, et faites-en l’épreuve. Dussiez-vous trembler comme la feuille du tremble, venez pourtant. Ceux qui viennent le mieux sont parfois ceux qui viennent en tremblant le plus, car c’est quand la créature est au plus bas que le Créateur est au plus haut; et quand, à nos propres yeux, nous sommes moins que rien, néant et vanité, alors Christ nous paraît d’autant plus beau et plus aimable. L’une des meilleures façons de monter au ciel, c’est à genoux, en s’aidant des mains. En tout cas, dans cette posture, on n’a pas à craindre de tomber, car —

« Qui est à terre n’a point de chute à craindre. »

Que votre humilité de cœur, le sentiment de votre néant absolu, au lieu de vous disqualifier, devienne un doux moyen de vous amener à recevoir davantage de Christ. Plus je suis vide, plus il y a de place pour mon Maître. Plus je manque de tout, plus il me donnera. Plus je sens ma maladie, plus je l’adorerai et le bénirai quand il me rendra la santé.

Vous le voyez, la femme toucha réellement Christ, et c’est à cela que je reviens. Quelle que fût la faiblesse de ce toucher, c’était un vrai toucher de foi. Elle atteignit bien Christ lui-même. Elle ne toucha pas Pierre; cela ne lui aurait servi de rien, pas plus qu’il ne vous sert de rien que le prêtre de la paroisse vous dise que vous êtes régénéré, quand votre vie ne tarde pas à prouver que vous ne l’êtes pas. Elle ne toucha ni Jean ni Jacques; cela ne lui aurait pas fait plus de bien qu’il ne vous en fait d’être touché par les mains d’un évêque et de vous entendre dire que vous êtes confirmé dans la foi, alors que vous n’êtes même pas croyant et que vous n’avez donc aucune foi dans laquelle être confirmé. Elle toucha le Maître lui-même; et, je vous en prie, ne soyez pas satisfaits tant que vous ne pouvez pas en faire autant. Avancez la main de la foi, et touchez Christ. Reposez-vous sur lui. Appuyez-vous sur son sacrifice sanglant, sur son amour mourant, sur sa puissance de ressuscité, sur son intercession de Seigneur monté au ciel; et tandis que vous vous reposez en lui, votre toucher vivant, si faible qu’il soit, vous apportera certainement la bénédiction dont votre âme a besoin.

Ceci nous amène à la deuxième partie de notre discours, sur laquelle je ne dirai que peu de chose.

II. La femme perdue dans la foule toucha bien Jésus, et, l’ayant touché, elle reçut de lui une force.

L’énergie qui guérit passa aussitôt dans la femme par le doigt de la foi. En Christ, il y a la guérison de toutes les maladies spirituelles. Il y a une guérison prompte, une guérison qui ne demande ni des mois ni des années, mais qui est complète en une seconde. Il y a en Christ une guérison suffisante, quand même vos maladies se multiplieraient au-delà de toute mesure. Il y a en Christ une puissance victorieuse de tout, qui chasse tous les maux. Même si, comme cette femme, vous déjouez tous les médecins, et si votre cas est jugé désespéré comme nul autre, un toucher de Christ vous guérira. Quel Évangile précieux et glorieux j’ai à prêcher aux pécheurs! S’ils touchent Jésus, le diable lui-même fût-il en eux, ce toucher de la foi chasserait le diable hors d’eux. Seriez-vous comme cet homme dans lequel était entrée une légion de démons, la parole de Jésus les précipiterait tous dans l’abîme, et vous seriez assis à ses pieds, vêtu, et dans votre bon sens. Il n’est point d’excès ni d’extravagance dans le péché que la puissance de Jésus-Christ ne puisse vaincre. Si tu peux croire, quoi que tu aies été, tu seras sauvé. Si tu peux croire, quand même tu aurais trempé dans la teinture cramoisie jusqu’à ce que la trame et la chaîne de ton être en soient imprégnées, le sang précieux de Jésus te rendra pourtant blanc comme la neige. Quand même tu serais devenu noir comme l’enfer lui-même et bon seulement à être jeté dans l’abîme, si tu te confies en Jésus, cette simple foi donnera à ton âme la guérison qui te rendra digne de fouler les rues du ciel et de te tenir devant la face de Jéhovah-Rophi, magnifiant l’Éternel, qui te guérit.

Et maintenant, enfant de Dieu, je voudrais que vous appreniez la même leçon. Il est fort possible qu’en entrant ici vous vous soyez dit: « Hélas! je me sens bien lourd; ma vie spirituelle est au plus bas; il fait chaud ici, et je ne me sens pas disposé à écouter; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible; je n’aurai aucune sainte jouissance aujourd’hui! » Pourquoi donc? Mais le toucher de Jésus pourrait vous faire vivre si vous étiez mort; à plus forte raison ranimera-t-il la vie qui est en vous, même si elle vous semble près de s’éteindre! Allons, luttez de toutes vos forces, mes bien-aimés, pour parvenir jusqu’à Jésus! Que l’Esprit éternel vienne vous aider, et puissiez-vous découvrir que vos temps de lourdeur et de mort peuvent bientôt devenir vos meilleurs moments. Oh! quelle bénédiction que Dieu relève l’indigent du fumier! Il ne nous élève pas quand il nous voit déjà debout; mais quand il nous trouve couchés sur le fumier, alors il prend plaisir à nous relever et à nous faire asseoir avec les grands. Avant même que vous le sachiez, votre âme peut devenir comme les chars d’Ammi-Nadib. Des profondeurs de l’abattement jusqu’aux sommets mêmes de l’adoration extatique, vous pouvez monter comme en un seul instant, si seulement vous pouvez toucher Christ crucifié. Contemplez-le là-bas, les plaies ruisselantes, la tête couronnée d’épines, tandis que, dans toute la majesté de sa misère, il expire pour vous!

« Hélas! dites-vous, j’ai mille doutes ce soir. » Ah! mais vos doutes s’évanouiront bientôt quand vous vous approcherez de Christ. Celui qui sent le toucher de Christ ne doute jamais, du moins tant que dure ce toucher; voyez plutôt cette femme! Elle sentit dans son corps qu’elle était guérie, et il en sera de même pour vous, si seulement vous voulez entrer en contact avec le Seigneur. N’attendez pas des preuves, mais venez à Christ pour recevoir des preuves. Si vous ne pouvez même pas imaginer quelque bien en vous-mêmes, venez à Jésus-Christ comme vous l’avez fait la première fois. Venez comme si vous n’étiez jamais venus. Venez à Jésus comme un pécheur, et vos doutes s’enfuiront.

« Oui, dit un autre, mais mes péchés me reviennent en mémoire, mes péchés depuis ma conversion. » Eh bien, retournez à Jésus quand votre culpabilité semble revenir. La source est toujours ouverte, et cette source, vous vous en souvenez, n’est pas seulement ouverte pour les pécheurs, mais aussi pour les saints; car que dit l’Écriture? « Une source sera ouverte pour la maison de David et les habitants de Jérusalem », — c’est-à-dire pour vous, membres de l’Église, pour vous, croyants en Jésus. La source est toujours ouverte. Venez, bien-aimés, venez de nouveau à Jésus, et quels que soient vos péchés, vos doutes ou votre abattement, tout s’en ira dès que vous pourrez toucher votre Seigneur.

III. Et maintenant, voici le dernier point — je ne vous y retiendrai pas longtemps: si quelqu’un touche Jésus, le Seigneur le saura.

Je ne connais pas vos noms; un grand nombre d’entre vous me sont parfaitement étrangers. Peu importe; votre nom est « quelqu’un », et Christ vous connaîtra. Vous êtes peut-être un parfait inconnu pour tous en ce lieu; mais si vous recevez une bénédiction, il y en aura deux qui le sauront: vous-même, et Christ. Oh! si vous regardez à Jésus aujourd’hui, cela ne sera peut-être pas inscrit dans le registre de notre Église, et peut-être n’en entendrons-nous pas parler; mais cela sera pourtant inscrit dans les parvis du ciel, et l’on y fera sonner toutes les cloches de la nouvelle Jérusalem, et toutes les harpes des anges reprendront une musique nouvelle dès qu’ils sauront que vous êtes né de nouveau.

« Le Père approuve avec joie

Le fruit de son amour éternel;

Le Fils, joyeux, du ciel contemple

Le prix de ses douleurs mortelles;

L’Esprit se plaît à regarder

L’âme sainte qu’il a refaite;

Saints et anges, d’un même chœur,

Chantent l’empire croissant de leur Roi. »

« Quelqu’un! » Je ne sais pas le nom de cette femme; je ne sais pas qui est cet homme, mais — « Quelqu’un! » — l’amour électif de Dieu repose sur toi, le sang rédempteur de Christ a été versé pour toi, l’Esprit a accompli une œuvre en toi, sans quoi tu n’aurais pas touché Jésus; et tout cela, Jésus le sait.

C’est une pensée consolante que Christ ne connaît pas seulement les grands enfants de la famille, mais qu’il connaît aussi les petits. Ceci demeure ferme: « Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent », qu’ils viennent seulement d’être amenés à le connaître, ou qu’ils le connaissent depuis cinquante ans. « Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent »; et si je fais partie du corps de Christ, je n’en suis peut-être que le pied, mais le Seigneur connaît le pied; et la tête et le cœur, dans le ciel, ressentent vivement la meurtrissure du pied sur la terre. Si vous avez touché Jésus, je vous dis qu’au milieu des gloires des anges et des alléluias éternels de tous les rachetés par le sang, il a trouvé le temps d’entendre votre soupir, de recevoir votre foi, et de vous donner une réponse de paix. Tout le long du chemin, du ciel jusqu’à la terre, un puissant fleuve de force guérissante s’est précipité, venant de Christ jusqu’à vous. Puisque vous l’avez touché, sa force guérissante vous a touché.

Or, puisque Jésus connaît votre salut, il désire que d’autres le connaissent aussi, et c’est pourquoi il m’a mis au cœur de dire: Quelqu’un a touché le Seigneur. Où est ce quelqu’un? Quelqu’un, où êtes-vous? Quelqu’un, où êtes-vous? Vous avez touché Christ, fût-ce d’un doigt faible, et vous êtes sauvé. Faites-le-nous savoir. Vous nous devez de nous le faire savoir. Vous ne pouvez imaginer la joie que nous éprouvons quand nous apprenons que des malades ont été guéris par notre Maître. Quelques-uns d’entre vous, peut-être, connaissent le Seigneur depuis des mois, et ne se sont pas encore présentés pour le confesser; nous vous prions de le faire. Vous pouvez vous présenter en tremblant, comme cette femme; peut-être direz-vous: « Je ne sais pas ce que je devrais vous dire. » Eh bien, dites-nous ce qu’elle dit au Seigneur: elle lui déclara toute la vérité. Nous ne demandons rien d’autre. Nous ne désirons aucune expérience de façade. Nous ne voulons pas que vous fabriquiez des sentiments semblables à ceux de quelqu’un d’autre dont vous avez lu l’histoire dans un livre. Venez nous dire ce que vous avez éprouvé. Nous ne vous demanderons pas de nous dire ce que vous n’avez pas éprouvé, ni ce que vous ne savez pas. Mais si vous avez touché Christ, et si vous avez été guéri, je vous demande — et je crois pouvoir vous le demander comme un devoir de votre part, aussi bien que comme une faveur pour nous — de venir nous dire ce que le Seigneur a fait à votre âme.

Et vous, croyants, quand vous venez à la table du Seigneur, si vous vous approchez de Christ et goûtez un doux moment avec lui, racontez-le à vos frères. De même que les frères de Benjamin, descendant en Égypte pour acheter du blé, laissèrent Benjamin à la maison, mais emportèrent un sac pour lui, de même vous devriez toujours rapporter une parole à la maison pour l’épouse malade restée au logis, ou pour l’enfant qui ne peut pas sortir. Rapportez de la nourriture à ceux de la famille qui ne peuvent venir la chercher. Dieu veuille que vous ayez toujours quelque chose de doux à raconter de ce que vous avez connu par expérience de la précieuse vérité; car si le sermon a pu être doux en lui-même, il vient avec une double puissance quand vous pouvez ajouter: « Et il y avait là une saveur dont j’ai joui, et qui a fait bondir mon cœur de joie »!

Qui que vous soyez, mon cher ami, ne fussiez-vous qu’un pauvre « quelqu’un », si vous avez touché Christ, parlez-en à d’autres, afin qu’ils viennent le toucher, eux aussi; et que le Seigneur vous bénisse, pour l’amour de Christ! Amen.

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