Chapitre 29 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
Voici donc des effets admirables
§29. Voici donc des effets admirables, et une cause suffisante, la croix, pour en rendre compte, comme le lever du soleil rend compte de la lumière du jour.
Or si, par le signe de la croix et par la foi au Christ, la mort est foulée aux pieds, il doit être évident, devant le tribunal de la vérité, que nul autre que le Christ lui-même n’a dressé contre la mort des trophées et des triomphes, et ne lui a fait perdre toute sa force. 2. Et si, alors qu’auparavant la mort était forte, et pour cette raison terrible, elle est à présent méprisée depuis le séjour du Sauveur parmi nous, ainsi que la mort et la résurrection de son corps, il doit être évident que la mort a été réduite à néant et vaincue par le Christ même qui monta sur la croix. 3. Car, de même que si, après la nuit, le soleil se lève et que toute l’étendue de la terre est illuminée par lui, il n’est en tout cas pas permis de douter que c’est le soleil, qui a répandu partout sa lumière, qui a aussi chassé les ténèbres et donné la lumière à toutes choses ; de même, maintenant que la mort est tombée dans le mépris et a été foulée aux pieds, depuis le moment où eurent lieu la manifestation salutaire du Sauveur dans la chair et sa mort sur la croix, il doit être tout à fait clair que c’est le Sauveur même, apparu aussi dans le corps, qui a réduit la mort à néant, et qui fait voir de jour en jour en ses propres disciples les signes de sa victoire sur elle. 4. Car, quand on voit des hommes faibles par nature s’élancer au-devant de la mort, sans craindre sa corruption ni s’effrayer de la descente dans l’Hadès, mais la défiant d’une âme ardente ; ne reculant pas devant la torture, mais au contraire, pour l’amour du Christ, choisissant de se précipiter vers la mort plutôt que de vivre sur la terre ; ou encore, quand on est témoin oculaire d’hommes, de femmes et de petits enfants qui se précipitent et s’élancent vers la mort pour la religion du Christ ; qui serait assez sot, ou assez incrédule, ou assez infirme d’esprit pour ne pas voir et conclure que le Christ, à qui ces gens rendent témoignage, procure et donne lui-même à chacun la victoire sur la mort, la dépouillant de toute sa puissance en chacun de ceux qui gardent sa foi et portent le signe de la croix ? 5. Car celui qui voit le serpent foulé aux pieds, surtout s’il connaît son ancienne férocité, ne doute plus qu’il ne soit mort et n’ait entièrement perdu sa force, à moins d’avoir l’esprit perverti et de n’avoir même pas les sens du corps en bon état. Car qui donc, voyant un lion devenu le jouet des enfants, ne voit pas qu’il est ou mort, ou privé de toute sa puissance ? 6. De même donc qu’il est possible de voir de ses yeux la vérité de tout cela, de même, maintenant que la mort est devenue le jouet des croyants au Christ et l’objet de leur mépris, que personne ne doute plus, que personne ne se montre incrédule : la mort a été réduite à néant par le Christ, et la corruption de la mort détruite et arrêtée.
Chapitre 29 terminé
Voici donc des effets admirables