Une vie de confiance
Marcher dans les ténèbres

Chapitre 17 · 48 min de lecture · 1 h 2 min d’écoute

Marcher dans les ténèbres

1841-1842.

« LA VOIE DE DIEU MÈNE À L’ÉPREUVE »—MOTIFS DE RECONNAISSANCE—TÉNÈBRES PROLONGÉES—ABATTUS, MAIS NON PERDUS—LA CONFIANCE EN DIEU RECOMMANDÉE—LES MOYENS DE L’ACQUÉRIR—REVUE DE L’ŒUVRE.

15 décembre 1841. Du 12 novembre à ce jour, mes compagnons d’œuvre dans l’Église et moi avons reçu trente âmes en quête et candidats à la communion fraternelle, et nous en avons vu plusieurs à maintes reprises. Comment pourrions-nous louer assez le Seigneur de ce qu’il continue encore à se servir de nous dans son service ?

18 déc. Samedi matin. Le besoin est maintenant extrême, et nous n’avons en main que quatre pence, que j’ai trouvés dans le tronc de ma maison ; pourtant je crois pleinement que le Seigneur nous fournira aujourd’hui encore tout ce qui est nécessaire.—Arrêtez-vous quelques instants, cher lecteur. Remarquez deux choses. Nous avons agi pour Dieu en différant les réunions publiques et la publication du Rapport ; mais la voie de Dieu mène toujours à l’épreuve, pour autant que la vue et les sens en jugent. La nature sera toujours éprouvée dans les voies de Dieu. Le Seigneur disait par cette pauvreté : « Je veux voir maintenant si vous vous appuyez vraiment sur moi, et si vous regardez vraiment à moi. » De toutes les saisons que j’avais traversées depuis que je vivais de cette manière, jusqu’alors, je n’ai jamais connu de période où ma foi ait été éprouvée aussi durement que pendant les quatre mois qui allèrent du 12 décembre 1841 au 12 avril 1842. Mais remarquez encore ceci : nous aurions pu, même alors, changer d’avis au sujet des réunions publiques et de la publication du Rapport ; car personne ne connaissait notre résolution, à ce moment-là, sur ce point. Bien au contraire, nous savions avec quelle joie un très grand nombre d’enfants de Dieu attendaient de recevoir de nouveaux récits. Mais le Seigneur nous garda fermes dans la décision à laquelle nous étions parvenus sous sa direction.—Revenons maintenant au samedi 18 déc. Le soir. Le Seigneur a été très bon envers nous aujourd’hui. Dans le courant de la matinée sont arrivés six shillings. Nous avions ainsi, avec les provisions qui se trouvaient en réserve, tout ce qu’il fallait pour le dîner, mais aucun moyen de pourvoir au repas suivant, dans l’après-midi. Quelques minutes après que les ouvriers se furent réunis pour prier ce matin, l’un d’eux a reçu un souverain pour lui-même. Grâce à cela, on a pu se procurer tout ce qu’il fallait pour le thé. Quand nous nous sommes de nouveau réunis le soir pour prier, nous avons constaté que les dons s’élevaient à deux livres huit shillings deux pence, de quoi suffire à tout ce qui était nécessaire aujourd’hui. Mais il faut encore noter une chose au sujet de cette journée. On m’a appris que trois autres orphelins ont été récemment amenés à la connaissance de la vérité. Voilà maintenant cinq semaines que nous nous réunissons chaque jour pour prier, et ainsi le Seigneur n’a pas seulement exaucé nos prières au sujet des fonds, mais il a aussi béni ces enfants.

23 déc. Voici maintenant la sixième semaine que les ouvriers des écoles de jour et des maisons des orphelins se réunissent chaque jour pour prier. Nous avons déjà reçu, depuis que nous avons commencé à nous réunir, plusieurs précieux exaucements, qu’il s’agisse des ressources pécuniaires, de nouveaux cas de conversion parmi les enfants, etc. L’une de nos requêtes était que le Seigneur voulût bien nous fournir les moyens d’acheter un poêle pour la salle d’école de Callowhill Street. Mais, bien que nous eussions souvent présenté cette affaire au Seigneur, il semblait ne pas prendre garde à notre demande. Hier après-midi, tandis que je me promenais dans mon petit jardin, méditant et priant, j’ai eu l’assurance inhabituelle que le temps était venu où le Seigneur exaucerait notre requête ; cette assurance venait en partie de ce que je pouvais croire qu’il enverrait les fonds, et en partie de ce que l’exaucement ne pouvait plus être différé sans que la prière eût échoué en cette affaire, puisque nous ne pouvions rassembler de nouveau les enfants, après les vacances de Noël, sans qu’un poêle fût installé. Et maintenant, cher lecteur, remarquez ceci : ce matin, j’ai reçu de A. B. vingt livres, et nous avons ainsi bien plus qu’il ne faut pour un poêle.

REVUE DE L’ANNÉE 1841.

1. En relisant mon journal, je constate que le Seigneur m’a accordé, au cours de cette année, beaucoup de précieux exaucements, en plus de ceux qui ont été rapportés dans la partie précédente du récit. Je mentionne les suivants pour l’encouragement du lecteur : 1. L’un des garçons orphelins devait être mis en apprentissage. Je ne connaissais aucun maître croyant convenable qui voulût prendre un apprenti logé chez lui. Je m’adonnai à la prière, et je présentai chaque jour l’affaire au Seigneur. Je l’inscrivis parmi les sujets pour lesquels je voulais prier le Seigneur chaque jour ; et enfin, bien que j’aie dû prier à ce sujet du 21 mai jusqu’en septembre, le Seigneur m’accorda ma requête ; car en septembre je trouvai pour lui une place convenable. 2. Le 23 mai, je commençai à demander au Seigneur qu’il voulût bien délivrer une certaine sœur dans le Seigneur de la grande dépression spirituelle dont elle souffrait, et au bout de trois jours le Seigneur m’accorda ma requête. 3. Le 15 juin, je commençai à demander au Seigneur de délivrer un frère éloigné de la grande angoisse spirituelle dans laquelle il se trouvait enfermé, qui non seulement l’affligeait extrêmement et l’entravait dans une large mesure dans son service envers le monde et envers l’Église, mais qui, par conséquent, était aussi une épreuve pour les saints qui connaissaient et estimaient ce cher frère. Je présentai bien des fois cette requête au Seigneur. L’année s’écoula, et elle ne fut pas exaucée. Mais à la fin cette requête aussi m’a été accordée, à moi et aux nombreux chers saints qui, je le sais, priaient pour ce cher frère ; car, bien qu’il soit resté quelques années dans cet état, il y a maintenant [en 1845] deux ans et plus qu’il est entièrement rétabli. 4. Le 15 juin, je commençai aussi à demander chaque jour au Seigneur, dans sa miséricorde, de préserver de la folie une sœur dans le Seigneur, qui semblait alors en être tout au bord ; et j’ai maintenant [en 1845] à rapporter à sa louange, après que près de quatre années se sont écoulées, que le Seigneur l’en a préservée. 5. Au cours de cette année, j’appris la conversion de l’un des plus grands pécheurs dont j’aie jamais entendu parler dans tout mon service pour le Seigneur. À maintes reprises, je tombai à genoux avec sa femme et demandai au Seigneur sa conversion, quand elle venait me trouver dans la plus profonde détresse d’âme, à cause des traitements barbares et cruels qu’elle recevait de lui dans sa haine amère contre elle à cause du Seigneur, et parce qu’il ne parvenait pas à la pousser à la colère, et qu’elle ne voulait pas lui rendre ses coups, et choses semblables. Au moment où c’était au pire, j’invoquai spécialement en sa faveur la promesse de Matthieu 18:19 : « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. » Et maintenant cet affreux persécuteur est converti. 6. Le 25 mai, je commençai à demander au Seigneur une prospérité spirituelle plus grande et plus réelle parmi les saints au milieu desquels je travaille à Bristol qu’il n’y en avait jamais eu parmi eux ; et j’ai maintenant à rapporter, à la louange du Seigneur, qu’il a vraiment exaucé cette requête ; car, tout bien considéré, à aucune époque il n’y a eu parmi nous plus de manifestation de grâce, de vérité et de puissance spirituelle qu’il n’y en a maintenant, tandis que j’écris ceci pour l’impression [1845].

2. L’état de l’Église quant au nombre. Il y a actuellement 572 personnes dans la communion, 88 ayant été ajoutées au cours de l’année écoulée, dont 30 ont été amenées à la connaissance du Seigneur au milieu de nous.

3. La bonté du Seigneur quant à mes ressources temporelles durant cette année. Il lui a plu de me donner, par les offrandes volontaires des saints, £238, 11s. 1¾d.

3 janvier 1842. Ce soir, nous avons eu une précieuse réunion publique de prière. Quand est venue l’heure habituelle de clore la réunion, il m’a semblé qu’il y avait un désir de continuer à s’attendre au Seigneur. J’ai donc proposé aux frères que ceux qui en avaient la force physique, le temps et le désir restent pour s’attendre plus longtemps encore au Seigneur. Trente personnes au moins sont restées, et nous avons continué dans la prière jusqu’après dix heures, tandis que plusieurs frères priaient. Je n’ai jamais connu de prière plus véritablement dans l’Esprit. J’ai éprouvé pour moi-même une proximité inhabituelle du Seigneur, et j’ai pu demander avec foi, sans douter aucunement.

4 janv. Comme nous l’avons souvent constaté, ainsi en est-il maintenant. Après une saison de pauvreté plus grande qu’à l’ordinaire vient un temps d’abondance plus grande qu’à l’ordinaire. Aujourd’hui, le même frère dont il a été parlé sous la date du 2 novembre, et qui a retiré son argent de la caisse d’épargne pour le dépenser pour le Seigneur, a envoyé encore vingt livres de cette somme. Il est arrivé aussi de Guernesey une livre, et en outre une livre sept shillings. Je puis maintenant commander de la farine d’avoine en Écosse, acheter des étoffes pour les vêtements des garçons, commander des chaussures, etc. Ainsi il a plu au Seigneur d’exaucer toutes nos requêtes au sujet des besoins pécuniaires des orphelins, que nous lui avons présentées dans nos réunions de prière au cours des sept dernières semaines. Nous avons donc eu ces derniers temps l’abondance, mais les dépenses ont été grandes aussi ; car, au cours des vingt-cinq derniers jours, j’ai payé plus de cent livres.

5 févr. Samedi. Comme on n’a reçu que dix livres dix shillings six pence depuis le 29 janvier, c.-à-d. tout juste ce qui était nécessaire jour après jour pour fournir aux orphelins le nécessaire, le besoin est de nouveau extrême. Il est maintenant midi, et il n’y a encore aucun moyen de faire face aux dépenses d’aujourd’hui. Les paroles de la prière de Josaphat, « nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi », sont en ce moment le langage de mon cœur. Moi non plus, je ne sais que faire, mais mes yeux sont sur le Seigneur, et je suis sûr qu’il nous aidera aujourd’hui encore.—Le soir. Dans le courant de la matinée sont arrivés, par la vente d’objets, douze shillings. Nous avons pu aussi vendre pour cinq shillings l’un des objets qui avaient été envoyés hier soir. Cet après-midi, l’un des ouvriers m’a donné dix shillings, et trois shillings sont arrivés pour des travaux de couture. Grâce à cette livre et ces dix shillings, nous avons pu fournir tout ce qui était nécessaire.

8 févr. Grâce à ce qui est arrivé hier et avant-hier, il a été pourvu au besoin d’hier, et il y a assez dans toutes les maisons pour les repas d’aujourd’hui ; mais dans aucune des maisons nous n’avons pu prendre de pain ; et comme hier aussi on n’a pu en prendre que peu, il n’en restera pas pour demain ; et il n’y a pas non plus assez d’argent pour prendre le lait demain matin. Il faut aussi du charbon dans deux maisons. En vérité, autant que je sache, en ces trois ans et sept mois, depuis que les fonds ont été épuisés pour la première fois, nous n’avons jamais été dans une plus grande pauvreté ; et si le Seigneur n’envoyait pas de fonds avant neuf heures demain matin, son nom serait déshonoré. Mais j’ai la pleine assurance qu’il ne nous abandonnera pas.—Le soir. Il n’a pas encore plu au Seigneur de nous envoyer ce qu’il faut pour demain, mais il nous a donné une nouvelle preuve qu’il se souvient de nous. Entre quatre et cinq heures cet après-midi, on a envoyé neuf gâteaux aux raisins, qu’une sœur avait fait cuire pour régaler les orphelins. Ces gâteaux m’ont été un encouragement à continuer d’attendre de nouveaux secours. On a aussi trouvé dans les troncs des maisons des orphelins deux shillings et un penny et demi, et un shilling quatre pence sont arrivés pour des bas. Ces petits dons sont très précieux, mais ils ne suffisent pas à faire face au besoin de demain ; oui, avant neuf heures demain matin, il nous faut davantage d’argent pour pouvoir prendre le lait. Vraiment, nous sommes plus pauvres que jamais ; mais, par la grâce, mes yeux ne regardent pas aux magasins vides et à la bourse vide, mais aux seules richesses du Seigneur.

9 févr. Ce matin, je suis allé entre sept et huit heures aux maisons des orphelins, pour voir si le Seigneur avait envoyé quelque chose. Quand j’y suis arrivé, il venait, deux ou trois minutes plus tôt, d’envoyer du secours. Un frère, en se rendant ce matin à sa maison de commerce, avait déjà parcouru environ un demi-mille, quand il plut au Seigneur de lui mettre les orphelins sur le cœur. Il se dit cependant en lui-même : je ne peux guère retourner maintenant, mais j’apporterai quelque chose ce soir ; et il continua ainsi sa route. Pourtant, il ne put aller plus loin, mais se sentit contraint de revenir sur ses pas et de porter trois souverains au frère R. B., à la maison des garçons. [Le donateur lui-même me l’a raconté par la suite.] Ainsi le Seigneur, dans sa fidélité, nous a secourus. Jamais le secours n’a été plus réellement nécessaire, car notre pauvreté n’a jamais été plus grande ; et jamais non plus le secours du Seigneur n’est venu plus manifestement de lui-même ; car le frère était déjà allé assez loin, il était entre sept et huit heures du matin, et c’était si peu de temps avant que l’argent eût été nécessaire. Considérez cela, bien-aimé lecteur, et louez avec nous le Seigneur pour sa bonté. Louez-le particulièrement de ce qu’il nous a rendus capables de nous confier en lui en cette heure d’épreuve. Il est arrivé en outre aujourd’hui sept shillings six pence.

12 févr. Samedi. Jamais, depuis que les fonds ont été épuisés pour la première fois, il n’était arrivé moins d’argent en une semaine qu’en celle-ci. Nous n’avons pu fournir que le strict nécessaire ; mais cela, il nous a été donné de le faire. Quand venait l’heure des repas, le Seigneur pourvoyait toujours à ce qu’il fallait, et, vu la grande détresse qui règne maintenant presque partout, nos chers orphelins sont très bien pourvus. Or, non seulement cette journée a commencé sans que nous ayons rien en main, mais nos réserves étaient fort diminuées, et nous devions nous procurer des provisions pour deux jours. L’un des ouvriers a donné cinq shillings le matin, pour fournir de quoi prendre le lait. J’ai rassemblé quelques brochures qui avaient été données pour être vendues, afin de m’en défaire, et elles ont été vendues vers onze heures pour quatre shillings. Il est arrivé aussi trois shillings par la vente de bas, et douze shillings ont été payés pour l’un des orphelins. Ainsi nous avons eu de quoi nous procurer un dîner, et nous avions un peu d’argent pour acheter du pain, mais pas assez, tant s’en faut. Tous les ouvriers ont été réunis dans la prière de onze heures et demie à une heure, et nous nous sommes séparés le cœur en paix, dans l’intention de nous retrouver le soir. Quand je suis rentré chez moi, on m’a donné un vieux porte-crayon d’argent cassé, que, bien qu’il valût fort peu de chose, j’ai accepté comme une nouvelle preuve que notre Père se souvenait de notre besoin. Quand nous nous sommes retrouvés ce soir, nous avons constaté que trois shillings six pence étaient arrivés par la vente de bas, et six pence pour deux Rapports. Comme tout cela ne suffisait pas, on a vendu quelques vieux objets inutiles pour quatre shillings, ainsi que le porte-crayon cassé pour six pence. Je dis des objets inutiles, car il ne nous semblait pas juste de vendre d’autres objets, afin que la délivrance propre au Seigneur fût manifeste. Un ouvrier a pu encore donner sept shillings de son propre argent. À l’un des ouvriers, une certaine personne devait deux shillings depuis plus d’un an ; cette somme, payée à ce moment même et donnée par lui pour les orphelins, est arrivée fort à propos. Nous avions ainsi une livre dix-huit shillings six pence, autant qu’il en fallait pour nous procurer des provisions jusqu’après le déjeuner du lundi matin. Mais le Seigneur nous a aidés plus encore. Entre huit et neuf heures ce soir, après que nous avions été ensemble pour prier et que nous nous étions séparés, on a donné de l’argent à l’un des ouvriers pour lui-même, et grâce à cela il a pu donner neuf shillings, de sorte qu’en tout deux livres sept shillings six pence sont arrivés aujourd’hui. Cette semaine a été, de toutes les semaines de ces trois ans et sept mois, l’une des plus éprouvantes quant à l’épreuve de la foi. Grâces soient rendues au Seigneur qui nous a aidés aujourd’hui encore ! Grâces lui soient rendues de ce qu’il nous a rendus capables, dès ce matin, quand nous nous sommes réunis pour prier, de le louer pour la délivrance que nous étions sûrs qu’il opérerait.

16 févr. Ce matin, il n’y avait de nouveau d’argent en main que pour prendre le lait dans deux des maisons ; mais comme un ouvrier a pu donner six shillings six pence, nous avons eu assez pour le lait, et aussi assez, avec les provisions qui se trouvaient dans les maisons, pour pourvoir au dîner. Rien d’autre n’est arrivé dans le courant de la matinée, et je n’ai pas pu non plus m’informer de l’état des choses. L’après-midi, entre trois et quatre heures, après avoir une fois de plus supplié le Seigneur de nous envoyer du secours, je me suis assis paisiblement pour m’adonner à la méditation de la parole, considérant que c’était là maintenant mon service, bien que je ne susse pas s’il y avait une bouchée de pain pour le thé dans une seule des maisons, mais étant assuré que le Seigneur y pourvoirait. Car, par la grâce, mon esprit est si pleinement assuré de la fidélité du Seigneur que, au milieu du plus grand besoin, je suis rendu capable de vaquer en paix à mes autres travaux. En vérité, si le Seigneur ne me donnait pas cela, qui est le fruit de la confiance en lui, je ne pourrais guère travailler du tout ; car il est maintenant relativement rare qu’il vienne un jour où je ne sois pas dans le besoin pour l’une ou l’autre partie de l’œuvre. À peine m’étais-je assis pour méditer, qu’on m’a envoyé des maisons des orphelins un billet dans lequel le frère R. B., directeur des garçons orphelins, avait écrit ceci : « En visitant les sœurs de la maison des tout-petits et de la maison des orphelines, je les ai trouvées dans le plus grand besoin. Il n’y avait pas de pain dans l’une des maisons pour le thé de ce soir, et les six shillings six pence suffisaient à peine à fournir ce qu’il fallait pour le dîner. J’ai donc ouvert le tronc de la maison des garçons, et, tout à fait contre mon attente, j’y ai trouvé une livre. Ainsi, par la bonté du Seigneur, nous avons été de nouveau abondamment pourvus quant aux nécessités présentes. » Le soir, le Seigneur, dans son amour et sa fidélité, a étendu plus loin encore sa main. J’avais expliqué à la réunion une partie de Jean 11. Les dernières paroles sur lesquelles j’ai parlé étaient : « Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? » Quand la réunion a été terminée, comme une nouvelle preuve de la vérité de cette parole, on m’a remis un billet dans lequel une sœur malade m’envoyait cinq livres pour les orphelins.

19 févr. Samedi. Nos ressources étaient de nouveau entièrement épuisées. Nos réserves de provisions étaient peut-être plus épuisées encore qu’aucun samedi précédent. Il n’y avait pas la moindre probabilité humaine d’obtenir de quoi avoir des provisions suffisantes pour ce seul jour, et beaucoup moins pour deux jours. Quand je suis allé avant le déjeuner aux maisons des orphelins, j’ai trouvé une lettre de Nottingham, contenant un shilling, qui était arrivée hier soir. Ce n’était pas seulement une douce preuve que notre Père se souvenait de notre besoin, mais c’était aussi comme un gage qu’il nous fournirait aujourd’hui encore tout ce dont nous avions besoin. Dans le courant de la matinée sont arrivés, par la vente de bas, quatre shillings onze pence. Dans le tronc de ma maison, j’ai trouvé un shilling. L’un des ouvriers a donné quatre shillings dix pence. Ainsi nous avons été pourvus des choses absolument nécessaires pour aujourd’hui. Nous nous sommes réunis entre onze heures et midi pour prier. Quand nous nous sommes retrouvés le soir, une seconde lettre était arrivée de Nottingham, avec un autre shilling. C’était une nouvelle et douce preuve que notre Père, dans son amour, se souvenait de notre besoin ; mais avec tout cela nous étions encore sans aucun moyen de nous procurer du pain pour demain, le jour du Seigneur. À huit heures, je me suis séparé de mes compagnons d’œuvre, car j’attendais le frère R. C. chez moi un peu après huit heures. J’ai donc prié l’un des frères de m’accompagner, afin de rapporter aux maisons des orphelins ce que le Seigneur pourrait envoyer par la poste ou de toute autre manière. Il était maintenant huit heures et demie du soir, et il n’y avait encore de pain pour demain dans aucune des trois maisons. Quelques instants après, le frère C. est arrivé, et il n’était pas depuis plus de cinq minutes environ dans ma maison qu’il m’a donné un demi-souverain qu’il apportait pour les orphelins. J’ai bientôt trouvé l’occasion de quitter un instant la pièce, j’ai remis les dix shillings au frère que j’avais amené avec moi des maisons des orphelins, et qui attendait dans une autre pièce ; et ainsi, entre neuf et dix heures, on a pu acheter assez de pain. Remarquez-le ! Pour l’épreuve de notre foi, le Seigneur avait permis que nous fussions tenus si longtemps dans l’attente. Mais quand le frère C. fut arrivé, ayant de l’argent pour les orphelins, il ne put s’empêcher de le donner aussitôt, chose fort digne de remarque. Cette semaine a été pleine d’épreuves de la foi, mais aussi pleine de délivrances.

21 févr. Depuis samedi soir sont arrivés une livre huit shillings onze pence. On a aussi envoyé de Plymouth, pour être vendus, une pièce de blonde, une pièce de tulle à ruches et onze paires de bas d’enfants. Ainsi nous avons été pourvus de quoi faire face à ce qui était requis pour le commencement de cette journée ; mais, comme nos réserves avaient été si diminuées à la fin de la semaine dernière, il n’y avait pas assez pour le thé de cet après-midi. Quatre heures étaient arrivées, une heure avant l’heure habituelle du thé, quand un frère du Somersetshire est venu visiter les maisons des orphelins et a mis un souverain dans chacun des troncs. Notre grand besoin a bientôt fait sortir l’argent, et ainsi nous avons été pourvus. [Remarquez-le ! Le frère, comme il me l’a raconté lui-même quelques jours après au cours d’une conversation, n’avait que peu de temps, et c’est pourquoi il a parcouru les maisons assez rapidement. S’il était resté longtemps et avait beaucoup conversé, comme cela aurait pu être le cas, ses dons ne seraient pas arrivés à temps pour le thé.] Il est arrivé en outre un shilling, pour des travaux de couture faits par les enfants.

25 févr. Jamais notre besoin n’avait été plus grand qu’aujourd’hui. Nos épreuves de la foi n’ont jamais été aussi rudes qu’au cours de cette semaine. Au point même que la plupart des ouvriers se sont sentis aujourd’hui fort éprouvés. Pourtant, aujourd’hui non plus, le Seigneur n’a pas permis que nous fussions confus. Par une circonstance remarquable, l’un des ouvriers a obtenu de l’argent ce matin, de sorte que tout le besoin de la journée a pu être largement couvert.

26 févr. Ma prière, ce matin, était en particulier que le Seigneur voulût bien maintenant nous regarder avec pitié et retirer sa main. En vérité, depuis plusieurs jours, ma prière a été qu’il nous rende capables de continuer à nous confier en lui, et qu’il ne nous charge pas au-delà de ce qu’il nous rendrait capables de porter. C’est de nouveau samedi. Comme on avait remis hier aux directrices une riche provision, je savais qu’il ne faudrait pas autant que d’habitude ce samedi ; pourtant je pensais qu’il faudrait une livre dix shillings. Entre dix et onze heures ce matin est arrivé de Clapham un paquet contenant deux livres deux shillings, avec deux robes, deux jupons, deux chemises, deux tabliers et six mouchoirs, le tout neuf. Ainsi nous avons été richement pourvus pour aujourd’hui, car il ne fallait qu’une livre dix shillings.

2 mars. Ce soir, on a envoyé, sur l’ordre d’une sœur irlandaise, trente-trois livres et demie de fil de laine. Au sujet de ce don, il faut remarquer que samedi dernier nous avions demandé au Seigneur, dans notre réunion de prière, qu’il voulût bien nous envoyer de quoi acheter de la laine peignée, afin que les garçons pussent continuer leur tricot.

9 mars. À un moment de très grand besoin, tant pour les écoles de jour que pour les orphelins, au point que nous n’aurions pas pu continuer plus longtemps sans secours, j’ai reçu aujourd’hui dix livres d’un frère qui habite près de Dublin. L’argent a été partagé entre les écoles de jour et les maisons des orphelins. Il faut noter la petite circonstance suivante au sujet de ce don. Comme notre besoin était si grand, et que mon âme, par la grâce, s’attendait vraiment au Seigneur, j’ai guetté des secours dans le courant de cette matinée. Le courrier, cependant, était passé, et aucun secours n’était arrivé. Cela ne m’a pas le moins du monde découragé. Je me suis dit : le Seigneur peut envoyer des fonds sans la poste, ou même maintenant, bien que le courrier soit passé, il peut avoir envoyé des fonds par cette distribution même des lettres, bien que l’argent ne soit pas encore entre mes mains. Il n’y avait pas longtemps que je m’étais ainsi parlé à moi-même quand, selon mon espérance en Dieu, nous avons été secourus ; car le frère qui nous avait envoyé les dix livres avait, cette fois, adressé sa lettre à la maison des garçons, d’où on me l’a envoyée.

17 mars. Du 12 au 16, il était arrivé pour les orphelins quatre livres cinq shillings onze pence et demi. Ce matin, notre pauvreté, qui dure maintenant plus ou moins depuis plusieurs mois, était devenue extrêmement grande. J’ai quitté ma maison quelques minutes après sept heures pour aller aux maisons des orphelins voir s’il y avait assez d’argent pour prendre le lait, qu’on apporte vers huit heures. En chemin, ma requête était surtout que le Seigneur voulût bien avoir pitié de nous, comme un père a compassion de ses enfants, et qu’il ne nous chargeât pas au-delà de ce qu’il nous rendrait capables de porter. Je l’ai surtout supplié de vouloir bien maintenant rafraîchir nos cœurs en nous envoyant du secours. Je lui ai aussi rappelé les conséquences qui en résulteraient, tant à l’égard des croyants que des incrédules, si nous devions abandonner l’œuvre faute de ressources, et qu’ainsi il ne permît pas qu’elle fût réduite à néant. J’ai de plus confessé encore devant le Seigneur que je ne méritais pas qu’il continuât à se servir de moi plus longtemps dans cette œuvre. Tandis que j’étais ainsi en prière, à environ deux minutes de marche des maisons des orphelins, j’ai rencontré un frère qui se rendait à cette heure matinale à ses affaires. Après avoir échangé quelques mots avec lui, j’ai poursuivi mon chemin ; mais il a aussitôt couru après moi et m’a donné une livre pour les orphelins. Ainsi le Seigneur a promptement exaucé ma prière. Vraiment, cela vaut la peine d’être pauvre et grandement éprouvé dans sa foi, pour avoir jour après jour de si précieuses preuves de l’intérêt plein d’amour que notre bon Père porte à tout ce qui nous concerne. Et comment notre Père pourrait-il agir autrement ? Lui qui nous a donné la plus grande preuve d’amour qu’il pût nous donner, en nous donnant son propre Fils, assurément il nous donnera aussi gratuitement toutes choses avec lui. Cela vaut aussi la peine d’être pauvre et grandement éprouvé dans sa foi, si seulement par là le cœur des enfants de Dieu peut être consolé et leur foi fortifiée, et si seulement ceux qui ne connaissent pas Dieu, et qui liront ou entendront raconter ses voies envers nous, peuvent être amenés par là à voir que la foi en Dieu est plus qu’une simple idée, et qu’il y a vraiment de la réalité dans le christianisme. Dans le courant de la journée, il est encore arrivé treize shillings.

19 mars. Samedi. Comme cela a souvent été le cas le samedi, ainsi en a-t-il été particulièrement aujourd’hui. Nous avons commencé la journée dans une très grande pauvreté, car il n’était arrivé que sept shillings depuis avant-hier. Il n’y avait pas un rayon de lumière quant aux perspectives naturelles. Le cœur serait accablé en de telles saisons, s’il n’y avait pas un repos abondant à trouver dans la confiance en Dieu. L’épreuve ayant duré si longtemps, et notre pauvreté étant parvenue à un tel degré qu’il était nécessaire que nous eussions du secours pour que le nom du Seigneur ne fût pas déshonoré, j’avais proposé à mes compagnons d’œuvre de mettre à part cette journée spécialement pour la prière. Nous nous sommes donc réunis à dix heures et demie du matin. À ce moment, il était arrivé quatre shillings six pence, sept shillings six pence et dix shillings. L’après-midi, nous nous sommes de nouveau réunis à trois heures, et dix shillings sont arrivés. Le soir, à sept heures, nous nous sommes réunis encore une fois, et il manquait encore environ trois shillings pour fournir tout ce qui était nécessaire. Cela aussi, nous l’avons reçu, et il est même arrivé trois shillings de plus qu’il n’en fallait réellement, juste au moment où nous allions nous séparer.

9 avril. Samedi. Il n’était arrivé qu’un shilling six pence depuis hier après-midi. Il nous fallait plus d’argent que nous n’en avions en main, d’autant plus que c’était samedi, mais il plut au Seigneur d’éprouver particulièrement notre foi. Dans le courant de la matinée sont arrivés de quelques sœurs de Dublin dix-huit yards de calicot, trente-quatre yards d’indienne, quarante-trois pelotes de coton et une paire de bottines de dame usagées. Ce don est arrivé fort à propos, car nous avions mentionné à plusieurs reprises dans nos prières le besoin de calicot et d’indienne, et le coton à coudre ainsi que la paire de bottines ont aussitôt servi. De plus, ce don a été pour moi un doux encouragement à continuer de m’attendre au Seigneur. Le soir approchait, et il n’était encore arrivé aucun argent pour les provisions, etc., qui seraient nécessaires le jour du Seigneur. Vers six heures, je me suis de nouveau adonné à la prière avec ma femme, et j’ai demandé au Seigneur, dans ma prière, que si la sœur qui, par amour pour lui, s’est chargée du service de vendre les objets donnés pour être vendus avait de l’argent en main, il voulût bien incliner son cœur à apporter ou à envoyer cet argent ce soir. Après cela, je me suis assis paisiblement pour lire les Écritures, assuré que cette fois encore le Seigneur étendrait sa main en notre faveur. Vers sept heures et demie, la sœur dont il vient d’être question est venue et a apporté une livre dix shillings quatre pence pour des objets qu’elle avait vendus, en déclarant que, bien qu’elle fût souffrante, elle s’était pourtant sentie contrainte de ne pas tarder à apporter cet argent. Ainsi nous avons eu tout ce qui était nécessaire, et six shillings de plus. Quand je suis arrivé avec l’argent à la maison des tout-petits, vers huit heures, j’ai trouvé mes compagnons d’œuvre en prière, et tandis que nous continuions encore à prier, une sœur a envoyé un grand panier de pain rassis, soit cinq pains bis, sept galettes de pain et cinq pains français.

12 avril. Nous n’avons jamais été dans un plus grand besoin qu’aujourd’hui, peut-être jamais dans un aussi grand, quand j’ai reçu ce matin cent livres des Indes orientales. Il est impossible de décrire la joie véritable en Dieu que cela m’a donnée. Ma prière, ce matin encore, avait été particulièrement que notre Père eût pitié de nous, et qu’il envoyât maintenant enfin des sommes plus importantes. Je n’ai pas été le moins du monde surpris ni agité quand ce don est arrivé, car je l’ai reçu comme une chose venue en réponse à la prière, et longtemps attendue.

6 mai. On n’avait reçu que trois livres dix shillings deux pence et demi depuis le 2, de sorte qu’il n’y aurait eu en main que de quoi pourvoir au déjeuner de demain matin, quand, dans ce nouveau besoin, nous avons reçu quatre-vingt-six livres, deux paires de boucles d’oreilles en or, une broche et deux roupies.

10 mai. Aujourd’hui, en clôturant les comptes, il nous reste, à la fin de cette période de dix-sept mois, pendant laquelle nous avons été si souvent sans un sou, la somme de seize livres dix-huit shillings dix pence et demi pour les orphelins, et de quarante-huit livres douze shillings cinq pence un quart pour les autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures.

Le moment nous parut alors venu de faire connaître, pour le profit de l’Église en général, les voies du Seigneur envers nous à l’égard des divers objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures, en publiant un nouveau Rapport. Car, si nous l’avions, à dessein, différé cette fois de cinq mois de plus que les années précédentes, et cela pendant une période où nous étions dans une pauvreté plus profonde qu’en aucun temps antérieur, pourtant, comme dès le commencement il m’avait paru important de faire connaître de temps à autre les voies du Seigneur envers nous, je jugeai utile de chercher encore à consoler, à encourager, à exhorter, à instruire et à avertir les chers enfants de Dieu par le récit imprimé de la bonté du Seigneur envers nous.

Bien que nos épreuves de la foi, pendant ces dix-sept mois, aient duré plus longtemps et aient été plus rudes qu’en aucune période précédente, cependant, durant tout ce temps, les orphelins eurent tout ce qui leur était nécessaire en fait de nourriture substantielle, de vêtements indispensables, etc. En vérité, je renverrais plutôt sur-le-champ les enfants à leurs parents que de les garder sans un entretien suffisant.

Je désire que tous les enfants de Dieu qui liront ces détails soient amenés par là à une confiance accrue et plus simple en Dieu pour tout ce dont ils pourront avoir besoin, en quelque circonstance que ce soit, et que ces nombreux exaucements les encouragent à prier, en particulier pour la conversion de leurs amis et de leurs parents, pour leurs propres progrès dans la grâce et dans la connaissance, pour l’état des saints qu’ils peuvent connaître personnellement, pour l’état de l’Église de Christ en général, et pour le succès de la prédication de l’Évangile. Je les mets surtout en garde, avec affection, contre le piège de Satan qui voudrait les entraîner à penser que ces choses me sont particulières et ne peuvent être goûtées par tous les enfants de Dieu ; car, bien que, comme il a été dit précédemment, tout croyant ne soit pas appelé à fonder des maisons d’orphelins, des écoles de charité, etc., et à se confier dans le Seigneur pour les ressources, tous les croyants sont pourtant appelés, dans la simple confiance de la foi, à se décharger sur lui de tous leurs fardeaux, à se confier en lui pour toutes choses, et non seulement à faire de toute chose un sujet de prière, mais à attendre l’exaucement des requêtes qu’ils ont présentées selon sa volonté et au nom du Seigneur Jésus. Ne pensez pas, cher lecteur, que j’aie le don de la foi, c’est-à-dire ce don dont nous lisons en 1 Corinthiens 12:9, et qui est mentionné avec « le don des guérisons », « le don d’opérer des miracles », « la prophétie », et que ce soit pour cette raison que je puis me confier dans le Seigneur. Il est vrai que la foi qu’il m’est donné d’exercer est entièrement le don propre de Dieu ; il est vrai que lui seul la soutient, et que lui seul peut l’accroître ; il est vrai que, d’instant en instant, je dépends de lui pour elle, et que, si j’étais laissé à moi-même un seul instant, ma foi défaillirait entièrement ; mais il n’est pas vrai que ma foi soit ce don de la foi dont il est parlé en 1 Corinthiens 12:9. C’est la même foi que l’on trouve en tout croyant, et dont je ressens moi-même très vivement la croissance ; car peu à peu elle n’a cessé d’augmenter depuis vingt-six ans.

Cette foi qui s’exerce à l’égard des maisons des orphelins et de mes propres besoins temporels se manifeste dans la même mesure, par exemple, au sujet des points suivants : il ne m’a jamais été permis de douter, durant les vingt-sept dernières années, que mes péchés soient pardonnés, que je sois un enfant de Dieu, que je sois aimé de Dieu, et que je serai finalement sauvé ; parce que, par la grâce de Dieu, je suis rendu capable d’exercer la foi sur la parole de Dieu, et de croire ce que Dieu dit dans les passages qui tranchent ces questions (1 Jean 5:1 ; Galates 3:26 ; Actes 10:43 ; Romains 10:9, 10 ; Jean 3:16, etc.). De plus, au temps où je pensais que j’allais devenir fou, bien qu’il n’y eût pas le moindre fondement à cette pensée, j’étais en paix ; parce que mon âme croyait la vérité de cette parole : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Romains 8:28. De plus, quand mon frère selon la chair et mon cher vieux père moururent, et que je n’avais, à l’égard de l’un comme de l’autre, aucune preuve qu’ils fussent sauvés (bien que je n’ose pas dire qu’ils soient perdus, car je ne le sais pas), mon âme fut pourtant en paix, parfaitement en paix, sous cette grande épreuve, cette épreuve extrêmement grande, cette épreuve qui est peut-être l’une des plus grandes qui puissent atteindre un croyant. Et qu’est-ce qui me donna la paix ? Mon âme saisit cette parole : « Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice? » Cette parole, jointe à tout le caractère de Dieu tel qu’il s’est révélé dans sa sainte parole, apaisa toutes les questions. Je crus ce qu’il a dit de lui-même, et je fus en paix, et j’ai été en paix depuis lors à ce sujet. De plus, quand le Seigneur me prit un enfant en bas âge bien-aimé, mon âme fut en paix, parfaitement en paix ; je ne pouvais verser que des larmes de joie, quand je pleurais. Et pourquoi ? Parce que mon âme saisit par la foi cette parole : « le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » Matthieu 19:14. De plus, quand parfois tout a été sombre, extrêmement sombre, à l’égard de mon service parmi les saints, à en juger par les apparences naturelles ; oui, quand j’aurais été vraiment accablé de chagrin et de désespoir si j’avais regardé aux choses selon l’apparence extérieure : en de tels moments, j’ai cherché à m’encourager en Dieu, en saisissant par la foi sa toute-puissance, son amour immuable et sa sagesse infinie, et je me suis dit : Dieu peut et veut me délivrer, si c’est bon pour moi ; car il est écrit : « Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » Romains 8:32. C’est cela qui, cru par moi par la grâce, garda mon âme dans la paix. De plus, quand, en rapport avec les maisons des orphelins, les écoles de jour, etc., des épreuves sont venues sur moi, bien plus lourdes que le manque de ressources, quand on répandait des rapports mensongers disant que les orphelins n’avaient pas assez à manger, ou qu’ils étaient cruellement traités à d’autres égards, et choses semblables ; ou quand d’autres épreuves, plus grandes encore, mais que je ne puis mentionner, m’ont atteint en rapport avec cette œuvre, et cela à un moment où j’étais à près de mille milles de Bristol et devais rester absent semaine après semaine ; en de tels moments, mon âme s’appuyait sur Dieu ; je croyais sa parole de promesse qui s’appliquait à de tels cas ; je répandais mon âme devant Dieu, et je me relevais de mes genoux en paix, parce que le trouble qui était dans l’âme avait été, dans une prière pleine de foi, rejeté sur Dieu ; et ainsi j’étais gardé dans la paix, bien que je visse que la volonté de Dieu était que je restasse loin de l’œuvre. De plus, quand j’ai eu besoin de maisons, de collaborateurs, de maîtres et de maîtresses pour les orphelins ou pour les écoles de jour, il m’a été donné de tout attendre du Seigneur et de me confier en lui pour le secours.

Cher lecteur, je puis sembler me vanter ; mais, par la grâce de Dieu, je ne me vante pas en parlant ainsi. Du fond de mon âme, c’est à Dieu seul que j’attribue de m’avoir rendu capable de me confier en lui, et de n’avoir pas permis jusqu’ici que ma confiance en lui défaille. Mais j’ai jugé nécessaire de faire ces remarques, de peur que quelqu’un ne pense que ma dépendance de Dieu était un don particulier qui m’a été fait et auquel d’autres saints n’ont pas le droit de prétendre ; ou de peur que l’on ne pense que cette dépendance de lui n’avait trait qu’à l’obtention d’argent par la prière et la foi. Par la grâce de Dieu, je désire que ma foi en Dieu s’étende à toutes choses : aux plus petites de mes propres affaires temporelles et spirituelles, aux plus petites des affaires temporelles et spirituelles de ma famille, aux saints parmi lesquels je travaille, à l’Église en général, à tout ce qui touche à la prospérité temporelle et spirituelle de l’Institution pour la connaissance des Écritures, etc. Cher lecteur, ne pensez pas que je sois parvenu dans la foi (et combien moins à d’autres égards !) au degré auquel je pourrais et devrais parvenir ; mais remerciez Dieu de la foi qu’il m’a donnée, et demandez-lui de la soutenir et de l’accroître. Et enfin, une fois encore, ne laissez pas Satan vous tromper en vous faisant croire que vous ne pourriez pas avoir la même foi, mais qu’elle n’est que pour les personnes placées dans la situation où je suis. Quand je perds une chose comme une clef, je demande au Seigneur de me diriger vers elle, et j’attends l’exaucement de ma prière ; quand une personne avec qui j’ai pris rendez-vous ne vient pas à l’heure fixée, et que je commence à en être gêné, je demande au Seigneur qu’il veuille bien la faire se hâter vers moi, et j’attends l’exaucement ; quand je ne comprends pas un passage de la parole de Dieu, j’élève mon cœur vers le Seigneur, afin qu’il veuille bien m’instruire par son Saint-Esprit, et je m’attends à être enseigné, bien que je ne fixe ni le moment ni la manière ; quand je vais exercer le ministère de la parole, je cherche le secours du Seigneur, et tandis que, dans la conscience de mon incapacité naturelle aussi bien que de mon entière indignité, je commence ce service qui est le sien, je ne suis pas abattu, mais plein de courage, parce que j’attends son assistance et que je crois que, pour l’amour de son cher Fils, il m’aidera. Et ainsi, dans mes autres affaires temporelles et spirituelles, je prie le Seigneur, et j’attends l’exaucement de mes requêtes ; et ne pouvez-vous pas faire de même, cher lecteur croyant ? Oh ! je vous en supplie, ne me regardez pas comme un croyant extraordinaire, qui aurait des privilèges au-dessus des autres chers enfants de Dieu, privilèges qu’ils ne pourraient avoir ; et ne regardez pas ma manière d’agir comme une chose qui ne conviendrait pas à d’autres croyants. Faites-en seulement l’essai ! Tenez-vous seulement tranquilles à l’heure de l’épreuve, et vous verrez le secours de Dieu, si vous vous confiez en lui. Mais il y a si souvent, à l’heure de l’épreuve, un abandon des voies du Seigneur, et ainsi l’aliment de la foi, le moyen par lequel notre foi pourrait être accrue, est perdu. Ceci m’amène au point important qui suit. Vous demandez : Comment puis-je, moi qui suis un vrai croyant, voir ma foi fortifiée ? Voici la réponse :—

I. « toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation. » Jacques 1:17. Puisque l’accroissement de la foi est un bon don, il doit venir de Dieu, et c’est donc à lui qu’il faut demander cette bénédiction.

II. Il faut cependant employer les moyens suivants : 1. La lecture attentive de la parole de Dieu, jointe à la méditation de cette parole. Par la lecture de la parole de Dieu, et surtout par la méditation de la parole de Dieu, le croyant apprend à connaître de plus en plus la nature et le caractère de Dieu, et il voit ainsi de plus en plus, outre sa sainteté et sa justice, quel être bon, aimant, plein de grâce, miséricordieux, puissant, sage et fidèle il est ; et c’est pourquoi, dans la pauvreté, l’affliction du corps, le deuil dans sa famille, la difficulté dans son service, le manque de situation ou d’emploi, il se reposera sur le pouvoir qu’a Dieu de l’aider, parce que non seulement il a appris par sa parole qu’il est tout-puissant et d’une sagesse infinie, mais il a aussi vu, dans les saintes Écritures, exemple sur exemple où sa toute-puissance et sa sagesse infinie se sont effectivement exercées pour aider et délivrer son peuple ; et il se reposera sur la bonne volonté de Dieu à l’aider, parce que non seulement il a appris par les Écritures quel être bon, bienveillant, miséricordieux, plein de grâce et fidèle est Dieu, mais aussi parce qu’il a vu dans la parole de Dieu comment, dans une grande variété de cas, il s’est montré tel. Et la considération de ces choses, si Dieu nous est devenu connu par la prière et la méditation de sa propre parole, nous conduira, en général du moins, à nous appuyer sur lui avec une mesure de confiance : et ainsi la lecture de la parole de Dieu, jointe à la méditation de cette parole, sera un moyen tout spécial de fortifier notre foi.

2. De même que, pour la croissance de toute grâce de l’Esprit, il est de la plus haute importance que nous cherchions à garder un cœur droit et une bonne conscience, et par conséquent que nous ne nous livrions pas sciemment et habituellement aux choses qui sont contraires à la pensée de Dieu, de même en est-il tout particulièrement pour la croissance dans la foi. Comment pourrais-je continuer à exercer la foi en Dieu au sujet de quoi que ce soit, si je l’attriste habituellement et si je cherche à porter atteinte à la gloire et à l’honneur de celui en qui je fais profession de me confier, de qui je fais profession de dépendre ? Toute ma confiance envers Dieu, tout mon appui sur lui à l’heure de l’épreuve, s’évanouira si j’ai une mauvaise conscience et que je ne cherche pas à me défaire de cette mauvaise conscience, mais que je continue à faire des choses contraires à la pensée de Dieu. Et si, dans un cas particulier, je ne puis me confier en Dieu à cause de la mauvaise conscience, alors ma foi est affaiblie par ce cas de défiance ; car la foi, à chaque nouvelle épreuve, ou bien s’accroît en se confiant en Dieu et en recevant ainsi du secours, ou bien décroît en ne se confiant pas en lui ; et alors on a de moins en moins la force de regarder simplement et directement à lui, et l’habitude de compter sur soi-même est engendrée ou encouragée. L’une ou l’autre de ces deux choses arrivera toujours dans chaque cas particulier. Ou bien nous nous confions en Dieu, et dans ce cas nous ne nous confions ni en nous-mêmes, ni en nos semblables, ni dans les circonstances, ni en rien d’autre ; ou bien nous nous confions en l’une ou plusieurs de ces choses, et dans ce cas nous ne nous confions pas en Dieu.

3. Si nous désirons vraiment que notre foi soit fortifiée, nous ne devons pas nous dérober aux occasions où notre foi peut être éprouvée et, par conséquent, fortifiée par l’épreuve. Dans notre état naturel, nous n’aimons pas avoir affaire à Dieu seul. Par notre éloignement naturel de Dieu, nous nous dérobons à lui et aux réalités éternelles. Cela nous reste attaché plus ou moins, même après notre régénération. De là vient que, plus ou moins, même en tant que croyants, nous avons la même répugnance à nous tenir devant Dieu seul, à dépendre de lui seul, à regarder à lui seul ; et pourtant c’est là précisément la position où nous devrions être, si nous désirons que notre foi soit fortifiée. Plus je suis dans une position où ma foi est éprouvée à l’égard de mon corps, de ma famille, de mon service pour le Seigneur, de mes affaires, etc., plus j’aurai l’occasion de voir le secours et la délivrance de Dieu ; et chaque nouveau cas où il m’aide et me délivre tendra à l’accroissement de ma foi. C’est donc pour cette raison que le croyant ne doit pas se dérober aux situations, aux positions, aux circonstances où sa foi peut être éprouvée, mais doit les accueillir de bon cœur comme des occasions où il peut voir la main de Dieu étendue en sa faveur pour l’aider et le délivrer, et par lesquelles il peut ainsi voir sa foi fortifiée.

4. Le dernier point important pour fortifier notre foi est que nous laissions Dieu agir pour nous, quand vient l’heure de l’épreuve de notre foi, et que nous n’opérions pas une délivrance de notre propre fait. Partout où Dieu a donné la foi, elle est donnée, entre autres raisons, précisément pour être éprouvée. Oui, si faible que soit notre foi, Dieu l’éprouvera ; avec cette seule restriction que, de même qu’à tous égards il nous conduit avec douceur, graduellement, patiemment, de même en est-il de l’épreuve de notre foi. Au commencement, notre foi sera très peu éprouvée en comparaison de ce qu’elle pourra l’être par la suite ; car Dieu ne nous charge jamais au-delà de ce qu’il veut bien nous rendre capables de porter. Or, quand vient l’épreuve de la foi, nous sommes naturellement enclins à nous défier de Dieu, et à nous confier plutôt en nous-mêmes, ou en nos amis, ou dans les circonstances. Nous aimerons mieux opérer une délivrance de notre propre fait, d’une manière ou d’une autre, que de regarder simplement à Dieu et d’attendre son secours. Mais si nous n’attendons pas patiemment le secours de Dieu, si nous opérons une délivrance de notre propre fait, alors à la prochaine épreuve de notre foi il en sera de même, nous serons de nouveau enclins à nous délivrer nous-mêmes ; et ainsi, à chaque nouveau cas de ce genre, notre foi décroîtra ; tandis qu’au contraire, si nous nous tenions tranquilles pour voir la délivrance de Dieu, pour voir sa main étendue en notre faveur, en nous confiant en lui seul, alors notre foi serait accrue, et à chaque nouveau cas où la main de Dieu s’étend en notre faveur à l’heure de l’épreuve de notre foi, notre foi s’accroîtrait davantage encore. Si donc le croyant veut que sa foi soit fortifiée, il doit surtout donner du temps à Dieu, qui éprouve sa foi afin de prouver à son enfant, à la fin, combien il est disposé à l’aider et à le délivrer, au moment même où cela est bon pour lui.

Je reviens maintenant, cher lecteur, au récit, en vous donnant quelques renseignements de plus au sujet des dix-sept mois allant du 10 déc. 1840 au 10 mai 1842, en ce qui concerne les maisons des orphelins et les autres objets de l’Institution pour la connaissance des Écritures, dans le pays et à l’étranger, en plus des faits dont il a déjà été fait mention.

Durant cette période, en outre : 1. Deux écoles du dimanche furent entièrement entretenues par les fonds de l’Institution. 2. Il y eut deux écoles d’adultes, l’une pour les femmes et l’autre pour les hommes, entièrement entretenues pendant ces dix-sept mois, dans lesquelles, deux soirs par semaine pour les hommes et deux soirs pour les femmes, on enseignait tout à fait gratuitement la lecture et l’écriture, en fournissant gratuitement les livres et le matériel d’écriture. Pendant ces dix-sept mois, 344 adultes reçurent l’instruction dans ces deux écoles, et le 10 mai 1842, le nombre de ceux qui étaient instruits s’élevait à 110. 3. Il y eut aussi, pendant ces dix-sept mois, six écoles de jour entièrement entretenues par les fonds de l’Institution, trois pour les garçons et trois pour les filles. Le 10 mai 1842, le nombre des enfants qui fréquentaient ces écoles de jour était de 363 ; et le nombre total de ceux qui, depuis la fondation de l’Institution, le 5 mars 1834, jusqu’au 10 mai 1842, avaient été instruits dans les écoles de jour entretenues par les fonds de l’Institution s’élève à 2 616. 4. Pendant ces dix-sept mois, 798 exemplaires des saintes Écritures furent répandus, et depuis le commencement de l’Institution jusqu’au 10 mai 1842, 6 842 exemplaires. 5. Pendant ces dix-sept mois, on dépensa pour les missions la somme de £126, 15s. 3d. prise sur les fonds de l’Institution, ce qui permit de venir en aide à l’œuvre de Dieu en Jamaïque, en Australie, au Canada et aux Indes orientales. 6. Au commencement de ces dix-sept mois, c.-à-d. le 10 déc. 1840, on entreprit un nouvel objet : la diffusion de publications susceptibles d’être utiles, avec la bénédiction de Dieu, aux incrédules comme aux croyants. Nous avons consacré à cet objet, pendant ces dix-sept mois, la somme de £62, 17s. 4d., avec laquelle on acheta 22 190 de ces petites publications, dont 19 609 furent effectivement distribuées. 7. On reçut dans les trois maisons des orphelins 15 orphelins, qui, avec ceux qui se trouvaient dans les maisons le 10 déc. 1840, font en tout 106. Parmi eux, cinq filles furent placées en service, deux garçons et une fille furent mis en apprentissage, une fille fut reprise par une dame qui l’avait confiée pour un temps à nos soins, et un garçon fut renvoyé à ses parents, parce qu’il nuisait aux autres enfants.

Il y avait le 10 mai 1842, dans les trois maisons, 96 orphelins, c.-à-d. 30 dans la maison des orphelines, 37 dans la maison des tout-petits et 29 dans la maison des garçons. En outre, trois apprentis étaient entretenus par les fonds de l’Institution ; de sorte que le nombre total était de 99. Le nombre des orphelins qui ont été confiés à nos soins d’avril 1836 au 10 mai 1842 s’élève à 144.

Je note encore, en rapport avec les maisons des orphelins, que, sans que j’aie rien demandé à personne, la somme de £5,276, 14s. 8d. m’a été donnée depuis le commencement de l’œuvre jusqu’au 10 mai 1842, comme fruit de la prière à Dieu.

Le total des dépenses pour les divers objets de l’Institution, à l’exclusion des maisons des orphelins, pendant ces dix-sept mois, s’éleva à £710, 11s. 5d. ; le total des recettes s’éleva à £746, 1s. 0½d. Le total des dépenses pour les trois maisons des orphelins, du 10 déc. 1840 au 10 mai 1842, s’éleva à £1,337, 15s. 2¾d. ; le total des recettes s’éleva à £1,339, 13s. 7d.


Page 1 / 1 · 48 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant