Chapitre 11 · 9 min de lecture · 12 min d’écoute
Le Saint-Esprit affranchissant le croyant de la puissance du péché qui habite en lui
En Romains 8:2, l’apôtre Paul écrit : « En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » Ce qu’est la loi du péché et de la mort, nous l’apprenons dans le chapitre précédent, du neuvième au vingt-quatrième verset. Paul nous dit qu’il y eut un temps dans sa vie où, « sans loi, je vivais » (verset 9). Mais le moment vint où il se trouva face à face avec la loi de Dieu ; il vit que cette loi était sainte, et que le commandement était saint, juste et bon. Et il résolut d’observer cette loi de Dieu, sainte, juste et bonne. Mais il découvrit bientôt qu’à côté de cette loi de Dieu extérieure à lui, qui était sainte, juste et bonne, il y avait au-dedans de lui une autre loi, directement contraire à cette loi de Dieu extérieure.
Tandis que la loi de Dieu, au-dehors, disait : « Ce bien-ci », et « ce bien-ci », et « ce bien-ci », et « ce bien-ci, tu le feras », la loi qui était en lui disait : « Tu ne peux pas faire ce bien que tu veux » ; et un combat acharné s’engagea entre cette loi sainte, juste et bonne, extérieure à lui, que Paul lui-même approuvait selon l’homme intérieur, et cette autre loi dans ses membres, qui luttait contre la loi de son entendement et ne cessait de répéter : « Tu ne peux pas faire le bien que tu veux. » Mais cette loi dans ses membres (la loi selon laquelle le bien qu’il voulait faire, il ne le faisait pas, tandis que le mal qu’il ne voulait pas, il le faisait sans cesse, v. 19) remporta la victoire.
La tentative de Paul pour observer la loi de Dieu aboutit à un échec complet. Il s’enfonçait toujours plus profondément dans le bourbier du péché, contraint et entraîné vers le bas par cette loi du péché qui était dans ses membres, jusqu’à ce qu’enfin il s’écrie : « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? » (v. 24). Paul fit alors une autre découverte. Il s’aperçut qu’en plus des deux lois qu’il avait déjà trouvées, la loi de Dieu extérieure à lui, sainte, juste et bonne, et la loi du péché et de la mort au-dedans de lui, la loi selon laquelle le bien qu’il voulait, il ne pouvait le faire, et le mal qu’il ne voulait pas, il devait continuer à le faire, il existait une troisième loi, « la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ » ; et cette troisième loi s’énonçait ainsi : « La justice que tu ne peux atteindre par tes propres forces, par la puissance de ta propre volonté qui approuve la loi de Dieu, la justice que la loi de Dieu extérieure à toi, toute sainte, juste et bonne qu’elle soit, ne peut accomplir en toi parce que la chair la rend impuissante, l’Esprit de vie en Jésus-Christ peut la produire en toi, afin que la justice que la loi exige soit accomplie en toi, si tu marches non selon la chair, mais selon l’Esprit. »
En d’autres termes, quand nous arrivons au bout de nous-mêmes, quand nous prenons pleinement conscience de notre incapacité à observer la loi de Dieu et que, dans une impuissance totale, nous levons les yeux vers le Saint-Esprit en Jésus-Christ pour qu’il fasse pour nous ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, et que nous abandonnons nos pensées, nos intentions, nos désirs et nos affections à sa maîtrise absolue, marchant ainsi selon l’Esprit, l’Esprit prend les commandes, nous affranchit de la puissance du péché qui habite en nous et rend notre vie tout entière conforme à la volonté de Dieu. C’est le privilège de l’enfant de Dieu d’avoir, par la puissance du Saint-Esprit, la victoire sur le péché chaque jour, chaque heure et chaque instant.
Il y a aujourd’hui beaucoup de chrétiens qui vivent l’expérience décrite par Paul en Romains 7:9-24. Chaque jour est un jour de défaite, et si, à la fin de la journée, ils passent leur vie en revue, ils ne peuvent que s’écrier : « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? » Certains vont même jusqu’à soutenir que c’est là la vie chrétienne normale ; mais Paul nous dit clairement que c’était « quand le commandement vint » (verset 9), et non quand l’Esprit vint ; que c’est l’expérience de l’homme sous la loi, et non dans l’Esprit. Le pronom « je » revient vingt-sept fois dans ces quinze versets, et le Saint-Esprit n’y est pas mentionné une seule fois, tandis que dans le huitième chapitre de l’épître aux Romains, le pronom « je » ne se trouve que deux fois dans tout le chapitre, et le Saint-Esprit y apparaît constamment.
De plus, Paul nous dit au quatorzième verset que c’était là son expérience en tant que « charnel, vendu au péché ».
Assurément, cela ne décrit pas l’expérience chrétienne normale. En revanche, Romains 8:9 nous apprend comment ne pas être dans la chair, mais dans l’Esprit. Dans le huitième chapitre de l’épître aux Romains, nous avons le tableau de la véritable vie chrétienne, la vie qui est possible à chacun de nous et que Dieu attend de chacun de nous. Nous avons là une vie où ce n’est pas seulement le commandement qui vient, mais l’Esprit qui vient, qui produit l’obéissance au commandement et nous donne une victoire complète sur la loi du péché et de la mort.
Nous avons une vie, non dans la chair, mais dans l’Esprit, où non seulement nous voyons la beauté de la loi (Romains 7:22), mais où l’Esprit communique la puissance de l’observer (Romains 8:4). Nous avons encore la chair, mais nous ne sommes pas dans la chair et nous ne vivons pas selon la chair. Par l’Esprit, nous faisons « mourir les actions du corps » (verset 13). Les désirs du corps sont toujours là, et si nous en faisions la règle de notre vie, ils nous conduiraient au péché ; mais jour après jour, par la puissance de l’Esprit, nous faisons mourir les actions auxquelles les désirs du corps voudraient nous conduire. Nous marchons selon l’Esprit, et c’est pourquoi nous n’accomplissons pas les désirs de la chair (Galates 5:16). Nous avons crucifié la chair avec ses passions et ses désirs (Galates 5:24). Ce serait aller trop loin que de dire que nous avons encore une nature charnelle, car une nature charnelle est une nature gouvernée par la chair ; mais nous avons la chair, et, dans la puissance de l’Esprit, c’est notre privilège de remporter chaque jour, à chaque heure, constamment, la victoire sur la chair et sur le péché.
Mais cette victoire n’est pas en nous-mêmes, ni dans aucune force qui nous soit propre. Laissés à nous-mêmes, abandonnés par l’Esprit de Dieu, nous serions aussi impuissants que jamais. « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair. »
(Romains 7:18). Tout est dans la puissance de l’Esprit qui habite en nous ; mais la puissance de l’Esprit peut être d’une telle plénitude que l’on n’a même plus conscience de la présence de la chair. Il semble qu’elle soit morte et disparue pour toujours ; mais elle n’est maintenue dans la mort que par la puissance du Saint-Esprit. Si, un seul instant, nous détournions les yeux de Jésus-Christ, si nous négligions l’étude quotidienne de la Parole et la prière, nous tomberions aussitôt. Il nous faut vivre par l’Esprit et marcher selon l’Esprit si nous voulons avoir une victoire continuelle (Galates 5:16-25).
La vie de l’Esprit en nous doit être entretenue par l’étude de la Parole et par la prière. L’une des choses les plus tristes que l’on puisse voir, c’est la manière dont certains, entrés par la puissance de l’Esprit dans une vie de victoire, deviennent sûrs d’eux-mêmes et s’imaginent que la victoire est en eux, et qu’ils peuvent sans danger négliger l’étude de la Parole et la prière. Les profondeurs dans lesquelles de telles personnes tombent parfois sont terrifiantes. Chacun de nous a besoin de prendre à cœur les paroles inspirées de l’apôtre : « Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber! » (1 Corinthiens 10:12).
J’ai connu autrefois un homme qui semblait faire des progrès extraordinaires dans la vie chrétienne. Il devint un enseignant pour les autres, et des milliers de personnes furent grandement bénies par lui. Il me semblait qu’il devenait sûr de lui-même, et je tremblais pour lui. Je l’invitai dans ma chambre, et nous eûmes une longue conversation à cœur ouvert. Je lui dis franchement qu’il me semblait s’aventurer dangereusement près d’un terrain extrêmement périlleux. Je lui dis que, pour ma part, je trouvais plus sûr, à la fin de chaque journée, de ne pas être trop certain de n’avoir connu ce jour-là ni chute ni défaite, mais de me retirer seul avec Dieu et de lui demander de sonder mon cœur et de me montrer s’il y avait quelque chose dans ma vie extérieure ou intérieure qui lui déplaisait ; et que, très souvent, des manquements étaient ainsi mis en lumière, qu’il fallait confesser comme des péchés. « Non, répondit-il, je n’ai pas besoin de faire cela. Même si je fais quelque chose de mal, je m’en apercevrai aussitôt.
Je tiens mes comptes avec Dieu à jour, et je le confesserais aussitôt. » Je lui dis qu’il me paraissait plus sûr de prendre du temps seul avec Dieu, pour qu’il nous sonde entièrement ; que, même si nous n’avions conscience de rien contre nous-mêmes, Dieu pouvait avoir quelque chose contre nous (1 Corinthiens 4:3-4), qu’il le mettrait en lumière, et que notre manquement pourrait être confessé et ôté. « Non, dit-il, je ne crois pas que ce soit nécessaire. » Satan profita de sa confiance en lui-même. Il tomba dans le péché le plus scandaleux, et bien qu’il l’ait depuis confessé et ait fait profession de repentance, il a été entièrement mis à l’écart du service de Dieu.
En Jean 8:32, nous lisons : « Et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » Dans ce verset, c’est la vérité, c’est-à-dire la Parole de Dieu, qui nous affranchit de la puissance du péché et nous donne la victoire. Et au Psaume 119:11, nous lisons : « Je serre ta parole dans mon cœur, Afin de ne pas pécher contre toi. » Ici encore, c’est la Parole qui demeure en nous qui nous garde libres du péché. Sur ce point comme sur tous les autres, ce qui est attribué en un endroit au Saint-Esprit est attribué ailleurs à la Parole. Le Saint-Esprit agit par la Parole, et il est vain de parler du Saint-Esprit qui habite en nous si nous négligeons la Parole. Si nous ne nous nourrissons pas de la Parole, nous ne marchons pas selon l’Esprit, et nous n’aurons pas la victoire sur la chair et sur le péché.
Chapitre 11 terminé
Le Saint-Esprit affranchissant le croyant de la puissance du péché qui habite en lui