Chapitre 5 · 15 min de lecture
Difficultés concernant la consécration
Le chrétien doit connaître les ruses de l’ennemi. Celui-ci s’opposera à chaque pas que l’âme fait en avant. Et il s’active tout particulièrement lorsqu’il voit un croyant s’éveiller à la faim de la justice, et chercher à saisir toute la plénitude qui est dans le Seigneur Jésus-Christ. L’une des premières difficultés qu’il jette sur son chemin concerne la consécration. Celui qui recherche la sainteté reçoit l’instruction de se consacrer. Il s’efforce de le faire. Mais aussitôt, il se heurte à une difficulté. Il l’a fait, pense-t-il. Et pourtant, il ne se sent pas différent.
Rien ne semble avoir changé, contrairement à ce qu’il attendait. Déconcerté, il demande avec désespoir: « Comment puis-je savoir quand je suis consacré? »
À ce moment-là, la grande tentation, c’est de vouloir ressentir. Elle cherche toujours à s’imposer, et elle y parvient souvent.
L’âme ne peut croire qu’elle est consacrée tant qu’elle n’a pas fait l’expérience de la consécration. Elle ne peut croire que Dieu l’a prise, puisqu’elle ne le sent pas. Comme d’habitude, elle place le sentiment en premier et la foi en second. Or la règle de Dieu est simple: en toutes choses, la foi d’abord, les sentiments ensuite. Il est vain de vouloir changer cela.
Pour résister à cette tentation au sujet de la consécration, placez-vous du côté de Dieu. Mettez la foi avant le sentiment. Abandonnez-vous au Seigneur entièrement et sans réserve, selon la lumière que vous avez maintenant. Demandez au Saint-Esprit de vous révéler tout ce qui, dans votre cœur ou dans votre vie, s’oppose à Dieu. S’il vous montre quelque chose, remettez-le aussitôt au Seigneur et dites à ce sujet: « Que ta volonté soit faite. » S’il ne vous montre rien, vous devez alors croire qu’il n’y a rien, et conclure que vous lui avez tout donné. Ensuite, vous devez croire qu’il vous prend. Vous ne devez pas attendre de sentir soit que vous vous êtes donné, soit qu’il vous a pris. Vous devez simplement le croire, et tenir la chose pour acquise.
Si vous faisiez don d’un domaine à un ami, il vous faudrait le donner, et lui devrait le recevoir, par la foi. Personne ne peut remettre un domaine de la main à la main. Le don et la réception en sont une transaction de l’esprit, et donc une affaire de foi. Supposons que vous donniez un jour un domaine à un ami, puis que vous vous demandiez si vous l’avez vraiment donné et s’il l’a bien reçu. Vous pourriez alors éprouver le besoin de renouveler le don le lendemain. Si, le troisième jour, vous vous sentiez encore incertain, vous le renouvelleriez encore. Et vous recommenceriez ainsi chaque jour, pendant des mois ou des années.
Que penserait votre ami? Et dans quel état serait votre esprit après tout cela?
Votre ami se demanderait si vous aviez vraiment l’intention de le lui donner. Et vous seriez si confus que vous ne sauriez plus si le domaine est à vous, à lui ou à quelqu’un d’autre. Or, n’est-ce pas ainsi que vous avez agi envers Dieu dans cette affaire de la consécration? Vous vous êtes donné à lui chaque jour pendant des mois. Mais, chaque fois, vous vous êtes demandé si vous vous étiez vraiment donné à lui et s’il vous avait accepté. Et comme vous ne vous sentiez pas différent, vous avez conclu, après bien des doutes, que ce n’était pas fait.
Cher croyant, cette confusion durera toujours si vous n’y mettez pas fin par la foi. Vous devez tenir la question pour réglée. C’est seulement alors que vous pourrez vous attendre à un changement dans vos sentiments. La loi des offrandes faites au Seigneur montre que tout ce qui lui est donné devient saint. C’est mis à part, et cela ne peut plus servir à aucun autre usage. Le faire serait un sacrilège.
« Tout ce qui sera dévoué par interdit, homme ou animal, sera entièrement consacré à l’Éternel. On ne pourra ni le vendre, ni le racheter. »
Une fois que l’Israélite avait donné au Seigneur la chose dévouée, il la considérait comme appartenant au Seigneur. Personne n’osait la reprendre. Le donateur avait peut-être fait son offrande à contrecœur et sans grand enthousiasme. Mais, une fois l’offrande faite, l’affaire ne dépendait plus de lui. Par la loi même de Dieu, le don était devenu « entièrement consacré à l’Éternel ».
Ce n’était pas l’intention du donateur qui le rendait saint, mais la sainteté de celui qui le recevait. C’est « l’autel qui sanctifie l’offrande ». Et une offrande, une fois déposée sur l’autel, appartenait dès ce moment au Seigneur.
J’imagine celui qui avait déposé une offrande. Il se met ensuite à douter de sa sincérité et de sa droiture en le faisant. Il retourne vers le prêtre, inquiet de sa sincérité. Je suis sûr que le prêtre l’aurait aussitôt fait taire. Il lui aurait dit: « Je ne connais pas les motifs de votre offrande.
Mais les faits sont là: vous l’avez donnée, et elle appartient au Seigneur, car tout ce qui sera dévoué par interdit sera entièrement consacré à l’Éternel. Il est trop tard pour revenir sur cette transaction. » Tout Israël, et pas seulement le prêtre, aurait été scandalisé par un homme qui, après avoir offert son don, aurait tenté de le reprendre. Et pourtant, jour après jour, de fervents chrétiens, qui frémiraient devant le sacrilège de cet Israélite, se rendent coupables d’un acte semblable. Ils se consacrent au Seigneur, puis se reprennent par l’incrédulité. Parce que Dieu n’est pas visible à nos yeux, il est difficile de sentir qu’une transaction avec lui est réelle.
Si, au moment de nous consacrer, nous pouvions le voir, cela nous paraîtrait réel. Nous saurions que nous avons donné notre parole et que nous ne pouvons pas la reprendre, quelle que soit l’envie que nous en ayons. Cela aurait pour nous la force contraignante d’une promesse faite de vive voix à un ami de ce monde, force qu’elle a toujours pour un homme d’honneur.
Il nous faut voir que la présence de Dieu est toujours un fait certain. Chaque acte de notre âme s’accomplit directement devant lui. Une parole prononcée dans la prière lui est adressée aussi réellement que si nos yeux pouvaient le voir et nos mains le toucher.
Alors nous n’aurons plus d’idées vagues sur nos relations avec lui. Nous sentirons le poids de chaque parole que nous prononçons en sa présence. Je sais que certains diront: « Ah oui! Mais s’il voulait seulement me parler et me dire qu’il m’a pris quand je me suis donné à lui, alors je le croirais. »
Non, bien sûr que non. Mais d’ordinaire, il ne le dit pas avant que l’âme ait d’abord prouvé sa loyauté en croyant ce qu’il a déjà dit. C’est celui qui croit qui a le témoignage, et non celui qui doute. Et par son commandement même de nous offrir à lui comme un sacrifice vivant, il s’est engagé à nous recevoir.
Je ne peux imaginer un homme d’honneur demander à un autre de lui donner une chose qu’il hésiterait à prendre. Et je peux encore moins imaginer un père aimant agir ainsi envers un enfant chéri. « Mon fils, donne-moi ton cœur, Et que tes yeux se plaisent dans mes voies » (Proverbes 23:26). Voilà une garantie sûre. Elle signifie qu’au moment même où le cœur est donné, il sera pris par celui qui a commandé ce don. Nous devons donc avoir la plus entière assurance. Quand nous nous abandonnons au Seigneur, comme il le commande, il nous reçoit. Dès ce moment, nous sommes à lui.
Une transaction réelle a eu lieu. Elle ne peut être violée sans déshonneur de notre part. Et nous savons que lui ne la violera pas. Deutéronome 26:17-19 montre la manière d’agir de Dieu: « Aujourd’hui, tu as fait promettre à l’Éternel qu’il sera ton Dieu, afin que tu marches dans ses voies, que tu observes ses lois, ses commandements et ses ordonnances, et que tu obéisses à sa voix. Et aujourd’hui, l’Éternel t’a fait promettre que tu seras un peuple qui lui appartiendra, comme il te l’a dit, et que tu observeras tous ses commandements, afin qu’il te donne sur toutes les nations qu’il a créées la supériorité en gloire, en renom et en magnificence, et afin que tu sois un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu, comme il te l’a dit. »
Nous déclarons que le Seigneur est notre Dieu, que nous marcherons dans ses voies et que nous garderons ses commandements. Il déclare que nous sommes à lui, et que nous devons garder tous ses commandements. Et dès ce moment, il prend possession de nous. Tel a toujours été son principe d’action, et tel il demeure. « Tout ce qui sera dévoué par interdit sera entièrement consacré à l’Éternel. » C’est si clair que cela n’admet aucune contestation. Mais si vous doutez encore, permettez-moi de vous renvoyer à une déclaration du Nouveau Testament. Elle aborde le sujet sous un autre angle, mais elle le tranche, je crois, de façon tout à fait définitive. Elle se trouve en 1 Jean 5:14-15, et dit: « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. »
Est-ce selon sa volonté que vous lui soyez entièrement consacré? Il ne peut évidemment y avoir qu’une réponse, car il l’a commandé. N’est-ce pas aussi selon sa volonté qu’il produise en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir? Cette question non plus ne peut avoir qu’une réponse, car il a déclaré que tel est son dessein. Vous savez donc que ces choses sont selon sa volonté. Ainsi, sur la parole de Dieu, vous devez savoir qu’il vous écoute. Maintenant, vous devez aller plus loin. Vous devez savoir que vous possédez ce que vous lui avez demandé.
Que vous le possédez, dis-je, non pas que vous le posséderez, ou que vous pourrez le posséder, mais que vous l’avez dès maintenant, réellement. C’est ainsi que, par la foi, nous « obtenons des promesses ». C’est ainsi que nous avons « par la foi accès à cette grâce » qui nous est donnée en notre Seigneur Jésus-Christ. Et c’est par là seulement que nous savons que nos cœurs sont « purifiés par la foi ».
Nous pouvons alors vivre, nous tenir debout et marcher par la foi. Je voudrais rendre ce sujet si clair et si pratique que personne n’ait plus de difficulté à son propos. Je vais donc répéter ce que votre âme doit faire pour résoudre vos doutes au sujet de la consécration.
J’ai confiance que vous croyez au Seigneur Jésus pour le pardon de vos péchés. J’espère que vous savez ce que c’est d’appartenir à la famille de Dieu et d’être héritier de Dieu par la foi en Christ. Et maintenant, vous sentez jaillir dans votre âme le désir d’être rendu conforme à l’image de votre Seigneur. Vous devez vous abandonner entièrement à lui.
Alors seulement il pourra accomplir en vous tout le bon plaisir de sa volonté. Vous avez essayé de le faire, mais sans succès. Je veux vous aider maintenant. Il vous faut venir à lui de nouveau. Abandonnez tout votre être à sa volonté, aussi complètement que vous le pouvez.
Vous devez lui demander de vous montrer, par son Esprit, toute rébellion cachée. S’il ne vous révèle rien, croyez qu’il n’y en a pas. Votre abandon est complet. Nous devons donc considérer la question comme réglée. Vous vous êtes abandonné au Seigneur. Désormais, vous ne vous appartenez plus. N’écoutez jamais aucune suggestion contraire. S’il vous vient à l’esprit de vous demander si vous vous êtes pleinement abandonné, affirmez que vous l’avez fait. Ne discutez même pas la question.
Repoussez une telle pensée sans hésitation et avec une ferme résolution.
Vous étiez sincère alors, vous l’êtes maintenant, et la chose est faite. Vos émotions peuvent protester à grands cris contre cet abandon, mais votre volonté doit tenir ferme. Dieu regarde à votre intention, et non à ce que vous ressentez à son sujet. Votre volonté est donc la seule chose dont vous ayez à vous occuper. Une fois l’abandon fait, ne le remettez jamais en question et ne le reprenez jamais. Ensuite, croyez que Dieu prend ce que vous lui avez abandonné. Tenez pour acquis que c’est à lui. Non pas que cela le sera un jour, mais que cela l’est maintenant, et qu’il a commencé à produire en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Et c’est ici que vous devez vous reposer. Vous n’avez rien de plus à faire. Vous appartenez maintenant au Seigneur, entièrement remis entre ses mains. Il s’est chargé de prendre soin de vous et de vous conduire. Il fera, comme le dit sa parole, « en vous ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ ».
Mais vous devez tenir bon sur ce point. Si vous doutez de votre abandon, ou de ce que Dieu l’accepte, votre foi chancellera. Une foi chancelante conduira à une expérience instable, et il ne pourra pas agir. Mais tant que vous croyez qu’il agit, son œuvre vous transforme. Elle vous rend plus semblable à Christ, de gloire en gloire, par son puissant Esprit. Maintenant, en ce moment même, vous abandonnez-vous entièrement à lui? Vous répondez oui. Alors, mon cher ami, tenez pour acquis que vous êtes à lui. Il vous a pris. Il produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Et continuez de le tenir pour acquis.
Il vous sera utile de mettre vos pensées en paroles. Dites-vous à vous-même, et dites à Dieu: « Seigneur, je suis à toi. Je m’abandonne à toi, et je crois que tu me prends. Je me remets entre tes mains. Accomplis en moi tout le bon plaisir de ta volonté. Je veux seulement rester tranquille entre tes mains et me confier en toi. » Faites de cela un acte quotidien de votre volonté.
Plusieurs fois par jour, revenez-y comme à votre attitude constante devant lui. Confessez-le à vous-même. Confessez-le à votre Dieu. Confessez-le à vos amis. Déclarez toujours que le Seigneur est votre Dieu. Engagez-vous à marcher dans ses voies et à garder ses lois.
Vous découvrirez alors qu’il vous a réclamé comme son peuple particulier. Vous devez garder tous ses commandements et être « un peuple saint pour l’Éternel », comme il l’a dit.
Quelques règles simples pourront vous être utiles ici. Je vous conseille de les employer dans vos dévotions quotidiennes. Elles devraient servir à éprouver l’âme jusqu’à ce que nous voyions clair sur ce point.
I. Affirmez clairement votre foi en Christ comme votre Sauveur. Reconnaissez aussi que vous croyez qu’il vous a réconcilié avec Dieu, selon 2 Corinthiens 5:18-19: « Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. »
II. Reconnaissez résolument Dieu comme votre Père. Vous êtes son enfant racheté et pardonné, selon Galates 4:5: « afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. »
III. Abandonnez-vous entièrement au Seigneur, corps, âme et esprit. Obéissez-lui en toute chose où sa volonté est connue, selon Romains 12:12: « Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière. »
IV. Croyez, envers et contre tout, que Dieu prend ce que vous lui abandonnez. Il agira en vous, à moins que vous ne rendiez sa grâce inutile. Voyez 2 Corinthiens 6:17-18: « C’est pourquoi, Sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout-puissant. » Et Philippiens 2:13: « Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »
V. Ne vous servez pas de vos sentiments pour éprouver vos relations avec Dieu. Attachez-vous plutôt à votre volonté et à votre foi.
Et tenez pour réglées toutes ces démarches que vous accomplissez maintenant, même si l’ennemi cherche à vous faire croire le contraire. Hébreux 10:22-23: « Approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure.
Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. »
VI. Ne vous laissez jamais, en aucune circonstance, aller au doute ou au découragement. Souvenez-vous que tout découragement vient du diable, et refusez de l’admettre, selon Jean 14:1: « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. » Et au verset 27: « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. »
VII. Prenez l’habitude d’exprimer votre foi en paroles claires. Répétez souvent: « Je suis tout entier au Seigneur.
Il produit en moi maintenant le vouloir et le faire, selon son bon plaisir », selon Hébreux 13:21: « vous rende capables de toute bonne œuvre pour l’accomplissement de sa volonté, et fasse en vous ce qui lui est agréable, par Jésus-Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles!
Amen! »
Chapitre 5 terminé
Difficultés concernant la consécration