Sur l’incarnation du Verbe
D’autre part, il y avait la constance de la nature de Dieu

Chapitre 7 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

D’autre part, il y avait la constance de la nature de Dieu

§7. D’autre part, il y avait la constance de la nature de Dieu, qui ne devait pas être sacrifiée à notre profit. Fallait-il donc appeler les hommes à la repentance ? Mais la repentance ne peut empêcher l’exécution d’une loi ; elle peut encore moins guérir une nature déchue. Nous avons encouru la corruption, et nous avons besoin d’être rétablis dans la grâce de l’image de Dieu. Nul ne pouvait renouveler, sinon celui qui avait créé. Lui seul pouvait (1) tout recréer, (2) souffrir pour tous, (3) représenter tous les hommes auprès du Père.

Mais si cette conséquence devait nécessairement être retenue, de l’autre côté les justes droits de Dieu s’y opposaient : il fallait que Dieu se montrât véridique à l’égard de la loi qu’il avait établie touchant la mort. Car il eût été monstrueux que Dieu, le Père de la vérité, parût menteur pour notre profit et notre conservation. 2. Ici donc, une fois encore, quel parti Dieu devait-il prendre ? Exiger des hommes la repentance pour leur transgression ? On pourrait juger cela digne de Dieu ; comme si, de même que par la transgression les hommes s’étaient tournés vers la corruption, de même par la repentance ils pouvaient être remis une fois encore sur le chemin de l’incorruptibilité. 3. Mais la repentance, premièrement, n’aurait pas sauvegardé le juste droit de Dieu. Car il n’en serait pas plus véridique si les hommes ne demeuraient pas sous l’emprise de la mort ; et, secondement, la repentance ne rappelle pas les hommes de ce qui est leur nature — elle les arrête seulement dans les actes du péché. 4. Or, s’il ne s’était agi que d’une simple faute, et non d’une corruption qui en découlait, la repentance aurait suffi. Mais si, une fois la transgression commencée, les hommes furent entraînés dans la corruption qui était leur nature, et privés de la grâce qu’ils avaient, étant à l’image de Dieu, quelle autre démarche était nécessaire ? Ou que fallait-il pour une telle grâce et un tel rappel, sinon le Verbe de Dieu, qui avait aussi, au commencement, fait toutes choses à partir de rien ? 5. Car c’était à lui, une fois encore, de ramener le corruptible à l’incorruptibilité et de maintenir intact le juste droit du Père sur tous. Car, étant le Verbe du Père et au-dessus de tous, lui seul, par une convenance naturelle, était à la fois capable de tout recréer, digne de souffrir pour tous, et capable d’être auprès du Père l’ambassadeur de tous.

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