Chapitre 12 · 2 min de lecture · 2 min d’écoute
Huitième lettre
(Des distractions dans la prière.)
Vous ne m’apprenez rien de nouveau ; vous n’êtes pas la seule à être troublée par les distractions. Notre esprit est extrêmement vagabond ; mais, comme la volonté est la maîtresse de toutes nos puissances, c’est à elle de les rappeler et de les porter à Dieu comme à leur fin dernière.
Lorsque l’esprit, faute d’avoir été suffisamment assujetti par le recueillement au début de notre vie de dévotion, a contracté certaines mauvaises habitudes d’égarement et de dissipation, elles sont difficiles à vaincre et nous entraînent d’ordinaire, même contre notre volonté, vers les choses de la terre.
Je crois qu’un remède à cela est de confesser nos fautes et de nous humilier devant Dieu. Je ne vous conseille pas d’user d’une multitude de paroles dans la prière, les longs discours et les nombreuses paroles étant souvent des occasions de distraction. Tenez-vous en prière devant Dieu comme un mendiant muet ou paralytique à la porte d’un riche. Que votre occupation soit de garder votre esprit en la présence du Seigneur. S’il s’égare quelquefois et se retire de lui, ne vous en inquiétez pas trop : le trouble et l’inquiétude servent plutôt à distraire l’esprit qu’à le recueillir ; c’est la volonté qui doit le ramener avec tranquillité. Si vous persévérez de cette manière, Dieu aura pitié de vous.
Un moyen de recueillir aisément l’esprit au temps de la prière, et de le conserver davantage dans la tranquillité, est de ne pas le laisser trop s’égarer en d’autres temps : vous devez le tenir exactement en la présence de Dieu ; et, vous étant accoutumée à penser souvent à lui, vous trouverez facile de garder votre esprit calme au temps de la prière, ou du moins de le rappeler de ses égarements.
Je vous ai déjà parlé amplement, dans mes lettres précédentes, des avantages que nous pouvons tirer de cette pratique de la présence de Dieu : mettons-nous-y sérieusement, et prions l’un pour l’autre.
Votre, etc.
Chapitre 12 terminé
Huitième lettre