Orthodoxie (Pour ados)
Le poteau blanc

Chapitre 9 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

Le poteau blanc

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. » — Romains 12:2

Chesterton avait une image simple mais géniale pour expliquer pourquoi les bonnes choses demandent un entretien permanent. Certains pensent que si l’on laisse les choses comme elles sont, elles resteront pareilles. Chesterton répond que non :

« Si vous laissez un poteau blanc tranquille, ce sera bientôt un poteau noir. »

La saleté, les intempéries et le temps le rendront gris, puis noir. Si tu veux qu’il reste blanc, « il faut sans cesse le repeindre ». Ou, comme il le dit : « si vous voulez le vieux poteau blanc, il vous faut un nouveau poteau blanc ».

C’est vrai de tout ce qui est bon. Les amitiés s’étiolent si tu n’y investis pas sans cesse. Les habitudes de prière s’effritent si tu n’y reviens pas sans cesse. La justice dans une école ou dans un pays s’use lentement si personne ne continue à la défendre.

Chesterton dit que c’est pour cela que le christianisme est, d’une certaine manière, révolutionnaire. Il ne se contente pas d’accepter les choses telles qu’elles sont. Il ne cesse de rappeler les personnes et les sociétés vers ce qui est bon, encore et encore. Il fait remarquer qu’en général, les gens ne souffrent pas sous des tyrannies anciennes, mais sous des tyrannies nouvelles qui poussent très vite quand personne ne fait attention.

Et il ajoute une remarque capitale sur le progrès. On ne peut faire de vrais progrès que si l’on a une idée fixe de ce que veut dire « mieux ». Si ton idée du bien change sans arrêt, tu ne peux jamais savoir si tu t’améliores. Le christianisme donne une image fixe de ce qui est bon : Jésus lui-même.

Paul dit la même chose en Romains 12 : ne te laisse pas simplement porter par le courant du monde, mais sois transformé par le renouvellement de ton intelligence. Le renouvellement, ça ne se fait pas une fois pour toutes. C’est un coup de peinture chaque jour.

Quel poteau blanc de ta vie commence à grisonner ? C’est peut-être ta vie de prière, une amitié, ton honnêteté, ou ta façon de traiter ta famille. N’attends pas qu’il soit noir. Prends le pinceau dès aujourd’hui.

Une chose à faire cette semaine : repère dans ta vie un « poteau blanc » qui s’est terni : une amitié, une habitude ou une valeur. Cette semaine, « repeins-le » par une action délibérée, et prévois comment tu vas continuer à le repeindre.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Que devient un poteau blanc qu’on laisse tranquille ?

Il devient bientôt un poteau noir.

Que veut dire Chesterton par « si vous voulez le vieux poteau blanc, il vous faut un nouveau poteau blanc » ?

Pour que les bonnes choses restent bonnes, il faut sans cesse les renouveler ; si on les laisse tranquilles, elles se dégradent.

Pourquoi le vrai progrès a-t-il besoin d’une idée fixe de ce qui est bon ?

Parce que si ton idée du bien change sans arrêt, tu ne peux jamais savoir si tu t’améliores.

Chapitre 9 terminé

Le poteau blanc

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