La personne et l’œuvre du Saint-Esprit
La personne et l’œuvre du Saint-Esprit révélées par ses noms

Chapitre 5 · 55 min de lecture · 1 h 11 min d’écoute

La personne et l’œuvre du Saint-Esprit révélées par ses noms

L’Ancien et le Nouveau Testament n’emploient pas moins de vingt-cinq noms différents pour parler du Saint-Esprit. Ces noms ont une signification des plus profondes. En les étudiant avec soin, nous découvrons une merveilleuse révélation de la personne et de l’œuvre du Saint-Esprit.

I. L’Esprit Le nom le plus simple sous lequel la Bible mentionne le Saint-Esprit est « l’Esprit ». Ce nom sert aussi de base à d’autres noms ; c’est donc par lui que nous commençons notre étude. Les mots grecs et hébreux ainsi traduits signifient littéralement « souffle » ou « vent ». Ces deux pensées sont contenues dans ce nom lorsqu’il s’applique au Saint-Esprit.

a) La pensée du souffle ressort de Jean 20:22, où nous lisons : « Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. » Elle est aussi suggérée en Genèse 2:7 : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. » Cela devient plus évident encore quand nous comparons ce passage avec Psaume 104:30 : « Tu envoies ton souffle: ils sont créés, Et tu renouvelles la face de la terre. » Et avec Job 33:4 : « L’esprit de Dieu m’a créé, Et le souffle du Tout-Puissant m’anime. » Quelle est la signification de ce nom à la lumière de ces passages ? L’Esprit est le souffle exhalé de Dieu, sa vie la plus intime qui sort de lui sous une forme personnelle pour donner la vie. Quand nous recevons le Saint-Esprit, nous recevons la vie la plus intime de Dieu lui-même, qui vient habiter en nous d’une manière personnelle. Quand nous saisissons cette pensée, sa solennité nous bouleverse. Arrêtez-vous un instant et réfléchissez à ce que signifie avoir la vie la plus intime de cet Être infini et éternel que nous appelons Dieu, habitant en vous d’une manière personnelle. Comme la vie devient solennelle, redoutable, et pourtant glorieuse au-delà de toute parole, quand nous prenons conscience de cela !

b). La pensée du Saint-Esprit comme « le Vent » ressort de Jean 3:6-8 : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit: Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. » En grec, c’est le même mot qui est traduit dans une partie de ce passage par « Esprit » et dans l’autre par « vent ». Et il semble que ce mot devrait être traduit de la même façon dans les deux parties du passage. Le texte se lirait alors ainsi : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du “Vent”. » Il se peut que la pleine signification de ce nom appliqué au Saint-Esprit, ou Saint-Vent, dépasse notre compréhension, mais nous pouvons du moins en saisir ceci : (1) L’Esprit, comme le vent, est souverain. « Le vent souffle où il veut » (Jean 3:8). Vous ne pouvez pas donner des ordres au vent. Il fait ce qu’il veut. Il en est exactement de même du Saint-Esprit : il est souverain, nous ne pouvons pas lui donner des ordres. Il distribue ses dons « à chacun en particulier », selon qu’il lui plaît, « comme il veut » (1 Corinthiens 12:11). Quand le vent souffle du nord, vous pouvez désirer de tout votre cœur qu’il souffle du sud ; mais vous aurez beau crier au vent de toutes vos forces : « Souffle du sud ! », il continuera tranquillement de souffler du nord. Pourtant, si vous ne pouvez pas donner des ordres au vent, s’il souffle comme il veut, vous pouvez apprendre les lois qui gouvernent ses mouvements, et, en vous mettant en harmonie avec ces lois, vous pouvez faire travailler le vent pour vous. Vous pouvez dresser votre moulin à vent de telle sorte que, de quelque côté que souffle le vent, les ailes tournent, et que le vent moule votre grain ou pompe votre eau. Il en est exactement de même ici : si nous ne pouvons pas donner des ordres au Saint-Esprit, nous pouvons apprendre les lois selon lesquelles il opère, et, en nous mettant en harmonie avec ces lois, et surtout en soumettant entièrement notre volonté à sa volonté souveraine, l’Esprit souverain de Dieu agira à travers nous et accomplira son œuvre glorieuse par notre moyen.

(2) L’Esprit, comme le vent, est invisible, mais perceptible, réel et puissant. Vous entendez le bruit du vent (Jean 3:8), mais le vent lui-même, vous ne le voyez jamais. Vous entendez la voix de l’Esprit, mais il demeure toujours invisible. (Le mot traduit par « bruit » en Jean 3:8 est celui qui, ailleurs, est traduit par « voix ».)

Non seulement nous entendons la voix du vent, mais nous voyons aussi ses effets puissants. Nous sentons le souffle du vent sur nos joues, nous voyons la poussière et les feuilles emportées devant lui, nous voyons les navires en mer poussés rapidement vers leurs ports ; mais le vent lui-même demeure invisible. Il en est exactement de même de l’Esprit : nous sentons son souffle sur notre âme, nous voyons les choses puissantes qu’il accomplit, mais lui-même, nous ne le voyons pas. Il est invisible, mais il est réel et perceptible.

Je n’oublierai jamais une heure solennelle à l’église de Chicago Avenue, à Chicago : le Dr W. W. White prononçait un discours d’adieu avant de partir pour l’Inde travailler parmi les étudiants de ce pays. Soudain, sans aucun signe avant-coureur apparent, le lieu fut rempli d’une Présence redoutable et glorieuse. Pour moi, elle était très réelle, mais une question s’éleva dans mon esprit : « Est-ce purement subjectif, une simple impression personnelle, ou y a-t-il ici une Présence objective ? » Après la réunion, je demandai à plusieurs personnes si elles avaient eu conscience de quelque chose, et je découvris qu’au même moment de la réunion, elles aussi, bien qu’elles n’eussent vu personne, avaient eu nettement conscience d’une Présence bouleversante, la Présence du Saint-Esprit. Bien des années ont passé depuis, et certains parlent encore aujourd’hui de cette heure-là.

Une autre fois, dans ma propre maison à Chicago, alors que j’étais à genoux en prière avec un ami intime, il nous sembla, pendant que nous priions, qu’une Présence invisible et redoutable entrait dans la pièce. Je compris ce qu’Éliphaz voulait dire lorsqu’il déclara : « Un esprit passa près de moi… Tous mes cheveux se hérissèrent… » (Job 4:15). Ce moment fut bouleversant, mais aussi glorieux que redoutable. Ce ne sont là que deux exemples parmi bien d’autres que l’on pourrait citer. Aucun de nous n’a jamais vu le Saint-Esprit, mais nous avons eu nettement conscience de sa présence. Nous avons été témoins de sa puissance, et nous ne pouvons douter de sa réalité. Certains nous disent qu’ils ne croient à rien de ce qu’ils ne peuvent voir. Pas un seul d’entre eux n’a jamais vu le vent, et pourtant tous croient au vent. Ils ont senti le vent et ils ont vu ses effets ; de même, nous avons, sans l’ombre d’un doute, senti la puissante présence de l’Esprit et été témoins de ses puissantes opérations.

(3) L’Esprit, comme le vent, est mystérieux. Vous ne pouvez dire d’où il vient ni où il va.

Rien dans la nature n’est plus mystérieux que le vent. Mais le Saint-Esprit est plus mystérieux encore dans ses opérations. Nous apprenons avec quelle soudaineté, de manière tout à fait inattendue, il commence son œuvre puissante dans des localités très éloignées les unes des autres. Il y a sans doute des raisons cachées pour lesquelles il commence ainsi son œuvre, mais bien souvent ces raisons nous sont absolument impossibles à découvrir. Nous ne savons pas d’où il vient ni où il va. Nous ne pouvons dire où il manifestera la prochaine fois sa puissance, si grande et si pleine de grâce.

(4) L’Esprit, comme le vent, est indispensable. Sans le vent, c’est-à-dire sans « l’air en mouvement », il n’y a pas de vie ; aussi Jésus dit-il : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Si le vent cessait de souffler pendant une seule heure, la plus grande partie de la vie sur cette terre cesserait d’exister. À maintes reprises, lors de la publication des rapports sanitaires des différentes villes des États-Unis, on a constaté que les cinq villes les plus saines du pays étaient cinq villes situées sur les Grands Lacs. Beaucoup ont été surpris de ce résultat en visitant certaines de ces villes et en constatant qu’elles étaient loin d’être les plus propres ou les mieux aménagées sur le plan de l’hygiène ; et pourtant, année après année, ce même résultat a été publié. L’explication est simplement celle-ci : c’est le vent soufflant des lacs qui a apporté la vie et la santé à ces villes. De même, quand l’Esprit cesse de souffler dans un cœur, dans une église ou dans une localité, la mort s’ensuit ; mais quand l’Esprit souffle avec constance sur l’individu, sur l’église ou sur la localité, il y a une vie et une santé spirituelles débordantes.

(5) Étroitement liée à la pensée précédente, une autre vérité : comme le vent, le Saint-Esprit donne la vie. Cette pensée revient sans cesse dans les Écritures. Par exemple, nous lisons en Jean 6:63 : « C’est l’esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » « La lettre tue, mais l’esprit vivifie. » Le passage le plus évocateur sur ce point est peut-être Ézéchiel 37:8-10 : « Je regardai, et voici, il leur vint des nerfs, la chair crût, et la peau les couvrit par-dessus; mais il n’y avait point en eux d’esprit. Il me dit: Prophétise, et parle à l’esprit! Prophétise, fils de l’homme, et dis à l’esprit: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent!

Je prophétisai, selon l’ordre qu’il m’avait donné. Et l’esprit entra en eux, et ils reprirent vie, et ils se tinrent sur leurs pieds: c’était une armée nombreuse, très nombreuse. » (Jean 3-5). Israël, dans la vision du prophète, n’était que des ossements, très nombreux et tout à fait secs, jusqu’à ce que le prophète leur proclame la parole de Dieu ; alors il y eut un bruit, un mouvement, et les os s’approchèrent les uns des autres, chaque os vers son os, et les nerfs et la chair vinrent sur les ossements ; mais il n’y avait toujours pas de vie. Puis, quand le vent souffla, le souffle de l’Esprit de Dieu, alors « ils se tinrent sur leurs pieds: c’était une armée nombreuse, très nombreuse ». Toute vie dans le croyant, dans l’enseignant, dans le prédicateur et dans l’Église est l’œuvre du Saint-Esprit.

Il vous arrivera parfois de faire la connaissance d’un homme, et, en l’entendant parler et en observant sa conduite, vous en éprouvez de la répulsion et du dégoût. Tout en lui proclame que c’est un homme mort, un cadavre moral, et non seulement mort, mais en train de se décomposer rapidement. Vous vous éloignez de lui aussi vite que vous le pouvez. Quelques mois plus tard, vous le rencontrez de nouveau. Vous hésitez à lui adresser la parole ; vous voudriez fuir sa présence même ; mais vous lui parlez pourtant, et il n’a pas prononcé beaucoup de phrases que vous remarquez un changement merveilleux. Sa conversation est douce, saine, édifiante ; tout dans ses manières est attirant et charmant. Vous découvrez bientôt que la conduite et la vie entière de cet homme ont été transformées. Il n’est plus un cadavre en décomposition, mais un enfant de Dieu vivant. Que s’est-il passé ? Le Vent de Dieu a soufflé sur lui ; il a reçu le Saint-Esprit, le Saint-Vent.

Un paisible jour de sabbat, vous visitez une église. Tout ce qui concerne l’aménagement extérieur de cette église est aussi parfait qu’on puisse le souhaiter. Il y a un lieu de culte attrayant, un orgue coûteux, un chœur doué et un prédicateur érudit. Le culte est bien ordonné ; mais vous n’êtes pas depuis longtemps dans l’assemblée que vous êtes forcé de constater qu’il n’y a pas de vie, que tout n’est que forme, et que rien ne s’accomplit ni pour Dieu ni pour les hommes. Vous repartez le cœur lourd. Quelques mois plus tard, vous devez visiter de nouveau cette église ; l’aménagement extérieur est à peu près le même qu’auparavant, mais le culte n’est pas très avancé que vous remarquez déjà une grande différence. Il y a une puissance nouvelle dans le chant, un esprit nouveau dans la prière, une force nouvelle dans la prédication ; tout dans cette église déborde de la vie de Dieu. Que s’est-il passé ?

Le Vent de Dieu a soufflé sur cette église ; le Saint-Esprit, le Saint-Vent, est venu.

Vous allez un jour entendre un prédicateur dont on vous a vanté les talents. Dès qu’il se lève pour prêcher, vous comprenez vite qu’on n’a rien exagéré dans l’éloge de ses talents, du moins du point de vue purement intellectuel et de la richesse des idées. Son expression est irréprochable, son style magnifique, sa logique inattaquable, son orthodoxie au-dessus de toute critique. L’écouter est un régal pour l’intelligence ; et pourtant, malgré tout, pendant qu’il prêche, vous ne pouvez vous défendre d’un sentiment de tristesse, car il n’y a dans la prédication de cet homme ni vraie prise sur les cœurs, ni puissance, ni réalité d’aucune sorte. Vous repartez le cœur lourd à la pensée de ce gaspillage de dons magnifiques. Des mois, peut-être des années passent, et vous vous retrouvez de nouveau à écouter ce prédicateur célèbre ; mais quel changement ! La même diction irréprochable, le même beau style, la même logique inattaquable, la même éloquence habile, la même saine orthodoxie ; mais il y a maintenant quelque chose de plus : il y a de la réalité, de la vie, une prise sur les cœurs, de la puissance dans la prédication. Hommes et femmes l’écoutent en retenant leur souffle ; des pécheurs se courbent en versant des larmes de repentance, le cœur transpercé par la conviction du péché ; hommes et femmes, garçons et filles renoncent à leur égoïsme, à leur péché et à leur mondanité, acceptent Jésus-Christ et lui consacrent leur vie.

Que s’est-il passé ? Le Vent de Dieu a soufflé sur cet homme. Il a été rempli du Saint-Vent.

(6) Comme le vent, le Saint-Esprit est irrésistible. Nous lisons en Actes 1:8 : « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Lorsque cette promesse de notre Seigneur s’accomplit en Étienne, nous lisons : « Mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait. » Un homme rempli du Saint-Esprit est transformé en cyclone. Qu’est-ce qui peut tenir devant le vent ? Lorsqu’un cyclone frappa St. Cloud, dans le Minnesota, il y a des années, le vent souleva des wagons de marchandises chargés et les emporta loin de la voie. Il arracha un pont de fer de ses fondations, le tordit sur lui-même et le jeta au loin.

Lorsqu’un cyclone frappa plus tard Saint-Louis, dans le Missouri, il sectionna des poteaux télégraphiques d’un pied de diamètre comme s’ils avaient été des tuyaux de pipe. Il coupa d’énormes arbres au ras de la racine ; il trancha l’angle des bâtiments de brique sur son passage comme s’ils avaient été coupés au couteau ; rien ne pouvait tenir devant lui. De même, rien ne peut tenir devant un prédicateur de la Parole rempli de l’Esprit. Nul ne peut résister à la sagesse et à l’Esprit par lequel il parle. Le Vent de Dieu s’empara de Charles G. Finney, un avocat de campagne inconnu, et l’envoya à travers l’État de New York, puis à travers la Nouvelle-Angleterre, puis à travers l’Angleterre, abattant des hommes forts par sa logique irrésistible, donnée par l’Esprit.

Un soir, à Rochester, des dizaines d’avocats, conduits par le juge de la cour d’appel, quittèrent leurs bancs, s’inclinèrent dans les allées et livrèrent leur vie à Dieu. Le Vent de Dieu s’empara de D. L.

Moody, un jeune commerçant sans instruction de Chicago, et, dans la puissance de ce Vent irrésistible, des hommes, des femmes et des jeunes gens furent abattus devant ses paroles et amenés aux pieds de Jésus-Christ dans une humble confession de leur péché et un abandon de celui-ci ; et, remplis de la vie de Dieu, ils ont été depuis lors les piliers des églises de Grande-Bretagne et du monde entier. Le grand besoin d’aujourd’hui, chez les individus, dans les églises et chez les prédicateurs, c’est que le Vent de Dieu souffle sur nous. Une grande partie de la difficulté que beaucoup éprouvent avec Jean 3:5 : « Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » disparaîtrait si seulement nous nous rappelions que « Esprit » signifie « Vent », et si nous traduisions le verset littéralement d’un bout à l’autre : « Si un homme ne naît d’eau et de Vent, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » La pensée semblerait alors être : « Si un homme ne naît de la puissance purificatrice et vivifiante de l’Esprit (ou bien de la Parole qui purifie, Jean 15:3, Éphésiens 5:26, Jacques 1:18, 1 Pierre 1:23, et de la puissance vivifiante du Saint-Esprit). »

II. L’Esprit de Dieu La Bible parle souvent du Saint-Esprit comme de l’Esprit de Dieu. Par exemple, nous lisons en 1 Corinthiens 3:16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous? »

Ce nom renferme la même pensée essentielle que le précédent, mais avec ceci de plus qu’il met en relief l’origine, la nature et la puissance divines de l’Esprit. Il n’est pas simplement « le Vent », comme nous l’avons vu plus haut, mais « le Vent de Dieu ».

III. L’Esprit de l’Éternel Ce nom est donné au Saint-Esprit en Ésaïe 11:2 (« l’Esprit de Jéhovah » dans l’American Revised Version) : « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui ». La pensée de ce nom est, bien entendu, essentiellement la même que celle du précédent, à cette différence près que Dieu est ici considéré comme le Dieu de l’alliance d’Israël, l’Éternel. C’est ainsi qu’il est présenté dans le contexte où se trouve ce nom ; et, bien entendu, la Bible, avec cette exactitude infaillible dont elle fait toujours preuve dans l’emploi des différents noms de Dieu, parle ici de l’Esprit comme de l’Esprit de l’Éternel, et non simplement comme de l’Esprit de Dieu.

IV. L’Esprit du Seigneur, l’Éternel Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit du Seigneur, l’Éternel, en Ésaïe 61:1-3 (A. R. V. : « l’Esprit du Seigneur Jéhovah ») : « L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, etc. » Le Saint-Esprit est ici désigné, non simplement comme l’Esprit de l’Éternel, mais comme l’Esprit du Seigneur, l’Éternel, en raison de la relation sous laquelle Dieu lui-même est présenté dans ce contexte : non seulement comme l’Éternel, le Dieu de l’alliance d’Israël, mais aussi comme l’Éternel, Seigneur d’Israël, en même temps que leur Dieu fidèle à son alliance. Ce nom de l’Esprit est encore plus expressif que le nom « l’Esprit de Dieu ».

V. L’Esprit du Dieu vivant Le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit du Dieu vivant » en 2 Corinthiens 3:3 : « Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. » Quelle est la signification de ce nom ? Le contexte la rend claire. L’apôtre Paul établit un contraste entre la Parole de Dieu écrite avec de l’encre sur du papier et la Parole de Dieu écrite « sur des tables de chair, sur les cœurs » par le Saint-Esprit, qui est appelé ici « l’Esprit du Dieu vivant », parce qu’il fait de Dieu une réalité vivante dans notre expérience personnelle, au lieu d’un simple concept intellectuel. Beaucoup croient en Dieu et sont parfaitement orthodoxes dans leur conception de Dieu ; mais, après tout, Dieu n’est pour eux qu’une proposition intellectuelle et théologique. L’œuvre du Saint-Esprit est de faire de Dieu bien plus qu’une notion théologique, si orthodoxe soit-elle ; il est l’Esprit du Dieu vivant, et son œuvre est de faire de Dieu pour nous un Dieu vivant, un Être que nous connaissons, avec qui nous sommes personnellement en relation, un Être plus réel pour nous que l’ami le plus intime que nous ayons parmi les hommes.

Avez-vous un Dieu réel ? Eh bien, vous pouvez en avoir un. Le Saint-Esprit est l’Esprit du Dieu vivant, et il peut et veut vous donner un Dieu vivant, rendre Dieu réel dans votre expérience personnelle. Beaucoup ont un Dieu qui a vécu, agi et parlé autrefois, un Dieu qui a vécu et agi lors de la création de l’univers, qui a peut-être vécu et agi au temps de Moïse et d’Élie, de Jésus-Christ et des apôtres, mais qui ne vit et n’agit plus.

S’il existe encore, il s’est retiré de toute participation active à la nature ou à l’histoire de l’homme. Il a créé la nature, lui a donné ses lois et ses forces, et la laisse maintenant marcher toute seule. Il a créé l’homme et lui a donné diverses facultés, mais il l’a maintenant laissé accomplir seul sa destinée. Certains vont plus loin encore : ils peuvent croire en un Dieu qui a parlé à Abraham, à Moïse, à David, à Ésaïe, à Jésus et aux apôtres, mais qui ne parle plus. Nous pouvons lire dans la Bible ce qu’il a dit à ces différents hommes, mais nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’il nous parle.

Par contraste, c’est l’œuvre du Saint-Esprit, l’Esprit du Dieu vivant, de nous faire connaître un Dieu qui vit, qui agit et qui parle aujourd’hui, un Dieu prêt à s’approcher de nous autant qu’il s’est approché d’Abraham, de Moïse, d’Ésaïe, des apôtres ou de Jésus lui-même. Non qu’il ait de nouvelles révélations à faire, car il a conduit les apôtres dans toute la vérité (Jean 16:13) ; mais bien que la vérité de Dieu ait été entièrement révélée dans la Bible, Dieu vit encore aujourd’hui, et il nous parlera aussi directement qu’il parlait autrefois à ses élus. Heureux l’homme qui connaît le Saint-Esprit comme l’Esprit du Dieu vivant, et qui, par conséquent, a un Dieu réel, un Dieu qui vit aujourd’hui, un Dieu sur qui il peut compter aujourd’hui pour intervenir en sa faveur, un Dieu avec qui il jouit d’une communion personnelle intime, un Dieu vers qui il peut élever la voix dans la prière et qui lui répond !

VI. L’Esprit de Christ En Romains 8:9 : « Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous.

Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. » Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de Christ. Dans ce passage, l’Esprit de Christ ne signifie pas un esprit semblable à celui de Christ. Il signifie bien davantage : il désigne ce qui se trouve derrière un esprit semblable à celui de Christ ; c’est un nom du Saint-Esprit. Pourquoi le Saint-Esprit est-il appelé l’Esprit de Christ ? Pour plusieurs raisons : (1) Parce qu’il est le don de Christ. Le Saint-Esprit n’est pas seulement le don du Père, mais aussi le don du Fils. Nous lisons en Jean 20:22 que Jésus « souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. »

Le Saint-Esprit est donc le souffle de Christ, aussi bien que le souffle de Dieu le Père. C’est Christ qui souffle sur nous et qui nous communique le Saint-Esprit. En Jean 14:15 et dans les versets suivants, Jésus nous enseigne que c’est en réponse à sa prière que le Père nous donne le Saint-Esprit. En Actes 2:33, nous lisons que Jésus, « Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis », le répand sur les croyants ; c’est-à-dire que Jésus, élevé à la droite de Dieu, reçoit du Père, en réponse à sa prière, le Saint-Esprit, et répand sur l’Église Celui qu’il a reçu du Père.

En Matthieu 3:11, nous lisons que c’est Jésus qui baptise du Saint-Esprit. En Jean 7:37-39, Jésus invite tous ceux qui ont soif à venir à lui et à boire, et le contexte montre clairement que l’eau qu’il donne est le Saint-Esprit, qui devient en ceux qui le reçoivent une source de vie et de puissance s’écoulant vers les autres. C’est le Christ glorifié qui donne le Saint-Esprit à l’Église. Au quatrième chapitre de Jean, au dixième verset, Jésus déclare qu’il est Celui qui donne l’eau vive, le Saint-Esprit. Dans tous ces passages, Christ est présenté comme Celui qui donne le Saint-Esprit ; c’est pourquoi le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit de Christ ».

(2) Mais il y a une raison plus profonde pour laquelle le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit de Christ » : c’est que l’œuvre du Saint-Esprit est de nous révéler Christ. En Jean 16:14, nous lisons : « Il (c’est-à-dire le Saint-Esprit) me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » De même, en Jean 15:26, il est écrit : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi » C’est l’œuvre du Saint-Esprit de rendre témoignage de Christ et de révéler Jésus-Christ aux hommes. Et, en tant que révélateur de Christ, il est appelé « l’Esprit de Christ ».

(3) Mais il y a une raison plus profonde encore pour laquelle le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de Christ : c’est que son œuvre est de former Christ en nous comme une présence vivante. En Éphésiens 3:16-17, l’apôtre Paul prie le Père d’accorder aux croyants, « selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ».

Telle est donc l’œuvre du Saint-Esprit : faire habiter Christ dans nos cœurs, former en nous le Christ vivant. De même que le Saint-Esprit a formé littéralement et physiquement Jésus-Christ dans le sein de la vierge Marie (Luc 1:35), de même le Saint-Esprit forme spirituellement Jésus-Christ dans nos cœurs aujourd’hui.

En Jean 14:16-18, Jésus dit à ses disciples que, lorsque le Saint-Esprit viendrait, lui-même viendrait ; autrement dit, la venue du Saint-Esprit pour habiter dans leurs cœurs aurait pour résultat la venue de Christ lui-même. C’est le privilège de tout croyant en Christ d’avoir le Christ vivant formé dans son propre cœur par la puissance du Saint-Esprit ; c’est pourquoi le Saint-Esprit, qui forme ainsi Christ dans le cœur, est appelé l’Esprit de Christ. Quelle merveille ! Que la signification de ce nom est glorieuse ! Méditons-la jusqu’à la comprendre, autant qu’il est possible de la comprendre, et jusqu’à nous réjouir extrêmement de sa gloire.

VII. L’Esprit de Jésus-Christ Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de Jésus-Christ en Philippiens 1:19 : « Car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit de Jésus-Christ. » L’Esprit n’est pas seulement l’Esprit de la Parole éternelle, mais l’Esprit de la Parole incarnée ; non seulement l’Esprit de Christ, mais l’Esprit de Jésus-Christ. C’est l’homme Jésus, élevé à la droite du Père, qui reçoit et envoie l’Esprit. Ainsi lisons-nous en Actes 2:32-33 : « C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité; nous en sommes tous témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. »

VIII. L’Esprit de Jésus Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de Jésus en Actes 16:6-7 : « Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. » Par l’emploi de ce nom, « l’Esprit de Jésus », la relation de l’Esprit avec l’homme Jésus apparaît plus clairement encore que dans le nom qui précède, l’Esprit de Jésus-Christ.

IX. L’Esprit de son Fils Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de son Fils en Galates 4:6 : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! » Nous voyons par le contexte (v. 4, 5) que ce nom est donné au Saint-Esprit en rapport particulier avec le témoignage qu’il rend à notre qualité de fils.

C’est « l’Esprit de son Fils » qui rend témoignage à notre adoption.

La pensée est que le Saint-Esprit est un Esprit filial, un Esprit qui produit en nous le sentiment d’être fils. Si nous recevons le Saint-Esprit, nous ne pensons plus à Dieu comme si nous le servions sous la contrainte et dans la servitude ; nous sommes des fils qui vivent dans une joyeuse liberté. Nous ne craignons pas Dieu ; nous nous confions en lui et nous nous réjouissons en lui. Quand nous recevons le Saint-Esprit, nous ne recevons pas un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! (Romains 8:15). Ce nom du Saint-Esprit est l’un des plus évocateurs de tous. Nous ferons bien de le méditer longuement, jusqu’à ce que nous saisissions la joyeuse plénitude de sa signification. Nous y reviendrons lorsque nous étudierons l’œuvre du Saint-Esprit.

X. Le Saint-Esprit Ce nom revient très fréquemment, et c’est celui qui nous est le plus familier. L’un des passages les plus connus où il est employé est Luc 11:13 : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. » Ce nom met en relief le caractère moral essentiel de l’Esprit. Il est saint en lui-même. Ce nom nous est si familier que nous négligeons d’en peser la signification. Si seulement nous comprenions plus profondément et plus constamment qu’il est le Saint-Esprit ! Nous ferions bien, comme les séraphins de la vision d’Ésaïe, de nous prosterner en sa présence et de crier : « Saint, saint, saint ». Et pourtant, avec quelle légèreté nous parlons souvent de lui et prions pour qu’il vienne !

Nous prions pour qu’il vienne dans nos églises et dans nos cœurs ; mais que trouverait-il s’il y venait ? N’y trouverait-il pas bien des choses qui lui seraient douloureuses et pénibles au plus haut point ? Que penserions-nous si des femmes dépravées, venues du plus infâme repaire de vice d’une grande ville, allaient trouver la femme la plus pure de cette ville pour l’inviter à venir vivre avec elles dans leur répugnante méchanceté, sans avoir la moindre intention de changer de conduite ? Ce ne serait pourtant pas aussi choquant que de voir vous et moi demander au Saint-Esprit de venir habiter dans nos cœurs, alors que nous n’avons aucune pensée de renoncer à notre impureté, à notre égoïsme, à notre mondanité ou à notre péché. Ce ne serait pas aussi choquant que de nous voir inviter le Saint-Esprit à venir dans nos églises, alors qu’elles sont pleines de mondanité, d’égoïsme, de querelles, d’envie et d’orgueil, et de tout ce qui est impur.

Mais si les gens du lieu le plus bas et le plus corrompu allaient trouver la femme la plus pure et la plus semblable à Christ, en lui demandant de venir demeurer avec eux, pour ôter tout ce qui est mauvais et donner à cette femme sainte et semblable à Christ l’entière direction de la maison, elle irait. Et, si pécheurs, égoïstes et imparfaits que nous soyons, l’Esprit infiniment saint est prêt à venir établir sa demeure dans notre cœur, si nous voulons lui remettre la direction absolue de notre vie et le laisser amener toute chose — pensées, rêveries, sentiments, desseins, imagination et actions — à l’obéissance à sa volonté. L’Esprit infiniment saint est prêt à venir dans nos églises, si imparfaites et mondaines qu’elles soient aujourd’hui, si nous sommes disposés à remettre entre ses mains la direction absolue de toute chose. Mais n’oublions jamais qu’il est le Saint-Esprit, et, quand nous prions pour qu’il vienne, prions pour lui en tant que tel.

XI. Le Saint-Esprit de la promesse Le Saint-Esprit est appelé le Saint-Esprit de la promesse en Éphésiens 1:13 : « En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis. » Nous retrouvons ici le même nom que celui que nous avons vu plus haut, avec cette pensée supplémentaire : ce Saint-Esprit est la grande promesse du Père et du Fils. Le Saint-Esprit est la grande promesse de Dieu pour l’époque présente, celle qui renferme toutes les autres ; la seule chose que Jésus ordonna à ses disciples d’attendre après son ascension, avant d’entreprendre son œuvre, c’était « ce que le Père avait promis », c’est-à-dire le Saint-Esprit (Actes 1:4-5). Jusqu’à la venue de Christ, la grande promesse du Père était le Sauveur et Roi qui devait venir faire l’expiation ; mais quand Jésus fut venu, qu’il eut subi sa mort expiatoire sur la croix du Calvaire, qu’il fut ressuscité et monté à la droite du Père, la seconde grande promesse du Père fut alors le Saint-Esprit, qui devait prendre la place de notre Seigneur absent. (Voir aussi Actes 2:33.)

XII. L’Esprit de sainteté Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de sainteté en Romains 1:4 : « et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ notre Seigneur. » À première vue, il peut sembler qu’il n’y ait aucune différence essentielle entre ces deux noms, le Saint-Esprit et l’Esprit de sainteté. Mais la différence est nette. Le nom de Saint-Esprit, comme nous l’avons déjà dit, souligne le caractère moral essentiel de l’Esprit : il est saint ; tandis que le nom d’Esprit de sainteté fait ressortir cette pensée que le Saint-Esprit n’est pas seulement saint en lui-même, mais qu’il communique la sainteté aux autres. La parfaite sainteté qu’il possède, il la communique à ceux qui le reçoivent (1 Pierre 1:2).

XIII. L’Esprit de jugement Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de jugement en Ésaïe 4:4 : « Après que le Seigneur aura lavé les ordures des filles de Sion, Et purifié Jérusalem du sang qui est au milieu d’elle, par l’esprit de jugement et par l’esprit de feu. » Ce passage contient deux noms du Saint-Esprit : d’abord, l’Esprit de jugement. Le Saint-Esprit est ainsi nommé parce que c’est son œuvre de mettre le péché en lumière, de convaincre de péché (Jean 16:7-9). Quand le Saint-Esprit vient à nous, la première chose qu’il fait, c’est de nous ouvrir les yeux pour que nous voyions nos péchés comme Dieu les voit. Il juge notre péché. (Nous approfondirons ce point en étudiant Jean 16:7-11, lorsque nous examinerons l’œuvre du Saint-Esprit.)

XIV. L’Esprit de feu Ce nom figure dans le passage que nous venons de citer. (Voir XIII.) Il souligne son œuvre qui sonde, qui affine, qui consume les scories, qui éclaire et qui donne de l’énergie. Le Saint-Esprit est comme un feu dans le cœur où il habite ; et, de même que le feu éprouve, affine, consume, éclaire, réchauffe et donne de l’énergie, ainsi fait-il. Dans le contexte, c’est l’œuvre purificatrice du Saint-Esprit qui est particulièrement mise en relief (Ésaïe 4:3, 4).

XV. L’Esprit de vérité Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de vérité en Jean 14:17 : « l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 15:26 ; Jean 16:13). Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de vérité parce que c’est l’œuvre du Saint-Esprit de communiquer la vérité, de transmettre la vérité à ceux qui le reçoivent. Cela ressort du passage cité plus haut et, si possible, plus clairement encore de Jean 16:13 : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. » Toute vérité vient du Saint-Esprit. Ce n’est que lorsqu’il nous enseigne que nous parvenons à connaître la vérité.

XVI. L’Esprit de sagesse et d’intelligence Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de sagesse et d’intelligence en Ésaïe 11:2 : « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. » La signification de ce nom est si claire qu’elle se passe d’explication. Il ressort avec évidence, à la fois des termes employés et du contexte, que c’est l’œuvre du Saint-Esprit de communiquer la sagesse et l’intelligence à ceux qui le reçoivent. Ceux qui reçoivent le Saint-Esprit reçoivent l’Esprit « de force, d’amour et de sagesse », c’est-à-dire de bon sens (2 Timothée 1:7).

XVII. L’Esprit de conseil et de force Nous trouvons ce nom appliqué au Saint-Esprit dans le passage cité sous le titre précédent. Le sens de ce nom, lui aussi, est évident : le Saint-Esprit est appelé « Esprit de conseil et de force » parce qu’il nous donne conseil dans tous nos projets et la force de les accomplir (Actes 8:29 ; 16:6-7 ; 1:8). C’est notre privilège d’avoir le conseil de Dieu dans tous nos projets et la force de Dieu dans toute l’œuvre que nous entreprenons pour lui. Nous les recevons en recevant le Saint-Esprit, l’Esprit de conseil et de force.

XVIII. L’Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel Ce nom figure lui aussi dans le passage cité plus haut (Ésaïe 11:2). Sa signification est, elle aussi, évidente. C’est l’œuvre du Saint-Esprit de nous communiquer la connaissance et de faire naître en nous la révérence envers l’Éternel, cette révérence qui se manifeste avant tout par l’obéissance à ses commandements. Celui qui reçoit le Saint-Esprit trouve ses délices dans la crainte de l’Éternel. (Voir Ésaïe 11:3.) Les trois noms si riches de sens que nous venons de voir se rapportent particulièrement à l’œuvre de grâce du Saint-Esprit dans le serviteur de l’Éternel, c’est-à-dire Jésus-Christ (Ésaïe 11:1-5).

XIX. L’Esprit de vie Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de vie en Romains 8:2 : « En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » Le Saint-Esprit est appelé l’Esprit de vie parce que c’est son œuvre de communiquer la vie (Jean 6:63 ; Ézéchiel 37:1-10). Dans le contexte où se trouve ce nom, dans le passage cité plus haut, contexte qui commence dès le septième verset du septième chapitre de l’Épître aux Romains, Paul établit un contraste entre la loi de Moïse, extérieure à l’homme, sainte, juste et bonne, il est vrai, mais impuissante, et l’Esprit vivant de Dieu dans le cœur, qui communique au croyant la vie spirituelle et morale et le rend ainsi capable de satisfaire aux exigences de la loi de Dieu ; de sorte que ce que la loi seule ne pouvait faire, parce que la chair la rendait sans force, l’Esprit de Dieu, qui communique la vie au croyant et habite dans son cœur, le rend capable de le faire, afin que la justice de la loi soit accomplie en ceux qui marchent, non selon la chair, mais selon l’Esprit. (Voir Romains 2:4-8.) Le Saint-Esprit est donc appelé « l’Esprit de vie » parce qu’il communique la vie spirituelle, et par suite la victoire sur le péché, à ceux qui le reçoivent.

XX. L’huile de joie Le Saint-Esprit est appelé « l’huile de joie » en Hébreux 1:9 : « Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux. » Quelqu’un demandera peut-être quelle raison nous avons de supposer que « l’huile de joie », dans ce passage, est un nom du Saint-Esprit. La réponse se trouve en comparant Hébreux 1:9 avec Actes 10:38 et Luc 4:18. En Actes 10:38, nous lisons « comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth », et en Luc 4:18, Jésus lui-même dit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres », etc.

Dans ces deux passages, il nous est dit que c’est du Saint-Esprit que Jésus a été oint ; et comme le passage de l’Épître aux Hébreux nous dit que c’est de l’huile de joie qu’il a été oint, la seule conclusion possible, évidemment, est que l’huile de joie désigne le Saint-Esprit. Quel beau nom, et combien riche de sens, pour celui dont le fruit est d’abord « l’amour », puis « la joie » (Galates 5:22) ! Le Saint-Esprit devient une source de joie sans bornes pour ceux qui le reçoivent ; il remplit et rassasie si bien l’âme que celui qui le reçoit n’a plus jamais soif (Jean 4:14). Quelque grandes que soient les afflictions au milieu desquelles le croyant reçoit la Parole, il aura toujours « la joie du Saint-Esprit » (1 Thessaloniciens 1:6).

Le jour de la Pentecôte, lorsque les disciples furent baptisés du Saint-Esprit, ils furent remplis d’une joie si extatique que ceux qui les regardaient les crurent ivres. Ils disaient : « Ils sont pleins de vin doux. » Et Paul établit une comparaison entre l’ivresse anormale que produit l’excès de vin et la saine allégresse, qui n’entraîne aucun contrecoup, que procure le fait d’être rempli de l’Esprit (Éphésiens 5:18-20). Quand Dieu oint quelqu’un du Saint-Esprit, c’est comme s’il brisait au-dessus de sa tête un précieux vase d’albâtre plein d’huile de joie, jusqu’à ce qu’elle descende sur le bord de ses vêtements et que toute sa personne soit inondée d’une joie ineffable et glorieuse.

XXI. L’Esprit de grâce Le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit de grâce » en Hébreux 10:29 : « de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce ? » Ce nom révèle que c’est l’œuvre du Saint-Esprit de dispenser et d’appliquer la grâce de Dieu. Il est plein de grâce, certes, mais ce nom signifie bien davantage : il signifie qu’il nous fait posséder, par l’expérience, la grâce si diverse de Dieu. Ce n’est que par l’œuvre de l’Esprit de grâce dans nos cœurs que nous sommes capables de nous approprier cette infinie plénitude de grâce que Dieu, dès le commencement, nous a accordée en Jésus-Christ. Elle est à nous dès le départ, pour ce qui est de nous appartenir, mais elle ne devient nôtre dans l’expérience que lorsque nous la réclamons par la puissance de l’Esprit de grâce.

XXII. L’Esprit de grâce et de supplication Le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit de grâce et de supplication » en Zacharie 12:10 : « Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem Un esprit de grâce et de supplication, Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. » L’expression « l’Esprit de grâce et de supplication », dans ce passage, est sans aucun doute un nom du Saint-Esprit.

Nous avons déjà rencontré le nom « l’Esprit de grâce » sous le titre précédent, mais il y a ici une pensée de plus : celle de cette opération de la grâce qui nous pousse à prier avec ardeur. Le Saint-Esprit est ainsi nommé parce que c’est lui qui nous enseigne à prier. Après tout, toute vraie prière se fait dans l’Esprit (Jude 20). Par nous-mêmes, nous ne savons pas prier comme il le faut, mais c’est l’œuvre du Saint-Esprit d’intercession d’intercéder pour nous par des soupirs inexprimables et de nous conduire à prier selon la volonté de Dieu (Romains 8:26-27). Le secret de toute prière vraie et efficace, c’est de connaître le Saint-Esprit comme « l’Esprit de grâce et de supplication ».

XXIII. L’Esprit de gloire Le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit de gloire » en 1 Pierre 4:14 : « Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous : de leur part, il est blasphémé, mais de votre part, il est glorifié. » Ce nom n’enseigne pas seulement que le Saint-Esprit est lui-même infiniment glorieux ; il enseigne plutôt qu’il nous communique la gloire de Dieu. De même que l’Esprit de vérité nous communique la vérité, que l’Esprit de vie nous communique la vie, que l’Esprit de sagesse, d’intelligence, de conseil, de force, de connaissance et de crainte du Seigneur nous communique la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la connaissance et la crainte du Seigneur, et que l’Esprit de grâce nous applique et nous dispense la grâce si diverse de Dieu, de même l’Esprit de gloire est celui qui nous dispense la gloire de Dieu.

Dans le verset qui précède immédiatement, nous lisons : « Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. » C’est dans ce rapport qu’il est appelé l’Esprit de gloire. Nous trouvons un rapport semblable entre les souffrances que nous endurons et la gloire que le Saint-Esprit nous communique en Romains 8:16-17 : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » Le Saint-Esprit est le dispensateur de la gloire aussi bien que de la grâce, ou plutôt de la grâce qui s’achève en gloire.

XXIV. L’Esprit éternel Le Saint-Esprit est appelé « l’Esprit éternel » en Hébreux 9:14 : « combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ? » L’éternité, la divinité et l’infinie majesté du Saint-Esprit sont mises en lumière par ce nom.

XXV. Le Consolateur Le Saint-Esprit est appelé « le Consolateur » à maintes reprises dans les Écritures. Par exemple, en Jean 14:26, nous lisons : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Et en Jean 15:26 : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Voir aussi Jean 16:27.) Le mot traduit par « Consolateur » dans ces passages a bien ce sens, mais il signifie aussi beaucoup plus.

C’est un mot qu’il est difficile de rendre adéquatement par un seul mot anglais. Les traducteurs de la version révisée anglaise (Revised Version) ont eu du mal à décider par quel mot rendre le terme grec ainsi traduit. Ils ont proposé, en marge de la Revised Version, « avocat », « aide », ainsi qu’une simple transposition du mot grec en anglais : « Paraclet ». Le mot traduit par « Consolateur » signifie littéralement « celui qui est appelé aux côtés d’un autre », l’idée étant celle de quelqu’un qui se tient tout près pour prendre le parti d’un autre. C’est le même mot qui est traduit par « avocat » en 1 Jean 2:1 : « Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point.

Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. » Mais le mot « avocat », tel que nous l’entendons aujourd’hui, ne rend pas toute la force du mot grec ainsi traduit.

Historiquement, « avocat » signifie à peu près la même chose. Avocat vient du latin (« advocatus ») et signifie « celui qu’on appelle auprès d’un autre pour prendre son parti » ; mais, dans l’usage moderne, le mot a pris un sens restreint. Le mot grec traduit par « Consolateur » (Parakleetos) signifie « celui qui est appelé à côté », c’est-à-dire quelqu’un qu’on appelle pour se tenir constamment à nos côtés, toujours prêt à nous assister et à prendre notre parti en toute chose où son aide est nécessaire.

C’est un nom merveilleusement tendre et expressif pour le Saint. Parfois, quand nous pensons au Saint-Esprit, il nous semble si lointain ; mais quand nous pensons au Parakleetos ou, en langage simple, à celui qui « se tient à nos côtés », à celui qui « prend notre parti », combien il est proche ! Jusqu’au moment où Jésus fit cette promesse à ses disciples, c’était lui qui avait été leur Parakleetos. Quand ils se trouvaient dans une situation critique ou dans une difficulté, ils se tournaient vers lui.

Une fois, par exemple, les disciples ne savaient pas comment prier ; ils se tournèrent vers Jésus et lui dirent : « Seigneur, enseigne-nous à prier. » Et le Seigneur leur enseigna la merveilleuse prière qui nous est parvenue à travers les siècles (Luc 11:1-4). Une autre fois, Pierre s’enfonçait dans les flots de Galilée ; il s’écria : « Seigneur, sauve-moi ! » et aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et le sauva (Matthieu 14:30-31). Dans toutes leurs détresses, ils se tournaient vers lui. Eh bien, maintenant que Jésus s’en est allé vers le Père, nous avons une autre Personne, tout aussi divine que lui, tout aussi sage que lui, tout aussi forte que lui, tout aussi aimante que lui, tout aussi tendre que lui, tout aussi disposée et tout aussi capable de nous aider, qui est toujours là, à nos côtés.

Oui, mieux encore : qui habite dans notre cœur, et qui interviendra pour nous aider si seulement nous lui faisons confiance pour le faire ?

Si la vérité concernant le Saint-Esprit, telle que l’exprime le nom de « Parakleetos », pénètre une fois dans notre cœur et y demeure, elle en bannira pour toujours toute solitude ; car comment pourrions-nous jamais nous sentir seuls, quand ce meilleur de tous les Amis est toujours avec nous ? Ces huit dernières années, j’ai été appelé à mener ce qui aurait naturellement été une vie très solitaire. La plupart du temps, je suis séparé de ma femme et de mes enfants par les appels du devoir. Pendant dix-huit mois consécutifs, j’ai été séparé de presque toute ma famille par des milliers et des milliers de milles. La solitude aurait été insupportable sans l’unique Ami, parfaitement suffisant, qui était toujours avec moi.

Je me souviens d’une nuit où j’arpentais le pont d’un vapeur ballotté par la tempête dans les mers du Sud. La plus grande partie de ma famille se trouvait à 18 000 milles de là ; le seul autre membre de ma famille n’était pas avec moi. Les officiers étaient occupés sur la passerelle, et j’arpentais le pont tout seul ; et cette pensée me vint : « Te voilà tout seul. » Puis une autre pensée me vint : « Je ne suis pas seul ; à mes côtés, tandis que j’arpente ce pont dans la solitude et la tempête, marche le Saint-Esprit », et il me suffisait. J’ai dit un jour quelque chose de semblable lors d’une conférence biblique à Saint-Paul. À la fin de la réunion, un médecin vint me trouver et me dit doucement : « Je tiens à vous remercier pour cette pensée que le Saint-Esprit est toujours avec nous. Je suis médecin. Souvent, je dois aller très loin dans la campagne, la nuit et dans la tempête, pour voir un malade, et je me suis souvent senti si seul ; mais je ne me sentirai plus jamais seul.

Je saurai toujours qu’à mes côtés, dans ma voiture de médecin, le Saint-Esprit m’accompagne. » Si cette pensée du Saint-Esprit comme Paraclet toujours présent pénètre une fois dans votre cœur et y demeure, elle en bannira pour toujours toute crainte. Comment pourrions-nous avoir peur devant quelque menace que ce soit, si cet Être divin est à nos côtés pour nous conseiller et prendre notre parti ? Il peut y avoir autour de nous une foule hurlante, ou un orage menaçant, peu importe. Il se tient entre nous et la foule, entre nous et l’orage. Un soir, j’avais promis de faire quatre milles à pied pour me rendre chez un ami, après la séance du soir d’une conférence. Le chemin longeait un lac.

Au moment où je partais pour la maison de mon ami, un orage se préparait. Je n’avais pas compté là-dessus, mais, comme je l’avais promis, je sentis que je devais y aller.

Le chemin suivait le bord du lac, souvent tout près du bord ; tantôt le lac était au niveau du chemin, tantôt il se trouvait bien des pieds plus bas. La nuit était si noire, à cause des nuages, qu’on ne voyait rien devant soi. De temps à autre, un éclair aveuglant permettait de voir où le chemin avait été emporté par les eaux, puis l’obscurité redevenait plus noire que jamais. On entendait le lac gronder en contrebas. L’endroit semblait dangereux ; mais cette semaine même, j’avais parlé de la personnalité du Saint-Esprit et du Saint-Esprit comme d’un Ami toujours présent, et cette pensée me vint : « Que disais-tu aux gens, dans ton allocution, au sujet du Saint-Esprit comme Ami toujours présent ? » Alors je me dis : « Entre moi et le lac bouillonnant, et le bord du chemin, marche le Saint-Esprit », et je poursuivis ma route, sans crainte et joyeux.

Quand nous étions à Londres, une jeune femme assista un après-midi à la réunion du Royal Albert Hall.

Elle avait une peur maladive de l’obscurité. Elle ne pouvait pas entrer seule dans une pièce sombre ; mais la pensée du Saint-Esprit comme Ami toujours présent pénétra dans son esprit. Elle rentra chez elle et raconta à sa mère quelle pensée merveilleuse elle avait entendue ce jour-là, et comment cette pensée avait banni d’elle pour toujours toute crainte. Il faisait déjà très sombre en cet après-midi d’hiver londonien ; sa mère leva les yeux et dit : « Très bien, voyons si c’est réel. Monte tout en haut de la maison et enferme-toi seule dans une pièce obscure. » Elle se leva aussitôt, monta l’escalier en hâte, entra dans une pièce obscure, ferma la porte et s’assit.

Toute crainte avait disparu et, comme elle l’écrivit le lendemain, la pièce entière semblait remplie d’une gloire merveilleuse, la gloire de la présence du Saint-Esprit.

Dans la pensée du Saint-Esprit comme Paraclet, il y a aussi un remède contre l’insomnie. Pendant deux années terribles, j’ai souffert d’insomnie. Nuit après nuit, je me couchais presque mort de sommeil ; il me semblait qu’il me fallait absolument dormir, mais je ne pouvais pas dormir. Oh ! l’angoisse de ces deux années ! Il me semblait que j’allais perdre la raison si je n’obtenais pas de soulagement. Le soulagement vint enfin et, pendant des années, je n’eus plus le moindre signe d’insomnie. Puis un soir, je me retirai dans ma chambre à l’Institut et me couchai, m’attendant à m’endormir en un instant comme d’habitude ; mais à peine ma tête avait-elle touché l’oreiller que je m’aperçus que l’insomnie était de retour. Quiconque l’a connue ne l’oublie jamais et ne s’y trompe jamais. C’était comme si l’insomnie était assise au pied de mon lit, à me regarder en ricanant et à me dire : « Me voici de retour pour deux nouvelles années. » « Oh, pensai-je, encore deux années terribles d’insomnie. »

Le matin même, j’avais fait un cours à nos étudiants de l’Institut sur la personnalité du Saint-Esprit et sur le Saint-Esprit comme Ami toujours présent ; aussitôt cette pensée me vint : « De quoi parlais-tu aux étudiants ce matin ? Que leur disais-tu ? » Je levai les yeux et dis : « Esprit béni de Dieu, tu es ici, je ne suis pas seul. Si tu as quelque chose à me dire… » Et il commença à m’ouvrir quelques-unes des choses profondes et précieuses concernant mon Seigneur et Sauveur, des choses qui remplirent mon âme de joie et de repos ; et la chose suivante que je sus, c’est que j’avais dormi jusqu’au lendemain matin. Ainsi, chaque fois que l’insomnie s’est présentée depuis, je me suis simplement souvenu que le Saint-Esprit était là, j’ai levé les yeux vers lui pour qu’il me parle et m’enseigne ; il l’a fait, et l’insomnie a pris la fuite.

Dans la pensée du Saint-Esprit comme Paraclet, il y a un remède pour le cœur brisé. Que de cœurs souffrants, de cœurs qui se brisent, dans ce monde qui est le nôtre, si plein de mort et de séparation d’avec ceux que nous aimons le plus ! Combien y a-t-il de femmes comme celle-ci ! Il y a quelques années, ou quelques mois, ou quelques semaines, elle n’avait aucun souci, aucune inquiétude, car elle avait à ses côtés un mari chrétien si sage et si fort qu’elle se reposait sur lui de toute responsabilité et cheminait dans la vie sans souci, comblée par son amour et sa compagnie. Mais un jour terrible, il lui a été enlevé. Elle est restée seule, et tous les soucis et toutes les responsabilités sont retombés sur elle. Comme ce cœur est vide depuis lors ; comme le monde entier est vide !

Elle s’est traînée à travers la vie et ses devoirs du mieux qu’elle a pu, le cœur douloureux et presque brisé. Mais il y a quelqu’un, si seulement elle le savait, de plus sage et de plus aimant que le plus tendre des maris, quelqu’un qui est disposé à porter pour elle tous les soucis et toutes les responsabilités de la vie, quelqu’un qui est capable, si seulement elle le lui permet, de remplir chaque recoin de son cœur vide et douloureux : c’est le Paraclet. J’ai dit quelque chose de semblable au St. Andrews’ Hall de Glasgow. À la fin de la réunion, une chrétienne au visage triste, en habits de veuve, vint vers moi alors que je sortais de la salle pour entrer dans le salon de réception. Elle se hâta vers moi et dit : « Docteur Torrey, c’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort de mon cher mari.

Il y a juste un an aujourd’hui, il m’a été enlevé. Je suis venue aujourd’hui pour voir si vous pourriez me dire quelques mots qui m’aident. Vous m’avez donné exactement la parole dont j’avais besoin. Je ne me sentirai plus jamais seule. » Un an et demi passa. J’étais sur le yacht d’un ami, sur les lochs de la Clyde. Un jour, une petite barque quitta le rivage et vint se ranger le long du yacht. L’une des premières personnes à monter à bord fut cette veuve. Elle se hâta vers moi et la première chose qu’elle dit fut : « La pensée que vous m’avez donnée ce jour-là, au St. Andrews’ Hall, pour l’anniversaire du départ de mon mari, ne m’a plus quittée depuis, et le Saint-Esprit me comble vraiment et remplit mon cœur. »

Mais c’est dans notre travail pour notre Maître que la pensée du Saint-Esprit comme Paraclet nous est du plus grand secours. Je crois qu’il est permis de l’illustrer par ma propre expérience. Je suis entré dans le ministère parce que j’y ai été contraint. Pendant des années, j’ai refusé de devenir chrétien parce que j’étais résolu à ne pas être prédicateur, et je craignais, si je me rendais à Christ, d’être obligé d’entrer dans le ministère. Ma conversion a dépendu de ma soumission à lui sur ce point. Le soir où je me suis rendu, je n’ai pas dit : « J’accepte Christ » ou « Je renonce au péché », ni rien de ce genre ; je me suis simplement écrié : « Ôte ce fardeau terrible de mon cœur, et je prêcherai l’Évangile. » Mais personne n’aurait pu être moins fait que moi, par tempérament naturel, pour le ministère.

Dès ma petite enfance, j’étais timide. Même après mon entrée à l’université de Yale, quand je rentrais à la maison l’été et que ma mère m’appelait pour me présenter à ses amies, j’étais si effrayé que, lorsque je croyais parler, je n’émettais aucun son audible. Quand ses amies étaient parties, ma mère me demandait : « Pourquoi ne leur as-tu rien dit ? » Je répondais que je croyais l’avoir fait, mais ma mère disait : « Tu n’as pas prononcé un son. » Imaginez un jeune homme comme celui-là entrant dans le ministère ! Je n’ai jamais trouvé le courage de parler, ne fût-ce que dans une réunion de prière publique, avant d’être au séminaire de théologie. Je sentis alors que, si je devais entrer dans le ministère, il fallait au moins que je sois capable de parler dans une réunion de prière.

J’appris par cœur un petit texte à dire, mais quand le moment vint, j’en oubliai une bonne partie dans ma terreur. Au moment critique, je saisis le dossier du banc devant moi, me hissai précipitamment sur mes pieds et me cramponnai au banc. Il me semblait qu’un Niagara montait d’un côté et qu’un autre descendait de l’autre ; ma voix tremblait. Je répétai tout ce dont je pus me souvenir et me rassis. Imaginez un homme comme celui-là entrant dans le ministère ! Dans les premiers temps de mon ministère, j’écrivais mes sermons en entier et je les apprenais par cœur ; je me levais et tortillais un bouton jusqu’à ce que je les aie récités de mon mieux, puis je me laissais retomber dans le fauteuil de la chaire, soulagé d’en avoir fini pour une semaine encore. Je ne saurais vous dire ce que j’ai souffert dans ces premiers temps de mon ministère. Mais vint le jour heureux où j’appris à connaître le Saint-Esprit comme le Paraclet.

Quand cette pensée s’empara de moi : lorsque je me levais pour prêcher, il y avait un Autre qui se tenait à mes côtés ; tandis que l’auditoire me voyait, moi, Dieu le voyait, lui ; toute la responsabilité reposait sur lui, il était pleinement capable d’y faire face et de prendre soin de tout, et tout ce que j’avais à faire était de m’effacer, de me tenir aussi loin des regards que possible et de le laisser faire l’œuvre. Je n’ai plus aucune crainte de prêcher aujourd’hui ; prêcher est la plus grande joie de ma vie, et parfois, quand je me lève pour parler et que je prends conscience qu’il est là, que toute la responsabilité repose sur lui, une telle joie remplit mon cœur que je peux à peine me retenir de pousser des cris et de bondir. Il est tout aussi prêt à nous aider dans toute notre œuvre : classes d’école du dimanche, évangélisation personnelle, et tout autre domaine de l’activité chrétienne.

Beaucoup hésitent à parler à d’autres d’accepter Christ. Ils ont peur de ne pas dire ce qu’il faut ; ils craignent de faire plus de mal que de bien. C’est certainement ce qui arrivera si c’est vous qui le faites ; mais si vous croyez simplement au Paraclet et que vous lui faites confiance pour le dire, et pour le dire à sa manière, vous ne ferez jamais de mal, mais toujours du bien. Sur le moment, il pourra vous sembler n’avoir rien accompli ; mais peut-être découvrirez-vous des années plus tard que vous avez accompli beaucoup, et même si vous ne le découvrez pas en ce monde, vous le découvrirez dans l’éternité.

Il y a bien des manières dont le Paraclet se tient à nos côtés et nous aide ; nous en parlerons longuement quand nous en viendrons à étudier son œuvre. Il se tient à nos côtés quand nous prions (Romains 8:26-27), quand nous étudions la Parole (Jean 14:26 ; Jean 16:12-14), quand nous faisons de l’évangélisation personnelle (Actes 8:29), quand nous prêchons ou enseignons (1 Corinthiens 2:4), quand nous sommes tentés (Romains 8:2), quand nous quittons ce monde (Actes 7:54-60). Fixons fermement cette pensée, maintenant et pour toujours : le Saint-Esprit est Celui qui est appelé à nos côtés pour prendre notre parti.

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