Chapitre 20 · 5 min de lecture · 6 min d’écoute
Une chaire qui prie engendre une assemblée qui prie
Je juge que ma prière est plus que le diable lui-même ; s’il en était autrement, il y a longtemps que les choses auraient tourné autrement pour Luther. Pourtant, les hommes ne veulent ni voir ni reconnaître les grandes merveilles ou les miracles que Dieu opère en ma faveur. Si je négligeais la prière ne fût-ce qu’un seul jour, je perdrais une grande part du feu de la foi. — Martin Luther
LES apôtres ne purent avoir, avant la Pentecôte, que des aperçus de la grande importance de la prière. Mais l’Esprit, venant et remplissant les disciples à la Pentecôte, éleva la prière à sa place vitale et souveraine dans l’Évangile de Christ. L’appel que la prière adresse désormais à chaque saint est l’appel le plus puissant et le plus pressant de l’Esprit. La piété des saints est formée, affinée, rendue parfaite par la prière. L’Évangile avance d’un pas lent et timide quand les saints ne sont pas à leurs prières, tôt, tard et longuement.
Où sont les conducteurs semblables à Christ qui sauront enseigner aux saints d’aujourd’hui à prier, et les y mettre ? Savons-nous que nous élevons une génération de saints qui ne prient pas ? Où sont les conducteurs apostoliques qui sauront mettre le peuple de Dieu à prier ? Qu’ils viennent au premier rang et accomplissent l’œuvre : ce sera la plus grande œuvre qui puisse être faite. Un accroissement des moyens d’instruction et une forte augmentation de la puissance financière seront la pire des malédictions pour la religion s’ils ne sont pas sanctifiés par des prières plus nombreuses et meilleures que les nôtres. Un surcroît de prière ne viendra pas tout naturellement. La campagne pour le fonds du vingtième ou du trentième siècle n’aidera pas notre prière ; elle l’entravera plutôt, si nous n’y prenons garde. Rien ne servira, sinon un effort déterminé de la part de conducteurs qui prient. Ceux qui sont à la tête doivent mener l’effort apostolique pour enraciner l’importance vitale et la réalité de la prière dans le cœur et la vie de l’Église. Seuls des conducteurs qui prient peuvent avoir des disciples qui prient. Des apôtres qui prient engendreront des saints qui prient. Une chaire qui prie engendrera une assemblée qui prie. Nous avons grandement besoin de quelqu’un qui sache mettre les saints à cette affaire qu’est la prière. Nous ne sommes pas une génération de saints qui prient. Des saints qui ne prient pas sont une misérable bande de saints qui n’ont ni l’ardeur, ni la beauté, ni la puissance des saints. Qui réparera cette brèche ? Le plus grand des réformateurs et des apôtres sera celui qui saura mettre l’Église à prier.
Nous l’affirmons comme notre jugement le plus réfléchi : le grand besoin de l’Église, en ce temps comme en tous les temps, ce sont des hommes d’une foi si souveraine, d’une sainteté si immaculée, d’une vigueur spirituelle si marquée et d’un zèle si dévorant que leurs prières, leur foi, leur vie et leur ministère prendront une forme assez radicale et conquérante pour opérer des révolutions spirituelles qui feront date dans la vie des individus et de l’Église.
Nous ne parlons pas d’hommes qui provoquent des agitations sensationnelles par des procédés nouveaux, ni de ceux qui attirent par un divertissement agréable ; mais d’hommes qui savent remuer les choses et opérer des révolutions par la prédication de la Parole de Dieu et par la puissance du Saint-Esprit, des révolutions qui changent tout le cours des choses.
Les capacités naturelles et les avantages de l’instruction ne comptent pas comme facteurs en cette matière ; ce qui compte, c’est la capacité de croire, l’aptitude à prier, la puissance d’une consécration totale, l’aptitude à se faire petit, une entière perte de soi-même dans la gloire de Dieu, et une aspiration et une recherche toujours présentes et insatiables de toute la plénitude de Dieu — des hommes capables d’embraser l’Église pour Dieu ; non d’une manière bruyante et ostentatoire, mais par une chaleur intense et tranquille qui fait fondre et met en mouvement toutes choses pour Dieu.
Dieu peut faire des merveilles s’il trouve un homme qui lui convienne. Les hommes peuvent faire des merveilles s’ils obtiennent que Dieu les conduise. La pleine dotation de l’esprit qui a bouleversé le monde serait éminemment utile en ces derniers jours. Des hommes capables de remuer puissamment les choses pour Dieu, dont les révolutions spirituelles changent tout l’aspect des choses : voilà le besoin universel de l’Église.
L’Église n’a jamais été sans ces hommes ; ils ornent son histoire ; ils sont les miracles permanents de la divinité de l’Église ; leur exemple et leur histoire sont une inspiration et une bénédiction qui ne tarissent pas. Qu’ils croissent en nombre et en puissance : tel devrait être l’objet de notre prière.
Ce qui a été fait dans le domaine spirituel peut être fait de nouveau, et mieux fait. C’était la pensée de Christ. Il a dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père. » Le passé n’a épuisé ni les possibilités ni les exigences de faire de grandes choses pour Dieu. L’Église qui dépend de son histoire passée pour ses miracles de puissance et de grâce est une Église déchue.
Dieu veut des hommes choisis — des hommes d’où le moi et le monde sont sortis par une sévère crucifixion, par une banqueroute qui a si totalement ruiné le moi et le monde qu’il ne reste ni espoir ni désir de les relever ; des hommes qui, par cette faillite et cette crucifixion, ont tourné vers Dieu des cœurs parfaits.
Prions ardemment pour que la promesse de Dieu à la prière soit plus que réalisée.
Chapitre 20 terminé
Une chaire qui prie engendre une assemblée qui prie