Le secret d’une vie chrétienne heureuse
Comment y entrer

Chapitre 4 · 15 min de lecture

Comment y entrer

J’ai essayé de régler la question du fondement scripturaire de l’expérience de cette vie de pleine confiance. J’ai aussi montré un peu ce qu’elle est. La question suivante est de savoir comment l’atteindre et la vivre. Et d’abord, je dirais que nous ne devons en aucun sens considérer cette vie bénie comme une conquête, mais comme un don reçu. Nous ne pouvons pas la mériter, nous ne pouvons pas nous y hisser, nous ne pouvons pas la gagner; nous ne pouvons que la demander et la recevoir. Elle est le don de Dieu en Jésus-Christ. Et lorsqu’une chose est un don, il ne reste à celui qui la reçoit qu’à la prendre et à remercier le donateur. D’un cadeau, nous ne disons jamais: « Voyez ce que j’ai conquis », en nous vantant de l’habileté avec laquelle nous l’avons obtenu. Nous disons plutôt: « Voyez ce que le donateur m’a donné », et c’est de son amour et de sa générosité que nous nous glorifions.

Et tout, dans notre salut, est un don. Du commencement à la fin, Dieu est celui qui donne, et nous sommes ceux qui reçoivent. Les plus riches promesses ne sont pas pour ceux qui accomplissent de grandes choses. Elles sont pour ceux qui « reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice ». Pour connaître cette vie intérieure, l’âme doit se faire réceptive. Elle doit reconnaître pleinement que cette vie sera un don de Dieu en Jésus-Christ. Nous ne pouvons l’obtenir par aucun effort, par aucune œuvre de notre part. Voilà qui simplifie beaucoup les choses. Il ne reste qu’à savoir à qui Dieu accorde ce don, et comment le recevoir. Je répondrais qu’il ne l’accorde qu’à l’âme entièrement consacrée. Et vous devez le recevoir par la foi.

La consécration vient en premier. Non pas dans un sens légal, ni pour acheter ce don ou le mériter, mais pour ôter les obstacles et permettre à Dieu de le donner. Pour faire d’une motte d’argile un vase magnifique, le potier doit en avoir l’entière maîtrise. Elle doit reposer, passive, entre ses mains. Pour faire d’une âme un vase d’honneur pour Dieu, il faut que ce vase soit « sanctifié, utile à son maître, propre à toute bonne œuvre ». Il doit lui être entièrement abandonné et demeurer passif entre ses mains. Cela saute aux yeux au premier regard.

J’ai un jour tenté d’expliquer à un médecin d’hôpital le sens et la nécessité de la consécration. Mais il semblait incapable de comprendre. Finalement, je lui ai dit: « Supposons qu’au cours de votre tournée, vous rencontriez un homme qui vous supplie de le guérir. Mais il refuse de vous dire tous ses symptômes ou de prendre vos remèdes.

Il vous dit: “Je veux bien suivre vos prescriptions sur certains points, quand elles me semblent bonnes. Mais pour le reste, je préfère suivre mon propre jugement.” Que feriez-vous? » lui ai-je demandé.

« Ce que je ferais! » répondit-il avec indignation, « ce que je ferais! J’abandonnerais bien vite un tel homme à ses propres soins. Bien sûr, ajouta-t-il, je ne pourrais rien faire pour lui. Il doit suivre mes prescriptions. » « Ainsi, les patients doivent obéir aux médecins pour être guéris? » « Leur obéir sans réserve! » fut sa réponse catégorique. « Eh bien, c’est cela, la consécration, repris-je. Dieu doit avoir tout le dossier entre les mains, sans réserve. Ses prescriptions doivent être suivies sans réserve. » « Je le vois, s’exclama-t-il, je le vois! Et je vais le faire. Désormais, Dieu fera de moi ce qu’il voudra. »

Certains trouveront peut-être qu’« abandon » est un meilleur mot. Mais quel que soit le terme employé, nous entendons par là un abandon total à Dieu. Nous lui donnons notre esprit, notre âme et notre corps. Nous voulons qu’il fasse de nous ce qui lui plaît. Nous voulons dire que le langage de notre âme, en toutes choses, doit être: « Que ta volonté soit faite. » Nous voulons dire renoncer à tout choix personnel.

Nous voulons dire une vie d’obéissance sans condition. À une âme qui ne connaît pas Dieu, cela peut paraître dur. Mais pour ceux qui le connaissent, c’est la plus heureuse et la plus paisible des vies. Il est notre Père. Il nous aime et il sait ce qui est le meilleur. Sa volonté est donc la chose la plus bénie qui puisse nous arriver, quelles que soient les circonstances. Je ne comprends pas comment Satan a réussi à aveugler l’Église sur ce point. Mais il semble que les enfants de Dieu redoutent sa volonté plus que tout. Sa volonté si belle, si digne d’amour, ne veut que le bien de leur âme. Elle apporte la bonté, les tendres compassions et de grandes bénédictions.

Je voudrais tant pouvoir montrer à chacun l’insondable douceur de la volonté de Dieu. Le ciel est un lieu de félicité infinie. Sa volonté y est parfaitement accomplie. Nos vies ont part à cette félicité dans la mesure où sa volonté s’accomplit en elles.

Il nous aime, il nous aime, et la volonté de l’amour est toujours une bénédiction pour l’être aimé. Certains d’entre nous savent ce qu’est l’amour.

Si nous le pouvions, nous comblerions de bénédictions ceux que nous aimons. Nous les couvririons de tout ce que la vie a de bon et de beau, si nous avions le pouvoir d’accomplir nos vœux pour eux.

Et s’il en est ainsi de l’amour chez nous, combien plus doit-il en être ainsi chez notre Dieu, qui est l’amour même.

Si nous pouvions voir, ne serait-ce qu’un instant, les profondeurs de son amour, nous nous précipiterions pour embrasser sa volonté comme notre plus grand trésor. Nous nous y abandonnerions, remplis de joie et de reconnaissance pour un tel privilège.

Beaucoup de chrétiens croient que leur Père céleste veut les rendre malheureux et leur retirer leurs bénédictions.

Ils s’imaginent, les pauvres, qu’en se cramponnant à leur propre volonté, ils peuvent l’en empêcher. J’ai honte d’écrire ces mots, et pourtant il nous faut regarder en face un fait qui rend misérables des centaines de vies.

Une chrétienne, qui éprouvait ce sentiment, confia à une amie combien il lui était difficile de dire: « Que ta volonté soit faite », et combien elle avait peur de le dire. Elle était la mère d’un seul petit garçon, héritier d’une grande fortune et idole de son cœur. Quand elle eut fini de lui exposer ses peines, son amie lui dit: « Et si votre petit Charley accourait vers vous demain en vous disant: “Maman, j’ai décidé de te laisser faire de moi ce que tu voudras à partir de maintenant.

Je t’obéirai toujours. Je veux que tu fasses de moi ce que tu jugeras le meilleur.

Je sais que tu m’aimes, et je vais me confier en ton amour.” Que ressentiriez-vous pour lui? Vous diriez-vous: “Ah, voici enfin l’occasion de rendre Charley malheureux!

Je vais lui retirer tous ses plaisirs et remplir sa vie de toutes les choses dures et désagréables que je pourrai trouver. Je vais l’obliger à faire les choses les plus pénibles. Puis je lui donnerai toutes sortes d’ordres impossibles”? » « Oh non, non, non! » s’écria la mère indignée. « Vous savez bien que je ne ferais rien de tel. Je le serrerais contre mon cœur et je le couvrirais de baisers. Je remplirais sa vie des choses les plus douces et les meilleures. » « Et êtes-vous plus tendre et plus aimante que Dieu? » demanda son amie. « Ah non, répondit-elle. Je vois mon erreur. Je ne craindrai pas plus de dire “Que ta volonté soit faite” à mon Père céleste que je ne voudrais que mon Charley craigne de me le dire. »

Meilleure et plus douce que la santé, les amis, l’argent, la renommée, le confort ou la prospérité, est l’adorable volonté de notre Dieu. Elle illumine d’une auréole divine les heures sombres. Elle répand un soleil éclatant sur les sentiers les plus mornes. Celui qui en a fait son royaume règne toujours, et rien ne peut tourner mal pour lui. Un glorieux privilège s’ouvre devant vous. Le premier pas pour entrer dans la vie cachée avec Christ en Dieu, c’est la consécration entière. Je ne veux pas que vous la regardiez comme une exigence dure et sévère. Vous devez l’accomplir avec joie, avec gratitude et avec enthousiasme. Vous devez entrer dans ce que j’appelle le côté privilège de la consécration. Je vous l’assure, par une expérience bénie: c’est le lieu le plus heureux que vous trouverez jamais.

La foi vient ensuite. La foi est indispensable pour recevoir quelque don que ce soit. Nos amis peuvent nous donner une chose tout entière, mais elle n’est pas à nous tant que nous ne croyons pas qu’ils nous l’ont donnée et que nous ne la réclamons pas. Cela est particulièrement vrai des dons purement intellectuels ou spirituels. Quelqu’un peut nous aimer sans limite; mais tant que nous ne le croyons pas, cet amour ne devient jamais nôtre. Je suppose que la plupart des chrétiens savent cela au sujet de leur pardon.

Ils savent qu’on aurait pu leur prêcher à tout jamais le pardon des péchés en Jésus, sans que ce pardon devienne jamais le leur tant qu’ils ne l’auraient pas réclamé. Il leur fallait d’abord le croire. Mais, dans la vie chrétienne, ils perdent cela de vue. Ils pensent qu’après avoir été sauvés par la foi, ils doivent maintenant vivre par les œuvres. Au lieu de continuer à recevoir, ils doivent désormais se mettre à faire. C’est pourquoi, lorsque nous déclarons que l’on entre par la foi dans la vie cachée avec Christ en Dieu, cela leur paraît parfaitement inintelligible.

Et pourtant il est clairement déclaré que « comme nous avons reçu le Seigneur Jésus-Christ, ainsi nous devons marcher en lui ». Nous l’avons reçu par la foi, et par la foi seule; c’est donc par la foi, et par la foi seule, que nous devons marcher en lui. Notre foi, pour cette vie cachée, est la même que celle qui nous a fait passer du royaume des ténèbres au royaume du Fils de Dieu. Elle s’appuie simplement sur autre chose. Alors, nous avons cru que Jésus était notre Sauveur de la culpabilité du péché. Notre foi l’a rendu tel pour nous. Maintenant, nous devons croire qu’il est notre Sauveur de la puissance du péché. Notre foi le rendra tel pour nous. Nous nous sommes confiés en lui pour notre justification, et elle est devenue nôtre. Maintenant, nous devons nous confier en lui pour notre sanctification, et elle sera nôtre, elle aussi. Alors, nous l’avons pris comme le Sauveur qui nous délivrerait, dans l’avenir, du châtiment de nos péchés. Maintenant, nous devons le prendre comme le Sauveur qui nous délivre, dans le présent, de l’esclavage de nos péchés.

Alors, il était notre Rédempteur; maintenant, il doit être notre Vie. Alors, il nous a tirés de la fosse. Maintenant, il doit nous faire asseoir avec lui dans les lieux célestes. Je parle ici au sens de l’expérience comme au sens de la pratique.

Je sais que, théologiquement et juridiquement, tout croyant possède tout dès sa conversion. Mais dans l’expérience, rien n’est à lui tant qu’il ne le réclame pas par la foi. « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous le donne, comme je l’ai dit à Moïse. » (Josué 1:3) « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ! » (Éphésiens 1:3) Mais tant que nous ne les saisissons pas par la foi, ces biens ne sont pas à nous. « Selon notre foi »: telle est toujours la limite et la règle.

Mais cette foi dont je parle doit être une foi au présent. Aucune foi exercée au futur n’aboutit à rien. Un homme peut croire indéfiniment que ses péchés seront pardonnés un jour à venir, il ne trouvera jamais la paix. Il lui faut en venir à croire maintenant, et dire par la foi: « Mes péchés sont maintenant pardonnés », avant de pouvoir vivre la vie nouvelle. De même, aucune foi qui attend une délivrance future du péché ne conduira une âme dans la vie que nous décrivons. L’ennemi se réjouit de cette foi au futur. Il sait qu’elle est impuissante à produire le moindre résultat.

Mais il tremble et s’enfuit quand un croyant déclare être affranchi de sa puissance. En résumé: pour entrer dans cette vie bénie de repos et de victoire, vous devez faire deux pas. Premièrement, abandonnez tout.

Deuxièmement, ayez une foi absolue.

Quelles que soient vos difficultés, ces deux pas vous aideront. Si vous les faites et que vous vous y tenez, ils vous conduiront à une vie chrétienne meilleure. Vous pouvez en être sûr. Si vous voulez bien laisser tout le reste de côté pour vous concentrer sur ces deux points, vos progrès seront rapides. Vous atteindrez le port désiré de votre âme plus tôt que vous ne le croyez possible aujourd’hui.

Faut-il que je répète ces pas, afin qu’il n’y ait pas d’erreur? Vous êtes un enfant de Dieu, et vous désirez ardemment lui plaire.

Vous aimez votre précieux Sauveur, et vous êtes las et fatigué du péché qui l’attriste. Vous aspirez à ce que quelqu’un vous délivre de sa puissance. Tout ce que vous avez essayé a échoué. Dans votre désespoir, vous vous demandez maintenant si, comme le disent ces gens heureux, le Seigneur peut vous sauver et le veut. Vous savez au fond de votre âme qu’il le peut. Vous sauver de tous vos ennemis, voilà son dessein.

Alors, confiez-vous en lui. Remettez-lui votre cause. Abandonnez tout le reste et croyez qu’il s’en charge. Sachant ce qu’il est et ce qu’il a dit, affirmez qu’il vous accorde dès maintenant un salut complet. Au début, vous avez cru qu’il vous délivrait de la culpabilité du péché parce qu’il l’avait dit. Maintenant, croyez qu’il vous délivre de la puissance du péché parce qu’il le dit. Que votre foi saisisse maintenant une puissance nouvelle en Christ. Vous vous êtes confié en lui comme en votre Sauveur mourant; confiez-vous maintenant en lui comme en votre Sauveur vivant. N’est-il pas venu vous délivrer de l’esclavage présent tout autant que du châtiment futur? Comme il est venu porter vos péchés à votre place, il est venu vivre sa vie en vous.

Dans les deux cas, vous êtes entièrement impuissant. Vous pourriez tout aussi bien vous débarrasser vous-même de vos péchés que parvenir maintenant par vous-même à une justice pratique. Christ, et Christ seul, doit faire l’un et l’autre pour vous.

Votre part est de lui remettre la chose, puis de croire qu’il l’accomplit.

Une dame, aujourd’hui éminente, cherchait à entrer dans cette vie, au milieu de grandes ténèbres. Elle dit à une amie qui essayait de l’aider: « Vous dites tous: “Abandonnez-vous, et faites confiance.” Mais je ne sais pas comment faire. J’aimerais que vous le fassiez simplement à voix haute, pour que je voie comment vous vous y prenez. » Faut-il que je le fasse à voix haute pour vous?

« Seigneur Jésus, tu peux me délivrer de tous les soucis et de toutes les peines de ma vie chrétienne, et tu le feras. Tu es mort pour m’affranchir, non pas dans l’avenir, mais ici et maintenant. Tu es plus fort que Satan. Tu peux me garder, même dans ma faiblesse, de tomber dans ses pièges ou de lui obéir. Et, Seigneur, je vais me confier en toi pour me garder. J’ai essayé de me tenir moi-même, et j’ai échoué, subissant une lourde défaite. Je suis entièrement impuissant; alors je vais me confier en toi maintenant. Je me donne à toi; je ne retiens rien. Corps, âme et esprit, je me présente à toi, pauvre motte d’argile sans valeur. Fais de moi ce que choisiront ton amour et ta sagesse. Et maintenant, je suis à toi.

Tu acceptes ce que je te présente. Ta puissance s’est emparée de mon cœur faible et insensé. Tu as commencé à produire en moi le vouloir et le faire, selon ton bon plaisir. Je me confie entièrement en toi, et je me confie en toi maintenant! » Avez-vous peur de faire ce pas? Vous semble-t-il trop soudain, trop semblable à un saut dans l’inconnu? Ne savez-vous pas que les pas de la foi « tombent sur le vide apparent, mais trouvent le roc au-dessous »? Un homme qui devait descendre dans un puits au moyen d’une corde découvrit avec horreur, alors qu’il était déjà très bas, qu’elle était trop courte. Il était arrivé au bout, et se trouvait encore, estimait-il, à une dizaine de mètres du fond du puits. Il ne savait que faire. Il n’avait ni la force ni l’adresse de remonter le long de la corde, et lâcher prise l’aurait fracassé.

Ses bras commençaient à faiblir. Il décida de lâcher prise et d’affronter son sort. Il se résigna à sa perte et desserra son étreinte. Il tomba! Jusqu’au fond du puits, il y avait… huit centimètres! Si jamais vos pieds doivent toucher « le roc au-dessous », il vous faut lâcher toute prise et vous laisser tomber en Dieu. Car il n’y a pas d’autre chemin.

Et le faire maintenant peut vous épargner des mois, voire des années, de tension et de lassitude. Dans tous les vieux châteaux d’Angleterre, il y avait autrefois un lieu appelé le donjon. C’était l’endroit le plus fort et le mieux protégé du château. On y cachait les faibles et les sans-défense aux heures de danger. Si vous aviez été une femme craintive et sans défense dans un château assiégé, auriez-vous osé vous y réfugier?

Auriez-vous eu peur de le faire? Devons-nous craindre de nous réfugier dans la puissance protectrice de notre divin Gardien?

Il ne sommeille ni ne dort. Il a promis de garder notre départ et notre arrivée, dès maintenant et à jamais.

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