L’Imitation de Jésus-Christ
La dignité du sacrement et du sacerdoce

Chapitre 102 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

La dignité du sacrement et du sacerdoce

La voix du Christ

QUAND tu aurais la pureté d’un ange et la sainteté de saint Jean-Baptiste, tu ne serais pas digne de recevoir ni d’administrer ce sacrement. Ce n’est pas en raison d’un mérite humain qu’un homme consacre et administre le sacrement du Christ, et qu’il reçoit en nourriture le Pain des anges. Grand est le Mystère, et grande la dignité des prêtres, à qui a été donné ce qui n’a pas été accordé aux anges. Car seuls les prêtres légitimement ordonnés dans l’Église ont le pouvoir de célébrer la messe et de consacrer le Corps du Christ.

Le prêtre est, en effet, le ministre de Dieu, usant de la parole de Dieu selon son commandement et son institution. Mais Dieu, de plus, est là — l’Auteur principal et l’Ouvrier invisible, à qui tout est soumis comme il le veut, à qui tous obéissent comme il le commande.

Dans ce très excellent sacrement, tu dois donc croire Dieu plutôt que tes propres sens ou quelque signe visible ; et ainsi, avec crainte et respect, approche-toi d’une telle œuvre. Prends garde à toi-même, et vois quel ministère t’a été confié par l’imposition des mains de l’évêque.

Voici que tu as été fait prêtre, consacré pour célébrer la messe ! Veille maintenant à offrir à Dieu le sacrifice fidèlement et avec dévotion aux temps convenables, et à te conduire de manière irréprochable. Tu n’as pas allégé ton fardeau. Tu es au contraire lié désormais par une discipline plus stricte et tenu à une sainteté plus parfaite.

Un prêtre doit être orné de toutes les vertus et donner aux autres l’exemple d’une bonne vie. Sa vie ne suit pas les habitudes vulgaires et communes des hommes, mais se tient avec les anges dans le ciel et les hommes parfaits sur la terre. Le prêtre revêtu des ornements sacrés tient la place du Christ, pour prier Dieu avec supplication et humilité, pour lui-même et pour tout le peuple. Il porte devant lui et derrière lui le signe de la croix du Seigneur, afin de se souvenir toujours de la Passion du Christ. Il la porte devant lui, sur la chasuble, afin de regarder attentivement les traces du Christ et de s’efforcer de les suivre avec ferveur. Il la porte derrière lui — il en est marqué — afin de souffrir volontiers pour Dieu toutes les adversités que les autres lui infligent.

Il porte la croix devant lui afin de pleurer ses propres péchés ; derrière lui, afin de pleurer avec compassion les péchés des autres, et de savoir qu’il est établi entre Dieu et le pécheur, pour ne jamais se lasser de la prière et de la sainte oblation, jusqu’à ce qu’il lui soit donné d’obtenir grâce et miséricorde.

Quand le prêtre célèbre la messe, il honore Dieu, il réjouit les anges, il fortifie l’Église, il aide les vivants, il procure le repos aux défunts, et il se rend lui-même participant de tous les biens.

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