Le Roseau froissé
Reproche à ceux qui pèchent contre cette disposition miséricordieuse du Christ. De l’Esprit éteint

Chapitre 17 · 17 min de lecture · 22 min d’écoute

Reproche à ceux qui pèchent contre cette disposition miséricordieuse du Christ. De l’Esprit éteint

NOUS devons maintenant prendre garde à diverses sortes d’hommes qui offensent gravement cette disposition miséricordieuse du Christ : ainsi, 1. Ceux qui persévèrent dans toutes sortes de mauvaises voies, sur cette idée qu’il serait vain d’aller au Christ, tant leur vie a été mauvaise ; alors qu’aussitôt que nous regardons vers le ciel, tous les encouragements sont prêts à venir au-devant de nous et à nous attirer en avant. Entre autres, voici un attrait : le Christ est prêt à nous accueillir et à nous conduire plus loin. Nul n’est damné dans l’Église — sinon ceux qui le veulent bien. Ceux qui se forcent à concevoir du Christ des idées dures, afin d’avoir quelque apparence de raison pour chercher leur contentement en d’autres choses : comme ce serviteur inutile (Matthieu 25:30), qui voulut à toute force se mettre en tête que son maître était un homme dur, afin de se flatter par là dans ses voies stériles, en ne faisant pas valoir le talent qu’il avait reçu. 2. Ceux qui se forgent une espérance à eux, que le Christ les laissera marcher dans les chemins de l’enfer et les amènera au ciel : alors que toute consolation devrait nous rapprocher du Christ, sinon c’est une consolation mensongère, soit en elle-même, soit dans l’application que nous en faisons. Et 3. Ceux qui jettent eux-mêmes de l’eau sur les étincelles que le Christ travaille à allumer en eux, parce qu’ils ne veulent pas être troublés par la lumière de Ceux-là doivent savoir que l’Agneau peut se mettre en colère, et que ceux qui ne veulent pas venir sous son sceptre de miséricorde seront mis en pièces par son sceptre de puissance (Psaume 2:9). Bien qu’il veuille avec grâce soigner et entretenir la moindre étincelle de vraie grâce, pourtant, là où il ne trouve pas une étincelle de grâce, mais de l’opposition à son Esprit qui lutte avec eux, sa colère une fois allumée brûlera jusqu’en enfer. Il n’y a point de plus juste provocation que la bonté rudement repoussée. Quand Dieu voulut guérir Babylone, et qu’elle ne voulut pas être guérie, alors elle fut livrée à la destruction (Jérémie 51:9). Quand Jérusalem ne voulut pas être rassemblée sous l’aile du Christ, alors sa demeure est laissée déserte (Matthieu 23:37, 38). Quand la Sagesse étend la main et que les hommes refusent, alors la Sagesse rira de la ruine des hommes (Proverbes 1:26). Le salut lui-même ne sauvera pas ceux qui répandent la potion et jettent l’emplâtre. Triste condition, quand ce Sauveur miséricordieux prendra plaisir à la destruction : quand celui qui a fait les hommes n’aura point pitié d’eux (Ésaïe 27:11). Ô, disent les rebelles du temps, Dieu ne nous a pas faits pour nous damner. Si fait : si vous ne voulez pas aller au-devant du Christ dans les voies de sa miséricorde, il est juste que vous mangiez le fruit de vos propres voies, et que vous soyez rassasiés de vos propres conseils (Proverbes 1:31) ; Ce sera l’enfer de l’enfer, quand les hommes penseront qu’ils ont aimé leurs péchés plus que leurs âmes ; quand ils penseront quel amour et quelle miséricorde leur ont été presque imposés de force, et que pourtant ils ont voulu périr. Plus nous sommes complices pour attirer sur nous-mêmes un jugement, plus la conscience sera confondue en elle-même, lorsqu’ils reconnaîtront que le Christ est sans aucun blâme, et eux-mêmes sans excuse.

Si les hommes en appellent à leur propre conscience, elle leur dira que le Saint-Esprit a souvent frappé à leur cœur, comme désirant y allumer quelques saints désirs. Comment autrement pourrait-on dire qu’ils résistent au Saint-Esprit, sinon parce que l’Esprit était plus prêt à les attirer à un plus haut degré de bien que ne le comportait leur propre volonté ? C’est pourquoi ceux qui, dans l’Église, sont damnés, se sont auparavant condamnés eux-mêmes. En sorte qu’ici nous n’avons pas besoin de remonter à des causes plus hautes, quand les hommes portent dans leur propre sein une cause suffisante.

4. Et les meilleurs d’entre nous peuvent offenser cette disposition miséricordieuse, si nous ne veillons pas contre la licence que nos dispositions charnelles seront promptes à en tirer. Nous raisonnons ainsi : le Christ n’éteindra point le lumignon qui fume ; qu’avons-nous besoin de craindre qu’aucune négligence de notre part puisse nous amener à une condition sans consolation ? Si le Christ ne le fait pas, qui le pourra ?

Rép. Vous connaissez pourtant la défense de l’apôtre (1 Thessaloniciens 5:19) : « N’éteignez pas l’Esprit. » Ces avertissements de ne pas éteindre sont sanctifiés par l’Esprit comme des moyens de ne pas éteindre. Le Christ remplit sa charge de ne pas éteindre en suscitant en nous des efforts appropriés ; et nul n’est plus soucieux de l’usage des moyens que ceux qui sont le plus certains de l’heureuse issue. Le fondement en est celui-ci : les moyens que Dieu a mis à part pour l’accomplissement d’une chose tombent sous le même dessein qu’il a de faire arriver cette chose ; et c’est un principe tenu pour acquis, même dans les affaires civiles ; car qui, s’il savait d’avance que l’année sera fertile, irait pour cela pendre sa charrue au clou et négliger le labour ? De là vient que l’apôtre exhorte en s’appuyant sur l’attente certaine d’une bénédiction (1 Corinthiens 15:57, 58) ; et cet encouragement, tiré ici de l’heureuse issue de la victoire finale, est destiné à nous exciter, et non à nous détourner : si nous sommes négligents dans l’exercice de la grâce reçue et dans l’usage des moyens prescrits, laissant nos esprits accablés par la multitude et la diversité des soucis de cette vie, et ne prenant pas garde aux vapeurs étouffantes du temps, Dieu, dans son sage soin, nous laisse souvent, pour une telle faute, tomber dans une condition pire, quant au sentiment, que ceux qui n’ont jamais été autant éclairés ; pourtant, dans sa miséricorde, il ne nous laissera pas être ennemis de nous-mêmes au point de négliger entièrement ces étincelles une fois allumées. S’il était possible que nous fussions livrés à abandonner entièrement tout effort, alors nous ne pourrions attendre d’autre issue que l’extinction ; mais le Christ soignera cette étincelle et chérira cette petite semence, de telle sorte qu’il conservera toujours dans l’âme quelque degré de soin. Si nous voulons faire de ceci un usage consolant, nous devons considérer tous les moyens par lesquels le Christ conserve la grâce commencée ; ainsi, premièrement, la sainte communion, par laquelle un chrétien en réchauffe un autre : « Deux valent mieux qu’un », etc. (Ecclésiaste 4:9). « Notre cœur ne brûlait-il pas », dirent les disciples (Luc 24:32) ? Deuxièmement, une grande communion avec Dieu dans les saints devoirs, comme la méditation et la prière, qui non seulement allume, mais ajoute un éclat à l’âme. Troisièmement, nous sentons par expérience que le souffle de l’Esprit accompagne le souffle du ministère, c’est pourquoi l’apôtre lie ces deux choses ensemble : « N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. » (1 Thessaloniciens 5:19, 20). Nathan, par quelques paroles, ranima les étincelles déclinantes en David. Plutôt que de laisser mourir son feu en nous, Dieu enverra quelque Nathan, et il reste toujours en nous quelque chose qui s’unit à la Parole comme lui étant de même nature ; comme un charbon qui a du feu en lui en attire vite davantage : le lumignon qui fume prend aisément feu. Quatrièmement, la grâce est fortifiée par son exercice : « Lève-toi et agis, et que l’Éternel soit avec toi! » dit David à son fils Salomon : ranime la grâce qui est en toi, car ainsi les saints mouvements se changent en résolutions, les résolutions en pratique, et la pratique en une disposition toute prête à toute bonne œuvre (1 Chroniques 22:17). Sachons pourtant que la grâce s’accroît dans son exercice, non par la vertu de l’exercice lui-même, mais selon que le Christ, par son Esprit, se répand dans l’âme, et nous attire plus près de lui-même, qui est la source, et répand goutte à goutte dans l’acte une consolation telle que le cœur s’en trouve encore élargi. Le cœur d’un chrétien est le jardin du Christ, et ses grâces sont comme autant de douces Épices et de fleurs, sur lesquelles son Esprit souffle pour leur faire répandre une douce odeur : c’est pourquoi tenez l’âme ouverte pour recevoir le Saint-Esprit, car il apportera continuellement des forces nouvelles pour subjuguer la corruption, et cela surtout au jour du Seigneur. Jean fut en esprit au jour du Seigneur, même à Patmos, le lieu de son exil (Apocalypse 1:10) ; alors les brises de l’Esprit soufflent avec plus de force et de douceur. Puisque nous attendons donc la consolation de cette doctrine, ne favorisons pas notre paresse naturelle, mais exerçons-nous à la piété (1 Timothée 4:7), et travaillons à tenir ce feu toujours allumé sur l’autel de nos cœurs, et apprêtons nos lampes chaque jour, et mettons-y de l’huile fraîche, et élevons nos âmes toujours plus haut : se reposer dans un bon état est contraire à la grâce, qui ne peut que se porter elle-même à une plus grande mesure : que nul ne change cette grâce en dissolution (Jude 4). Les infirmités sont un fondement d’humilité, non un prétexte à la négligence, ni un encouragement à la présomption. Nous devrions être si loin d’être mauvais parce que le Christ est bon, que ces charbons d’amour devraient nous faire fondre ; c’est pourquoi ceux en qui la considération de cette douceur du Christ n’opère pas de cette manière peuvent bien se tenir pour suspects : assurément, là où est la grâce, la corruption est comme la fumée à leurs yeux et le vinaigre à leurs dents (Proverbes 10:26). Et c’est pourquoi ils travailleront, autant pour leur propre consolation que pour l’honneur de la religion et la gloire de Dieu, à ce que leur lumière éclate. Si une étincelle de foi ou d’amour est si précieuse, quel honneur ne sera-ce pas d’être riche en la foi ? Qui n’aimerait mieux marcher dans la lumière et dans les consolations du Saint-Esprit que de vivre dans un état obscur et perplexe ? et ne préférerait être porté à pleines voiles vers le ciel, plutôt que d’être toujours ballotté par les craintes et les doutes ? Le trouble présent dans le combat contre un péché n’est pas si grand que l’inquiétude que toute corruption favorisée nous apportera plus tard : la vraie paix est dans la victoire, non dans la reddition. La consolation que vise ce texte est pour ceux qui voudraient bien mieux faire, mais trouvent que leurs corruptions les entravent ; qui sont dans un tel brouillard que souvent ils ne savent que penser d’eux-mêmes ; qui voudraient bien croire, et pourtant craignent souvent de ne pas croire, et pensent qu’il ne se peut que Dieu soit si bon envers de si misérables pécheurs qu’eux ; et pourtant ils ne se complaisent pas dans ces craintes et ces doutes. Et entre autres, comme ils se font tort à eux-mêmes, et à lui, ceux qui veulent avoir auprès de Dieu d’autres médiateurs que lui ! Y en a-t-il de plus compatissants que lui, qui s’est fait homme à cette fin même, de pouvoir être compatissant envers sa propre chair ? Que tous, en tout temps, recourent à ce doux Sauveur, et présentent toutes leurs requêtes en son nom qui prévaut. Qu’avons-nous besoin de frapper à une autre porte ? Quelqu’un peut-il être plus tendre envers nous que le Christ ? Quel encouragement n’avons-nous pas à lui recommander par nos prières l’état de l’Église en général, ou de tout chrétien au cœur brisé ? De qui nous pouvons parler au Christ, comme elles le firent de Lazare : Seigneur, l’Église que tu aimes, et pour laquelle tu t’es livré toi-même, est dans la détresse : Seigneur, ce pauvre chrétien, pour lequel tu as été brisé (Ésaïe 53:5), est froissé et réduit à une grande extrémité. Il ne se peut que cela n’émeuve ses entrailles, quand la misère de ceux qui sont ses chères entrailles est étalée devant lui.

De plus, considérant cette nature pleine de grâce qui est dans le Christ, raisonnons ainsi en nous-mêmes : quand il est si bon envers nous, serons-nous cruels contre lui, dans son nom, dans sa vérité, dans ses enfants ? Comment ceux qui se plaisent à être si terribles envers les humbles de la terre (Sophonie 2:3) espéreront-ils regarder en face un Sauveur si plein de grâce ? Ceux qui sont si violents envers son épouse sauront un jour qu’ils avaient affaire à lui-même dans son Église. Aussi ne peut-il que déchirer le cœur de ceux qui ont senti cet amour du Christ, d’entendre blesser celui qui est la vie de leur vie et l’âme de leur âme : c’est ce qui fait pleurer ceux qui ont reçu miséricorde sur le Christ qu’ils ont percé par leurs péchés ; il ne peut qu’y avoir une sympathie mutuelle et vive entre la tête et les membres. Quand nous sommes tentés de commettre quelque péché, si nous ne voulons pas avoir pitié de nous-mêmes, nous devrions au moins épargner le Christ, en ne lui infligeant pas de nouveaux tourments. L’apôtre ne put trouver d’argument plus capable de briser le cœur, pour nous presser de nous offrir nous-mêmes en sacrifice à Dieu, que de nous conjurer par les compassions de Dieu en Christ.

Cette miséricorde du Christ devrait aussi nous porter à compatir à l’état de la pauvre Église, déchirée par les ennemis du dehors, et se déchirant elle-même au-dedans par des divisions. Il ne se peut que cela ne touche toute âme qui a jamais reçu du Christ quelque consolation, de considérer avec quelle affectueuse instance l’apôtre exhorte à l’accord mutuel dans le jugement et dans l’affection : « Si il y a quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde, rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment » (Philippiens 2:1) ; comme s’il disait : À moins que vous ne vouliez renoncer à toute consolation en Christ, etc., travaillez à conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Quel joyeux spectacle pour Satan et pour sa faction, de voir ceux qui sont séparés du monde tomber en pièces entre eux ! Notre discorde est la mélodie de notre ennemi.

D’autant plus blâmables sont ceux qui, pour des fins particulières, affectent de se distinguer des autres, et ne veulent pas permettre aux blessures de l’Église de se refermer et de se rejoindre. Ce qui ne doit pas s’entendre comme si les hommes devaient dissimuler leur jugement sur une vérité quelconque, là où il y a un juste sujet de s’exprimer ; car la moindre vérité est au Christ et non à nous, et c’est pourquoi nous n’avons pas la liberté d’affirmer ou de nier à notre gré : on doit un sou aussi bien qu’une livre ; il faut donc être fidèle dans la moindre vérité ; quand l’occasion le demande, alors nos paroles sont des pommes d’or sur des ciselures d’argent. Une parole dite à propos fera plus de bien que mille hors de propos. Mais en certains cas, la paix, en gardant notre foi pour nous-mêmes (Romains 14:22), est de plus grande conséquence que la manifestation ouverte de certaines choses que nous tenons pour vraies ; vu que la faiblesse de la nature humaine est telle ; qu’il ne peut guère y avoir manifestation d’une différence d’opinion sans quelque refroidissement de l’affection. Dans la mesure où les hommes ne sont pas d’un même sentiment, ils auront peine à être d’un même cœur, sauf là où la grâce et la paix de Dieu (Colossiens 3:15) règnent puissamment dans le cœur : c’est pourquoi la manifestation ouverte d’une différence n’est jamais bonne que lorsqu’elle est nécessaire ; quoique certains, par désir d’être quelqu’un, se jettent dans des chemins détournés et cèdent à un esprit de contradiction en eux-mêmes ; pourtant, si saint Paul peut en être juge, ne sont-ils pas charnels (1 Corinthiens 3:3) ? Si c’est une sagesse, c’est une sagesse d’en bas ; car la sagesse d’en haut, de même qu’elle est pure, est aussi pacifique (Jacques 3:17). Notre bienheureux Sauveur, lorsqu’il allait quitter le monde, que recommande-t-il plus à ses disciples que la paix et l’amour ? Et dans sa dernière prière, avec quelle ardeur demanda-t-il à son Père qu’ils fussent un, comme lui et le Père étaient un (Jean 17:21) ? Mais ce qu’il demanda sur la terre, nous n’en jouirons parfaitement qu’au ciel. Que cela nous rende d’autant plus douce la méditation de ce temps-là.

Et pour mettre encore à découvert les coupables en ce genre, de quel Esprit penserons-nous qu’ils sont, ceux qui tirent avantage du froissement et des infirmités des Esprits des hommes pour les soulager par une fausse paix en vue de leurs fins mondaines ? Un esprit blessé se défera de n’importe quoi, La plupart des points lucratifs du papisme, comme la confession, la satisfaction, le mérite, le purgatoire, etc., en découlent ; mais ce sont des médecins de néant, ou plutôt des bourreaux que des médecins. C’est une plus grande bénédiction que nous n’en sommes reconnaissants, d’être délivrés de l’aiguillon de ces scorpions. La tyrannie spirituelle est la plus grande des tyrannies, et cela surtout quand elle s’exerce là où il faudrait montrer le plus de miséricorde ; et pourtant là même certains, comme des chirurgiens cruels, se plaisent à faire durer les cures, pour se servir eux-mêmes de la misère des autres. Cela attire sur les hommes une terrible malédiction, quand ils ne veulent pas se souvenir d’exercer la miséricorde, mais persécutent le malheureux et l’indigent, afin même de faire mourir l’homme au cœur brisé (Psaume 109:16).

De même à ceux qui tirent pour eux-mêmes un avantage temporel de la misère spirituelle des autres : joignons-y ceux qui s’enrichissent en trahissant l’Église, et sont infidèles dans le dépôt qui leur a été confié : quand les enfants crieront pour avoir le pain de vie, et qu’il n’y aura personne pour le leur donner, attirant ainsi sur le peuple de Dieu ce lourd jugement d’une famine spirituelle, et affamant le Christ dans ses membres. Récompenserons-nous ainsi un si bon Sauveur, qui compte l’amour et la miséricorde montrés en paissant ses agneaux (Jean 21:15) comme montrés à lui-même ?

Enfin, ils se conduisent avec beaucoup d’ingratitude envers le Christ, ceux qui se scandalisent de ce qu’il s’abaisse si bas vers nous dans son gouvernement et dans ses ordonnances, qui ont honte de la simplicité de l’Évangile, qui tiennent la prédication pour une folie.

Ceux-là, par l’orgueil de leur cœur, pensent pouvoir fort bien se passer du secours de la Parole et des sacrements ; et pensent que le Christ n’a pas pris sur lui assez d’apparat, et c’est pourquoi ils veulent arranger la chose par leurs propres inventions, afin de mieux contenter la chair et le sang, comme dans le papisme. Quelle plus grande ingratitude peut-il y avoir que de mépriser un secours quelconque que le Christ, dans sa miséricorde, a pourvu pour nous ? Or, dans les jours de sa chair, les orgueilleux pharisiens se scandalisèrent de ce qu’il conversait familièrement avec les pécheurs, lui qui ne le faisait que comme un médecin, pour guérir leurs âmes. Quelles défenses saint Paul ne fut-il pas contraint de présenter pour lui-même, à cause de sa simplicité dans l’exposition de l’Évangile ? Plus le Christ, en lui-même et dans ses serviteurs, descendra pour nous élever, plus nous devrions accueillir cet amour en toute humilité et avec empressement, et magnifier la bonté de Dieu qui a remis la grande œuvre de notre salut, et posé le gouvernement, sur un Sauveur si doux, qui se conduira avec tant de douceur en toutes les choses où il a à traiter entre Dieu et nous, et entre nous et Dieu. Plus le Christ descend bas vers nous, plus élevons-le haut dans nos cœurs : ainsi feront tous ceux qui ont jamais fait l’expérience de l’œuvre du Christ dans leur cœur.

Chapitre 17 terminé

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