Le secret d’une vie chrétienne heureuse
L’unité avec Christ

Chapitre 17 · 19 min de lecture

L’unité avec Christ

Tout ce que Dieu fait dans l’âme d’un croyant tend à l’unité avec lui-même. C’est l’accomplissement de la prière du Seigneur: « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (Jean 17:21-23). Le glorieux dessein que Dieu avait formé pour son peuple, avant la fondation du monde, était une union de l’âme avec lui. C’était le mystère caché de tout temps et dans tous les âges. Il s’est accompli dans l’incarnation de Christ. Il a été révélé par les Écritures. Et il est devenu, pour beaucoup de chers enfants de Dieu, une expérience réelle. Mais pas pour tous. Il est vrai de tous. Dieu ne l’a pas caché. Mais beaucoup ont les yeux voilés et le cœur incrédule. Ils ne parviennent pas à le saisir. Le Seigneur réveille partout les croyants. Il veut qu’ils s’abandonnent à lui. C’est pour les amener à en faire personnellement l’expérience. Il veut accomplir en eux tout le bon plaisir de sa volonté.

Toutes les étapes précédentes de la vie chrétienne conduisent à celle-ci. Le Seigneur nous a créés pour elle. Tant que nous ne la connaissons pas, et que nous ne choisissons pas de l’embrasser, le travail de son âme pour nous reste inassouvi. Notre cœur n’a pas trouvé son repos définitif.

Le cours habituel de l’expérience chrétienne se trouve dépeint dans l’histoire des disciples. D’abord, ils se sont éveillés à leur état et à leur besoin. Puis ils sont venus à Christ et lui ont promis fidélité. Ensuite ils l’ont suivi, ils ont travaillé pour lui, ils ont cru en lui — et pourtant, comme ils lui ressemblaient peu! Ils cherchaient à être au-dessus les uns des autres. Ils ont fui la croix. Ils ont mal compris sa mission et ses paroles. Ils l’ont abandonné dans le danger. Pourtant, il les a envoyés prêcher. Il les a reconnus comme ses disciples, avec le pouvoir de travailler pour lui. Ils ne connaissaient Christ que « selon la chair », comme extérieur à eux, leur Seigneur et Maître, mais pas encore leur Vie.

Puis vint la Pentecôte. Ces disciples le connurent alors comme révélé au-dedans d’eux. Ils étaient un avec lui, qui était leur Vie même, demeurant en eux. Désormais, il était pour eux le Christ intérieur. Il produisait en eux le vouloir et le faire, selon son bon plaisir.

Par la loi de l’Esprit de sa vie, il les a affranchis de l’esclavage de la loi du péché et de la mort, sous laquelle ils avaient été tenus. Entre eux et lui, ce n’était plus une guerre de volontés et un conflit d’intérêts. Une seule volonté les animait, et c’était la sienne. Un seul intérêt leur était cher, et c’était le sien. Ils avaient été faits UN avec lui.

Assurément, chacun peut reconnaître ce tableau. Mais la dernière étape n’est peut-être pas pleinement atteinte. Vous avez peut-être quitté beaucoup de choses pour suivre Christ, cher lecteur. Vous avez peut-être cru en lui, travaillé pour lui et vous l’avez aimé. Et pourtant, il se peut que vous ne lui ressembliez pas. La fidélité, vous la connaissez, et la confiance, vous la connaissez, mais pas encore l’union. Il y a deux volontés, deux intérêts, deux vies. Vous n’avez pas encore perdu votre propre vie pour ne plus vivre que de la sienne.

Autrefois, c’était moi, et non Christ. Puis ce fut moi et Christ. Peut-être est-ce maintenant Christ et moi. Mais en êtes-vous venu à Christ seul, et plus du tout moi? Peut-être ne comprenez-vous pas ce que signifie cette unité. Certains croient que c’est une grande émotion, ou un sentiment d’unité. Ils se replient sur eux-mêmes et examinent leurs émotions. Ils espèrent y trouver leur union avec Dieu. Mais nulle part l’erreur qui consiste à se fier aux sentiments n’est plus grave qu’ici.

L’unité avec Christ doit, par sa nature même, signifier une vie et un caractère semblables à ceux de Christ. Ce n’est pas ce que nous ressentons, mais ce que nous sommes, qui tranche la question. Si forts que soient nos sentiments, il ne peut y avoir d’unité sans une ressemblance de caractère avec Christ. Nous devons partager avec lui une même visée, un même dessein, une même pensée. Nos actes aussi doivent être semblables aux siens.

C’est le simple bon sens, et c’est aussi l’enseignement de l’Écriture. Nous disons que deux personnes ne font qu’un. Nous voulons dire par là que leurs desseins, leurs actes, leurs pensées et leurs désirs sont semblables. Un ami peut exprimer beaucoup d’amour et d’unité. Mais si ses buts, ses actes et ses vues sont à l’opposé des nôtres, nous ne pouvons éprouver avec lui aucune véritable unité. Et cela malgré l’affection que nous nous portons. Pour être vraiment un avec quelqu’un, nous devons tout partager. Nos goûts et nos aversions, nos joies et nos peines, nos espoirs et nos craintes doivent être les mêmes. Comme le dit quelqu’un, il faut voir par les yeux l’un de l’autre et penser avec le cerveau l’un de l’autre. C’est là, comme je l’ai dit plus haut, le simple bon sens.

Et l’unité avec Christ ne peut se juger selon aucune autre règle. Il est hors de question d’être un avec lui d’une autre manière que par la nature, le caractère et la vie. Si nous ne sommes pas semblables à Christ dans nos pensées et dans nos voies, nous ne sommes pas un avec lui, quoi que nous ressentions. J’ai vu des chrétiens qui avaient bien peu des traits de Christ. Ils étaient si émotifs et si exaltés dans leur amour pour Christ qu’ils se croyaient en droit de revendiquer avec lui une unité intime. Je ne connais guère de spectacle plus triste. Assurément, notre Seigneur voulait atteindre de tels cas lorsqu’il a dit: « Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7:21)

Il ne formulait pas là un décret arbitraire de la volonté de Dieu, mais énonçait simplement la nature des choses. Bien sûr, il doit en être ainsi. C’est comme si l’on disait: « Nul ne peut entrer dans les rangs des astronomes s’il n’est pas astronome. » Les émotions ne feront pas d’un homme un astronome, mais la vie et l’action. Il doit en être un, et non simplement avoir l’impression d’en être un.

On n’échappe pas à cette nature inexorable des choses, et surtout pas ici. Nous devons être un avec Christ dans le caractère, la vie et l’action. Sinon, nous ne pouvons être un avec lui d’aucune autre manière. Il n’y a pas d’autre chemin. Nous devons être « participants de sa nature » pour partager sa vie. Sa vie et sa nature ne font qu’un.

Mais les âmes émotives ne le voient pas toujours.

Elles se sentent si proches de Christ et si unies à lui qu’elles pensent que cela doit être réel. Elles négligent la nécessité d’un caractère et d’une marche semblables à ceux de Christ. Elles fondent donc leurs espérances sur leurs émotions délicieuses et leurs sentiments exaltés. Elles croient qu’elles doivent être unies à lui pour vivre des expériences si riches et si saintes.

Or il est certain que d’autres causes peuvent produire ces émotions. Elles ne sont pas dues uniquement à une influence divine.

Les émotions dépendent en grande partie du tempérament et de l’état physique. Il est donc très dangereux d’en faire la pierre de touche de notre union spirituelle avec Christ. Cela peut aboutir à une illusion sur soi-même aussi funeste que celle contre laquelle notre Seigneur met en garde (Luc 6:46-49): « Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur! Et ne faites-vous pas ce que je dis? Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui entend, et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement. Le torrent s’est jeté contre elle: aussitôt elle est tombée, et la ruine de cette maison a été grande. »

Notre âme se plaît à l’appeler « Seigneur, Seigneur ». Mais faisons-nous ce qu’il a dit? Il nous déclare que c’est là, après tout, le point essentiel.

Si, entraînés par nos sentiments, nous prétendons demeurer en lui — dans les réunions, parmi nos amis, ou dans le secret de notre cœur devant le Seigneur —, méditons ces paroles du Saint-Esprit: « Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » Si nous ne marchons pas comme il a marché, nous ne pouvons pas demeurer en lui, quelle que soit l’impression que nous en ayons.

Si vous êtes un avec Christ, vous serez doux envers ceux qui vous traitent avec aigreur. Vous supporterez tout sans vous plaindre. Injurié, vous ne rendrez pas l’injure. Vous accepterez d’être foulé aux pieds, comme Christ l’a été, et vous n’éprouverez en retour que de l’amour. Vous rechercherez l’honneur des autres plutôt que le vôtre. Vous prendrez la dernière place et vous servirez tout le monde, comme Christ l’a fait. Vous aimerez vraiment vos ennemis et vous ferez du bien à ceux qui vous maltraitent. En un mot, vous vivrez une vie semblable à celle de Christ. Vous manifesterez et vous éprouverez l’esprit même de Christ, et vous marcherez parmi les hommes comme il a marché. Voilà, chers amis, ce que c’est qu’être un avec Christ. Si ce n’est pas là votre vie, vous n’êtes pas un avec lui. Vos sentiments, si exaltés soient-ils, n’y changent rien.

Être un avec Christ est une chose trop merveilleuse et trop solennelle. C’est une expérience trop grande pour qu’on y parvienne par de simples sentiments. Il était saint, et ceux qui sont un avec lui seront saints eux aussi. On n’échappe pas à cette vérité simple et évidente.

Lorsque notre Seigneur a voulu montrer son unité avec Dieu, il a dit: « Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jean 8:29) « Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé » (Jean 5:19-23). La preuve de l’unité, c’était donc d’accomplir les mêmes œuvres, et c’est encore la preuve de l’unité aujourd’hui. Si notre Seigneur pouvait dire cela, ses disciples le doivent aussi. Il a demandé qu’on ne croie en lui que s’il faisait les œuvres de son Père. Il n’a demandé aucune foi fondée sur ses seules affirmations.

Il reste éternellement vrai que « Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits » (Matthieu 7:17-18). Ce n’est pas qu’ils ne le veulent pas, c’est qu’ils ne le peuvent pas. Une âme unie à Christ portera à coup sûr une vie semblable à celle de Christ. Une vigne porte des raisins, non des chardons. Je n’ai pourtant rien contre les émotions. Au contraire, je crois qu’elles sont des dons très précieux lorsqu’elles viennent de Dieu, et qu’il faut s’en réjouir grandement. Ce que je refuse, c’est qu’on s’en serve pour éprouver l’état spirituel, le nôtre ou celui des autres. Je ne veux pas que notre foi repose sur elles. Qu’elles viennent ou qu’elles s’en aillent, selon le bon plaisir de Dieu, et n’en faisons aucun cas, dans un sens comme dans l’autre. Mais nous devons porter les marques vitales de l’unité avec Christ. Nous devons lui ressembler dans le caractère, la vie et la marche. Si c’est le cas, tout ira bien. Car « Celui qui dit: Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui: par là nous savons que nous sommes en lui. Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » (1 Jean 2:4-6) Il se peut, mon cher lecteur, que le chagrin de votre vie ait été d’avoir si peu de bons sentiments.

Vous faites de votre mieux pour éprouver les sentiments dont vous entendez parler les autres, mais ils ne viennent pas.

Vous les demandez avec ferveur dans la prière, et vous êtes souvent tenté de faire des reproches à Dieu parce qu’il ne vous les accorde pas. Vous êtes rempli d’une angoisse insupportable. Vous pensez que votre manque d’émotion signifie que votre âme n’est pas unie à Christ. Vous jugez entièrement d’après vos sentiments, et vous pensez qu’il n’y a pas d’autre manière de juger.

Eh bien, mon conseil est que vous laissiez aller vos sentiments, et que vous n’y prêtiez plus la moindre attention. Ils n’ont réellement rien à voir avec la question. Ils ne reflètent pas votre état spirituel. Ils révèlent seulement votre tempérament ou votre état physique du moment. Des personnes dont l’état de grâce est très bas éprouvent souvent des émotions intenses. Nous le savons tous par les scènes dont nous avons entendu parler ou dont nous avons été témoins dans les grands rassemblements en plein air et les réveils.

J’ai eu autrefois une servante qui prenait une part ardente aux réunions de réveil de son Église. Parfois, elle était si bouleversée par ce qu’elle vivait qu’elle s’évanouissait. Mais à d’autres moments, elle ne montrait guère de signes d’engagement spirituel et ne menait pas une vie honnête.

La Bible enseigne, à tout le moins, ceci: une vie semblable à celle de Christ doit accompagner toute véritable expérience de son Esprit. Il ne saurait en être autrement, par la nature même des choses. Mais je crains que certains chrétiens n’aient tellement séparé ces deux choses qu’ils accordent maintenant plus de prix à leurs expériences qu’à leur marche. Ils se soucient davantage de leurs sentiments que de leur caractère. Une certaine congrégation noire, dans l’un des États du Sud, était un fléau pour tout le voisinage. Ses membres bafouaient ouvertement les règles les plus élémentaires de la morale. Ils volaient, mentaient et trompaient sans le moindre remords de conscience. Et pourtant, leurs réunions du soir étaient des moments de la plus grande émotion et de « puissance ».

Quelqu’un finit par en parler au prédicateur. On le supplia de prêcher un sermon sur la morale, afin que ses fidèles voient leurs péchés. « Ah, madame, répondit-il, je sais bien que ça va mal. Mais ça jette toujours un froid sur les réunions quand je prêche sur ces choses-là. » Vous êtes impuissant quant à vos émotions, mais vous pouvez avoir du caractère si vous le voulez. Vous pouvez être si rempli de Christ que vous lui deveniez semblable. Si vous êtes semblable à Christ, alors vous êtes un avec lui de la seule manière vitale et essentielle. Vos sentiments peuvent vous dire que c’est impossible, mais ils se trompent.

Maintenant que nous avons défini l’unité avec Christ, il nous faut découvrir comment y parvenir. Nous devons avant tout découvrir quels sont les faits en la matière, et quelle est notre propre relation avec ces faits. Lisez des passages comme celui-ci (1 Corinthiens 3:16): « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous? » Puis regardez le début du chapitre. Il montre à qui ces paroles merveilleuses sont adressées. Elles s’adressent à des enfants en Christ, qui étaient encore charnels et marchaient selon l’homme. Cette union de l’âme, ce glorieux mystère d’un Dieu qui demeure en nous, est le bien même du croyant le plus faible et le plus défaillant en Christ.

Ce n’est donc pas une chose nouvelle que vous devez demander, mais seulement prendre conscience de ce que vous possédez déjà. C’est absolument vrai de tout croyant au Seigneur Jésus. Son « corps est le temple du Saint-Esprit, qui est en lui, qui vient de Dieu ».

Voici comment je me le représente. C’est comme si Christ habitait une maison, enfermé dans un cabinet. Ceux qui habitent la maison ne le connaissent pas et ne font pas attention à lui. Il désire ardemment se faire connaître d’eux, partager leur vie et leurs intérêts de chaque jour. Mais il ne veut pas s’imposer à eux. Seule une compagnie librement consentie pourrait satisfaire son amour. Les jours passent sur cette maison privilégiée. Ses habitants restent ignorants de leur immense privilège. Ils vont et viennent à toutes leurs affaires quotidiennes sans penser à leur merveilleux Hôte.

Leurs projets se font sans aucune référence à lui. Sa sagesse pour les guider, sa force pour les protéger, tout cela est perdu pour eux. Des jours et des semaines de solitude se passent dans la tristesse, qui auraient pu être remplis de la douceur de sa présence. Mais soudain, la nouvelle est annoncée: « Le Seigneur est dans la maison! » Comment son propriétaire accueillera-t-il cette nouvelle?

Lancera-t-il un salut reconnaissant et ouvrira-t-il toutes les portes à son glorieux Hôte? Ou bien reculera-t-il, effrayé par sa présence, cherchant un recoin où se cacher de son regard qui voit tout?

Cher ami, je suis heureuse de vous annoncer que le Seigneur est dans votre cœur. Depuis votre conversion, il y est. Mais vous avez vécu dans l’ignorance de ce fait. Chaque instant aurait pu se passer dans la lumière de sa douce présence. Chaque pas aurait pu se faire sous son conseil. Mais parce que vous ne le saviez pas, et que vous ne l’avez jamais cherché, votre vie a été solitaire et pleine d’échecs. Mais maintenant que je vous l’annonce, comment allez-vous l’accueillir? Êtes-vous heureux de l’avoir? Ouvrirez-vous toutes grandes les portes pour lui souhaiter la bienvenue? Remettrez-vous avec joie et reconnaissance le gouvernement de votre vie entre ses mains?

Le consulterez-vous en toutes choses, et le laisserez-vous décider de chacun de vos pas et tracer chacun de vos chemins? L’inviterez-vous dans vos chambres les plus intimes, et ferez-vous de lui celui qui partage votre vie la plus cachée? Direz-vous OUI à tout son désir d’union avec vous, et, dans un abandon joyeux et empressé, remettrez-vous alors entre ses mains votre personne et tout ce qui vous concerne? Si vous le faites, alors votre âme commencera à connaître quelque chose de la joie de l’union avec Christ.

Et pourtant, après tout, ce n’est là qu’une faible image de la bienheureuse réalité. Car c’est bien plus glorieux que d’avoir Christ dans son cœur ou dans sa maison. C’est être uni à lui au point d’être un avec lui: une seule volonté, un seul dessein, un seul intérêt et une seule vie. Les mots humains ne peuvent exprimer une telle gloire.

Et pourtant, je veux l’exprimer. Je veux rendre vos âmes si indiciblement affamées d’en faire l’expérience que, jour et nuit, vous ne puissiez trouver de repos sans elle. Comprenez-vous ces mots: un avec Christ? Entrevoyez-vous, si peu que ce soit, leur sens merveilleux? Votre âme tout entière ne commence-t-elle pas à tressaillir d’allégresse devant une si prodigieuse destinée? Car c’est une réalité. Cela signifie n’avoir d’autre vie que la sienne. N’avoir d’autre volonté que la sienne. N’avoir d’autres intérêts que les siens. Partager ses richesses. Entrer dans ses joies. Prendre part à ses souffrances. Manifester sa vie. Avoir sa pensée. Penser, sentir, agir et marcher comme il l’a fait. Oh, qui aurait pu rêver qu’une telle destinée pourrait être la nôtre!

La voulez-vous, chère âme? Votre Seigneur ne vous l’imposera pas. Il vous veut pour ami. Une union imposée ruinerait cela. Ce doit être votre choix. L’épouse doit dire à son époux un « Oui » consenti, sinon la joie de leur union fait entièrement défaut. Ne pouvez-vous pas dire à votre Seigneur un « Oui » consenti? C’est une transaction si simple, et pourtant si réelle! Les étapes sont au nombre de trois. D’abord, assurez-vous que les Écritures enseignent cette glorieuse présence de votre Dieu en vous. Ensuite, abandonnez-lui tout votre être pour qu’il le possède.

Enfin, croyez qu’il en a pris possession et qu’il demeure en vous. Commencez à vous considérer comme mort, et à considérer Christ comme votre seule vie. Maintenez sans faiblir cette attitude de l’âme.

Répétez jour et nuit: « J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. »

Faites-le jusqu’à ce que cela devienne la respiration même de votre âme. Dépouillez-vous continuellement de votre vie propre, par la foi et dans les faits, et revêtez concrètement la vie de Christ. Que cet acte devienne, à force d’être répété, l’attitude de tout votre être. Et, aussi sûrement que vous le ferez chaque jour, vous verrez votre corps porter sans cesse la mort du Seigneur Jésus.

Alors, la vie de Jésus sera manifestée dans votre chair mortelle. Il vous faut apprendre ce que signifie le salut. Vous découvrirez avec émerveillement les secrets du Seigneur, dont vous aviez à peine rêvé.

Comme je me suis trompé! Dieu est ma demeure. Dieu lui-même est ici. Pourquoi l’ai-je cherché si loin, lui qui n’est nulle part ailleurs que tout près? Et même, Dieu n’est jamais assez loin pour n’être que proche; il est au-dedans, notre esprit est la demeure qu’il chérit entre toutes. Je me croyais sans demeure, délaissé et las. Ma joie m’échappait. Je parcourais la terre, âme lasse, dans le sanctuaire de Dieu.

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