Le secret d’une vie chrétienne heureuse
Les résultats pratiques

Chapitre 15 · 14 min de lecture

Les résultats pratiques

Si tout ce qui a été dit de la vie cachée avec Christ en Dieu est vrai, cela doit se voir dans notre vie de chaque jour.

Ceux qui en jouissent doivent être « un peuple qui lui appartienne », « zélé pour les bonnes œuvres ». Mon fils, alors étudiant, écrivit un jour à un ami que les chrétiens doivent être les témoins de Dieu. Le monde ne lit pas la Bible, mais il lit notre vie. Ce qu’il croit de notre religion dépend du témoignage que rend notre vie. Nous le savons tous, notre époque est celle des faits. On ne s’interroge plus tant sur les théories que sur les réalités.

Si notre religion doit gagner du terrain, il faut prouver qu’elle est plus qu’une théorie. Nous devons montrer aux esprits critiques de notre temps les faits éclatants de vies transformées par la puissance souveraine de Dieu, qui agit en nous pour accomplir sa volonté. « Montrez-nous des “formes de vie”, disent les savants, et nous serons convaincus. Quand l’Église leur présentera, en chacun de ses membres, une vie sainte, leur dernière forteresse sera prise. » Avant de clore ce livre, je voudrais parler très solennellement des fruits d’une vie de foi telle que je l’ai décrite.

Je crois qu’ils sont nécessaires. J’exhorte mes lecteurs à sentir le devoir qui est le leur de marcher d’une manière digne de leur haute vocation.

Je voudrais m’adresser à certains d’entre vous comme à des amis personnels. Je suis sûre qu’au fil de ce livre un même désir est né dans vos cœurs comme dans le mien. Nous devons annoncer les louanges de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. En amie, je puis parler franchement à des amis. Pardonnez-moi donc si j’aborde certains détails essentiels de la vie et du caractère. Ils comptent beaucoup pour une véritable croissance chrétienne.

Le niveau de sainteté de vie parmi les chrétiens est bas. Toute consécration réelle dans la vie et la conduite surprend bien des membres de l’Église, et souvent leur déplaît. La plupart de ceux qui professent suivre le Seigneur Jésus-Christ ne lui ressemblent pas. Un observateur du dehors verrait bien peu d’accord entre eux et lui.

Mais nous, qui avons entendu l’appel de Dieu à un dévouement et à une confiance sans réserve, nous devons agir autrement. Nous devons sortir du monde et nous en séparer, et ne pas nous y conformer, ni dans notre caractère ni dans nos desseins.

Nous ne devons plus avoir part à son esprit ni à ses manières.

Notre conversation doit être dans le ciel. Nous devons chercher les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Nous devons marcher dans le monde comme Christ y a marché. Nous devons avoir en nous les sentiments qui étaient en lui.

Comme étrangers et voyageurs, nous devons nous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. Comme de bons soldats de Jésus-Christ, nous devons, autant que possible, ne pas nous embarrasser des affaires du monde. C’est ainsi que nous plairons à celui qui nous a choisis pour être ses soldats.

Nous devons nous abstenir de toute apparence de mal. Nous devons être bons les uns envers les autres et nous pardonner mutuellement, comme Dieu nous a pardonné en Christ. Nous ne devons pas garder rancune des torts ou des duretés qu’on nous fait. Au contraire, nous devons rendre le bien pour le mal et tendre l’autre joue à ceux qui nous blessent. Nous devons toujours prendre la dernière place parmi nos semblables, et chercher, non notre propre honneur, mais celui des autres. Nous devons être doux, humbles et conciliants, défendant non pas nos propres droits, mais ceux des autres. Tout ce que nous faisons doit être fait pour la gloire de Dieu. En résumé, puisque celui qui nous a appelés est saint, nous devons être saints dans toute notre conduite. Car il est écrit: « Vous serez saints, car je suis saint. »

Voilà, chers amis, qui est tout à fait pratique. Cela suppose assurément une vie bien différente de celle de la plupart de ceux qui font profession de foi. Cela veut dire que nous tournons réellement et absolument le dos au moi, à ses mobiles et à ses buts. Nous sommes un peuple à part, aux yeux de Dieu comme aux yeux du monde. Notre vie et nos paroles, semblables à celles de Christ, montreront que nous suivons le Seigneur Jésus-Christ. Nous ne sommes pas du monde, comme lui n’était pas du monde. Nous ne penserons plus que notre argent est à nous: il est au Seigneur, pour être employé à son service. Nous ne pouvons pas dépenser nos forces à ne rechercher que les choses de ce monde. Si nous cherchons premièrement le royaume de Dieu et sa justice, nous aurons ce dont nous avons besoin.

Il nous sera interdit de rechercher les premières places ou les gains terrestres. Il ne nous sera pas permis de nous conformer au monde dans notre façon de penser ou de vivre. Nous n’aurons aucune envie de prendre part aux vains divertissements du monde. Nous devons aimer les choses célestes, non les choses de la terre. Nous ne nous servirons pas nous-mêmes, mais notre Seigneur. Nous accomplirons nos devoirs mieux que jamais. Nous travaillerons « non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon cœur la volonté de Dieu ».

Faute d’un modèle clair de la vie chrétienne, il se peut que, par ignorance, nous ne reconnaissions pas sa voix. Je veux donc être très claire et très précise dans ce que j’affirme. J’ai remarqué que là où une âme consacrée suit fidèlement le Seigneur, plusieurs choses en découlent, tôt ou tard. Avec le temps, la douceur et la paix de l’esprit deviennent la vie de chaque jour. On accepte avec soumission la volonté de Dieu telle qu’elle se présente dans les événements quotidiens.

Il y a aussi une souplesse entre les mains de Dieu, pour faire ou souffrir sa volonté. Puis viennent la douceur sous la provocation, le calme au milieu du tumulte, et la disposition à céder aux désirs des autres. On devient insensible aux affronts et libre de tout souci. La crainte et l’inquiétude s’évanouissent. Toutes ces grâces, et bien d’autres semblables, sont le fruit naturel de cette vie intérieure qui est cachée avec Christ en Dieu.

Quant à leurs habitudes: nous voyons toujours ces chrétiens, tôt ou tard, se donner à quelque œuvre pour Dieu et pour leurs semblables. Ils sont prêts à dépenser et à se dépenser eux-mêmes au service du Maître. Ils deviennent indifférents à l’ameublement de leur maison et à leur train de vie. Ils font passer toute parure personnelle après les choses de Dieu.

La voix est consacrée à Dieu, pour parler et chanter pour lui. La bourse est mise à sa disposition. La plume est consacrée à écrire pour lui, les lèvres à parler pour lui, les mains et les pieds à faire ce qu’il commande. D’année en année, ces chrétiens deviennent moins mondains et plus tournés vers le ciel. Ils ressemblent de plus en plus à Christ.

Leur visage laisse paraître la belle vie divine qui est en eux. Tous ceux qui les regardent savent qu’ils vivent avec Dieu et demeurent en lui.

Je suis sûre que chacun de vous a déjà perçu quelques indications divines. Elles annoncent la vie que je décris à présent. N’avez-vous pas commencé à sentir, au fond de votre âme, la voix de Dieu vous parler de ces choses? N’avez-vous pas éprouvé ces derniers temps de la peine et de l’angoisse à découvrir tout ce qui ne va pas dans votre vie? Votre âme n’a-t-elle pas été troublée par des doutes au sujet de certaines habitudes que vous vous permettiez autrefois? N’avez-vous pas commencé à vous sentir mal à l’aise avec certaines habitudes? Ne souhaitez-vous pas pouvoir les changer? Des sentiers de consécration et de service ne se sont-ils pas ouverts devant vous, avec cette pensée pleine de désir: « Oh! si je pouvais y marcher »?

Tous vos désirs, vos doutes et votre angoisse sont la voix du bon Berger. Elle cherche à vous appeler loin de tout ce qui est contraire à sa volonté. Oh! laissez-moi vous supplier de ne pas vous détourner de ses tendres appels. Vous ne savez guère vers quels sentiers secrets il veut vous conduire par ces pas mêmes. Vous ne savez pas quelles grandes bénédictions vous attendent au bout. Si vous le saviez, vous obéiriez avec empressement à toutes ses exigences. Vous pouvez atteindre les sommets de la perfection chrétienne. Pour cela, il vous faut suivre le Guide qui vous y conduira. Il vous révèle votre chemin pas à pas, à travers votre vie de chaque jour. Il vous demande seulement de vous abandonner à sa conduite.

Si vous êtes convaincu de quelque péché, c’est la voix de votre Seigneur. Abandonnez-le sur-le-champ, comme il vous l’ordonne.

Réjouissez-vous de ce qu’il a commencé à vous conduire et à vous guider.

Soyez entièrement malléable entre ses mains sages. Allez là où il vous attire. Détournez-vous de tout ce qui vous fait reculer. Obéissez-lui parfaitement. Il vous conduira rapidement et aisément à une vie merveilleuse de conformité à lui-même. Elle sera, pour tous ceux qui vous entourent, un témoignage qui dépassera tout ce que vous saurez jamais.

J’ai connu une âme qui s’était abandonnée pour suivre le Seigneur partout où il la conduirait. En trois mois, elle passa d’un profond désespoir à une bienheureuse union avec le Seigneur Jésus-Christ.

Dans ses ténèbres, elle se consacra au Seigneur. Elle lui abandonna sa volonté. Elle voulait qu’il agisse en elle pour accomplir son bon plaisir. Il se mit à lui parler par son Esprit dans son cœur. Il lui suggéra de petits actes de service pour lui. Il l’appela à quitter toutes les voies qui n’étaient pas celles de Christ.

Elle reconnut sa voix. Elle ne craignait qu’une chose: lui désobéir. Aussi le suivit-elle, cédant à chacune de ses demandes, partout où il la conduisait. Il la mena ainsi jour après jour. Il la rendit conforme à sa volonté. Sa vie devint un témoignage pour ceux qui l’entouraient. Même certains qui s’opposaient et ne croyaient pas furent contraints de reconnaître que cela venait de Dieu. Ils furent gagnés à un semblable abandon.

Après trois courts mois de cette fidèle obéissance, cela arriva. Elle avait avancé si vite que son Seigneur put révéler à son âme émerveillée quelques-uns des plus profonds secrets de son amour. Il accomplit pour elle la promesse (Actes 1:5): « car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit », en la baptisant du Saint-Esprit.

Pensez-vous qu’elle ait jamais regretté de l’avoir suivi pleinement? Ou que son cœur soit rempli d’autre chose que de joie? Elle est reconnaissante du chemin qui l’a menée en ce lieu merveilleux. Certains de ces pas ont été difficiles sur le moment, mais elle ne les regrette pas. Si vous désirez une bénédiction, donnez-vous entièrement au divin Maître, comme elle l’a fait. Ne vous dérobez à aucun des abandons qu’il vous demande.

La voie parfaite est dure pour la chair; elle ne l’est pas pour l’amour. Si vous étiez malade et aviez besoin de Dieu, avec quelle promptitude n’accourriez-vous pas? Assurément, vous pouvez vous confier en lui! Certains de ses appels porteront peut-être sur des choses de peu de valeur à vos yeux. Elles vous sembleront indignes de l’attention du Seigneur. Souvenez-vous qu’il ne voit pas comme l’homme voit: ce qui est petit pour vous peut être, à ses yeux, la clé de ce qu’il y a de plus profond. Pour vous façonner selon sa volonté, il faut que vous soyez malléable entre ses mains. Cette souplesse s’acquiert plus vite en cédant dans les petites choses que dans les grandes. Votre seul grand désir est de le suivre pleinement; ne pouvez-vous donc pas dire sans cesse « Oui, Seigneur! » à tous ses doux commandements, petits ou grands, et vous confier en lui pour qu’il vous mène par le plus court chemin à votre plus parfaite félicité?

Mon cher ami, voilà, et rien de moins, ce que signifiait votre consécration, que vous l’ayez su ou non. Elle signifiait l’obéissance inconditionnelle. Elle signifiait que la volonté de votre Dieu devait désormais être la vôtre, en toutes circonstances et en tout temps. Elle signifiait que, dès lors, vous renonciez à votre liberté. Vous vous remettiez entièrement sous l’autorité de votre Seigneur. Elle signifiait le suivre, heure après heure, partout où il vous conduirait. Sans rêver de retour en arrière. Maintenant, je vous demande de tenir parole. Laissez aller tout le reste. Vivez, dans la vie de chaque jour, la vie divine qui est en vous. Vous êtes uni à votre Seigneur par un lien merveilleux. Marchez donc comme il a marché. Montrez au monde sa puissance de salut en le laissant vous sauver entièrement. Vous n’avez pas à craindre d’y consentir, car il est votre Sauveur, et c’est à sa puissance de tout accomplir. Il ne vous demande pas de le faire, vous, dans votre faiblesse. Il vous demande seulement de vous abandonner à lui. Alors il usera de sa puissance pour vous faire vouloir et faire. Votre part est de vous abandonner. La sienne est d’agir. Il ne vous donnera jamais un commandement sans vous donner la force d’y obéir.

Ne vous inquiétez pas du lendemain. Confiez-vous en votre Seigneur plein d’amour. Il a promis de conduire ses brebis par un chemin sûr et facile. Faites chaque pas en avant à mesure qu’il vous le montre clairement. Apportez-lui toute votre vie, dans chacun de ses détails, pour qu’il la règle et la guide. Suivez avec joie et promptitude les douces suggestions de son Esprit dans votre âme. Et, jour après jour, vous le trouverez. Il vous rendra de plus en plus conforme à sa volonté en toutes choses. Il vous façonnera, à mesure que vous pourrez le supporter. Alors vous serez un vase d’honneur, sanctifié, propre à toute bonne œuvre. Vous aurez la joie d’être une lettre de Christ, connue et lue de tous.

Votre lumière brillera d’un tel éclat que les hommes, voyant vos bonnes œuvres, glorifieront, non pas vous, mais votre Père qui est dans les cieux.

Nous sommes prédestinés à être « semblables à l’image » du Fils de Dieu. Cela ne veut évidemment pas dire une ressemblance d’apparence corporelle, mais une ressemblance de caractère et de nature. Cela veut dire une ressemblance de pensées, de sentiments, de désirs, d’amours et de haines. Cela veut dire que nous devons penser et agir comme Christ le ferait à notre place.

On demanda un jour à une petite fille ce que c’était qu’être chrétien. Elle répondit: « C’est être exactement ce que Christ serait s’il était une petite fille et vivait dans ma maison. » Le secret de la vie de Christ était son amour désintéressé pour les autres. Si nous lui ressemblons, ce sera aussi notre secret. Il a sauvé les autres, mais lui-même, il ne pouvait se sauver. Il « ne s’est point complu en lui-même ». Ainsi, nous devons « ne pas nous complaire en nous-mêmes ». Nous devons plutôt complaire au prochain pour ce qui est bien.

Un Hindou réfléchi, qui visita récemment l’Angleterre et l’Amérique pour étudier le christianisme, a dit: « Ce qu’il faut aux chrétiens, c’est un peu plus du christianisme de Christ, et un peu moins de celui des hommes. » Le christianisme des hommes enseigne le sacrifice pour se sauver soi-même. Le christianisme de Christ enseigne le sacrifice pour sauver les autres. Le christianisme des hommes produit l’égoïsme stérile de trop grande part de notre religion. Le christianisme de Christ produit un bienheureux désintéressement. Il naît de vies répandues pour les autres, comme le fut la sienne. En bref, notre livre enseigne une seule chose: nous devons être des chrétiens semblables à Christ. Et toutes nos expériences ne sont rien si elles ne produisent pas ce résultat. « Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7:21)

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