Chapitre 23 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute
Nécessité d’une mort publique pour la doctrine de la résurrection
§23. Nécessité d’une mort publique pour la doctrine de la résurrection.
Mais même si, sans aucune maladie et sans aucune douleur, il avait caché son corps en secret et à l’écart, « dans un coin », ou dans un lieu désert, ou dans une maison, ou n’importe où, et qu’il eût ensuite soudain paru et dit qu’il était ressuscité des morts, il aurait paru à tous débiter des contes vains, et ce qu’il disait de la résurrection en aurait été d’autant plus discrédité qu’il n’y aurait eu absolument personne pour témoigner de sa mort. Or la mort doit précéder la résurrection, puisqu’il n’y aurait pas de résurrection si la mort ne la précédait ; de sorte que, si la mort de son corps avait eu lieu quelque part en secret, la mort n’étant pas manifeste et n’ayant pas eu lieu devant des témoins, sa résurrection aussi eût été cachée et sans preuve. 2. Ou bien pourquoi, alors qu’une fois ressuscité il proclamait la résurrection, aurait-il fait en sorte que sa mort eût lieu en secret ? ou pourquoi, alors qu’il chassait les esprits mauvais en présence de tous, qu’il rendait la vue à l’aveugle de naissance et changeait l’eau en vin, afin que par ces moyens on le crût le Verbe de Dieu, n’aurait-il pas manifesté en présence de tous sa nature mortelle comme incorruptible, afin qu’on le crût lui-même la Vie ? 3. Ou comment ses disciples auraient-ils eu de l’assurance pour parler de la résurrection, s’ils n’avaient pu dire qu’il était d’abord mort ? Ou comment aurait-on pu les croire, quand ils disaient que la mort avait d’abord eu lieu, puis la résurrection, s’ils n’avaient eu pour témoins de sa mort les hommes mêmes devant lesquels ils parlaient avec assurance ? Car si, même dans les faits, alors que sa mort et sa résurrection avaient eu lieu aux yeux de tous, les pharisiens de ce temps-là ne voulurent pas croire, mais forcèrent même ceux qui avaient vu la résurrection à la nier, que de prétextes à l’incrédulité, assurément, n’auraient-ils pas imaginés si ces choses s’étaient passées en secret ? 4. Ou comment la fin de la mort et la victoire sur elle auraient-elles pu être prouvées, si, la défiant aux yeux de tous, il ne l’avait montrée morte, abolie désormais par l’incorruptibilité de son corps ?
Chapitre 23 terminé
Nécessité d’une mort publique pour la doctrine de la résurrection