Chapitre 6 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute
Le petit « si »
« L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » — Genèse 2:16–17
Chesterton remarqua autre chose dans les contes de fées. Les bonnes choses qu’on y trouve s’accompagnent souvent d’une condition étrange. Il lui donna un nom pompeux : « la Doctrine de la Joie conditionnelle ».
Dans les contes de fées, tu peux habiter un palais d’or, à condition de ne pas prononcer un certain mot. Tu peux épouser le prince, à condition d’être de retour avant minuit. Tu peux ouvrir toutes les portes du château, sauf une.
« Toutes les choses vertigineuses et colossales qu’on vous accorde dépendent d’une seule petite chose qu’on vous refuse. »
Chesterton dit que ceux qui se plaignent de la condition passent complètement à côté. Il le formule ainsi : « Si Cendrillon demande : “Comment se fait-il que je doive quitter le bal à minuit ?”, sa marraine pourrait lui répondre : “Comment se fait-il que tu y ailles jusqu’à minuit ?” » Tout ce merveilleux cadeau, c’était à elle de le donner. Ou, comme le dit Chesterton en plaisantant : « À cheval ailé donné, on ne regarde pas les dents. »
Cela aida Chesterton à comprendre les commandements de Dieu. Beaucoup de gens se représentent Dieu comme un souverain sévère qui adore dire non. Mais regarde le jardin d’Éden. Dieu a dit : tu peux manger librement de tous les arbres, sauf d’un seul. Le commandement était un petit « si » au milieu d’un immense oui.
Les commandements de Dieu sont comme ça. Ils ne sont pas là pour nous empêcher de profiter de la vie. Ils protègent la joie. La pureté sexuelle protège le cadeau de la sexualité. L’honnêteté protège la confiance. Le repos protège notre santé. Le « non » est au service d’un « oui » bien plus grand.
Chesterton dit aussi que plus nous voyons la vie comme un cadeau, plus nous avons envie de dire merci. Il écrivit que la bonne façon de remercier Dieu pour de bonnes choses, comme la nourriture et la boisson, c’est d’en profiter avec humilité et avec mesure. On remercie Dieu pour un bon repas, en partie, en ne s’en goinfrant pas.
La prochaine fois qu’un commandement de Dieu te semble trop restrictif, souviens-toi du conte de fées. Regarde l’immense cadeau qui entoure la petite condition. Demande-toi : qu’est-ce que ce « non » protège ?
Une chose à faire cette semaine : choisis un des commandements de Dieu que tu trouves parfois difficile. Cette semaine, écris le « oui » qu’il protège. Puis remercie Dieu pour le cadeau qui entoure la condition.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Qu’est-ce que la « Doctrine de la Joie conditionnelle » ?
Dans les contes de fées, d’immenses cadeaux dépendent d’une seule petite condition, d’une seule chose refusée.
Comment le jardin d’Éden montre-t-il le même schéma ?
Dieu a dit qu’on pouvait manger librement de tous les arbres sauf un : un seul petit « non » au milieu d’un énorme « oui ».
Selon Chesterton, quelle est la bonne façon de remercier Dieu pour les bonnes choses ?
En les savourant avec humilité et avec mesure, par exemple en n’en prenant pas trop.
Chapitre 6 terminé
Le petit « si »