Chapitre 15 · 17 min de lecture
Jésus endormi sur un coussin
JÉSUS ENDORMI SUR UN COUSSIN
NOTRE Seigneur prit ses disciples avec lui dans la barque pour leur donner une leçon pratique. C’est une chose de parler aux gens de l’unité qui nous lie à eux, de la foi qu’ils devraient exercer à l’heure du danger, de la sécurité réelle qui est la leur au milieu d’un péril apparent; mais c’en est une autre, et bien meilleure, de monter dans la barque avec eux, de leur laisser éprouver toute la terreur de la tempête, puis de se lever, de menacer le vent et de dire à la mer: « Silence! Tais-toi! » Notre Seigneur donna à ses disciples une sorte de leçon de jardin d’enfants, un sermon en actes, où la vérité fut exposée visiblement sous leurs yeux. Un tel enseignement produisit un effet merveilleux sur leur vie. Puissions-nous, nous aussi, en être instruits!
Il y a dans notre texte deux grands calmes: le premier est le calme qui régnait dans le cœur du Sauveur, et le second, le calme qu’il fit naître d’une seule parole sur la mer battue par la tempête.
I. Au-dedans du Seigneur il y avait un grand calme, et c’est pourquoi il y eut bientôt un grand calme autour de lui; car ce qui est en Dieu sort de Dieu. Parce que le Christ avait en lui-même le calme pour lui-même, il y eut ensuite, au-dehors, un calme pour les autres. Quel merveilleux calme intérieur que le sien! « Il dormait à la poupe sur le coussin. »
Il avait en Dieu une confiance parfaite: tout était bien. Les vagues pouvaient mugir, les vents faire rage, leur furie ne le troublait nullement. Il savait que les eaux étaient dans le creux de la main de son Père, et que chaque vent n’était que le souffle de la bouche de son Père; aussi n’était-il pas troublé; bien plus, il n’avait pas même une pensée inquiète, il était aussi tranquille que par un jour de soleil. Son esprit et son cœur étaient libres de tout souci, car au milieu de la tempête qui grossissait, il se coucha délibérément et s’endormit comme un enfant fatigué. Il alla à l’arrière de la barque, là où les embruns l’atteignaient le moins; il prit un coussin, le mit sous sa tête, et, de propos délibéré, s’installa pour dormir. Ce fut son propre choix et son propre geste que de s’endormir dans la tempête; il n’avait aucune raison de rester éveillé, tant sa confiance dans le grand Père était pure et parfaite. Quel exemple pour nous! Nous n’avons pas la moitié de la confiance en Dieu que nous devrions avoir, pas même les meilleurs d’entre nous. Le Seigneur mérite de notre part une foi sans bornes, une confiance sans réserve, un abandon que rien ne trouble. Oh! si seulement nous la lui accordions comme le Sauveur le fit!
À sa foi dans le Père se mêlait aussi une douce assurance de sa propre filiation. Il ne doutait pas d’être le Fils du Très-Haut. Il se peut que je ne mette pas en question le pouvoir de Dieu de délivrer, mais que je mette parfois en question mon droit d’attendre la délivrance; et alors ma consolation s’évanouit. Notre Seigneur n’avait aucun doute de cette sorte. Il avait entendu depuis longtemps cette parole: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection »; il avait tellement vécu et marché avec Dieu que le témoignage intérieur était en lui continuel, de sorte qu’il ne se posait aucune question sur l’amour du Père pour lui, son propre Fils. « Bercé dans le berceau de l’abîme », tandis que son Père veillait sur lui, — qu’un enfant pouvait-il faire de mieux que de s’endormir dans une si heureuse position? Et c’est ce qu’il fait. Vous et moi aussi, il nous faut une assurance plus pleine de notre adoption, si nous voulons avoir une paix plus grande avec Dieu. Le diable le sait, et c’est pourquoi il viendra à nous avec son insinuation perfide: « Si tu es Fils de Dieu. » Si nous avons en nous l’Esprit d’adoption, nous mettrons aussitôt l’accusateur en déroute, en opposant le Témoin du dedans à sa question du dehors. Alors nous serons remplis d’un grand calme, parce que nous aurons confiance en notre Père et l’assurance de notre filiation.
Puis il avait une douce manière — ce bienheureux Seigneur qui est le nôtre — de tout laisser à Dieu. Il ne monte pas la garde, il ne s’agite pas; il s’endort. Quoi qu’il arrive, il a tout laissé entre les mains du grand Gardien; que faut-il de plus? Si l’on avait posté un veilleur pour garder ma maison, je serais bien sot de veiller moi aussi par crainte des voleurs. À quoi bon un veilleur, si je ne puis me fier à lui pour veiller? « Remets ton sort à l’Éternel »; mais quand tu l’as fait, laisse-le à l’Éternel, et n’essaie pas de le porter toi-même. Ce serait se moquer de Dieu, avoir le nom de Dieu, mais non la réalité de Dieu. Déposez tout souci, comme le fit Jésus lorsqu’il alla calmement à l’arrière de la barque, prit tranquillement un coussin et s’endormit.
Mais il me semble entendre quelqu’un dire: « Je le pourrais, si mes soucis ne concernaient que moi-même. » Oui, peut-être le pourriez-vous; et pourtant vous ne pouvez remettre à Dieu le fardeau de vos soucis au sujet de vos enfants. Mais votre Seigneur confia au Père ceux qui lui étaient chers. Ne pensez-vous pas que les disciples du Christ lui étaient aussi précieux que nos enfants nous le sont? Si cette barque avait fait naufrage, que serait devenu Pierre? Que serait devenu « le disciple que Jésus aimait »? Notre Seigneur entourait d’une intense affection ceux qu’il avait choisis et appelés, et qui avaient persévéré avec lui dans ses épreuves; et pourtant il était tout à fait content de les laisser tous aux soins de son Père, et de s’endormir.
Vous répondez: « Oui, mais il y a un cercle plus large encore de gens qui guettent ce qui va m’arriver, à moi et à la cause du Christ à laquelle je suis lié. Je suis bien obligé de m’inquiéter, que je le veuille ou non. » Votre cas est-il donc plus éprouvant que celui de votre Seigneur? Oubliez-vous qu’« il y avait aussi d’autres barques avec lui »? Tandis que la tempête secouait sa barque, leurs petites embarcations étaient plus en péril encore; et il prenait soin de toutes. Il était cette nuit-là le Grand Amiral du lac de Génésareth. Les autres barques formaient une flotte placée sous son escorte, et son grand cœur allait vers elles toutes. Et pourtant il s’endormit, parce qu’il avait remis aux soins de son Père jusqu’aux sollicitudes de sa charité et de sa compassion. Nous, mes frères, qui sommes bien plus faibles que lui, nous trouverons de la force à faire de même.
Ayant tout laissé à son Père, notre Seigneur fit la chose la plus sage qui fût. Il fit exactement ce que l’heure exigeait. « Comment! dites-vous, il s’endormit! » C’était ce que Jésus pouvait faire de mieux; et c’est parfois ce que nous pouvons faire de mieux. Le Christ était las et épuisé; et quand quelqu’un est à bout de forces, son devoir est de dormir s’il le peut. Le Sauveur doit être debout de nouveau le lendemain matin, pour prêcher et faire des miracles, et s’il ne dort pas, il ne sera pas en état d’accomplir sa sainte tâche; il lui incombe de se garder en forme pour son service. Sachant que l’heure de dormir est venue, le Seigneur dort, et il fait bien de dormir. Souvent, alors que nous nous tourmentions et nous inquiétions, nous aurions bien davantage glorifié Dieu en allant tout simplement dormir. Glorifier Dieu par le sommeil n’est pas aussi difficile que certains pourraient le penser; du moins, pour notre Seigneur, c’était chose naturelle. Vous voici inquiet, triste, las; le médecin vous prescrit un remède; sa potion ne vous fait aucun bien; mais oh! si vous entrez dans une pleine paix avec Dieu et vous endormez, vous vous réveillerez infiniment plus reposé que par n’importe quelle drogue. Le sommeil que le Seigneur donne à ses bien-aimés est un vrai baume. Recherchez-le comme Jésus le rechercha. Allez vous coucher, mon frère, et vous imiterez mieux votre Seigneur qu’en vous mettant de mauvaise humeur et en tourmentant les autres.
Il y a un sommeil spirituel dans lequel nous devrions imiter Jésus. Que de fois je me suis torturé la pauvre cervelle au sujet de ma grande Église, jusqu’à ce que je revienne à la raison et que je me dise: « Que tu es insensé! Ne peux-tu donc pas compter sur Dieu? N’est-ce pas bien plus sa cause que la tienne? » Alors j’ai porté mon fardeau dans la prière, et je l’ai laissé au Seigneur. J’ai dit: « Au nom de Dieu, cette affaire ne me tourmentera plus jamais »; et j’ai laissé auprès de lui mon souci pressant, et j’en ai fini avec lui pour toujours. J’ai remis si délibérément tant de cas difficiles aux soins du Seigneur que, lorsque des amis m’ont demandé: « Et telle ou telle affaire? », j’ai simplement répondu: « Je ne sais pas, et je ne suis plus en peine de le savoir. Le Seigneur interviendra d’une manière ou d’une autre, mais je ne m’en tourmenterai plus. » Aucun mal n’est jamais venu d’une affaire que j’avais laissée à la garde divine. Retenir ma main a été sagesse. « Restez en place, et regardez la délivrance que l’Éternel va vous accorder »: c’est le précepte même de Dieu. Suivons ici Jésus. Ayant la confiance d’un enfant dans le grand Père, il se retire à la poupe de la barque, choisit un coussin, s’y couche délibérément et s’endort; et bien que la barque se remplisse d’eau, qu’elle roule et tangue, il continue de dormir. Rien ne peut troubler la paix de son âme tranquille. Chaque marin à bord chancelle et titube comme un homme ivre, et ne sait plus que faire; mais Jésus, lui, ne perd pas la tête et ne chancelle pas, car il repose dans une parfaite innocence et une confiance que rien ne trouble. Son cœur est heureux en Dieu, et c’est pourquoi il demeure en repos. Oh! que Dieu nous donne la grâce de l’imiter!
II. Mais remarquez ici, chers amis, la différence entre le Maître et ses disciples; car tandis qu’il était dans un grand calme, eux étaient dans une grande tempête. Voyez ici leur défaillance. Ils étaient exactement comme nous, et nous sommes souvent exactement comme eux.
Ils cédèrent à la peur. Ils craignaient fort que la barque ne sombre et qu’ils ne périssent tous. En cédant ainsi à la peur, ils oubliaient les solides raisons de prendre courage qui étaient à portée de main; car, à vrai dire, ils étaient bien en sécurité. Le Christ est à bord de cette embarcation, et si la barque sombre, il coulera avec eux. Le marin païen prit courage au cœur d’une tempête parce que César était à bord du navire ballotté par les vents; et les disciples ne devraient-ils pas se sentir en sûreté avec Jésus à bord? Ne craignez pas: vous portez Jésus et sa cause! Jésus était venu accomplir une œuvre, et ses disciples auraient pu savoir qu’il ne pouvait périr avant d’avoir accompli cette œuvre. Ne pouvaient-ils pas se fier à lui? Ils l’avaient vu multiplier les pains et les poissons, chasser des démons et guérir toutes sortes de maladies; ne pouvaient-ils pas compter sur lui pour apaiser la tempête? Incrédulité déraisonnable! La foi en Dieu est la vraie prudence, mais douter de Dieu est contraire à la raison. C’est le comble de l’absurdité et de la folie que de mettre en question l’amour tout-puissant.
Et les disciples eurent l’imprudence de jouer au Maître un bien mauvais tour. Il était tristement las, et avait grand besoin de sommeil; mais ils se précipitèrent vers lui et le réveillèrent d’une manière quelque peu rude et irrévérencieuse. Ils tardèrent à le faire, mais leur peur les y poussa; et ainsi ils le réveillèrent, en prononçant des paroles peu généreuses et peu aimantes: « Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? » Honte aux lèvres qui posèrent une question si dure! À la réflexion, ne se le reprochèrent-ils pas amèrement? Il ne leur avait donné aucun sujet de parler si durement; et, de plus, il était malséant de l’appeler « Maître », puis de lui demander: « Ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? » Faut-il l’accuser d’une dureté de cœur telle qu’il laisserait périr ses fidèles disciples, alors qu’il a le pouvoir de les délivrer? Hélas, nous aussi nous nous sommes rendus coupables de semblables offenses! Je crois avoir connu certains disciples du Christ qui semblaient douter de la sagesse ou de l’amour de leur Seigneur. Ils ne disaient pas tout à fait qu’il s’était trompé, mais ils disaient que ses voies étaient mystérieuses; ils ne se plaignaient pas tout à fait qu’il fût dur envers eux, mais ils murmuraient qu’ils ne pouvaient concilier ses dispensations avec son amour infini. Hélas, Jésus a eu beaucoup à supporter de notre incrédulité! Puisse ce tableau nous aider à voir nos taches, et puisse l’amour de notre cher Seigneur les ôter!
III. Je vous ai parlé du calme du Maître et de la défaillance des disciples; pensons maintenant au grand calme que Jésus fit naître. « Il y eut un grand calme. »
Sa voix le produisit. On dit que si l’on verse de l’huile sur les eaux, elles deviennent lisses, et je suppose qu’il y a quelque vérité dans cette affirmation; mais il y a toute vérité dans celle-ci: si Dieu parle, la tempête s’apaise en un calme, de sorte que les vagues de la mer se taisent. Il suffit que notre Seigneur Jésus parle au cœur de l’un quelconque d’entre nous, et aussitôt la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, s’emparera de nous. Si morne que soit votre abattement, si terrible que soit votre désespoir, le Seigneur peut à l’instant créer un grand calme de confiance. Quelle porte d’espérance cela ouvre à tous ceux qui sont dans la détresse! Si je pouvais, d’une parole, rendre riche un pauvre et guérir un malade, je le ferais aussitôt, j’en suis sûr; mais Jésus est infiniment meilleur que moi, et c’est pourquoi je sais qu’il parlera de paix au cœur éprouvé et troublé.
Remarquez aussi que ce calme vint aussitôt. « S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! Tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. » Dès que Jésus eut parlé, tout fut tranquille. J’ai rencontré un très grand nombre de personnes en proie à l’angoisse de l’âme, et j’en ai vu quelques-unes sortir lentement à la lumière et à la liberté; mais plus fréquemment la délivrance est venue soudainement. La porte de fer s’est ouverte d’elle-même, et le prisonnier est passé sur-le-champ à la liberté. « Le filet s’est rompu, et nous nous sommes échappés. » Quelle joie de savoir que le repos est si proche, alors même que la tempête fait rage avec le plus de furie!
Remarquez encore que le Sauveur associa ce repos à la foi, car il dit aux disciples, dès que le calme fut venu: « Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n’avez-vous point de foi? » La foi et le calme vont ensemble. Si tu crois, tu auras du repos; si seulement tu te jettes sur ton Dieu, en t’abandonnant absolument à sa volonté, tu auras miséricorde, joie et lumière. Même si nous n’avons pas de foi, le Seigneur nous donnera parfois la bénédiction dont nous avons besoin, car il se plaît à faire pour nous plus que nous n’avons aucun droit d’attendre de lui; mais d’ordinaire, la règle de son royaume est: « Qu’il vous soit fait selon votre foi. »
Ce grand calme est tout à fait délicieux, et à son sujet je désire rendre mon témoignage personnel. Je parle d’après ma propre connaissance quand je dis qu’il surpasse toute intelligence. J’étais assis, l’autre soir, à méditer sur la miséricorde et l’amour de Dieu, quand soudain je trouvai dans mon propre cœur un sentiment très délicieux de paix parfaite. J’étais arrivé au pays de Beulah, où le soleil brille sans un nuage. « Il y eut un grand calme. » Je me sentais comme des marins qui ont été ballottés dans des eaux agitées, quand tout à coup, sans qu’ils sachent dire pourquoi, l’océan devient aussi uni qu’un miroir, et que les oiseaux de mer viennent se poser en cercles joyeux sur l’eau. Je me sentais parfaitement content, oui, heureux d’un bonheur sans partage. Pas une vague de trouble ne se brisait sur le rivage de mon cœur, et même loin au large, dans les profondeurs de mon être, tout était immobile. Je ne connaissais aucun souhait inassouvi, aucun désir insatisfait. Je ne pouvais découvrir aucune raison d’inquiétude, ni aucun motif de crainte. Il n’y avait rien qui approchât du fanatisme dans mes sentiments, rien même qui ressemblât à de l’exaltation: mon âme s’attendait à Dieu, et faisait ses délices de lui seul. Oh! la félicité de ce repos dans le Seigneur! Quel Élysée c’est là! Qu’on me permette de dire quelques mots de cette île de pourpre sur la mer de ma vie: ce n’était rien de moins qu’un fragment du ciel. Nous parlons souvent de nos grandes tempêtes spirituelles; pourquoi ne parlerions-nous pas de nos grands calmes? S’il nous arrive d’être dans la peine, quel bruit nous en faisons! Pourquoi ne chanterions-nous pas nos délivrances?
Passons en revue nos bienfaits. Tout péché que nous avons jamais commis est pardonné. « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » La puissance du péché en nous est brisée; le péché « n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce ». Satan est un ennemi vaincu; le monde est vaincu par notre Seigneur Jésus, et la mort est abolie par lui. Toute la providence travaille pour notre bien. L’éternité n’a pour nous aucune menace; elle ne porte en ses mystères que l’immortalité et la gloire. Rien ne peut nous nuire. L’Éternel est notre bouclier, et notre très grande récompense. Pourquoi donc craindrions-nous? L’Éternel des armées est avec nous, Le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite. Pour le croyant, la paix n’est pas présomption: il est en droit de jouir d’une « paix parfaite », — une tranquillité profonde et fondée sur la vérité, qui embrasse toutes choses, et que ne rompt aucune des dix mille causes de trouble qui pourraient autrement empêcher notre repos. « A celui qui est ferme dans ses sentiments Tu assures la paix, la paix, Parce qu’il se confie en toi. » Oh! entrer dans ce calme, et y demeurer jusqu’à ce que nous arrivions dans ce monde où la mer n’est plus!
Un calme semblable à celui qui régnait au-dedans de notre Sauveur, si nous avons le bonheur d’y parvenir, nous donnera, dans notre mesure, le pouvoir de rendre calmes les choses du dehors. Celui qui a la paix peut faire la paix. Nous ne pouvons faire de miracles, et pourtant les œuvres que Jésus a faites, nous les ferons aussi. Ayant dormi de son sommeil, nous nous réveillerons dans son énergie reposée, et nous traiterons les vents et les flots comme des choses soumises à la puissance de la foi, et auxquelles on peut donc commander le silence. Nous parlerons de manière à consoler les autres: notre calme fera merveille dans les petites embarcations dont d’autres sont les capitaines. Nous aussi, nous dirons: « Silence! Tais-toi! » Notre confiance se montrera contagieuse, et les timides deviendront courageux; notre tendre amour se répandra, et les querelleurs s’apaiseront jusqu’à la patience. Seulement, la chose doit commencer au-dedans de nous-mêmes. Nous ne pouvons créer le calme tant que nous ne sommes pas dans le calme. Il est plus facile de régir les éléments que de gouverner les révoltes de notre nature capricieuse. Quand la grâce nous a rendus maîtres de nos craintes, en sorte que nous pouvons prendre un coussin et nous endormir au milieu de l’ouragan, la furie de la tempête est passée. Il donne la paix et la sécurité, quand il donne le sommeil à ses bien-aimés.
Chapitre 15 terminé
Jésus endormi sur un coussin