Chapitre 14 · 6 min de lecture · 8 min d’écoute
Le Saint-Esprit conduisant le croyant à vivre en fils
L’apôtre Paul écrit en Romains 8:14 : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. »
Dans ce passage, nous voyons le Saint-Esprit prendre la conduite de la vie du croyant. Une vraie vie chrétienne est une vie conduite personnellement, conduite à chaque tournant par une Personne divine. C’est le privilège du croyant d’être affranchi de tout souci, de toute inquiétude et de toute angoisse quant aux décisions que nous devons prendre à chaque tournant de la vie.
Le Saint-Esprit prend sur lui toute cette responsabilité à notre place.
Une vraie vie chrétienne n’est pas une vie gouvernée par une longue série de règles extérieures à nous, mais une vie conduite par une Personne vivante et toujours présente au-dedans de nous. C’est à ce propos que Paul dit : « Car vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte. » Une vie gouvernée par des règles extérieures est une vie de servitude. On craint toujours de n’avoir pas fait tout à fait assez de règles, et l’on craint toujours, dans un moment d’inattention, d’avoir enfreint quelqu’une des règles que l’on s’est faites. La vie que mènent beaucoup de chrétiens est une vie d’affreuse servitude ; car ils se sont imposé un joug plus lourd à porter que celui de l’ancienne loi de Moïse, dont Pierre disait aux Juifs de son temps que ni eux ni leurs pères n’avaient pu le porter (Actes 15:10).
Beaucoup de chrétiens ont une longue liste de règles qu’ils se sont faites eux-mêmes, et si par hasard ils enfreignent l’une de ces règles, ou oublient d’en observer une, ils sont aussitôt remplis d’une crainte affreuse de s’être attiré le déplaisir de Dieu (et ils s’imaginent même parfois avoir commis le péché impardonnable). Ce n’est pas là le christianisme ; c’est du légalisme. « Vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte » ; nous avons reçu l’Esprit qui nous donne la place de fils (Romains 8:15).
Notre vie ne doit pas être gouvernée par une série de règles extérieures à nous, mais par l’Esprit d’adoption, plein d’amour, qui est au-dedans de nous. Nous devons croire l’enseignement de la Parole de Dieu selon lequel l’Esprit du Fils de Dieu habite en nous ; nous devons lui remettre la direction absolue de notre vie et compter sur lui pour nous guider à chaque tournant de la vie. Il le fera, si seulement nous nous abandonnons à lui pour qu’il le fasse et si nous lui faisons confiance pour le faire. Si, dans un moment d’irréflexion, nous suivons notre propre chemin au lieu du sien, nous ne serons pas remplis d’un sentiment écrasant de condamnation et de crainte devant un Dieu offensé ; mais nous irons à Dieu comme à notre Père, nous lui confesserons notre égarement, nous croirons qu’il nous pardonne pleinement parce qu’il le dit (1 Jean 1:9), et nous repartirons, le cœur léger et heureux, pour lui obéir et être conduits par son Esprit.
Être conduit par l’Esprit de Dieu ne signifie pas un seul instant que nous ferons des choses que la Parole écrite de Dieu nous défend de faire. Le Saint-Esprit ne conduit jamais les hommes à l’encontre du Livre dont il est l’Auteur. Si un esprit nous pousse à faire quelque chose de contraire aux enseignements explicites de Jésus ou des apôtres, nous pouvons être certains que cet esprit qui nous conduit n’est pas le Saint-Esprit. Ce point doit être souligné de nos jours, car ils ne sont pas rares, ceux qui se livrent à la conduite d’un esprit qu’ils disent être le Saint-Esprit, mais qui les pousse à faire des choses que la Parole interdit explicitement. Nous devons toujours nous rappeler que beaucoup de faux esprits et de faux prophètes se sont répandus dans le monde (1 Jean 4:1). Beaucoup sont si avides d’être conduits par quelque puissance invisible qu’ils sont prêts à livrer la conduite de leur vie à n’importe quelle influence spirituelle ou à n’importe quel être invisible. Ils ouvrent ainsi leur vie à la conduite et à l’influence hostile d’esprits mauvais qui la ruineront.
Un homme qui faisait grande profession de sainteté vint un jour me dire que le Saint-Esprit les conduisait, lui et « une douce chrétienne » qu’il avait rencontrée, à envisager le mariage. « Comment ! lui dis-je, stupéfait, vous avez déjà une femme. » « Oui, répondit-il, mais vous savez que nous ne nous entendons pas, et nous ne vivons plus ensemble depuis des années. » « Oui, répliquai-je, je sais que vous ne vivez plus ensemble depuis des années ; je me suis penché sur la question, et je crois que la faute en revient en grande partie à vous. De toute façon, elle est votre femme. Vous n’avez aucune raison de supposer qu’elle vous ait été infidèle, et Jésus-Christ enseigne que si vous en épousez une autre de son vivant, vous commettez un adultère » (Luc 16:18). « Oh, mais, reprit l’homme, l’Esprit de Dieu nous conduit à nous aimer l’un l’autre et à voir que nous devons nous marier. » « Vous mentez, et vous blasphémez », lui répondis-je.
« Tout esprit qui vous conduit à désobéir à l’enseignement clair de Jésus-Christ n’est pas l’Esprit de Dieu, mais quelque esprit venant du diable. »
C’était peut-être un cas extrême, mais des cas essentiellement du même genre ne sont pas rares. Beaucoup de chrétiens de profession cherchent à se justifier de faire des choses défendues par la Parole en disant qu’ils sont conduits par l’Esprit de Dieu. J’ai protesté auprès des responsables d’une assemblée chrétienne où, à chaque réunion, beaucoup prétendaient parler en langues, en violation flagrante de l’enseignement donné par le Saint-Esprit au moyen de l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 14:27-28 (« En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète; s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Église, et qu’on parle à soi-même et à Dieu. »). Leur défense fut que le Saint-Esprit les conduisait à parler à plusieurs à la fois et en grand nombre dans une même réunion, qu’ils devaient obéir au Saint-Esprit et que, dans un cas comme celui-là, ils n’étaient pas soumis à la Parole.
Le Saint-Esprit ne se contredit jamais. Il ne conduit jamais quelqu’un à faire ce que, dans la Parole écrite, il nous a ordonné à tous de ne pas faire. Toute direction de l’Esprit doit être éprouvée par ce que nous savons être la direction de l’Esprit dans la Parole. Tout en devant nous tenir en garde contre la conduite des faux esprits, nous avons le privilège d’être conduits par le Saint-Esprit et de mener une vie affranchie de la servitude des règles et de la crainte de nous égarer, une vie d’enfants dont le Père a envoyé un Guide sûr pour les conduire tout le long du chemin.
Ceux qui sont ainsi conduits par l’Esprit de Dieu sont « fils de Dieu », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas seulement des enfants de Dieu, nés, il est vrai, du Père, mais encore immatures ; ils sont les enfants devenus grands, les enfants adultes de Dieu ; ils ne sont plus des petits enfants, mais des fils. L’apôtre Paul établit en Galates 4:1-7 un contraste entre le petit enfant placé sous la tutelle de la loi, qui ne diffère en rien d’un esclave, et le fils parvenu à l’âge adulte, qui n’est plus esclave, mais fils, et marche dans une joyeuse liberté. Il semble parfois que, de nos jours, relativement peu de chrétiens aient secoué la servitude de la loi, des règles extérieures à eux-mêmes, pour entrer dans la joyeuse liberté des fils.
Chapitre 14 terminé
Le Saint-Esprit conduisant le croyant à vivre en fils