L’Imitation de Jésus-Christ
L’âme dévote doit désirer de tout son cœur l’union avec le Christ dans le sacrement

Chapitre 110 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

L’âme dévote doit désirer de tout son cœur l’union avec le Christ dans le sacrement

Le disciple

QU’IL me soit donné de te trouver seul, ô Christ, de t’ouvrir tout mon cœur, de jouir de toi comme mon âme le désire, de n’être dérangé par personne, de n’être ému ni troublé par aucune créature, afin que tu me parles et que je te parle seul à seul, comme l’amant parle à celle qu’il aime, comme l’ami s’entretient avec son ami.

Voilà ce que je demande, voilà ce que je désire : être tout entier uni à toi, détacher mon cœur de toutes les choses créées, et apprendre à goûter les biens célestes et éternels par la sainte communion et la célébration fréquente de la messe.

Ah ! Seigneur Dieu, quand serai-je tout entier uni à toi et absorbé en toi, dans un entier oubli de moi-même ? Toi en moi, et moi en toi ? Accorde-nous de demeurer ainsi ensemble. Tu es vraiment mon Bien-Aimé, choisi entre mille, en qui mon âme se plaît à demeurer tous les jours de sa vie. Tu es vraiment le gage de ma paix, en qui se trouvent la paix suprême et le vrai repos, et sans qui il n’y a que peine, douleur et misère infinie.

Tu es vraiment le Dieu caché. Tu ne tiens pas conseil avec les méchants, mais tu t’entretiens plutôt avec les humbles et les simples.

Oh ! que ton esprit est bon, Seigneur, toi qui, pour montrer ta douceur envers tes enfants, daignes les nourrir du pain le plus doux, du pain descendu du ciel ! Il n’est assurément aucun autre peuple assez heureux pour avoir son dieu près de lui comme toi, notre Dieu, tu es présent partout aux fidèles, à qui tu te donnes en nourriture et en délice, pour leur consolation de chaque jour et pour élever leur cœur vers le ciel.

Quelle autre nation, en effet, est aussi illustre que les peuples chrétiens ? Quelle créature sous le ciel est aussi favorisée que l’âme dévote vers qui Dieu vient pour la nourrir de sa Chair glorieuse ? Ô grâce indicible ! Ô admirable condescendance ! Ô amour sans mesure, accordé à l’homme d’une manière unique !

Que rendrai-je au Seigneur pour cet amour, pour cette grâce sans bornes ? Je ne puis rien lui offrir de plus agréable que de donner entièrement mon cœur à mon Dieu, en l’unissant étroitement au sien. Alors tout mon être intérieur sera dans la joie, quand mon âme sera parfaitement unie à Dieu. Alors il me dira : « Si tu veux être avec moi, je veux être avec toi. » Et je lui répondrai : « Daigne, Seigneur, demeurer avec moi. Je serai avec toi de grand cœur. Mon unique désir est que mon cœur te soit uni. »

Page 1 / 1 · 2 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant