Chapitre 52 · 2 min de lecture · 2 min d’écoute
Considérer les jugements cachés de Dieu, de peur de s’enorgueillir de ses propres bonnes œuvres
Le disciple
TU FAIS retentir sur moi tes jugements, Seigneur. Tu ébranles tous mes os de crainte et de tremblement, et mon âme est saisie d’une grande frayeur. Je demeure interdit quand je considère que les cieux ne sont pas purs devant toi. Si tu as trouvé de la malice dans les anges et que tu ne les as pas épargnés, que deviendrai-je ? Des étoiles sont tombées du ciel, et moi, moi qui ne suis que poussière, comment pourrais-je présumer de moi ? Ceux dont les œuvres semblaient dignes de louange sont tombés dans l’abîme, et j’ai vu ceux qui mangeaient le pain des anges se délecter des gousses que mangent les pourceaux.
Il n’y a donc point de sainteté si tu retires ta main, Seigneur. Point de sagesse si tu cesses de conduire, point de courage si tu cesses de défendre. Nulle chasteté n’est en sûreté si tu ne la gardes. Notre vigilance ne sert de rien si ta sainte vigilance ne nous protège. Abandonnés à nous-mêmes, nous sombrons et nous périssons ; visités par toi, nous sommes relevés et nous vivons. Nous sommes vraiment instables, mais tu nous affermis. Nous devenons tièdes, mais tu nous embrases.
Oh ! avec quelle humilité, avec quelle bassesse devrais-je me considérer ! Combien peu devrais-je estimer ce qui semble bon en moi ! Avec quelle profondeur devrais-je me soumettre à tes jugements insondables, Seigneur, où je découvre que je ne suis rien !
Ô poids sans mesure ! Ô mer infranchissable, où je ne me trouve rien d’autre qu’un pur néant ! Où donc la gloire pourrait-elle se cacher ? Où pourrait-il y avoir quelque confiance en ma propre vertu ? Toute vaine gloire est engloutie dans la profondeur de tes jugements sur moi.
Qu’est toute chair devant toi ? L’argile se glorifiera-t-elle contre celui qui l’a façonnée ? Comment celui dont le cœur est vraiment soumis à Dieu pourrait-il être enflé de vaine gloire ? Le monde entier ne rendra pas orgueilleux celui que la vérité s’est soumis. Et celui qui a mis toute son espérance en Dieu ne sera pas ébranlé par la langue des flatteurs. Car voici, ceux-là mêmes qui parlent ne sont rien ; ils passeront avec le son de leurs paroles, mais la vérité du Seigneur demeure éternellement.
Chapitre 52 terminé
Considérer les jugements cachés de Dieu, de peur de s’enorgueillir de ses propres bonnes œuvres