La personne et l’œuvre du Saint-Esprit
L’Esprit qui habite en nous, pleine et éternelle satisfaction

Chapitre 10 · 9 min de lecture · 11 min d’écoute

L’Esprit qui habite en nous, pleine et éternelle satisfaction

Le Saint-Esprit fait sa demeure en celui qui est né de l’Esprit. L’apôtre Paul dit aux croyants de Corinthe, en 1 Corinthiens 3:16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous? » Ce passage ne vise pas tant le croyant pris individuellement que l’ensemble des croyants, l’Église. L’Esprit de Dieu habite dans l’Église en tant que corps. Mais en 1 Corinthiens 6:19, nous lisons : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu ? » Il est évident que, dans ce passage, Paul ne parle pas de l’ensemble des croyants, de l’Église dans sa totalité, mais du croyant individuel.

De même, le Seigneur Jésus dit à ses disciples, la nuit qui précéda sa crucifixion : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 14:16-17). Le Saint-Esprit habite en chacun de ceux qui sont nés de nouveau. Nous lisons en Romains 8:9 : « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ (l’Esprit de Christ, dans ce verset, comme nous l’avons déjà vu, ne désigne pas simplement un esprit semblable à celui de Christ, mais c’est un nom du Saint-Esprit), il ne lui appartient pas. » Un homme peut être un croyant très imparfait ; mais s’il croit en Jésus-Christ, s’il est né de nouveau, l’Esprit de Dieu habite en lui. Il ressort clairement de la première épître aux Corinthiens que les croyants de Corinthe étaient très imparfaits : ils étaient remplis d’imperfections, et il y avait parmi eux des péchés grossiers.

Néanmoins, Paul leur dit qu’ils sont les temples du Saint-Esprit, au moment même où il les reprend au sujet de graves immoralités.

(Voir 1 Corinthiens 6:15-19.) Le Saint-Esprit habite en chaque enfant de Dieu. Chez certains, cependant, il demeure tout au fond de la conscience, dans le sanctuaire caché de leur esprit. On ne lui permet pas de prendre possession, comme il le désire, de l’homme tout entier, esprit, âme et corps. C’est pourquoi certains n’ont pas une conscience distincte de sa présence en eux ; mais il est là néanmoins. Quelle pensée solennelle, et pourtant quelle pensée glorieuse, que cette auguste Personne, le Saint-Esprit, habite en moi ! Si nous sommes enfants de Dieu, nous n’avons pas tant à prier pour que l’Esprit vienne habiter en nous, car il le fait déjà ; nous devons plutôt reconnaître sa présence, sa demeure en nous, pleine de grâce et de gloire, lui remettre la pleine maîtrise de la maison qu’il habite déjà, et nous efforcer de vivre de manière à ne pas attrister ce Saint, cet Hôte divin.

Il est juste, cependant, de prier pour être rempli de l’Esprit ou pour recevoir le baptême du Saint-Esprit. Quelle idée la pensée que le Saint-Esprit habite en nous nous donne du caractère saint et sacré du corps ! Avec quels égards nous devrions traiter ce corps, et avec quelle délicatesse nous devrions éviter tout ce qui pourrait le souiller ! Avec quel soin nous devrions marcher en toutes choses, afin de ne pas attrister celui qui habite en nous !

Cet Esprit qui habite en nous est une source de pleine et éternelle satisfaction et de vie. Jésus dit en Jean 4:14 : « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » Jésus parlait à la Samaritaine près du puits de Sychar.

Elle lui avait dit : « Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux? » Alors Jésus lui dit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif. » Comme cela est vrai de toute fontaine terrestre ! Si profondément que nous y buvions, nous aurons encore soif. Aucune source terrestre de satisfaction ne satisfait jamais pleinement. Nous pouvons boire à la fontaine de la richesse aussi profondément que nous le voudrons, elle ne nous satisfera pas longtemps. Nous aurons encore soif.

Nous pouvons boire à la fontaine de la renommée aussi profondément qu’homme y ait jamais bu, mais la satisfaction ne dure qu’une heure. Nous pouvons boire à la fontaine des plaisirs du monde, de la science et de la philosophie humaines, du savoir terrestre ; nous pouvons même boire à la fontaine de l’amour humain : aucune ne satisfera longtemps ; nous aurons encore soif.

Mais Jésus dit ensuite : « Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » L’eau que donne Jésus-Christ, c’est le Saint-Esprit. Jean 7:37-39 dit : « Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture.” (Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui.) »

Le Saint-Esprit satisfait pleinement et pour toujours celui qui le reçoit. Il devient en lui une source d’eau qui jaillit, qui ne cesse de jaillir jusque dans la vie éternelle. C’est une grande chose que d’avoir un puits que l’on peut porter avec soi ; d’avoir un puits qui est au-dedans de soi ; d’avoir sa source de satisfaction, non dans les choses extérieures, mais dans un puits intérieur, qui est toujours là, et qui jaillit sans cesse avec fraîcheur et puissance ; d’avoir en nous-mêmes notre puits de satisfaction et de joie.

Nous sommes alors indépendants de notre environnement. Peu importe que nous soyons en bonne santé ou malades, dans la prospérité ou dans l’adversité : notre source de joie est en nous et ne cesse de jaillir. Il importe relativement peu, même, que nos amis soient avec nous ou que nous en soyons séparés, séparés même par la mort : cette fontaine intérieure jaillit toujours, et nos âmes sont rassasiées. Parfois, cette fontaine jaillit avec le plus de puissance et d’abondance aux jours de la plus profonde tristesse. En de tels moments, toutes les satisfactions terrestres font défaut. Quelle satisfaction trouver dans l’argent, les plaisirs du monde, le théâtre, l’opéra, la danse, la renommée, le pouvoir ou le savoir humain, quand un être aimé nous est enlevé ? Mais aux heures où ceux que nous aimions le plus sur la terre nous sont enlevés, c’est alors que la source de joie de l’Esprit de Dieu qui habite en nous jaillit avec la plus grande abondance ; la douleur et les gémissements s’enfuient, et nos esprits sont remplis de paix et de ravissement.

Nous recevons un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu (Ésaïe 61:3). Si cette expérience n’était pas trop sacrée pour être mise par écrit, je pourrais raconter un moment de tristesse soudaine et accablante, où il me semblait que j’allais être écrasé, où je criais tout haut dans une angoisse qui paraissait insupportable, quand soudain, en un instant, cette fontaine du Saint-Esprit jaillit en moi, et je connus un repos et une joie comme j’en avais rarement connu auparavant, et tout mon être fut rempli de l’huile de joie. Celui en qui l’Esprit de Dieu habite comme une source qui jaillit jusque dans la vie éternelle est indépendant des plaisirs du monde. Il n’a pas besoin de courir après le théâtre, l’opéra, la danse, les cartes et les autres plaisirs sans lesquels la vie ne semble pas valoir la peine d’être vécue pour ceux qui n’ont pas reçu le Saint-Esprit. Il renonce à ces choses, non pas tant parce qu’il les juge mauvaises, que parce qu’il possède quelque chose de tellement meilleur. Il perd tout goût pour elles.

Une dame vint un jour trouver M. Moody et lui dit : « Monsieur Moody, je ne vous aime pas. » Il demanda : « Pourquoi donc ? » Elle répondit : « Parce que vous êtes trop étroit d’esprit. » « Étroit ! Je ne savais pas que j’étais étroit. » « Si, vous êtes trop étroit. Vous êtes contre le théâtre ; vous êtes contre les cartes ; vous êtes contre la danse. » « Comment savez-vous que je suis contre le théâtre ? » demanda-t-il. « Oh, dit-elle, je sais bien que vous l’êtes. » M. Moody répondit : « Je vais au théâtre chaque fois que j’en ai envie. » « Quoi ! s’écria la femme, vous allez au théâtre chaque fois que vous en avez envie ? » « Oui, je vais au théâtre chaque fois que j’en ai envie. » « Oh, dit-elle, monsieur Moody, vous avez l’esprit bien plus large que je ne le pensais. Je suis si contente de vous entendre dire que vous allez au théâtre chaque fois que vous en avez envie. » « Oui, je vais au théâtre chaque fois que j’en ai envie. Je n’en ai pas envie. »

Quiconque a reçu le Saint-Esprit, et en qui le Saint-Esprit habite et agit sans entrave, n’en aura pas envie. Pourquoi tant de chrétiens courent-ils après ces divertissements du monde ?

Pour l’une de ces deux raisons : ou bien ils n’ont jamais reçu le Saint-Esprit de façon précise, ou bien la fontaine est bouchée. Une fontaine peut se boucher. Le meilleur puits de l’une de nos villes de l’intérieur du pays resta bouché et à sec pendant de longs mois, parce qu’on avait enfoncé un vieux tapis de chiffons dans l’ouverture par où l’eau s’écoulait. Quand on retira le chiffon, l’eau coula de nouveau, pure et fraîche.

Beaucoup, dans l’Église aujourd’hui, ont connu autrefois la joie incomparable du Saint-Esprit ; mais quelque péché, quelque conformité au monde, quelque acte de désobéissance, de désobéissance plus ou moins consciente envers Dieu, est survenu, et la fontaine est bouchée. Retirons aujourd’hui les vieux chiffons, afin que cette merveilleuse fontaine jaillisse de nouveau, jaillissant chaque jour et à chaque heure jusque dans la vie éternelle.

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