Chapitre 12 · 8 min de lecture · 10 min d’écoute
Le Saint-Esprit formant Christ en nous
C’est une prière merveilleuse et d’une profonde portée que Paul adresse en Éphésiens 3:16-19 pour les croyants d’Éphèse et pour tous les croyants qui lisent l’épître. Paul écrit : « A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. »
Nous avons ici un progrès dans la pensée par rapport à ce que nous venons d’étudier dans le chapitre précédent. C’est l’œuvre précédente menée jusqu’à son achèvement. Ici, la puissance de l’Esprit se manifeste, non seulement en nous donnant la victoire sur le péché, mais en quatre choses : I. Dans le fait que Christ habite dans nos cœurs. Le mot traduit ici par « habite » est très fort. Il signifie littéralement « habiter en bas », « s’établir », « habiter en profondeur ». C’est l’œuvre du Saint-Esprit de former en nous le Christ vivant, qui habite tout au fond, dans les profondeurs les plus intimes de notre être. Nous avons déjà vu que c’était là une partie de la signification du nom parfois donné au Saint-Esprit : « l’Esprit de Christ ». En Christ sur la croix du Calvaire, offert en sacrifice d’expiation pour le péché, portant à notre place la malédiction de la loi transgressée, nous avons Christ pour nous. Mais par la puissance du Saint-Esprit, accordé par le Christ ressuscité, nous avons Christ en nous. C’est là que réside le secret d’une vie semblable à celle de Christ.
On entend beaucoup parler, de nos jours, de faire ce que Jésus ferait. Assurément, en tant que chrétiens, nous devons vivre comme Christ. « Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » (1 Jean 2:6). Mais toute tentative de notre part pour imiter Christ par nos propres forces n’aboutira qu’à une déception et à un désespoir complets. Il n’y a rien de plus vain que d’essayer d’imiter Christ par la puissance de notre propre volonté. Si nous nous imaginons y parvenir, ce sera simplement parce que nous n’avons de Christ qu’une connaissance très incomplète. Plus nous l’étudions, plus nous comprenons parfaitement sa conduite, et plus nous voyons clairement combien nous sommes loin de l’imiter. Mais Dieu ne nous demande pas l’impossible ; il ne nous demande pas d’imiter Christ par nos propres forces. Il nous offre quelque chose d’infiniment meilleur. Il offre de former Christ en nous par la puissance de son Saint-Esprit.
Et quand Christ est ainsi formé en nous par la puissance du Saint-Esprit, tout ce que nous avons à faire, c’est de laisser ce Christ qui habite en nous vivre sa propre vie en nous ; alors nous serons semblables à Christ, sans lutte ni effort de notre part. Une femme qui avait une connaissance profonde de la Parole et une expérience peu commune de la plénitude qui est en Christ se tenait un matin devant un groupe de pasteurs qui la pressaient de questions. « Voulez-vous dire, madame H——, demanda l’un d’eux, que vous êtes sainte ? » Promptement, mais avec beaucoup d’humilité et de douceur, cette femme d’élite répondit : « Christ en moi est saint. » Non, nous ne sommes pas saints. Jusqu’au bout, en nous-mêmes et par nous-mêmes, nous sommes pleins de faiblesse et de manquements ; mais le Saint-Esprit peut former en nous le Saint de Dieu, le Christ qui habite en nous, et il vivra sa vie à travers nous dans les relations les plus humbles de la vie aussi bien que dans celles que l’on considère comme plus importantes. Il vivra sa vie à travers la mère dans son foyer, à travers le journalier au fond de la mine, à travers l’homme d’affaires dans son bureau, partout.
II. Dans le fait que nous sommes enracinés et fondés dans l’amour (verset 17). Paul multiplie ici les images ; la première est empruntée à l’arbre qui enfonce profondément ses racines dans la terre et s’y attache solidement. La seconde est empruntée à un grand édifice dont les fondations sont posées profondément dans la terre, sur le roc. Paul nous dit donc que, par l’affermissement de l’Esprit dans l’homme intérieur, nous enfonçons les racines de notre vie profondément dans le sol de l’amour, et aussi que les fondations de l’édifice de notre caractère sont bâties sur le roc de l’amour. L’amour est la somme de la sainteté, l’accomplissement de la loi (Romains 13:10) ; l’amour est ce dont nous avons tous le plus besoin dans nos relations avec Dieu, avec Jésus-Christ et les uns avec les autres ; et c’est l’œuvre du Saint-Esprit d’enraciner et de fonder notre vie dans l’amour.
Il existe la relation la plus intime entre le fait que Christ soit formé en nous, ou qu’il soit amené à habiter en nous, et le fait que nous soyons enracinés et fondés dans l’amour, car Jésus-Christ lui-même est l’incarnation parfaite de l’amour divin.
III. Dans le fait que nous sommes rendus forts pour comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur, et pour « connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance ». Il ne suffit pas que nous aimions ; nous devons connaître l’amour de Christ, mais cet amour surpasse toute connaissance. Il est si large, si long, si haut et si profond que personne ne peut en faire le tour. Mais nous pouvons le « saisir », nous en emparer et le faire nôtre ; nous pouvons le garder devant nous comme l’objet de notre méditation, de notre émerveillement et de notre joie. Mais ce n’est que dans la puissance du Saint-Esprit que nous pouvons ainsi le saisir. L’intelligence ne peut l’appréhender par sa force naturelle. Un homme qui n’est ni enseigné ni fortifié par l’Esprit de Dieu peut parler de l’amour de Christ, écrire des poèmes à son sujet et s’enthousiasmer pour lui, mais ce ne sont que des mots. Il n’y a pas de véritable appréhension. Mais l’Esprit de Dieu nous rend forts pour le saisir dans toute sa largeur, sa longueur, sa profondeur et sa hauteur.
IV. Dans le fait que nous sommes « remplis jusqu’à TOUTE la plénitude de Dieu ». Il y a ici une différence très importante entre la Version autorisée et la Version révisée anglaises. La Version autorisée porte : « Remplis de toute la plénitude de Dieu. »
La Version révisée porte, plus exactement : « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». Il n’est pas étonnant que les traducteurs de la Version autorisée aient reculé devant ce que disait Paul et aient cherché à atténuer toute la force de ses paroles. Être rempli de toute la plénitude de Dieu ne serait pas si merveilleux, car il est facile de remplir un gobelet de toute la plénitude de l’océan : il suffit de le plonger une seule fois. Mais ce serait vraiment une impossibilité que de remplir un gobelet jusqu’à toute la plénitude de l’océan, jusqu’à ce que toute la plénitude qui est dans l’océan soit dans ce gobelet.
Or c’est une tâche apparemment plus impossible encore que le Saint-Esprit entreprend d’accomplir pour nous : nous remplir « jusqu’à toute la plénitude » du Dieu infini, nous remplir jusqu’à ce que toute la plénitude intellectuelle et morale qui est en Dieu soit en nous. Mais telle est la destinée du croyant : nous sommes « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ » (Romains 8:17), c’est-à-dire que nous sommes héritiers de Dieu dans la mesure même où Jésus-Christ est héritier de Dieu ; autrement dit, nous sommes héritiers de tout ce que Dieu est et de tout ce que Dieu a. C’est l’œuvre du Saint-Esprit de nous appliquer ce qui est déjà nôtre en Christ. C’est son œuvre de faire nôtre, dans notre expérience, tout ce que Dieu a et tout ce que Dieu est, jusqu’à ce que l’œuvre soit consommée lorsque nous serons « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». Ce n’est pas l’œuvre d’un instant, ni d’un jour, ni d’une semaine, ni d’un mois, ni d’une année ; mais jour après jour, le Saint-Esprit plonge pour ainsi dire la main dans la plénitude de Dieu, nous apporte ce qu’il y a puisé et le met en nous ; puis il plonge de nouveau la main dans la plénitude qui est en Dieu, nous apporte ce qu’il y a puisé et le met en nous ; et ce merveilleux processus se poursuit jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, et ne s’achève que lorsque nous sommes « remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ».
Chapitre 12 terminé
Le Saint-Esprit formant Christ en nous